
Attac, une logique d’extrême gauche contre l’empire néolibéral
Le texte rappelle que le « non » français était, pour l’essentiel, un « non » à l’Europe néolibérale et un « oui » à une autre Europe. Donc acte. Malheureusement les dirigeants des partisans du non au traité constitutionnel européen (TCE) n’ont toujours pas réussi à faire fonctionner leurs méninges pour nosu proposer un texte alternatif.
En attendant d’en trouver un, Attac reproche au futur traité modificatif de n’apporter que « des changements cosmétiques… ». Si la critique est possible sur ce traité (et nous la faisons nous aussi en tant que Fédéralistes), les aspects intergouvernementaux ne sont pas l’objet des flèches les plus dures de cette organisation.
Il est important de noter que cette organisation ne fait plus référence à tous les arguments abondamment développés par ses soins sur les dangers contenus dans la troisième partie. Si elle concède que « toute référence à une constitution a disparu, la troisième partie également », la concurrence libre et non faussée resterait l’axe central de la construction européenne. L’organisation semble oublier toute l’importance de la libre circulation dans la construction de notre avenir commun.
L’organisation souligne les progrès quant aux réformes institutionnelles. Pourtant, on peut aussi y lire que « ces maigres avancées ne remettent pas en cause l’architecture institutionnelle de l’Union, en particulier le rôle central de la Commission et l’intervention des lobbies qui pèsent de tout leur poids à Bruxelles ». Il est fort étonnant de considérer que l’architecture institutionnelle de l’Union se compose aussi de l’intervention des lobbies. De quel article d’un Traité européen s’agit-il ?
Concernant la politique de sécurité et de défense commune, il est assez consternant d’y lire que l’UE ferait aveu d’allégeance à l’OTAN. Attac croit encore et toujours au complot américain qui déterminerait l’avenir de l’Europe. C’est pathétique !
L’Europe ne sera en fait jamais assez social pour Attac
L’organisation d’extrême gauche s’étonne des multiples limites pour ne pas donner de contenu social significatif à l’Union européenne dans la charte des droits fondamentaux. Si aujourd’hui la charte des droits fondamentaux n’est relayée qu’au niveau d’un simple protocole, c’est bien à cause de leur campagne de désinformation affichée dans tous les murs de Paris et des régions que l’on arrive à la situation proposée dans le traité modificatif.
De plus, il est très étonnant de lire qu’Attac ne considère plus la Charte comme l’ennemi publique n°1. Elle dénonçait pourtant la plupart de ses aspects durant la campagne de 2005 : fin de l’avortement, fin du divorce et autres… Au demeurant, il est logique qu’une organisation d’extrême gauche pense que rien ne peut sortir de bon d’un complot « néo-libéral ».
Sous la plume d’Attac, l’ambition de la gauche pour le futur de l’Union européenne se résumerait à la création d’une zone de libre-échange, accompagnée d’une « re-nationalisation » des politiques européennes.
Nous mobiliser, en France et en Europe mais différemment d’Attac
ATTAC regrette qu’un nouveau référendum ne soit pas organisé en France. Elle propose même, et c’est une bonne chose, que ce Traité soit soumis par référendum à tous les peuples européens. Bravo, mais ce dont nous avons réellement besoin c’est d’un référendum paneuropéen. Et non pas d’avoir des référendums nationaux séparés les uns des autres. Attac a donc une conception un peu surprenante du peuple européen.
Attac nous ressort le coup du complot des élites contre le peuple. L’organisation nous explique qu’il n’existe aucun homme de gauche capable d’avoir une réflexion pertinente sur le trait modificatif, notamment sur la défense des problématiques sociales.
A la lecture de ce texte, on sait pourtant ce dont a besoin l’Union européenne pour mener ces problématiques sociales : une Europe politique tout simplement. Mais pourquoi Attac ne le dit jamais ?
Ce discours populiste sur le décalage entre les volontés du peuple et celles de l’élite politique empêche d’avoir de vraies propositions à réaliser derrière. Car si nous allons au bout de la logique d’Attac, la seule rupture possible avec la situation actuelle : c’est la révolution par l’insurrection. Et non la révolution fédéraliste par le biais des moyens démocratiques que nous préconisons.






