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Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

, par Fabien Cazenave

Dans l’émission sur France 2 Mots Croisés du 28 janvier 2013 avait lieu un débat intitulé « L’Europe : stop ou encore ? ». Sur le plateau, des politiques et un « démographe et historien » : Emmanuel Todd. Cet intellectuel présent depuis des dizaines d’années dans le paysage intellectuel français a tenu un propos nationaliste et... clairement germanophobe.

Emmanuel Todd durant l'émission Mots Croisés sur France 2

Auteurs

Emmanuel Todd a commencé son propos par une approche économique très critique sur l’euro. C’est un positionnement politique. On aimerait quand même lui rappeler ses propos annonçant la fin de l’euro il y a quelques mois... L’euro et l’Union européenne sont toujours là. Pour une monnaie « qui ne marchera jamais » (il l’a encore affirmé durant l’émission), cela fait dix ans que ça dure. Du reste, il finit sa première intervention en tranchant : « Il faudra se débarrasser de ce truc » - en parlant de la monnaie européenne, comme si de rien n’était. Mais après tout, le fait qu’il soit en plein accord sur ce sujet avec Marine Le Pen, également en plateau, relève d’un choix idéologique, même si l’on peut fortement critiquer ce genre d’assertion péremptoire. Remarquons d’ailleurs qu’il ne propose surtout aucune solution pour améliorer cette monnaie. Hors de la dévaluation du franc au détriment des autres monnaies européennes, point de salut.

Un discours proche de la germanophobie

Il est frappant de voir à quel point durant toute l’émission, Emmanuel Todd justifie son propos par le biais de ses « compétences d’historien ou d’anthropologue ». Le tout, bien sûr, accompagné d’un rejet de la classe politique dans son ensemble (même de Marine Le Pen pour le coup !), ponctué de « les gens n’ont pas encore compris » ou « c’est quoi la réalité ». On mettra de côté l’utilisation permanente du « je », du « moi je pense que » ou du « ce que j’avais déjà dit en... ». On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même pour les citations.

Ce qui est plus navrant, c’est le discours où il définit les personnes en fonction de leur nationalité.

- « Les Allemands ont culturellement un réflexe d’auto-protection ».
- Yves Calvi lui demande si les ouvriers allemands seraient toujours plus forts que les nôtres (déjà qu’on en arrive à formuler ce genre de phrase dans un débat télévisé...), la réponse d’Emmanuel Todd est « ils feront toujours différemment ».
- « La vie allemande n’est pas marrante tous les jours. Ce sont les Français qui trouvent l’énergie de faire des enfants et de se reproduire ». Remplaçez les nationalités par les blancs et les noirs, vous aurez froid dans le dos.
- « C’est pas culturel, le style des Anglais n’est pas d’obéir aux Allemands ».
- « Si on pense qu’on peut demander à un ouvrier français la même chose qu’à un ouvrier allemand, on ne comprend pas l’échec de l’Union européenne. »

Comment peut-on accepter de tels propos définissant un groupe de personnes en fonction de leur origine A croire qu’il n’y a pas de différence en Allemagne entre un Bavarois et quelqu’un de Hannovre, entre un ouvrier du Sussex et un ancien du collège d’Eton comme David Cameron...

Ce grand penseur en a aussi profité pour refaire l’Histoire avec son « Les Anglais ont créé les Etats-Unis »...

Le mythe d’une Europe allemande contre la France

Après avoir soutenu le propos de Marine Le Pen disant que « l’euro est vicié au départ dans son ADN », l’intellectuel nous développe un propos conspirationniste où la France ne serait plus libre, au même titre que « les plus faibles » :

