
Cette fondation a - l’an passé - activement participé à la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel pour l’Europe (TCE).
Et ce, en alimentant les argumentaires de toutes les associations ou groupes politiques, se situant à « la gauche de la gauche » [1], alors impliqués dans la campagne.
Or ces divers mouvements inscrits à l’extrême-gauche du prisme politique français ont récemment produit, à la mi-juin dernier, un document de synthèse sur l’avenir de l’Union européenne, document intitulé « Une autre Europe ! ».
Quelles sont donc leurs propositions ? Qu’en est-il exactement ?
Le mythe d’une autre Europe
Ce qui est frappant tout au long de ce document, c’est que rien ne peut être amélioré dans l’Union européenne. Ainsi, dans le prolongement du Non au TCE en mai 2005, les auteurs prétendent lutter dans une dictature qui n’est « ni sociale ni démocratique ». Pour cela, deux méthodes sont utilisées.
Tout d’abord, la construction européenne n’aurait rien apporté et n’a pas d’Histoire pouvant expliquer ce qui se passe aujourd’hui. L’Union européenne serait le fruit d’une « conception libérale » qui vise à mettre les peuples en concurrence dans le cadre de la mondialisation capitaliste. Ainsi, ce qui unit aujourd’hui des pays qui se sont fait la guerre pendant des siècles, c’est un outil inventé par le Capitalisme. Dommage qu’il ne nous l’ait pas inventé plus tôt, cela nous aurait évité deux guerres mondiales…
Mais pour être sûr que nous ne puissions y voir une « autre Europe », il ne faut surtout pas nous dire comment nous allons y arriver.
Si nous devons « lutter pour bloquer les offensives libérales », il faut construire une puissante mobilisation […] se heurtant aux intérêts des classes dominantes en Europe ». Nous y sommes : le « Grand Soir » est la solution. Parce que refuser le dumping social, l’insécurité sociale, nous n’y arriverions pas autrement. L’Europe actuelle est mise de côté. Tout ce qui est cadre légal aussi. Les moyens d’actions ne sont donc pas définissables.
La clé de lecture faussée consciemment
« L’Europe doit répondre à l’urgence sociale ». Elle « doit s’appuyer sur un nouveau modèle de développement ». Toutes les propositions doivent être prises comme des « axes de lutte » en utilisant des « ruptures nationales partielles avec les règles imposées par l’Union ». L’État tout-puissant doit abandonner le « pacte de stabilité qui limitent la capacité d’action des pouvoirs publics ».
Bien sûr, la « rupture est nécessaire », les différents branches du prolétariat (pardon « les peuples ») sont en « concurrence ». Les « forces dominantes » sont les multinationales ou les marchés financiers, suivant le paragraphe dans le document. Il faut aussi le « retrait des troupes d’intervention néo-coloniale des puissances européennes »…
Tout le champ lexical marxiste est présent. Il est donc inutile de chercher à comprendre autrement la construction de l’Europe. Ainsi nous comprenons mieux pourquoi durant la campagne sur le TCE en 2005 la clé de lecture se situait sur une constitution soit-disamment libérale ou non. L’aspect ’’construction politique de l’Europe’’ aurait pu en être une autre, pourtant.
De « nouveaux » outils déjà existant !
Tout cela ne serait qu’une question de point de vue politique, décisif et fondamental pourtant. Cependant, la Fondation Copernic utilise le mensonge.
En effet, quel autre mot employé lors que ce document présente comme nouveau moyen à utiliser pour amener la démocratie au niveau européen … la subsidiarité ! Merci, cela fait depuis 1957 que cela existe dans l’Union européenne. Le nivau de subsidiarité entre États et Union peut être encore plus poussé et plus clair. Mais il n’est pas à inventer.
Pareillement, autre exemple, poser la création d’uun principe de « non-régression sociale » est un non sens, même appeler différemment car c’est déjà le cas actuellement. Pour ceux qui ne le savent pas, il faut savoir si nous nous mettons dans le cadre de la durée du travail, il faut savoir que si le niveau de temps de travail passé par un salarié a un minimum au niveau européen mais que cela ne veut pas dire que les dirigeants d’entreprise en France peuvent faire travailler leurs employés 50 heures par semaine !
Il faut également instauré une charte des droits fondamentaux. Dommage d’avoir voté contre lors du référendum en 2005, non ? Ré-inventé le droit de pétition, merci bien de l’avoir rejeté alors. Enfin, l’égalité homme-femmme doit être mise en place. Nous conseillons à M. Salesse et ses camarades de lire la « Convention européenne des Droits de l’Homme ».
L’Europe sociale impossible sans l’Europe politique
Ce texte demande de tout changer. « Les traités existants devront être annulés et remplacés ». Tant qu’à faire, il va falloir remplacer les gouvernements « libéraux »… et « sociaux-libéraux ».
La thématique du ce qui n’est pas plus à ma gauche n’est pas de gauche est en place. Sans les « mouvements sociaux, le mouvement altermondialiste, la gauche anti-libérale et anticapitaliste », il n’y aura pas de réelle « nouvelle perspective politique ».
Or, sans la mise en place d’une Europe politique qui soit suffisamment puissante pour ne pas être tributaire de l’accord de tous les États, comment espérer une coordination efficace pour décider de la mise en place d’une politique sociale ? Avoir rejeté l’Union européenne n’est pas la solution pour que dans un contexte mondialisé une réelle politique économique au niveau continental soit mis en place.
Mais admettons que la Fondation Copernic enmène les masses citoyennes avec son texte. Comment fera Attac pour mettre en place la Taxe Tobin avec la LCR ? En effet lorsque celle-ci avait été proposée au Parlement européen, la LCR avait voté contre car cela ralentissait la destruction du capitalisme par lui-même… Depuis 2005, l’Europe est bloquée. Elle n’est pas prête d’avancer avec ce type de contribution.





