
Après le refus d’un bloc européen à l’intérieur de l’OTAN voilà que l’ont doit subir l’implantation d’élément anti-balistique sans concertation, de plus cette actualité ouvre aussi une autre question plus large, la présence de bases militaire et d’un arsenal nucléaire américain sur le sol européen.
Pourquoi un bouclier anti-missile ?
L’idée d’un bouclier anti-missile n’est pas une idée neuve, elle date du président Reagan et de son projet de « guerre des étoiles ». Ce projet avait essentiellement pour but de créer une bulle sécuritaire pour éliminer toutes velléités soviétiques. Pour diverses raisons le projet a fait longs feux mais il n’a jamais été totalement abandonné. Il faut attendre le 13 décembre 2001 et l’annonce par George W. Bush du retrait unilatéral des Etats-Unis du traité de défense antimissile (ABM) de 1972. S’en suit très rapidement l’ordre de déployer un système de défense antimissile.
Similitude troublante, les attentats du 11 septembre 2001 ont été l’occasion ou devrais-je dire le prétexte idéal pour justifier la mise en place d’un tel système…La réaction de Moscou fut moindre, pour l’Etat-major russe, le déploiement par les Etats-Unis d’un tel système ne menacerait la sécurité de la Russie que vers 2010-2015 au plus tôt.
Qui est réellement visé par ce bouclier antimissile, la Corée du Nord et l’Iran comme semble le marteler la maison blanche ou bien la Russie et à plus long terme la Chine ? Quelles sont les conséquences pour les relations Russo-américaine, Russie-UE et sur la finalité de l’Otan, restera- t-elle une organisation purement européenne ?
Un bouclier anti-missile qui n’est pas là pour protéger l’Europe
Autant de questions qui bien que n’intéressant que les spécialistes, Etats-majors ou autres groupes de réflexions, pourrait bien contraindre l’Europe à accepter une situation de fait, qu’elle n’a pas souhaité, sans pouvoir avoir la moindre marche de manœuvre vis-à-vis de ses voisins et mettre un terme définitif à toutes velléités d’indépendance stratégique et politique !

L’idée pour reprendre les termes du secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, que « l’Alliance de l’Atlantique Nord (OTAN), serait menacée par des attaques de missiles émanant de la Corée du Nord et de l’Iran est pure spéculation pour ne pas dire tromperie ».
Il est vrai que la Corée du Nord et l’Iran dispose de missiles balistiques :
- Pour la Corée du Nord, les derniers développement laisse présager une sortie de crise et un abandon de son programme nucléaire, en contrepartie de la levée des sanctions financières et d’une aide sur le plan humanitaire et énergétique, ce qui montre que l’objectif de la Corée du Nord était avant tout de maintenir à flot un régime aux aboies.
- Pour ce qui est de l’Iran, il faut rappeler qu’elle est encore loin d’obtenir sa première bombe et le chemin qui permettra à cette ogive nucléaire d’être intégré dans un ICBM (missile balistique intercontinental) est encore long.
De plus, il insiste sur le fait que « le déploiement n’est pas dirigé contre les Russes et ne diminuera pas leur capacité de première frappe ». Et c’est tout à fait exact, le système anti-missile n’a pas pour vocation de rendre impossible une capacité de première frappe de la part de la Russie, mais bien de relancer une course à l’armement, seul moyen pour Washington d’enrayer la croissance économique essentiellement basé sur ses rentes énergétique et faire un remake de la désastreuse politique de dépenses militaire incontrôlé qui aura été un des éléments majeur précipitant la chute de l’URSS.
Une Union européenne mise à l’écart
L’Union Européenne dans cette histoire comme l’ont rappelé les divers acteurs de la vie politique allemande n’a pas été consulté dans ce projet et qui pourtant la concerne au plus haut point puisque des Etats membres y sont directement impliqués et la sécurité stratégique de toute l’Europe peut être menacé à plus ou moins long terme. Nous ne devons pas nous laisser dicter la politique à mener vis-à-vis de notre allié qu’est la Russie. L’Europe doit faire bloc sur cette affaire et garder toute la marge de manœuvre nécessaire à l’édification d’une politique stratégique indépendante.
Il y a également un glissement sémantique qui peut passer inaperçu mais lourd de conséquences. Seul les USA sont à l’initiative de ce projet, mais pourtant de plus en plus de voix s’élèvent pour parler de ce bouclier comme le projet de l’OTAN, alors qu’aucunes discussions en interne n’ont eu lieu.
Depuis l’éclatement de l’URSS et donc du pacte de Varsovie, l’OTAN a perdu sa raison d’être et elle cherche par tous les moyens à se muer en une organisation défendant la liberté contre le totalitarisme islamique et ce soit disant « axe du mal ».
Le partenariat transatlantique est important, mais il doit être revu sur une base égalitaire permettant l’émergence d’une véritable pensée stratégique européenne autonome !