« L’Europe a changé de nature, c’est La Métamorphose de Kafka. Au départ, c’était un projet magnifique où les Nations étaient libres et égales. Et puis il s’est passé quelque chose : le libre-échange a fait de la concurrence la règle du jeu. L’euro a créé un mécanisme où certains pays à l’industrie fragile ne pouvaient plus utiliser la dévaluation. Depuis, les ministres français vont à Berlin pour savoir ce qu’ils doivent faire. C’est devenu un système formidablement hiérarchisé avec les parias du sud dont on parle de manière méprisante, des Français en brillant second de la classe derrière l’Allemagne et une puissance hégémonique centrale. On est dans un univers de hiérarchie et de domination. La vérité de ce qu’il se passe, c’est que l’Allemagne est entrain de réaliser son équilibre économique en bouffant ses partenaires européens. La réalité est que l’industrie allemande est entrain de bousiller l’industrie française. Ce n’est pas fait avec malice, l’Europe est devenue un concept destructeur. Il y a un projet collectif centralisé : c’est la destruction des plus faibles ».

Donc, la France, qui était libre au début, est sous la coupe d’un groupe politique germanisé qui a pour but de s’engraisser et de détruire les plus faibles... Avec un tel propos nationaliste, difficile d’envisager l’Union européenne et d’avoir envie d’améliorer les choses ! Ce genre de discours donnera plutôt envie de rejeter l’autre, surtout s’il est d’Outre-Rhin.

Emmanuel Todd est germanophobe

De toute façon, notre ennemi en France selon Emmanuel Todd, c’est l’Allemagne : « La montée en puissance économique de l’Allemagne est quelque chose de non voulu, d’accidentel - un effet d’histoire économique. Je pense vraiment que vu l’histoire allemande, l’Allemagne est dans un processus d’unification, dans un plan national. Les gens n’ont pas compris que l’Allemagne est dans une stratégie nationale de prise de contrôle de l’Europe et d’isolement de la France. On va s’en apercevoir. »

Pour prouver son délire de persécution par l’Allemagne, Emmanuel Todd s’appuie sur la guerre au Mali : « Chaque fois que la France essaye de faire quelque chose dans son espace naturel d’influence, la Méditerranée et l’Afrique, l’Allemagne essaie de nous mettre des bâtons dans les roues. Sur le Mali, en induisant des attitudes négatives, sans doute en empêchant d’autres pays de venir nous aider. C’est un cas typique de tentative d’isolement de la France par l’Allemagne. Car il y a une stratégie allemande pour isoler la France dans son espace européen. » On attend encore les preuves de telles accusations.

Mais l’intellectuel se fait fort de rappeler qu’il n’est pas germanophobe. Juste conspirationniste,alors ? En tous les cas, il nous présente l’avenir (forcément proche) où l’Allemagne réalisera cun projet qu’il rapproche d’un triste évènement historique : « Quand l’industrie allemande manquera d’ingénieurs (et c’est bientôt) dans ses usines, elle viendra nous piquer les types formés dans les grandes écoles scientifiques françaises. On appellera ça le service du travail non obligatoire, si on veut ajouter une référence historique ironique... »

On voit ici tous les mécanismes populistes qui sous-tendent le discours :

- un ennemi , l’Allemagne. A noter que ce n’est pas Angela Merkel, mais le pays de manière intrinsèque.
- son arme, l’euro, forcément contrôlé par cette puissance hégémonique.
- une victime, la France, forcément aux côtés des plus faibles.

SOS : il faut une vraie vision du projet européen !

C’est aberrant qu’un tel discours puisse être diffusé à heure de grande écoute sans que le journaliste ou le personnel politique présents ne le dénonce avec force et en tapant du point sur la table. Cela résulte aussi sûrement d’un manque de vision d’Europe. Stéphane Le Foll et Bruno Le Maire ont échangé leur costume : celui de l’opposant qui demande à changer pour une « autre Europe » et celui du ministre qui justifie les choix actuels opérés par le Conseil européen qui « sauvent l’euro et l’Europe ». Nous n’avons pas là, malgré certaines propositions intéressantes, de réelle alternative à la construction actuelle de l’Europe et à la vision nationaliste d’un Todd ou d’une Le Pen.

