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Catalogne, prochain État de l’Europe ?

Un point de vue fédéraliste.

, par Valéry-Xavier Lentz

La diada [1] du mardi 11 septembre 2012, a été marquée par une démonstration de force des indépendantistes autour du slogan « Catalogne, prochain État de l’Europe » [2]. Quel regard peuvent porter les fédéralistes européens sur cette perspective ?

Manifestation à Barcelone, le 11 septembre 2012 – Photo : Claudi Cervelló sur Flickr, licence CC BY-NC-SA 2.0.

Auteurs

  • Secrétaire fédéral de l’Union des fédéralistes européens (UEF-France). Ancien vice-président des Jeunes Européens-France.

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Barcelone, capitale de la communauté autonome de Catalogne, a vu défiler 1,5 millions de manifestants, selon la police (catalane), 0,6 million selon le gouvernement national, à l’appel d’une organisation indépendantiste. Pour mémoire, le pays compte 7,5 millions d’habitants, dont la moitié se prononce dans les enquêtes pour l’indépendance. L’évènement reste donc considérable en toute hypothèse.

Si une telle manifestation n’est pas une première [3], ce succès est particulièrement significatif. Le thème de l’indépendance d’un pays déjà largement autonome a pris de l’ampleur cette année. Le drapeau catalan officiel, la Senyera s’est vu largement supplanté par le drapeau indépendantiste, l’Estelada portant une étoile au centre d’un triangle. Les réponses positives aux sondages sur le sujet sont désormais majoritaires.

Le parti autonomiste Convergència i Unió (« Convergence et Union »), au pouvoir presque sans discontinuer en Catalogne depuis le retour de la démocratie en 1977, a invité les citoyens à rejoindre la marche, notamment à travers son leader historique, Jordi Pujol et le président du gouvernement catalan, Artur Mas.

En effet le contexte est celui de la crise financière : alors que le gouvernement espagnol s’efforce de restaurer sa crédibilité et s’engage à une meilleure gestion budgétaire, des efforts sont attendus également des régions autonomes, à commencer par la Catalogne avec ses 44 milliards d’euros de dettes. La Generalitat a demandé au gouvernement central une aide de plus de 5 milliards d’euros mais n’entend pas restreindre son autonomie en adoptant des règles contraignantes pour l’avenir. Au contraire, cette situation se présente alors que la CiU remet en cause le pacte fiscal entre la Catalogne et l’Espagne [4], et demande de pouvoir lever directement les impôts au niveau de la province. On retrouve le classique discours I want my money back : on attribue les difficultés de la Catalogne au fait que les impôts qui y sont prélevés bénéficient à d’autres régions. Artur Mas semble espérer, en replaçant le thème de l’indépendance au sein du débat public, reprendre l’avantage dans ses négociations avec le pouvoir central.

Le discours nationaliste semble être ici instrumentalisé par les autonomistes au pouvoir. Ne jouent-ils pas un jeu dangereux ?

Fédéralisme et nationalisme

Le fédéralisme se caractérise par la volonté de permettre, au sein d’une entité politique étatique, le maintien d’une large autonomie de ses composantes. À ce titre, les fédéralistes sont généralement solidaires des revendications autonomistes et régionalistes dont ils partagent les objectifs : le maintien de la diversité et l’exercice de la vie démocratique au plus proche des citoyens selon le principe de subsidiarité.

La démarche des indépendantistes relève du nationalisme, or les fédéralistes européens se définissent en priorité par opposition aux nationalistes. Cependant l’anti-thèse du fédéralisme n’est pas le nationalisme mais avant tout le centralisme, c’est à dire l’État unitaire.

Quand on parle ici de nationalisme, ce n’est pas dans son sens courant qui en fait une forme extrêmiste de patriotisme, mais au sens de l’idéologie visant à construire l’État sur la base d’une “nation”. Mario Albertini, dans son ouvrage « L’État national » a souligné l’aspect artificiel de celle-ci. La nation est en effet une construction idéologique, une mythologie, visant à légitimer le pouvoir étatique. Cette vision explique notamment comment la définition donnée à la nation varie souvent de manière fondamentale d’un pays à l’autre (vision française et vision allemande par exemple).

Souvent, le discours nationaliste se confond, il est vrai, avec le centralisme. C’est le cas en France, sous la forme du jacobinisme. Ce n’est toutefois pas systématique : de nombreux États fédéraux portent un discours national fort en dépit de leur structure fondée sur le partage de la souveraineté entre l’État fédéral et les États fédérés.

