
Pour illustrer ce constat, nous ne pouvons passer sur les élections régionales qui ont révélé, si encore nous en doutions, du désintérêt et parfois de la méconnaissance des problématiques européennes par nos élus régionaux. Pourtant, les Régions doivent beaucoup à l’Europe et à ses politiques de cohésion, de développement ou encore d’aménagement.
Soyons justes, et reconnaissons qu’en Aquitaine, les candidats se sont prêtés au jeu du café européen organisés par les Jeunes Européens - Bordeaux. Nous avons ainsi reçu les listes d’Europe Ecologie, du PS et du MoDem, la liste UMP nous a invités à leur soirée Europe. Mais soyons honnêtes également, si les candidats étaient de bonne foi et semblaient convaincus, nous espérions plus.
Autre exemple récent, la crise grecque. Le plus bel exemple d’intégration en 60 ans est l’euro. Au début décrié parce que trop faible, dernièrement critiqué parce que trop fort, il est aujourd’hui remis en cause. Pourtant l’euro a été le garant de la stabilité de nos économies. Même si bien sûr il n’a pu empêcher la récession, il l’a, de l’avis de tous, contenue. Le problème de soutenabilité de la dette grecque réveille les nationalistes qui prônent le retour aux monnaies nationales. Au-delà de toute croyance ou de tout dogme, ce serait une hérésie.
Le problème de la dette grecque réveille les nationalistes
Le coût que cela représenterait, sans parler du signal envoyé à nos partenaires, devrait suffire à balayer d’un revers de main toutes ces hypothèses, tenant plus de la démagogie populiste que de la responsabilité politique dont nos chefs d’Etats ou de gouvernement devraient faire preuve. La réaction du Conseil européen est à bien des égards critiquable : « On ne veut pas du FMI… Ah finalement peut être que si ». Le fait que l’Europe ne puisse venir en aide à l’un de ses Etats en difficulté pose question sur notre capacité à assurer le principe de solidarité à la base de notre construction politique, tout comme le fait qu’un État ait pu « maquiller » ses comptes si longtemps à l’insu de tous. Plus inquiétants encore quant à l’unité européenne sont les récents propos entendus ici ou là sur la Grèce, notamment en Allemagne.
Il faut très vite nous ressaisir, il faut très vite que nous comprenions les uns et les autres qu’une Europe unie et soudée est notre chance dans l’environnement concurrentiel mondialisé d’aujourd’hui. Et en mémoire à Schuman mais aussi aux autres pères fondateurs et à leur courage politique de l’époque, exigeons de nos dirigeants une politique ambitieuse pour l’Europe et les citoyens que nous sommes.