Car, en attendant, les expressions imagées sont du côté des nationalistes : « L’Europe est perçue comme un gigantesque trou noir, c’est la zone problématique du monde, c’est un gouffre. L’Europe est ce continent malade sous domination allemande. Plus personne ne veut rentrer en Europe, tout le monde veut sortir. » On pourra répondre que la Croatie adhère bientôt, que les marchés réagissent positivement, que les exportations repartent en Italie, au Portugal et en Grèce,...

Il serait tellement plus intéressant de dire qu’il faut faire de l’Europe le laboratoire de la démocratie mondiale où se joue la véritable révolution : que les rapport de forces fondé sur le droit fassent oublier la puissance militaire et économique. Qui le dira à Emmanuel Todd ?

Voir en ligne : voir la prestation d’Emmanuel Todd à Mots Croisés

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Vos commentaires

  • Le 31 janvier 2013 à 17:02, par Pierre En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Attention aux règlements de compte Monsieur Cazeneuve. Vous savez très bien ce que cela inspire.

  • Le 31 janvier 2013 à 17:09, par Pierre En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Mais Félicitation à votre engagement pro-européen, monsieur le ministre :)

  • Le 31 janvier 2013 à 17:37, par Fabien Cazenave En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    pour avoir un compte à régler, il faudrait que je connaisse M. Todd... Et pour info, je ne suis pas encore Ministre et suis pas sûr de le rester très longtemps si jamais je le devenais. ;-)

  • Le 31 janvier 2013 à 23:55, par Loinvoyant En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Il est, je pense important de préciser qu’Emmanuel Todd parle en termes statistiques lié à une attitude dérivée de la culture propre aux habitants d’un état et non en termes absolus (c’est déjà beaucoup).

    La soi-disant absence de solution économique, dévaluation exceptée (même si ça n’est pas une solution à écarter en soi), est tout simplement fausse pour le coup, des solutions techniques il y en a et Emmanuel Todd en a parlé dans ses livres, c’est leur application politique dont il doute.

    « Remplaçez les nationalités par les blancs et les noirs, vous aurez froid dans le dos. » Je vous prie de ne pas tout confondre et de ne pas sous-entendre que des différences culturelles nationales (et donc nécessairement d’une vérité statistiquement approximative) sont de même nature qu’une prétendue différence comportementale issu d’un critère racial qui est, elle, contraire à toute vision universaliste. Même si l’on peut néanmoins trouver la phrase critiquable.

    « Comment peut-on accepter de tels propos définissant un groupe de personnes en fonction de leur origine A croire qu’il n’y a pas de différence en Allemagne entre un Bavarois et quelqu’un de Hannovre, entre un ouvrier du Sussex et un ancien du collège d’Eton comme David Cameron… » Certes, mais des constantes demeures, les élites actuelles françaises parlent, en moyenne, très mal anglais par exemple...

  • Le 1er février 2013 à 07:16, par Valéry En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Le problème de Todd est qu’il publie un bouquin scientifique sérieux et intéressant qui démontre que la diversité des structures familiales des Européens ne recoupe en rien les frontières des États dits nationaux existant et qu’il le republie quelques années plus tard avec une préface qui explique contre toute évidence que le bouquin démontre l’absurdité de l’Europe de Maastricht. Il flingue sa crédibilité de scientifique en sortant, après des dizaines de pages argumentées de tableaux et de chiffres pertinents, quelques paragraphes d’imprécation idéologique qui n’a rien à voir.

    Le débat Todd/Le Pen illustre les deux visions du nationalisme qui ont cours en France : la vision ethnique / identitaire / traditionaliste et la vision soi-disant « républicaine » mais dont on voit au final que les rapprochements peuvent se faire rapidement.

  • Le 1er février 2013 à 07:52, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    « je pense important de préciser qu’Emmanuel Todd parle en termes statistiques » : ce n’est pas du tout évident dans ses formulations. Par ailleurs des statistiques n’autorisent en aucun cas des généralisations.

