Erasmus continue de grandir, mais avec quels moyens ?

Flou sur l’avenir d’Erasmus

, par Fabien Cazenave

Erasmus continue de grandir, mais avec quels moyens ?

Dans le monde étudiant, le programme Erasmus (dont vous pouvez voir -ici- le logo...) est synonyme d’aventures et de voyages pendant ses études [1]. À l’heure actuelle, 2 199 établissements d’enseignement supérieur de 31 pays participent à ERASMUS. Depuis la création d’ERASMUS en 1987, 1,2 millions d’étudiants ont accompli une période d’études à l’étranger grâce à cette action.

Le budget d’ERASMUS pour 2004 s’élève à plus de 187,5 millions d’euros. Une réussite qui continue son développement depuis l’élargissement de 2004. Les échanges d’étudiants ont augmenté de 36% dans les pays d’Europe centrale et orientale.

Erasmus est l’action du programme Socrates II consacrée à l’enseignement supérieur. Ce programme a pour but d’améliorer la qualité et de renforcer la dimension européenne de l’enseignement supérieur par le biais de coopération transnationale entre les universités. La mobilité européenne est au coeur de ce projet.

Erasmus se compose de nombreuses activités : échanges d’étudiants et d’enseignants, développement conjoint de programmes d’études, programmes intensifs internationaux, réseaux thématiques entre départements et facultés de toute l’Europe, cours de langues (CIEL), système européen de transfert d’unités de cours capitalisables (ECTS).

Il s’agit ici de l’action la plus connue de la Commission européenne dans le domaine de l’Éducation. Jan Figel, le commissaire européen responsable de l’éducation, de la formation, de la culture et du multilinguisme a déclaré : « Les centaines de milliers d’étudiants qui ont bénéficié de ce programme depuis 1987 forment une élite européenne toujours plus nombreuse et forte d’une expérience interculturelle et multilingue, préalable essentiel à l’avènement de l’Union européenne du futur ».

Une augmentation du nombre de bénéficiaires malgré le manque de moyens pour répondre à la demande.

Pour l’année 2004/2005, les échanges auraient augmenté de 6% en ce qui concerne les étudiants et 13% pour les enseignants. Au total, 144 037 étudiants ont bénéficiés de ce programme dans toute l’Europe. Un an avant le 20ème anniversaire de ce programme lancé en 1987, le succès grandissant des voyages Erasmus semble devoir connaître une croissance exponentielle [2].

Aujourd’hui, les études de commerce constituaient la filière la plus populaire pour les échanges d’étudiants, suivies par les langues/études de philologie et les sciences sociales. Pour l’année 2004-2005, la France a par exemple vu partir 21 561 de ses étudiants pendant qu’elle recevait au sein de ses universités 20 519 étudiants.

Pourtant, le financement du programme qui rassemble l’un des plus forts consensus au niveau européen est source de points de vue divergeant. En effet, lors de la dernière conférence inter-gouvernementale de 2005 sur le budget de l’Union européenne, certains gouvernements n’hésitaient pas à soulever la question d’une baisse de 40% des fonds destinés aux programmes de type Erasmus.

Néanmoins, quelques mois après, Catherine Colonna, Ministre française déléguée aux Affaires Européennes déclaraient que « puisque nous disposons à présent d’un budget pour l’Europe pour les années 2007 à 2013, pourquoi ne pas doubler le nombre de bénéficiaires ? » [3]

L’Europe doit continuer de « nourrir » Erasmus.

Il semble plus que jamais nécessaire de permettre plus facilement le départ des étudiants vers les pays de l’Union européenne afin d’éviter le repli sur soi. Cependant, à l’instar de ce qu’à montrer le film « L’Auberge Espagnol » (2002), il est souvent difficile pour les étudiants en France de préparer leur dossier en trouvant le bon interlocuteur directement. De plus, alors que certaines destinations sont souvent demandées et saturées en nombre de places, d’autres sont en manque d’étudiants...

Aussi, il nous paraît urgent de prendre la balle au bond lancée par Madame le Ministre pour demander une démocratisation de l’accès à ce programme, grâce notamment à la multiplication des moyens de financement de ce programme. La réforme LMD, au-delà de son application parfois chaotique dans certaines Universités, a permis de supprimer la barrière des diplômes.

En effet, alors que la mobilité inter-étatique dans l’Union européenne est pointée comme insuffisante [4], il est important de faire tomber les frontières psychologiques en permettant aux citoyens de voyager en son sein tout en continuant à construire leur formation.

[1] Cf. Site internet de la Commission européenne, page spécifique consacrée aux programmes Socrates et Erasmus :

http://www.europa.eu.int/comm/education/programmes/socrates/erasmus/erasmus_fr.html

[2] Cf. Communiqué de presse de la Commission européenne, en date du 17 mars 2006 :

http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/319&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

[3] Cf. « En avant l’Europe ! » : une Tribune de Mme Catherine Colonna parue dans le quotidien « Le Figaro » du 17 janvier 2006 (document disponible sur le site du ministère des affaires étrangères) :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/les-ministres_818/catherine-colonna_821/presse-medias_5442/index.html

[4] Cf. Informations disponibles sur le site du Parlement européen :

http://www.europarl.eu.int/news/public/story_page/047-5372-37-2-6-908-20060220STO05371-2006-06-02-2006/default_fr.htm

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