
Contexte de l’enseignement supérieur en Europe et dans le monde
Le contexte international justifie une intervention de dimension européenne : la mobilité des étudiants au niveau international s’accroit constamment, passant de 1,8 millions en 2001 à 7,2 en 2025, dont 70% en provenance d’Asie. Les pays les plus attractifs sont les USA (23%), l’UK (12%), l’Allemagne (11%) et la France (10%) puis l’Australie et le Japon. L’Europe accuse un retard global par rapport aux USA en termes de nombre de doctorats décernés ou sur la question de l’emploi des chercheurs. Par ailleurs, seul un petit nombre de pays européens attirent en fait les étudiants étrangers. Le déficit est aussi en termes de perception : tandis que les USA sont mieux considérés en termes d’innovation et de compétitivité, la diversité linguistique et la fragmentation des systèmes d’enseignement en Europe constituent des freins. Toutefois, l’Europe garde des atouts en termes de culture, de sécurité, d’accès à l’enseignement et de coût des études.
Bologne, Prague et Berlin
Lancé initialement par la France, le Royaume Uni et l’Italie en 1998, le « processus de Bologne » désigne la volonté politique conjointe de 29 ministres de l’Education européens qui ont signé à Bologne, en juin 1999, une déclaration visant à réformer les structures des systèmes d’enseignement supérieur nationaux. Chaque pays signataire s’engage à réformer son propre système d’enseignement supérieur pour créer une convergence globale au niveau européen.
Ce processus vise donc à mettre en place un espace européen de l’enseignement supérieur à l’horizon 2010 à travers trois objectifs principaux :
- l’introduction d’un diplôme de premier cycle et d’un diplôme de second cycle dans tous les pays, avec un premier cycle d’une durée minimale de 3 ans,
- l’introduction d’un système de transfert des crédits (ECTS),
- l’élimination des derniers obstacles à la mobilité des étudiants et des professeurs.
Ses objectifs ont été complété par un déclaration dite de « Prague », adoptée en 2001 qui inclut des thèmes clés : la formation permanente ; la participation des étudiants ; l’attractivité et la compétitivité de l’espace européen d’enseignement supérieur par rapport à d’autres régions du monde. En 2003, à Berlin, les gouvernements ont mis l’accent sur certaines priorités : adopter un système basé sur deux cycles principaux (Bachelor-Master) et améliorer le système de reconnaissance des diplômes et des périodes d’études ; tisser des liens plus étroits entre l’espace européen de l’enseignement supérieur et l’espace européen de la recherche ; réaffirmer que l’enseignement supérieur est à la fois une question d’intérêt public et que la dimension sociale du processus de Bologne est importante ; accentuer la participation des organisations universitaires et étudiantes.
Qu’est ce que le programme Erasmus Mundus ?
La Commission européenne, au travers de sa première incursion dans le champ de l’enseignement supérieur en 1987 avec le programme de coopération universitaire européen, s’est saisi du rapprochement des gouvernements européens autour du Processus de Bologne pour lancer un nouveau programme soutenant la coopération internationale de l’enseignement supérieur. Erasmus Mundus, doté actuellement d’un budget d’environ 300 millions d’euros, s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie politique de l’Union européenne, dite de Lisbonne, qui vise à faire de l’Europe "l’économie de connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » et plus précisément du processus dit de Bologne, qui vise l’introduction d’un diplôme de premier cycle et d’un diplôme de second cycle dans tous les pays, l’introduction d’un système de transfert des crédits (ECTS) et enfin l’élimination des derniers obstacles à la mobilité des étudiants et des professeurs. Concernant l’avenir de nos systèmes d’enseignement supérieur, la Commission a par ailleurs pris des positions au travers de communications (cf « Faire réussir le projet de modernisation pour les universités »).
Le programme actuel, lancé en 2003, s’articule plus particulièrement autour de 4 actions spécifiques :
- l’organisation de masters communs Erasmus Mundus, comprenant des cours intégrés de niveau « master » proposés par au moins 3 universités européennes (action 1),
- l’octroi de bourses aux étudiants et universitaires des pays tiers (action 2, 1 600 euros par étudiants entrants),
- l’organisation de partenariats entre établissements européens et tiers, impliquant le soutien aux étudiants européens souhaitant étudier à l’étranger (action 3)
- le soutien à des projets renforçant l’attrait international de l’enseignement supérieur européen (action 4).