    "ne pas sous-entendre que des différences culturelles nationales (et donc nécessairement d’une vérité statistiquement approximative) sont de même nature qu’une prétendue différence comportementale issu d’un critère racial  : et pourtant elles relèvent toutes les deux de la pure fiction. La Nation n’est en rien une réalité objectif mais une construction politique. Je vous invite à lire les articles nombreux que nous avons consacrés à déconstruire cette mythologie. Naturellement une étude statistique réalisée sur la base d’un territoire va donner des chiffres différents du territoire voisin mais il en est de même quand on compare des régions ou des continents. Ce que je retiens des livres de Todd est surtout que les structures familiales et démographiques qu’il décrit et qui permettent d’observer des phénomènes constants sur la longue durée ne correspondent en rien aux frontières de États nationaux qui ont été définies essentiellement par une suite d’incidents historiques plus que sur la base de critères objectifs.

  • Le 1er février 2013 à 14:09, par Loinvoyant En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    « La Nation n’est en rien une réalité objectif mais une construction politique. Je vous invite à lire les articles nombreux que nous avons consacrés à déconstruire cette mythologie. »

    Il va de soi que la Nation est une construction politique, et que des différences régionales importantes existent, cependant lui nier une quelconque réalité objective est, à mon sens, faire preuve d’un excès inverse.

    « ce n’est pas du tout évident dans ses formulations. Par ailleurs des statistiques n’autorisent en aucun cas des généralisations. »

    S’il est effectivement regrettable de faire ainsi usage de tels généralisations ; une telle analyse statistique, dès lors que le caractère impropre de la généralisation est admis, peu, à mon sens, être accepté par commodité de langage.

    J’ajouterai qu’ayant vu l’émission, Emmanuel Todd précise vers la 46e minute qu’il parle en termes statistiques (probablement parce qu’il perçoit lui-même le côté éventuellement choquant de la généralisation pour ceux qui ne comprennent pas qu’il s’exprimait ainsi).

    Sinon, on peut évidemment ne pas souscrire aux croyances d’Emmanuel Todd (fussent-elles le fruit d’une analyse empirique de la diversité culturelle européenne) ou à ses positionnement politiques,et respecter le travail scientifique effectué comme vous le faites.

  • Le 1er février 2013 à 15:16, par Fabien Cazenave En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Je ne comprends pas qu’on puisse se cacher derrière des statistiques pour expliquer que les Allemands ont « une vie moins marrante que les Français ». M. Todd a sûrement fait des recherches mais ses simplifications abusives ne peuvent être tolérées pour autant.

  • Le 1er février 2013 à 16:41, par ChristainPascal En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Les grands principes de l’Europe sont la libre circulation des biens, des capitaux des personnes, et la libre concurrence, cela figure en bonne place et un peu partout dans nos traités européens depuis le début de cette aventure.

    La Loi de la libre concurrence est conçue comme une règle qui nous amène inévitablement à un point d’équilibre, pense-t-on.

    Pour nous assurer que les Etats ne feraient pas de dévaluation supposée compétitive, alors qu’il y avait déjà le SME pour réglementer la chose, on a voulu aller plus loin que ce SME, on a figé la parité des devises, c’est l’Euro.

    Et, alors qu’auparavant les disparités de compétitivité se réglaient par des ré-ajustements de cours de change entre les monnaies, maintenant il n’y a plus de solution.

    Cela a permis que la concurrence entre les états puisse jouer à plein, mais...

    Dans ce contexte, l’Allemagne du chancelier Schröder, pour relancer la machine économique Allemande, a pratiqué une sorte de dévaluation interne si je puis dire, en limitant les salaires, et ce qui a créé/aggravé la disparité de compétitivité interne à la la Zone Euro, mais qui a permis à l’Allemagne de se relancer. Peut-on leur en vouloir ? Non bien sûr, c’était leur droit, c’est le jeu normal de la concurrence.

    Pour rétablir l’équilibre, il aurait fallu que les autres états de la zone Euro pratiquent eux aussi les mêmes méthodes : réduction de salaires et de prestations sociales, ce qui auraient réduit à néant l’effort Allemand. Plutôt que de le faire, les autres états ont préféré s’endetter. Dette qui leur revient maintenant comme un boomerang..

