
Mais qui est-il au juste ?
Il débute sa carrière au ministère de la Culture dès sa sortie de l’ENA en 1974. En 1981, il est appelé par François Mitterrand en tant que conseiller diplomatique. Il devient porte-parole de l’Elysée en 1988, puis secrétaire général et enfin il rejoint le Conseil d’État. Après l’élection de Jacques Chirac, il est choisi par le Premier ministre Lionel Jospin pour revenir au ministère des Affaires étrangères où il restera jusqu’à la fin de la cohabitation en 2002. En 2003, il crée son propre cabinet de conseil, tout en travaillant en parallèle pour le cabinet d’avocats Gide Loyrette Naouel ainsi que pour de grandes entreprises. En 2004, il fait partie du conseil d’administration du groupe LVMH. Spécialiste des relations internationales, il écrit pour la presse française et étrangère.
Sans plus tarder, revenons sur ses positions « ubuesques »…
Selon « l’ami Hubert », il y a deux types d’européens : « Les pragmatiques, qui visent à donner dans l’Europe élargie de demain plus de marges de manœuvre à des États désireux de faire plus ensemble ; et des fédéralistes qui préconisent une Europe à deux vitesses, le centre étant constitué d’un noyau dur de quelques pays » . Ceci est dangereux car il indique que les fédéralistes sont pour une Europe non-solidaire. Ce qui est faux puisque nous savons que chaque pays est lié aux autres de part des intérêts en commun.
Une autre perle : « Parce que, je vous le dis, avec gravité et préoccupation, et sans vouloir blesser personne, le renforcement de l’intégration européenne dans sa forme maximaliste, « l’européisme », est, pour certains d’entre nous, devenu une idéologie de substitution, un dogme qui ne souffre plus aucune contestation quels que soient les faits. Nous nous sommes auto-persuadés que nos problèmes ne pouvaient plus être résolus qu’à l’échelle européenne. Certains le pensent par analogie avec les grandes masses chinoises, indiennes, russes ou américaines, en confondant agrégats économiques et équation politique. D’autres par détestation des États nations historiques, par volonté d’être modernes, ouverts, pas chauvins ni repliés sur soi, etc. ».
Trop c’est trop. Je m’oppose vivement à ses propos. Il est temps qu’il réalise que les grands problèmes européens ne sont pas solubles à l’échelle de la Nation : l’écologie, le rapport en matière de diplomatie et de négociation commerciale entre l’Europe et les USA ou l’Asie. Non content d’être une idée vieille et débile, le nationalisme a été la source de toutes les guerres. Il serait utile que monsieur Védrine relise l’Histoire européenne !
Et le fin du fin : « Peut-on faire une constitution européenne s’il n’y a pas un « peuple européen » ? En rédigeant une constitution, crée-t-on ce « peuple européen » et un ordre politique irrévocablement supérieur à celui des États-nations ? On ferait alors un pas irréversible dans le fédéralisme intégrationniste et les États-nations deviendraient des régions ou des Länder. Si c’est cela le but poursuivi, il faut le dire clairement. Serait-ce la constitution des trente pays, ou d’un plus petit nombre ? Cela nous renvoie à la question des groupes. Ou alors, s’agit-il simplement de réécrire les traités, parce que personne n’y comprend plus rien ? »
Oui, acceptons l’idée qu’il pose les vrais questions, donc les fédéralistes ne doivent pas éviter le débat. Je vais mettre un coup de griffe à notre ex-négociateur du traité de Nice : pense-t-il avoir réussi ? Et quand bien même les partisans du OUI ferraillant avec ceux du NON, la vraie question est celle de la construction d’une Europe politique et fédérale.
En 50 ans, l’Europe, c’est :
Le programme ERASMUS qui a fait voyager 1,5 millions d’Européens, le modèle social européen, basé sur des valeurs communes, caractérisé par une économie sociale de marché avec des services publiques forts, reconnus au niveau communautaire, un dialogue social développé, une croissance économique plus forte qu’aux US l’année passée, le programme de recherche européen 2007-2013 consolidant l’espace européen de la recherche et aidant les états à mutualiser leurs efforts dans ce domaine afin de créer de la croissance et des emplois, une aide médicale gratuite pour les touristes européens, la mobilité professionnelle, la transparence de l’étiquetage des produits alimentaires, la signature du protocole de Kyoto, l’euro, monnaie unique pour 13 États membres, des interdictions de territoire pour des tyrans tel Mugabe, la préservation de la diversité linguistique avec 23 langues officielles…
La preuve en est que l’on peut dépasser le modèle d’État-Nation pour le bien de tous les Européens.



