
Qu’on ne vienne pas dire à Jean Luc Mélenchon qu’il faut que nous soyons solidaires avec les pays nouvellement entrés dans l’Union européenne, afin de leur permettre de réaliser le rattrapage économique et la stabilisation politique réussie par d’autres… M. Mélenchon ne connaît apparemment pas de Lituaniens et voilà raison suffisante pour ne pas les considérer.
Cher M. Mélenchon savez vous tous les efforts que ces pays ont du faire pour pouvoir entrer dans l’Union ? Les milliers de pages de droit communautaire qu’ils ont introduit dans leurs systèmes nationaux, les dizaines de réforme de l’administration, du droit économique, du droit civil… qu’ils ont mis en œuvre dans des temps records pour satisfaire à nos critères et prétendre un jour à la paix, à la stabilité politique et à la prospérité économique que nous connaissons depuis de nombreuses années ?
L’élargissement coûte aux Français 5 euros par an (3,8 milliards d’euros au total sur treize ans), que représente ce chiffre par rapport aux 283 milliards annuels du budget national de la France ? Rien… Alors, au nom de la réunification du continent, du rattrapage économique, de la solidarité entre les peuples, ne pouvons nous pas faire ce tout petit effort ? Avons-nous besoin de connaître personnellement des Africains pour savoir qu’ils meurent de faim et leur venir en aide ? Avons-nous besoin de connaître personnellement des Lituaniens pour savoir les efforts qu’ils ont fait et le devoir historique que nous avons de leur dire bienvenue et de leur tendre la main ?
Alors oui, cher M. Mélenchon, peut être cet élargissement a-t-il été réalisé trop vite, car les vieux Etats n’avaient pas encore réussi à se mettre d’accord sur les réformes institutionnelles nécessaires. C’est justement cela que l’Europe essayait de rattraper avec la constitution à laquelle vous avez dit « non ». Mais sur le plan financier, administratif et juridique cet élargissement a été réalisé parfaitement dans les temps nécessaires.
Le pire, c’est que vous ne vous êtes même pas excusé, alors que l’on vous donnait l’occasion publique, à la télévision, en « prime time », de le faire… non, vous étiez « fatigué par 3 mois de campagne »… Cher M. Mélenchon, quand la fatigue fait tenir à un homme « de gauche » des paroles apparemment si éloignées de ses idéaux, emplis de valeurs de solidarité, de fraternité et d’internationalisme, il semble qu’il soit alors grand temps de s’interroger sur ce qui fonde son engagement politique. En général, la fatigue fait plutôt dire tout haut des choses qu’on aurait habituellement caché … si tel était le cas, merci d’avoir l’honnêteté d’en informer vos électeurs.
Bon point : à l’office du tourisme polonais
Invité surprise du débat sur le Traité constitutionnel en France, le plombier polonais est aujourd’hui devenu une star. En effet, réagissant aux peurs qui ont été suscitées en France par Philippe de Villiers puis Fritz Bolkenstein et reprises par les médias, l’office du tourisme polonais avait choisi une nouvelle icône pour promouvoir son pays : un jeune homme grand, blond et… plombier de son métier qui vous invite à venir découvrir les richesses de son pays, car lui, c’est sûr, il va rester chez lui, il y trouve assez de travail.
Tel est d’ailleurs le cas de la majorité des travailleurs des nouveaux pays entrants. Contrairement aux craintes qui ont été exprimées durant la campagne référendaire, les travailleurs de l’est sont loin de venir envahir notre marché du travail.
En tout cas, bravo aux Polonais pour leur humour et merci de ne pas trop nous en vouloir pour notre ignorance sur l’état du marché de la plomberie en Pologne et en France.
A l’avenir, tâchons de mieux nous informer avant de stigmatiser telle ou telle nationalité, telle ou telle religion, telle ou telle profession… car cette dérive - dangereuse et fondée sur des préjugés - n’est rien d’autre qu’une forme de racisme.