    Dire cela est-ce être germanophobe ? je ne pense pas.

    L’Union Européenne est construite à ce jour autour de principes qui poussent les états vers une concurrence les uns contre les autres. A ce jeu l’Allemagne a pris de l’avance sur les autres états, qui souffrent (sous forme de dette) des déséquilibres qu’ils ont laissé s’installer. C’est tant mieux pour l’Allemagne, mais ca pose la question de la cohésion de l’Union Européenne, si elle est seulement basée sur cette concurrence, sans autre moyens de régulation. L’Allemagne a suivi ses intérêts, on ne peut pas le lui reprocher. Et si l’Allemagne maintenant ne veut pas des Eurobonds pour traiter le problème de la dette Grecque, c’est légitime, ce n’est pas dans l’intérêt de l’Allemagne, pourquoi accepterait t’elle ?

    Mais que faisons nous maintenant ?

    Trois voies possibles :
    - Soit cela se règle par des transferts de capitaux entre les pays, l’Allemagne paie pour la Grèce. Ce qu’elle ne souhaite pas.
    - Soit par des transferts de main-d’oeuvre, schématiquement : les grecs vont travailler en Allemagne, mais la réalité des états/nations/langues ne permet pas une telle mobilité
    - Soit on rétablit un dispositif permettant aux états de régler ensemble leur problème de disparité de compétitivité (par exemple via des ajustements de taux de change entre pays, donc des monnaies locales, dans le cadre d’une Monnaie commune)

    On ne doit pas faire fi des réalités. L’Euro est une illusion, il est grand temps d’ajuster le dispositif.

  • Le 1er février 2013 à 20:33, par Fabien Cazenave En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    @Christain Pascal : Toddd ne parle pas de la disparité économique de nos Etats mais du fait que « culturellement » la vie allemande est moins drôle que celle des Français et que c’est pour ça qu’ils font moins de sexe... Dans ce que vous dîtes, il y a une chose que je retiens, tant qu’on laisse les Etats se faire la concurrence entre eux tout en faisant leurs propres règles du jeu, nous allons dans le mur. Il est donc grand temps d’aller à la vitesse fédérale pour l’Europe :-)

  • Le 2 février 2013 à 14:00, par Loinvoyant En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Todd analyse les disparités économiques entre États européens comme la résultantes de choix économiques déterminés par des traits culturels eux-mêmes déterminés par des disparités anthropologiques ayant trait à la structure familiale traditionnelle.

    Je précise que quand j’écris ici déterminé, j’entends par là une propension statistique à agir comme cela (comme je pourrais dire que les jeunes et les seniors se suicident plus que les autres populations).

  • Le 4 février 2013 à 19:53, par Bernard Giroud En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Dans un pays disposant d’une monnaie commune, il y a aussi de la concurrence ; Mais l’on fait en sorte que ce phénomène de concurrence n’aboutisse pas à la création du désert mais au contraire, que cette concurrence serve à rajeunir, revigorer, ou changer l’activité.

    Dans un pays cohérent, la concurrence va de pair avec la régionalisation.

    Il faut démonter le mécanisme commercial qui semble nous opposer, et comprendre au contraire son sens bénéfique.

    La concurrence, a besoin de la présence des différents niveaux ; Le tout est de savoir jusqu’ou nous devons laisser aller son cours, savoir à quel moment elle devient dangereuse, et faire acte de raison. Permettez-moi le raisonnement suivant :

    Le bénéfice financier qu’apporte l’échange, au fabricant lointain, au secteur financier, ou au groupe social qu’il représente, qui nous fait concurrence, est sujet à discussion et à rétrocession ; C’est la notion du « retour partiel », une sorte de gagnant-gagnant pour les deux parties. En effet le voisin, apporte à la firme lointaine le volume supplémentaire de diminution de prix de fabrication. Il apporte le nombre supplémentaire : nombre, cette cause première de la diminution du prix du produit final, dans le système industriel. Le vendeur (actuel « vainqueur », mais cela peut changer) ne devrait pas disposer de la marge bénéficiaire entière, qu’il réalise. En intervenant chez son voisin, d’une certaine manière, il s’en rend solidaire ; Il en est de même, pour des groupes financiers et sociaux dont il fait partie ;

    Pour se rendre compte du montant de la marge gagnée qui devrait retourner à la régionalisation, chez le voisin, il suffit de calculer le coût supplémentaire du produit, si les ventes ou échanges cessent avec ce ou ces voisins.

