
A l’issue d’entretiens avec le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, le dirigeant anglais a en effet déclaré [1] que les deux pays souhaitaient s’en tenir à un traité purement technique, moins ambitieux et non soumis à référendum. Son homologue néerlandais a, quant à lui, estimé que ce nouveau traité devrait porter sur une meilleure définition des prérogatives de Bruxelles, un renforcement du rôle des parlements nationaux et éventuellement des règles sur l’élargissement futur de l’UE.
Depuis le référendum de 2005, rejeté par les électeurs français et néerlandais, l’avancée dans l’intégration communautaire est bloquée, et l’Union souffre toujours d’un déficit démocratique et d’efficacité.
Balkenende a déclaré que, pendant la campagne référendaire aux Pays-Bas, les électeurs avaient exprimé leurs craintes quant à l’avènement d’un « super-Etat européen », signe que le projet de constitution n’était pas forcément bien accueilli par l’opinion. De son côté, sitôt connu le résultat des deux référendums, Blair a suspendu tout projet de référendum britannique sur la question, considérant avec soulagement que le processus constitutionnel était mort. Étant donné le poids des eurosceptiques outre-Manche, le gouvernement craignait en effet un échec.
Pourtant, les citoyens européens continuent à soutenir massivement la nécessité d’une constitution européenne. La solution proposée par Blair et Blakenende pour des raisons de politique nationale va donc contre la volonté du peuple. Malgré cela, l’Europe risque bien de s’orienter vers une logique de simple grand marché si se réalisent ces projets de traités minimalistes adoptés en catimini par des parlements nationaux.
Au final, il semble bien que Tony Blair, que l’on pensait pourtant europhile, a fini par capituler face à une opinion et une classe politique majoritairement hostiles à toute avancée dans la construction européenne, et ceci au moment où il aurait cependant dû être le plus libre de sa parole. Dommage.
Il est donc urgent que tous les Européens qui partagent l’idée d’une Europe fédérale, forte sur la scène internationale, et respectueuse de ses différences sur la scène intérieure, et particulièrement les Français qui ont voté Non en 2005, disent haut et fort :
- qu’il est inacceptable que la solution au blocage soit un traité minimaliste adopté dans le dos des citoyens,
- que la construction européenne doit au contraire se poursuivre dans le sens de réformes démocratiques,
- et que donc l’Union a besoin d’une Constitution claire et ambitieuse, adoptée par un référendum pan-européen.





