
Pour les mélomanes de toute l’Europe, le label « Harmonia Mundi » est depuis longtemps un signe de qualité.
Harmonia Mundi se place ici volontairement dans l’actualité de l’Union européenne récemment élargie en faisant le choix d’attirer l’attention d’un public, trop centré sur l’Europe occidentale, sur les richesses plus récentes (encore que…) offerte par la « nouvelle Europe » :
le Polonais Chopin, les Hongrois Liszt et Bartok, les Tchèques Dvorak et Janacek, le Finlandais Sibelius, l’Estonien Pärt, le letton Tormis…
Un splendide coffret de six CD, soit sept heures de musique…
Ces 6 disques, soit sept heures de musique, nous font passer au travers des lieux (le bassin méditerranée, berceau de la musique européenne, musique ibérique, polyphonie et musique franco-flamande, Iles britanniques, style classique viennois et romantisme germanique, l’éveil des nations à l’Est), des époques et des styles (Antiquité, Moyen-âge, Siècle d’or, Baroque, Ecole de Vienne, Romantisme, etc).
Ils sont accompagnés d’un livret explicatif en français, anglais et allemand pour chaque style, chaque œuvre présentée, extrêmement didactique.
Un patrimoine culturel commun fait d’influences réciproques
Et l’on redécouvre la formidable richesse culturelle européenne, et ses auteurs, qui appartiennent à l’héritage musical de chacun, sans qu’on connaisse parfois d’ailleurs leur nationalité.
Aspect au demeurant tout à fait accessoire, car les compositeurs européens ont souvent été marqués par des influences réciproques, ont vécu et travaillé dans des pays qui n’étaient pas les leurs et ont contribué à répandre un langage commun à toute l’Europe : un langage commun qui parlait aussi bien à la gentry britannique qu’aux cours françaises, aux bourgeois de Berlin ou au peuple de Milan.
« Europa » est donc un grand moment de jubilation musicale et d’unité dans la diversité, à l’heure où les Européens semblent oublier tout ce qui les rapproche.
Nous reproduisons ci-dessous une partie de l’introduction du livret :
« A l’heure de l’Europe des 25, ce coffret vous invite à un voyage musical assez étonnant sur les routes de l’Europe toute entière. Car ce panorama « géo-historique » allant de l’antiquité grecque jusqu’à nos jours doit moins sa spécificité à une appréhension chronologique de la musique occidentale qu’à une vision stylistique des choses. Nous ne prétendons pas, en effet, brosser un tableau complet de l’histoire de la musique européenne, mais présenter au mélomane ces périodes plus ou moins longues qui ont imprimé la marque d’un pays ou d’un ensemble de pays sur l’ensemble du continent.
C’est ainsi que plusieurs périodes phares ont été sélectionnées pour chacune des régions concernées : le bassin méditerranéen sera essentiellement abordé comme berceau de la musique occidentale, qu’elle soit antique (avec la Grèce), ancienne (avec les répertoires pré-grégoriens) ou moderne (avec la naissance de la musique « moderne », c’est à dire baroque, en Italie). France et francophonie seront considérées avant tout sous l’angle de la polyphonie franco-flamande.
Mais on parlera aussi de recherche d’identité et de renouveau moderne. La péninsule ibérique connut deux âges d’or, au temps de Charles Quint et à l’aube du XXè siècle. Il en va de même pour les îles britanniques, avec la période élisabéthaine et la première moitié du XXè siècle. Les pays germaniques existaient avant Mozart, mais c’est avec l’avènement du style classique et du romantisme qu’Allemagne et Autriche ont dominé l’Europe musicale pendant plus d’un siècle. Enfin, les pays d’Europe centrale et les pays scandinaves furent probablement les derniers à émerger sur le devant de la scène : ils termineront donc cette évocation. »