    C’est l’argument à bien saisir, pour les investissements de réadaptations industriels ; C’est le sens bénéfique des échanges, mais aussi terriblement réaliste, au fond.

    Echange rime donc avec un impératif : celui de la régionalisation ;

    ET si l’on parle de région, on est bien dans un pays, n’est-ce pas ?

  • Le 5 février 2013 à 10:46, par Bernard Giroud En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Il faut bien reconnaitre qu’aujourd’hui, même si cela ne plait pas, que c’est bien la loi du plus fort qui l’emporte. Cela n’empêche pas quelques grandes entreprises devenues paneuropéennes d’avoir depuis longtemps une politique de développement continental et même mondial, et de réussir quelques beaux projets, à partir de leurs bases nationales. Deux ou trois sont transnationaux ; Ils sont des exemples mondiaux. C’est la crainte de l’autre qui , d’une façon générale, pousse ces concurrences déraisonnables. La peur est l’une des marques de la faiblesse. La force et la sérénité vont de pair ; Elle ne craint pas l’association, et la mise en commun de ses propres ressources pour réaliser en commun, un meilleur objectif. La force a la marge de faire confiance. Le produit final ne sera peut-être pas tout à fait celui imaginé par l’un, mais il sera quand même, avec l’ajout de tous.

    L’orgueil est toujours dangereux qui ne laisse pas de place à l’autre.

    Savoir vivre, vouloir vivre , c’est aussi,associer son voisin au projet, plutôt que de le salir et le repousser...

  • Le 12 février 2013 à 03:41, par theuric En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Bon, c’est vrai, il y a l’Europe, et après ? J’ai un copain noir qui me racontait qu’en Allemagne, dans les années 70, il avait vu une pancarte, à l’entrée d’un café, où était écrit, en allemand, bien sûr : « interdit au chien et au noir ». Combien y en avait-il en France à cette époque là ? Je passe sur le référendum, ce vol démocratique (rien que d’en parler, oserez-vous me publier ?). Alors, disparition de l’Europe, de l’euro ou des deux en même temps ? L’euro est, pour moi, une absurdité, c’est, à mon sens, parce que le politique, en tant qu’institution, n’y est pas suffisamment puissante. Suivez l’idée, elle est simple, vous verrez. Des trois ordres originelles, le guerrier, le religieux et le marchand, les deux premiers tenaient, en Europe, le troisième sous leur joug. Puis ceux-ci furent furent mis, sous une forme ou sous une autre, sous le contrôle du pouvoir politique, c’est leur affaiblissement qui permis à l’ordre des marchands de prendre progressivement de la puissance. Jusqu’à aujourd’hui. Parce que ils sont toujours et resteront à jamais de grandes puissances, nous devons donc contraindre ces trois vieux ordres par la force publique, ceci afin de pouvoir réguler les sociétés, pour que les sociétés puissent s’apaiser. Voyez-vous où je veux en venir ? Forces armées, domaines bancaires et monétaires, religions doivent tous trois être régulés par la loi et les puissances publico-politiques sinon nous courrons à la catastrophe. Les deux premiers se devant de l’être au sein des pouvoirs régaliens. Le second, débarrassé depuis des lustres des contrôles étatiques, et l’euro est en cela caricatural, nous mettra, sous peu, dans une situation qui pourrait bien nous faire penser 1929 et la deuxième guerre mondiale pour une petite promenade de santé. Quand à l’Allemagne, je ne vois pas ce qui vous gêne dans ce qu’a pu dire monsieur Todd. Ainsi serait-il germanophobe. Ah bon. Parce que pour vous nous sommes tous semblables, tous les peuples sont semblables ! Ah bon. Pour vous les institutions construits pendant des siècles dans chaque pays, avec chacun leurs particularités, leurs réflexes, us et coutumes font qu’à l’arrivée nous pouvons tous devenir, nous sommes tous devenus semblables grâce à l’Europe. Ah bon. Un petit exemple de perception différente de soi et de l’autre : Frankreich, le royaume franc comme disent les allemands, Deutschland, l’Allemagne, deutsch désignant, à l’origine, les langues germaniques et land, le pays. La France, le pays des Francs, Frankreich, le royaume franc, Deutschland, le pays de langue allemande et germanique, Allemagne, le pays des Alamans, l’un des peuples germaniques lors des grandes invasions. Croyez-vous vraiment que c’est par le pure hasard de l’histoire que ces dénominations se sont faites ainsi ? Voulez-vous aussi que je vous fasse une étude géopolitique de l’Europe ? Quand vous voulez. Et je vous fait grâce des questions des mémoires des peuples (bien que).

