
Erasmus vise à renforcer la dimension européenne dans l’enseignement supérieur, en encourageant la coopération transnationale entre les établissements supérieurs et la mobilité européenne des étudiants et des enseignants. Les points importants de l’action sont donc : la mobilité, la transparence et la reconnaissance académique des études.
Erasmus, un vrai succès
Les étudiants qui effectuent une partie de leurs études (de 3 mois à 9 mois, à partir de la 2ème année d’études) dans une université étrangère bénéficient d’une allocation de mobilité. Celle-ci est différente selon le pays d’origine et le pays d’accueil. Les études effectuées à l’étranger sont reconnues par l’université d’origine grâce au système ECTS (le système européen de transfert de crédits). Les participants reçoivent une Charte étudiante Erasmus qui décrit leurs droits et leurs obligations.
Pour José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Erasmus est devenu « bien plus qu’un simple programme éducatif ». Il est allé plus loin que ce que l’on peut attendre d’une action européenne coordonnée dans le domaine de l’éducation.
Erasmus en quelques chiffres
Depuis la création en 1987, 1,5 million d’étudiants Erasmus ont pu bénéficier de cette action et sont partis étudier dans un établissement à l’étranger. Moi aussi, j’en fais partie.
Pour la première année du démarrage d’Erasmus il n’y a eu que 3 244 étudiants qui ont bénéficié du séjour dans un autre pays d’Europe. Ce chiffre a explosé depuis. Au total en 2005, 145 000 étudiants européens ont bénéficié de ce programme, même si cela ne représente que 1 % de la population estudiantine européenne. Le nombre total des étudiants qui ont réalisé leur Erasmus entre 1987 et 2006 s’élève à un million et demi de personnes. Actuellement, neuf établissements d’enseignement supérieur européens sur dix coopèrent dans le cadre de cette action.
Quelle est la répartition par le sexe ? Visiblement, se sont les filles qui sont devenus les plus mobiles… Durant l’année universitaire 2000/2001, il y avait 59 % d’étudiantes et 41 % d’étudiants. Aujourd’hui, les statistiques parlent de 60 % d’étudiantes.
Selon les données pour l’année 2004/2005, ce sont les Allemands (22 427 étudiants) et les Français (21 562 étudiants) qui sont les plus nombreux pour aller au-delà de leurs frontières. Le bilan général est le suivant : 217 000 Français ont pu profiter d’Erasmus, après les Allemands (216 000), les Espagnols (191 000), les Italiens (157 000) et les Britanniques (143 000).
Les étudiants préfèrent le soleil. Selon les données de l’année 2004/2005, c’est l’Espagne qui a attiré le plus en accueillant 25 500 personnes. Juste derrière, arrive la France avec 20 500 érasmusiens. Dans le « TOP 20 » des universités d’accueil en 2004/2005 il y a… 13 établissements espagnols ! Dans la suite du classement, nous trouvons trois universités italiennes, deux allemands, un autrichien et un suédois [1].
Les problèmes d’Erasmus et son futur
Les problèmes qui touchent des étudiants peuvent être divisées dans deux domaines.
- Le premier concerne strictement le cursus universitaire. D’après des témoignages d’étudiants, il arrive qu’il y ait des difficulté quant à la reconnaissance du séjour passé à l’étranger par l’université du pays d’origine. C’est notamment le cas dans les facultés de droit et de la médecine, mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup d’étudiants, qui font leur études sérieusement et qui ne voudront jamais de partir, car ils ont peur des problèmes administratifs qu’ils risquent de rencontrer à leur retour. Quel est le problème ? Souvent, il y a un problème d’équivalence des diplômes car il n’y a pas les mêmes cours que dans l’établissement étranger et les professeurs exigent parfois de passer les examens au moment du retour, afin de valider l’année universitaire. C’est pour cela qu’Erasmus est perçu parfois comme étant un programme de… vacances. « De toute façon, le travail attendra retour au pays d’origine. » Mais cela ne correspond pas à la démarche de l’action.
- Le deuxième problème concerne plutôt les politiques de l’Union européenne et d’autres pays qui participent au programme Erasmus. Il s’agit du budget. L’argent manque. Partir faire Erasmus, c’est très difficile pour les moins favorisés. Il faut économiser de l’argent avant partir, demander au parents d’aider ou travailler pendant le séjour. Être aidé par ses parents n’est pas souvent possible, surtout pour ces jeunes qui ne vivent pas encore dans la zone euro et pour qui la vie à l’étranger est souvent plus chère que dans le pays d’origine. Imaginez-vous vivre à Paris pendant un mois avec 350 euros dans la poche ? Cela m’est arrivé et c’était une de plus grandes bourses parmi les étudiants Erasmus que j’ai eu l’occasion de rencontrer en 2004/2005.
Pour la période 2000-2006, le programme Socrates/Erasmus disposait d’une enveloppe budgétaire de 950 millions d’euros. Est-ce que c’est suffisamment par rapport au nombre d’étudiants qui veulent partir ? La Commission, elle-même, avoue que les bourses sont trop faibles pour permettre aux étudiants issus de milieux financièrement défavorisés de profiter du programme Socrates/Erasmus. Les étudiants qui voudraient bénéficier d’Erasmus le savent bien.
Quel est objectif de la Commission européenne ? C’est d’atteindre les trois millions d’étudiants d’ici à 2012. Cette mission, est-elle possible ? Pour la réaliser, il faut plus d’argent. C’est aux États d’augmenter leur participation financière pour développer cette l’action destinée aux jeunes qui rêvent de partir. Vis-à-vis de la construction de l’Europe, chaque étudiant - aussi celui qui vient d’une petite ville et qui part pour la première fois au-delà de ses frontières - doit pouvoir partir dans une ville universitaire européenne de son choix. Et y survivre dans la dignité, pas avec 100 ou 300 euros par mois dans une ville extrêmement chère. L’augmentation des budgets permettrait à l’étudiant de profiter à plein de son séjour et de ne pas se sentir exclu en raison d’un manque de l’argent.
Pour ce type de décision, l’Europe ne peut pas compter seulement sur la bonne volonté des États. La légitimité pour ce genre de décision viendra d’une Europe réellement politique. Les citoyens européens plébiscitent ce programme. Pour qu’il se développe, ce n’est pas en se contentant des institutions européennes actuelles que nous y arriveront.









