Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

, par Xavier Chambolle

Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

Qu’est-ce que la Politique Agricole Commune (PAC) ?

La PAC est une politique mise en place à l’échelle de l’Union européenne. Elle a pour mission :

  • d’accroître la productivité dans le secteur (donc de produire plus et mieux avec moins),
  • d’assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs,
  • de stabiliser les marchés,
  • de garantir la sécurité des approvisionnements,
  • d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs,
  • de faire respecter l’environnement et le développement rural.

Ses quatre principaux outils sont le contrôle des prix, les subventions, le protectionnisme (tarifs douaniers sur les produits importés) et le contrôle de la production (quotas, arrachages subventionnés). Il s’agit donc d’une politique économique interventionniste qui vise à remplacer les mécanismes d’un marché libre.

Comment fonctionne-t-elle et à quoi sert-elle ?

Comment faire cependant pour assurer des prix raisonnables aux consommateurs, tout rémunérant suffisamment les producteurs et en leur permettant d’améliorer la productivité ?

La solution est simple : l’UE subventionne les agriculteurs ! Ainsi, tout le monde est content.

Or l’argent de ces subventions ne vient pas de nulle part, il vient de la poche du contribuable. Or le contribuable est également un consommateur de produits alimentaires…

On défend le consommateur en évitant d’augmenter la rémunération du salarié ; on défend le salarié en chargeant d’impôts le capitaliste ; on défend le capitaliste en vendant le plus cher possible au consommateur ; et la justice se trouve ainsi d’autant mieux satisfaite que le salarié, le capitaliste et le consommateur, c’est presque toujours le même type. Auguste Detœuf, Propos de O.L. Barenton, confiseur en 1938

Nous serions donc tenté de répondre que la PAC ne sert à rien. Au pire est-elle simplement une politique de redistribution, s’ajoutant ainsi à tous les autres mécanismes de ce type.

La question de son utilité pour les Européens est d’autant plus pertinente qu’elle engendre de nombreux problèmes, parmi lesquels :

  • L’affaiblissement de l’agriculture des pays pauvres, car les produits agricoles européens exportés sont moins chers que les produits locaux à cause des subventions. L’aspect ironique de la situation est que le contribuable européen finance cette concurrence déloyale, celle-ci nuit au secteur agricole de ces pays, contribuant ainsi au chômage, que l’Europe tente de combattre là aussi avec des aides financières, chômage qui contribue à l’immigration en Europe, qui elle aussi a un coût (assistance des personnes, surveillance à la frontière, etc.).
  • L’encouragement de cultures inadaptées localement. Par exemple le maïs, plus subventionné que d’autres cultures, mais grand consommateur d’eau notamment. Maïs subventionné dont le prix sur le marché baisse naturellement, ainsi que ses produits dérivés dont le glucose de maïs.
  • La dégradation des relations entre pays membres, la PAC représentant des enjeux colossaux, chaque pays tente de l’orienter à son profit et au détriment du voisin.

Bien sûr, il ne faut surtout pas oublier de mentionner son coût direct : plus de 40% du budget de l’Union européenne, soit largement plus de 50 milliards d’euros. Évidemment cela ne fait « que » 100€ par an par habitant. Avec 100€, vous pouvez tout de même commander environ 10 paniers de fruits et légumes (bio !) pour 2-3 personnes, ce qui permet donc de tenir plus de 2 mois sur ces denrées. En faisant attention et en tenant compte d’un panier alimentaire plus varié (viande, épices), avec ce même 100€ il est possible de nourrir une personne pendant un mois environ.

Conséquences de la suppression de la PAC

Si nous considérons que la PAC est un succès et a permis de remplir ses objectifs, alors sa suppression entraînerait naturellement une situation opposée, à savoir :

  • une baisse de la productivité dans le secteur,
  • une baisse du niveau de vie des agriculteurs,
  • l’instabilité des marchés,
  • l’insécurité des approvisionnements,
  • l’explosion des prix pour le consommateur,
  • un environnement détruit et un monde rural anéanti,
  • 100€ qui restent dans la poche de chaque contribuable européen, chaque année.
  • Ceci est parfaitement théorique. Mais cela semble communément accepté, en tout cas c’est une position largement défendue par la France. Généralement, lorsque vous émettez l’idée de supprimer la PAC, on vous répond avec vigueur : « Mais vous êtes fou ! Le marché sera plus concentré, les petits producteurs se feront bouffer par l’industrie agro-alimentaire, la qualité baissera, la diversité en prendra un coup, les pauvres ne pourront plus se nourrir, etc. ».

Nous avons tellement été abreuvé par l’État que nous n’imaginons plus nous en sortir sans lui ! C’est dramatique : nous faisons plus confiance en l’État qui organise la production agricole, qu’au marché, c’est-à-dire vous, moi et les autres !

Alors sortons un instant de ce cadre théorique. Prenons un exemple concret.

La Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande avait et a encore un secteur agricole occupant une grande place dans son économie. Dans les années 1980, ce secteur était particulièrement subventionné (3ème rang de l’OCDE). Confronté à une grave crise budgétaire, l’État néo-zélandais coupa massivement dans ces aides, au point qu’aujourd’hui la Nouvelle-Zélande est le pays de l’OCDE qui subventionne le moins son secteur agricole. Certes de nombreuses exploitations ont fermé, incapables de vivre par leurs propres moyens. Le secteur agricole a simplement été assaini, pour le plus grand bien du secteur lui-même, mais également pour celui des consommateurs.