    Monsieur Todd, lui, a étudié la famille, il est sociologue, moi, amateur éclairé mais à quelque chose près, très peu, nous en arrivons aux mêmes conclusions : il y a domination de l’Europe par l’Allemagne. Pour l’Allemagne, par simple esprit de survie. N’oubliez pas que ce pays, anciennement le Saint-Empire Romain Germanique, c’était lentement désagrégé et ce n’est que sous les bottes de Bismarck et de la Prusse qu’elle s’est reconstituée, sans compter les décennies de rideaux de fer. Ah, l’inconscient des peuples. Je ne suis pas économiste mais je ne vois pas comment l’Euro peut survivre si les banques, surtout centrales, et les créations monétaires (crédits compris) ne sont pas sous le contrôle strict d’un état véritablement démocratique (deux chambres législatives haute et basse, élues, contrôlant, toujours, le pouvoir exécutif) et si nos frontières restent toujours si désespérément poreuses. Donc, si nous ne fermons pas nos frontières européennes et ne chassons pas les marchands du temple démocratique, sans oublier de mettre en prison ceux ayant triché (et ils sont légions), l’euro mourra, sûrement dans de dures convulsions.

    Devenir peuple c’est partager des mythes communs. Celui de l’Europe est triple : deux guerres mondiales, une guerre froide et une monnaie. Soit la culpabilité, l’angoisse d’une troisième guerre mondiale et la séparation d’avec la représentation de la symbolique de l’indépendance nationale. Vu comme cela, je comprends l’exaltation des européens pour l’U.E..

    Pour finir, je vous ferais remarquer qu’une phobie est une pathologie, je ne déteste ni n’ai peur des Allemand, je les apprécierais même plutôt (je préfère préciser, je ne sais jamais). Utiliser à tout bout de champ le suffixe -phobe pour montrer une détestation est stupide. Le préfixe miso-, qui déteste, dans l’exemple du mot misonéisme de miso-, qui déteste, néo, la nouveauté et le préfixe -isme, disposition, me semble plus certain, subtile et rigoureux. Je propose donc, en néologisme, les mots de « misoallemand » et « misoallemandisme » pour désigner les personnes ayant une aversion pour ces personnes ainsi que cette aversion elle-même. Moi-même ne suis en rien misoallemand (là, ce n’est plus préciser mais s’acharner, bien que ne pas reconnaître les réelles différences chez l’autre serait peut-être une forme cachée de racisme). De plus, les allemands ne sont pas les seuls peuples germaniques, loin s’en faut.

  • Le 12 février 2013 à 09:38, par Jonathan Leveugle En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    @theuric : Vous êtes un adepte du déterminisme culturel. Libre à vous mais avec des raisonnements comme le votre on serait encore en train d’expliquer que les républicains remettaient en cause la tradition millénaire de la monarchie.

