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Erasmus : une véritable coopération politique sur l’éducation et la recherche

, par Léonard de Chaisemartin

Alors que le programme Erasmus est menacé de disparaître l’année même de ses 25 ans, le Mouvement Européen-France avait réuni plusieurs acteurs à la fin septembre pour discuter de son avenir. Le Taurillon a recueilli leurs témoignages.

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Odile Quintin, Professeur affiliée à l’ESCP Europe, Professeur à Sciences Po, ancienne Directrice générale Education et Culture de la Commission européenne

Le Taurillon. : Vous avez dit lors de la table ronde que le programme Erasmus Mundus (NDLR : consacré aux séjours étudiants hors d’Europe) vous paraissait essentiel. Ne pensez-vous pourtant pas que la construction européenne nécessiterait de concentrer les efforts sur les destinations intra-Union européenne plus que sur le reste du monde ?

Odile Quintin. : - L’essentiel des subventions est d’hors-et-déjà consacré aux séjours dans les pays européens. Mais l’Europe n’est pas une forteresse, Erasmus Mundus permet de donner une visibilité à l’Europe dans le monde. Les modalités de ce programme sont bien différentes de celles de l’Erasmus classique : il est réservé aux étudiants en fin de cursus (en master ou doctorat) et concerne un petit nombre. Son intérêt est de permettre des consortiums entre les universités (en Europe et avec le monde) de manière à augmenter la visibilité de l’enseignement supérieur européen dans les pays tiers.

L.T. : Vous avez parlé pour Erasmus d’ « accouchement dans la douleur » et de « projet politique né de réalisations concrètes »…

O. Q. : Oui, la question de l’éducation, contrairement par exemple à la formation professionnelle, n’apparaissait pas dans le traité de Rome (NDLR : 1957), il a fallu attendre celui de Maastricht (NDLR : 1993) pour qu’elle soit mentionnée dans un traité communautaire. Erasmus (NDLR : 1987) a été en cela déclencheur : nombre de pays ne voulaient au départ pas financer ce projet, mais son succès a permis la mise en place d’une véritable coopération politique en matière d’éducation et de recherche, illustrée par le processus de Bologne (NDLR : ce processus s’est notamment concrétisé par le système LMD, conséquence directe de l’expérience Erasmus) engagé en 1999, et poursuivi par la stratégie « Europe 2020 ».

L.T. : Pensez-vous qu’un parallèle peut-être établi avec la période que nous sommes en train de vivre ? Autrement dit, la crise s’apprête-t-elle à « accoucher dans la douleur » d’un fédéralisme économique, ce que les « réalisations concrètes » que sont le changement de rôle connu par la BCE et le TSCG laissent supposer ?

O.Q. : Nous sommes effectivement à un croisement important. D’un côté, l’Europe ne progresse jamais autant que dans les difficultés, et il y a aujourd’hui l’esquisse d’un gouvernement économique. De l’autre, comme l’a justement dit Stiglitz (NDLR : Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie américain), il n’existe pas encore de véritable politique de croissance en Europe : la stratégie « Europe 2020 » pourrait être une voie de salut.

Phillipe Perchoc, Co-fondateur de Nouvelle Europe, Enseignant au Collège de l’Europe de Bruges et promoteur de l’Initiative citoyenne européenne « Fraternité 2020 »

L.T. : Vous nous avez dit durant la conférence que vous étiez spécialiste des pays baltes. Pourriez vous nous renseigner sur le succès d’Erasmus dans ces pays qui ont adhéré récemment à l’Union européenne ?

Phillipe Perchoc : C’est un très fort succès. Ce qu’il implique de négatif est que la crise économique, qui a été particulièrement dure dans ces pays, a engendré un important mouvement d’immigration chez les jeunes, et Erasmus étant un moyen comme un autre de partir à l’étranger… Le positif est que des jeunes venus de communautés linguistiques rivales - il existe en Lettonie et en Estonie d’importantes minorités russophones - parce qu’ils choisissent les mêmes destinations pour leur Erasmus, sont amenés à se rencontrer et à prendre conscience de leur appartenance nationale commune.

L.T. : Pourriez-vous nous décrire le cours que vous donnez au Collège de l’Europe de Bruges, une formation qui est susceptible d’intéresser les jeunes fédéralistes que nous sommes ?

P.P. : Il s’agit d’un cours intitulé « La grande Europe : l’Union européenne et son voisinage », que j’anime avec un autre professeur de Sciences Po, Jacques Rupnik.

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P.-S.

Manifestation pour la défense d’Erasmus ce samedi 13 octobre. Pour connaître les détails, cliquez ici

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