Autonomie

Là où le nationalisme est centralisateur, il s’agit avant tout de la victoire d’un nationalisme sur un autre. En Espagne c’est le nationalisme castillan qui l’a emporté et a tenté de s’imposer, en partie avec succès (la langue castillane est ainsi le plus souvent appelé “espagnol”).

Le discours national catalan est construit essentiellement sur le souvenir des épisodes où la province a lutté pour conserver son autonomie. Et a perdu. L’hymne national, Els segadors [5] évoque la révolte de 1640. La diada commémore la chute de la ville en 1714 lors de la guerre de succession d’Espagne, et les épisodes de la guerre civile, qui mit fin à la seconde République et au statut d’autonomie brièvement retrouvé, sont souvent rappelés.

Les valeurs auxquelles adhèrent les fédéralistes impliquent nécessairement à mon sens l’adhésion au principe de la défense d’une large autonomie des régions au sein des États européens, d’autant plus lorsque cette région dispose de sa propre langue.

La Catalogne jouit déjà de nombreuses compétences. Son gouvernement, la Generalitat, oeuvre utilement en matière d’éducation et de culture pour favoriser l’exercice de sa langue et la promotion de ses spécificités culturelles.

Le contexte de la manifestation de la diada nous laisse penser qu’ici l’enjeu est ailleurs. Le discours excessif demandant la “liberté” pour la Catalogne est ainsi particulièrement suspect compte tenu du fait que la Catalogne est déjà un pays libre, démocratique, doté d’institutions propres et d’une très large autonomie.

Autodétermination

Le principe de l’autodétermination peut-il être contesté par un fédéraliste ou un démocrate ? La difficulté en l’état est que ce principe, autorisant un “peuple” minoritaire dans un ensemble plus vaste de déterminer par lui même son avenir, y compris par la mise en place d’une entité étatique distincte, est confrontée à l’aspect fluctuant de la notion de peuple.

Si l’autodétermination peut sembler contradictoire avec la vision qui est la nôtre d’une Europe unie et, à terme, d’un gouvernement mondial, elle me semble indispensable au respect du principe d’autonomie et de subsidiarité. C’est précisément parce que la possibilité de retrait de l’une des entités de la fédération est possible que l’on s’assure que le pacte fédéral ne connaîtra pas de dérive abusivement centralisatrice car une telle tentation entraînerait l’exercice de ce droit.

Le tout est de savoir si une démarche d’autodétermination procède véritablement de la volonté de défendre un particularisme menacé ou une autonomie insuffisante, ou si elle procède essentiellement d’une vision anti-universaliste de repli identitaire.

À ce titre, le thème de la manifestation, “un nouvel État en Europe” peut être perçu comme un élément positif. Mais une Catalogne indépendante signifierait l’apparition d’une nouvelle “minorité”, très significative, d’Espagnols, castellanophones, vivant au sein du pays et conservant sans doute leur nationalité espagnole [6]. Une indépendance, ou même une autonomie, qui prendrait le chemin du nationalisme flamand, aux dépends des droits des francophones vivant sur leur territoire — on pense aussi aux russophones dans les pays baltes — ne représenterait en rien un progrès pour nos valeurs.

Un fédéralisme asymétrique de facto

On appelle fédéralisme asymétrique l’idée selon laquelle certains États fédérés pourraient disposer de compétences spécifiques lorsque la revendication d’autonomie est forte et que les autres États revendiquent une autonomie moindre.

Mais l’Espagne n’est pas constitutionnellement un État fédéral. Sans doute le pays gagnerait-il à mettre en oeuvre de manière plus systématique les mécanismes du fédéralisme, dont la vocation est précisément la recherche d’un équilibre centre-périphérie, et qui dispose d’instruments institutionnels et politiques en vue de rechercher un tel équilibre, même s’il reste nécessairement toujours évolutif.

En accordant une très large autonomie à certaines de ses communautés, légitimant ainsi les autonomistes en leur accordant le pouvoir politique dans leur province, sans pour autant adopter une constitution fédérale, laquelle fonde et organise l’État fédéral réunissant les entités autonomes, l’Espagne reste dans une situation politiquement fragile.

Les débats autour de la manifestation de la diada évoquent les débats sur l’avenir de l’Union européenne. Les fédéralistes ont leur mot à dire sur ces sujets car leur vision est précisément celle qui permet d’aborder de manière cohérente ces enjeux, loin des bricolages et des improvisations des tenants d’une Europe intergouvernementale, c’est à dire fondée sur le nationalisme.