  • Le 12 février 2013 à 14:22, par theuric En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Cher monsieur Jonathan Leveugle, Le déterminisme culturel, je ne sais pas ce que c’est, l’idée m’en semble part trop simpliste pour que puisse y accoler ma pensée. Ainsi pourriez-vous vous demander si la fronde, survenue plus d’un siècle avant la révolution, ne fut pas l’un des éléments qui facilitât et permît la condamnation de Louis XVI. Croyez-vous vraiment que les choses sont aussi simples que cela ? Il n’y a pas déterminisme culturel, il y a structures et inconscient social. Si il y a déterminisme culturel alors cela doit se retrouver dans chaque famille puisque celle-ci est naturellement une micro-société. Ce déterminisme culturel se devrait, aussi, se retrouver à chaque échelle sociale, de la famille, donc, jusqu’aux associations et sociétés économiques. Or, il n’en n’est rien. Parce que le culturel naturellement évolue. Dans mon texte précédent je montrais que l’une des causes de nos problèmes venait de la domination de l’économie sur le politique et j’y proposait d’en inverser cette dominance. De passer d’une économie politique à une politique économique. Et de mettre en prison tous les tricheurs. Et tous ceux pensant évidente les pseudo théories économico-politiques néolibérales, de les mettre à la poubelle de l’histoire. J’y montrais aussi que de dire que chaque société a des structures sociales et un inconscient partagé est naturelle et que cela génère telle ou telle réaction. Mais l’histoire montre aussi sa dynamique. Dynamique, certes, mais contrainte par ses structures internes. C’est bien là une pensée économisme néolibérale que de penser l’être humain comme étant vide de toute conformité psychique et sociale.

    Mais bon, j’aurais aimé que vous argumentiez, que vous expliquiez les bases théoriques sur lesquelles vous vous appuyez.

    Ah, ça ira, ça ira, ça ira... Comme hier l’aristocratie guerrière, aujourd’hui l’aristocratie d’argent...

    Faites attention, monsieur, nous entrons dans une période près-insurrectionnelle et cela est grave, très grave. Et vous et les vôtres en sont les principaux responsables.

    Les peuples haïssent ceux qui les ont trompés et nous fûmes trompés ! Voyez comme vont les choses, par ce souci stupide d’économie, le maintient de l’ordre à été affaibli.

    Ô tempora, ô mores !

  • Le 12 février 2013 à 17:53, par Jonathan Leveugle En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Vous êtes un déterministe culturel car vous pensez « le peuple » comme une entité à part entière incapable de muter, disparaître, se scinder, fusionner...

    Et je vous en prie évitez moi la tarte à la crème du « je représente le peuple trompé par les élites mondialisées dont vous faites partie ».

    PS : Quand vous citez des phrases en latin, pour paraître savant, je ne peux m’empêcher de penser au roi Loth, dans Kaamelott :)

  • Le 19 février 2013 à 07:34, par Jean Vandenbrande En réponse à : Emmanuel Todd, un intellectuel nationaliste et germanophobe à Mots Croisés

    Tout cela ne serait-il pas la conséquence de deux choses : les Allemands sont en général travailleurs et disciplinés, ce qui engendre l’efficacité et les Français sont en général assez bavards et brouillons et cela engendre une efficacité moindre, par tête.

    Autre sujet : la démographie. En France, en 1943, on prend conscience du retard français et on accorde des allocations familiales. Les plus pauvres, dont les familles n’investissent pas trop dans l’instruction de leurs enfants (cours particuliers, stages de langues,...) trouvent un avantage certain à faire des enfants. Pour les plus riches, les enfants coûtent cher, mais il y a une prise de conscience concernant le besoin de remplacer les générations. En Allemagne, après Hitler et sa politique familiale expansionniste, on se refuse à aider les familles et de plus, la démographie n’est pas « à la mode » ; le non-remplacement est négligé par tous.

    Dans les deux cas l’analyse détaillée sur la composition de la pyramide des âges n’est pas faite et la situation réelle cache sans doute pas mal de surprises, sans doute des mauvaises surprises.

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