
Raymond Barre était un homme d’État. Son action et ses engagements au service de notre pays et de nos concitoyens ont été immenses.
À chaque fonction qu’il a exercée, que ce soit à Bruxelles, à Paris ou à Lyon, il a apporté beaucoup au service de ses convictions et de ses concitoyens. En tant qu’Européens, nous lui devons l’euro, en tant que Français nous lui devons une certaine idée de la démocratie et en tant que Lyonnais de vivre dans une vraie métropole européenne ouverte sur le monde et sur ses habitants.
Il n’a jamais hésité à agir au nom de l’intérêt général, au dessus des clivages partisans, au nom d’une certaine idée de la Politique. C’est sur cette idée du rassemblement qu’il a tenté l’aventure présidentielle en 1988. Il a été l’un des précurseurs du mouvement cherchant à ne plus couper inexorablement le pays en deux.
Il a aussi fondé son action sur une notion parfois oubliée : le respect de la conscience des citoyens. Il estimait qu’il ne fallait pas les prendre pour moins intelligents qu’ils ne sont.
Raymond Barre était aussi un homme d’Europe. Son action à la Commission européenne a été saluée de tous. Alors vice-président de la Commission chargé des affaires économiques et monétaires, il a, par plusieurs rapports, initié la longue marche vers l’union économique et monétaire. Ses propositions ont pavé la voie aux différents plans et résolutions des chefs d’État ou de gouvernement dans les années 70 lorsqu’ils avaient tenté une première grande réflexion sur la réalisation de l’union monétaire.
Ainsi, le plan Werner, du premier ministre luxembourgeois qui prévoyait la réalisation d’une union monétaire par étapes jusqu’en 1980, s’est fortement inspiré des propositions de Raymond Barre. Le plan Delors qui a abouti à l’union économique et monétaire que nous vivons aujourd’hui s’est largement appuyé sur ces travaux. Lorsqu’il deviendra premier ministre et ministre des finances, Raymond Barre jouera un rôle clé dans la création et la défense du système monétaire européen (SME).
Son engagement européen était sans faille. Il n’a pas hésité à sortir de sa retraite en 2005 pour appeler nos concitoyens à voter en faveur de la Constitution européenne, ce projet politique qu’il n’a eu de cesse de porter à chacune des fonctions qu’il a exercées.
Raymond Barre va manquer aux paysages politiques français et européen. Surtout à des moments où la France et l’Europe font face à de grands défis, sa voix, ses conseils et sa sagesse auraient été plus que pertinents.
C’est à la jeune génération qu’il importe maintenant de continuer ses actions pour Lyon, pour la France et pour l’Europe, dans l’esprit qui le caractérisait : la liberté, l’honnêteté, le respect.