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P.-S.

Crédit photo : Claudi Cervelló sur Flickr, licence CC BY-NC-SA 2.0.

Vos commentaires

  • Le 19 septembre 2012 à 07:16, par C.N. En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    Bonjour,

    Votre article illustre bien la position dans laquelle se trouvent des fédéralistes européens face au souhait réitéré d’autonomie d’une région intégrée à un Etat membre, même si vous semblez très pessimiste sur les conséquences politiques du « régionalisme à la carte » ou « asymétrique » qui prévaut en Espagne depuis plusieurs décennies et qui semble pourtant adapté aux réalités de cet Etat.

    En revanche, vous semblez faire volontairement abstraction de tout phénomène national, l’idée étant exposée peu après le début et apparaissant en toile de fond tout au long de votre article. Ne-vous pensez pas qu’un futur Etat fédéral européen puisse être une « fédération d’Etats-nations » ? Sans avoir (encore) lu L’Etat national de Mario Albertini, il semble que malgré tout ce que le concept de nationalisme peut évoquer, il a aujourd’hui une réalité tangible, peut-être dans certains Etats ou certaines régions plus que dans d’autres. Il ne s’agit pas de prétendre que le nationalisme a partout existé depuis des siècles et que les nations constituent l’essence des Etats européens d’aujourd’hui. En revanche, comment expliquer une survivance du « patriotisme » à travers de nombreux citoyens, associations ou partis politiques ? L’Etat français semble s’être construit sur une nation française (à l’inverse de l’Allemagne). Plus prosaïquement, est-ce qu’en réfutant toute notion de nation en la présentant comme un mythe, les fédéralistes (« notre camp ») ne risquent-ils pas de s’aliéner une grande partie de la société civile et des citoyens qui, sans être hostiles à une fédéralisation européenne, sont malgré tout attachés aux Etats auxquels ils appartiennent ? N’est-il pas possible d’être à la fois fédéraliste et, dans une certaine mesure, nationaliste ? Vous le soulignez d’ailleurs un peu en précisant que « de nombreux États fédéraux portent un discours national fort en dépit de leur structure fondée sur le partage de la souveraineté entre l’État fédéral et les États fédérés ».

  • Le 19 septembre 2012 à 08:04, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    @C.N. : merci pour votre commentaire.

    Sur votre première observation : le fédéralisme asymétrique est assez peu répandu dans les États fédéraux existant à ma connaissance. Il n’est pas la règle me semble-t-il au Canada, même s’il est parfois revendiqué. On peut peut être penser à la Belgique et à son système complexe distinguant entités à base territoriales et entités à base communautaire. Il n’existe naturellement pas de modèle institutionnel unique quand on parle de fédéralisme, mais plus un ensemble de principes de fonctionnement communs aux États fédéraux et je suis d’accord pour estimer qu’à une situation particulière il n’est pas absurde de rechercher une solution particulière. Mais je ne suis pas convaincu qu’une telle approche, qui donne à certaines communautés plus d’autonomie et de compétences qu’à d’autres, soit souhaitable car elle introduit dans le système fédéral qui est un délicat exercice d’équilibre un déséquilibre fondamental qui focalise le débat centre-périphérie sur quelques unes des entités fédérés et désolidarise celles-ci dans leurs relations au pouvoir fédéral.

    Sur votre second point : les observations relatives à l’État national visent à comprendre et non pas à porter un jugement de valeur. Elles visent essentiellement à souligner que l’étude de la création des États dits nationaux montre que ce n’est pas la nation qui fonde l’État (discours des nationalistes) mais l’État qui construit une vision nationale pour se légitimer. Le fait que la nation soit une construction n’en fait pas moins une réalité dès lors qu’en politique les croyances, les symboles, les perceptions, sont des faits qu’il convient naturellement de prendre en compte.

    Je parle ici de « mythe » : un mythe n’est pas une fiction, ou un mensonge, c’est, pour reprendre la première définition que je trouve, un récit qui se veut explicatif et surtout fondateur d’une pratique sociale. En l’espèce c’est le discours qui décrit la nation, son origine, sa particularité et son avenir. Il existe de nombreux articles sur ce site consacré à ce sujet. Voir par exemple les nombreux articles de Ronan (cf. par exemple Identités nationales et stéréotypes nationaux) ou le mot-clé Histoire.

    Tout ça pour dire que l’objectif ce notre réflexion est moins de condamner la « nation » que de combattre le discours nationaliste actuel selon lequel elle constitue une réalité « naturelle », un horizon indépassable comme fondement des États et comme lieu d’exercice de la démocratie, discours contestant par conséquent toute perspective de voir l’humanité évoluer vers une ère posta-nationale ou de constituer une démocratie internationale ce qui est notre objectif. Cette démarche nationaliste est d’autant plus dangereuse qu’elle utilise souvent un discours identitaire suspect comme l’avait tenté le sarkozysme. Cf. Identité nationale, politique et démocratie.

    Enfin, oui comme vous le soulignez cet article précise que le fédéralisme n’est pas par nature incompatible avec le nationalisme. De fait les États fédéraux, comme les autres États, développent un récit visant à légitimer leur existence, lequel à la différence des États unitaires, intègre, plus ou moins selon les cas, la notion de diversité et d’autonomie de ses composantes. Ceux qui échouent dans cette démarche rencontre des difficultés (la Belgique, au hasard). Mais le fédéralisme européen se caractérise par une approche qui n’est pas uniquement institutionnelle du fédéralisme, et par un contexte où il intervient dans un contexte où les États qu’il envisage de fédérer sont des États nationaux forts. C’est donc naturellement que l’opposition frontale se fait avec les nationalistes, personne à ma connaissance n’envisageant d’État unitaire au niveau européen, et certainement pas naturellement les fédéralistes. En revanche même si de nombreux militants de l’Europe sont attaché aux symboles de l’Union, utiles pour concrétiser celle-ci aux yeux de l’opinion mais qu’il ne faut pas à mon sens sacraliser, je ne pense pas que cette approche puisse s’assimiler à une démarche nationale : notamment parce qu’elle s’accompagne aussi de la vision d’une gouvernance démocratique globale.

  • Le 19 septembre 2012 à 11:01, par Laurent En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    Passionnant, merci pour cet éclairage VXL ! Le sujet n’est pas simple pour nous, fédéralistes, tiraillés, comme tu le montres, entre d’une part notre solidarité envers « les revendications autonomistes et régionalistes dont [nous partageons] les objectifs : le maintien de la diversité et l’exercice de la vie démocratique au plus proche des citoyens selon le principe de subsidiarité » et, d’autre part, le sentiment que les revendications catalanes se fondent sur d’autres motifs.

    Ces autres motifs me rendent d’autant plus sceptique qu’ils exploitent un contexte peu propice aux manifestations de solidarité démocratique et d’empathie entre les peuples : la crise, terrible pour une population grisée par la réussite de son intégration européenne, le taux de chômage (1 espagnol sur 4, davantage encore chez les jeunes), les conditions de vie dégradées qui en découlent pour les Catalans et les Espagnols en général. Autant de raison d’en vouloir, sans savoir à qui : du pain béni pour un discours nationaliste !

    Poussant jusqu’aux conséquences éventuelles de cette situation, je me dis que, oui, les Catalans ont le droit à un référendum sur leur indépendance, comme les Québécois : pourquoi l’indépendance serait-elle réservée aux peuples écrasés par une dictature ? Mais non, ce référendum ne peut avoir lieu dans ce contexte actuel. Chacun sait que la réponse n’aurait que peu de lien avec la question posée tant elle serait dictée par un discours nationaliste, conservateur, de repli identitaire, justifiant l’indépendance par la résolution des intérêts matériels de court terme, ce qui serait d’ailleurs une grave erreur d’analyse économique, mais c’est un autre débat...

  • Le 19 septembre 2012 à 15:51, par David Márquez Martín de la Leona En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    Bonjour ! Très bon article Valéry-Xavier ! J’apprécie l’effort d’information et, surtout, le point d’engagement de votre article dans le debat européen. Cependant, je dois vous signaler quelques erreurs, pas très graves, qui enlevent de la rigueur à l’ensemble de votre article :

    NATIONALISME CASTILLAN. Ça n’existe pas. On parle plutôt du nationalisme « espagnol » mais rarement du nationalisme castillan. La Castille n’a pas un mouvement politique nationaliste propre. En revanche, ils existent des manifestations traditionalistes et ethnographiques, notamment dans le milieu rural castillan. Je pense, que dans votre article vous voulez faire référence au nationalisme espagnol.

    HYMNE NATIONAL CATALAN. C’est « Els Segadors » (les moissonneurs) non « Els Secadors » (Les Séchoirs).

    LA DIADA. Elle commémore la chute de Barcelone à l’issue de la guerre de succession de 1714, pas de 1740.

    Je vous remercie de tenir en compte ces nuances.

    Dmml

  • Le 19 septembre 2012 à 16:30, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    @David Márquez Martín de la Leona : merci pour vos précisions. Je corrige.

    En ce qui concerne le nationalisme « castillan » ce que je veux dire est que c’est une vision de la nation espagnole, celle portée par le « centre », notamment autour de la langue espagnole (et donc le castillan) que l’on a voulu imposer en interdisant l’usage du catalan pendant trop longtemps, qui a longtemps prévalue.

  • Le 20 septembre 2012 à 01:46, par sergi5555 En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    En Espagne les seuls federalistes qu’il y a eu pendant des siècles ont été les catalans. Maintenant c’est trop tard. On y croit plus.

    Petite correction historique pour ce texte :

    au lieu de « les épisodes de la guerre civile, qui mit fin à la Première République » serait plutôt « les épisodes de la guerre civile, qui mit fin à la Deuxième République »

  • Le 20 septembre 2012 à 07:49, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    Merci pour votre retour.

  • Le 15 octobre 2012 à 14:32, par Valéry En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    Lire aussi (en anglais) le point de vue Joan Marc Simon : http://www.simonlluma.eu/2012/10/spain-reform-or-break-up/

  • Le 21 octobre 2012 à 16:03, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    La discussion se prolonge avec l’article d’Arnaud Huc sur l’Écosse et ses commentaires : L’Écosse sera-t-elle un défi pour l’Europe ?

  • Le 25 novembre 2012 à 09:06, par Valéry En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    Mais une Catalogne indépendante signifierait l’apparition d’une nouvelle “minorité”, très significative, d’Espagnols, castellanophones, vivant au sein du pays et conservant sans doute leur nationalité espagnole

    Sur ce sujet un sondage, cité le 22 novembre 2012 sur The Guardian indique que dans l’hypothèse de l’indépendance, 50,9% des Catalans souhaiteraient la double nationalité espagnole et catalane, 25,2 se satisferaient de la nationalité catalane et 17,9% conserveraient la nationalité espagnole tout en demeurant en Catalogne.

    Notons que seulement 27,7% des personnes interrogées souhaitent une ligue de football distincte (il faut bien que le Barça continue à affronter régulièrement le Real Madrid).

    Cf. Catalan separatist poll

  • Le 23 janvier à 11:55, par perico chicano En réponse à : Catalogne, prochain État de l’Europe ?

    L’« imposition » par la force du castillan en lieu et place du catalan est un des mantras du nationalisme catalaniste.Dans une interprétation de l’histoire romantique et victimaire. De fait le castillan s’était déjà imposé dans les échanges commerciaux, bien avant les unions dynastiques entre l’Aragon et la Castille. Différentes langues coexistaient dans l’ensemble de la péninsule. Le castillan dont le berceau se situe entre Vitoria et Pampelune, soit le sud du Pays basque s’imposa facilement comme langue des échanges du fait de sa simplicité et de la facilité de sa prononciation, par tous les peuples d’Espagne. Ce fut la langue de communication entre Hébreux et mozarabes (chrétiens en terre d’Islam) entre Galaïques et Aragonais puis entre Valenciens et Catalans. Le Castillan n’est que l’ancien romance proche du portugais mais avec la pauvreté des vocales propre à l’Euskera ;cinq vocales, au lieu des douze du portugais,le portugais bien plus proche de l’espagnol ancien (romance) Ce fut cette facilité de prononciation, qui fut à la base de son hégémonie. Par ailleurs lors de l’union des royaumes de Castille et d’Aragon. La Castille comprenait environ 4 millions d’habitants qui ne parlaient que Castillan ou Euskara à l’extrème nord. l’Aragon comptait environ un million d’habitants avec plusieurs dialectes plus ou moins proches du catalan actuel. Tous communiquaient entre eux déjà en Castillan. Nonobstant il est vrai que dans un soucis d’uniformisation les monarques Bourbons interdirent les langues régionales dans l’administration, conformément à la vision centraliste de l’état propre aux Français. Il est intéressant de rappeler également que le premier royaume à utiliser le Castillan dans ses documents officiels en lieu et place du latin en usage dans toute l’Europe, ne fut pas la Castille, dont faisaient parti les régions basques actuelles mais la Navarre.

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