Plutôt que de détailler les multiples bénéfices de la suppression quasi-totale des aides (restent des aides en cas de catastrophes naturelles, par exemple), citons simplement les Fermiers Fédérés de Nouvelle-Zélande qui transmettent aux pays et agriculteurs du monde entier un message rassurant via leur ambassade :

L’expérience des quinze dernières années de réformes en Nouvelle-Zélande a complètement détruit le mythe que le secteur agricole ne pouvait prospérer sans aides gouvernementales ; et que l’environnement ne pouvait pas rester sain.

[...]

La suppression des subventions agricoles s’est révélée être un catalyseur pour les gains de productivité.

[...]

La diversification de l’utilisation des terres, introduite par la suppression des subventions, a été bénéfique pour les exploitants et a augmenté la taille et l’éventail du secteur agricole néo-zélandais ; alors que de nouveaux produits innovants ont été développés.

Exploiter en Nouvelle-Zélande continue à offrir un revenu assez conséquent afin d’assurer un retour sur capital similaire à d’autres pays et un bon standard de vie.

Les agriculteurs ne sont plus à la recherche de subventions, cherchant une production maximale à n’importe quel coût. Les agriculteurs maintiennent des structures de coûts, reflétant les capacités réelles des revenus de leurs fermes. Ils investissent dans la protection de leur environnement, et la valeur de leurs terres est basée sur leur capacité de revenus sur le marché.

Avec l’arrêt des subventions, les pratiques agricoles sont désormais menées par les demandes du marché et des consommateurs.

[...]

La Nouvelle-Zélande a également profité de bénéfices environnementaux. La qualité de l’eau s’est améliorée ; de plus, les gâchis dus aux subventions ont stoppé. [...]

Des prédictions annonçant qu’une grande proportion des agriculteurs quitteraient leurs terres ne se sont pas réalisées.

[...]

Une grande majorité des coûts de production agricoles sont désormais plus bas. Des réformes introduites dans d’autres domaines économiques ont réduit les coûts agricoles et accru la compétitivité de l’économie du pays en général. Des exemples à citer incluent la dérégulation des marchés de l’emploi et des transports ; ainsi que la réduction des taxes d’importation sur les charges agricoles.

[...]

il n’y a pas eu d’effort substantiel de la part du gouvernement afin de soulager les conséquences de la transition.

[...]

Sur le long-terme, les dommages apportés à l’agriculture néo-zélandaise par les subventions furent importants. Les subventions restreignaient l’innovation, la diversification et la productivité en corrompant les signaux et nouvelles idées des marchés. Cela amena un gaspillage des ressources et un impact négatif sur l’environnement. Une grande part des agriculteurs de pâture avait une exploitation, en effet, dans le seul but d’obtenir les subventions.

L’arrêt des subventions en Nouvelle-Zélande a donné naissance à une économie rurale vibrante, diversifiée et durable. Les agriculteurs néo-zélandais sont fiers de leur indépendance et sont décidés à ne jamais plus être soumis aux subventions gouvernementales.

Cela semble clair. Alors on nous rétorquera que la Nouvelle-Zélande est un petit pays… Mais l’agriculture de ce petit pays est excessivement tributaire de ses exportations vers le monde entier ! Et il a conclu de multiples accords de libre-échange… Ce qui n’est pas sans rappeler notre Zone Schengen qui créé un environnement similaire.

Qu’attendons-nous pour supprimer la PAC ?

Nous attendons que nos parlementaires gagnent leur indépendance vis-à-vis des lobbies de Bruxelles (un siège permanent à Strasbourg aiderait).

Nous attendons que la France cesse de défendre mordicus cette maudite politique agricole commune, qu’elle fasse son deuil de Colbert.

Nous attendons que les responsables politiques aient le courage de dire la vérité aux Européens (la PAC ne sert a rien, est coûteuse et nuisible) et admettent que nous n’avons pas besoin d’eux dans ce domaine (notamment !).

Nous attendons que l’Union européenne respecte le principe de subsidiarité (la responsabilité d’une action publique, lorsqu’elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même) et acte le fait que cette politique n’est clairement pas nécessaire.

Bref. Nous allons attendre longtemps. Et ce d’autant plus que les fédéralistes ne luttent pas avec force contre les mauvaises politiques de l’Union européenne.

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Vos commentaires

  • Le 20 juin 2013 à 11:27, par Bernard Giroud En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    Nouvelle Zélande : 4 Millions d’habitants pour 268 680 km2 (la moitié de la France) 1980 : 22 millions de moutons (ovins) exportés en Europe, via la plate-forme Grande-Bretagne Croissance à – (moins) 1,3% en 2009 Âpres que la Cee y ait mis bon ordre, aujourd’hui, :8 millions d’ovins, baisse de 11% encore l’année dernière.

    les Fermiers Fédérés de Nouvelle-Zélande qui transmettent aux pays et agriculteurs du monde entier un message rassurant via leur ambassade : De nombreuses exploitations ont fermé, incapables de vivre par leurs propres moyens. Le secteur agricole a simplement été assaini, pour le plus grand bien du secteur lui-même, mais également pour celui des consommateurs L’arrêt des subventions en Nouvelle-Zélande a donné naissance à une économie rurale vibrante, diversifiée et durable. Les agriculteurs néo-zélandais sont fiers de leur indépendance et sont décidés à ne jamais plus être soumis aux subventions gouvernementales.


    On croirait un chantre de cœur d ‘église sortant pour avancer la procession !


    Nous faisons plus confiance en l’État qui organise la production agricole, qu’au marché, c’est-à-dire vous, moi et les autres !

    Vous êtes vous posé la question de savoir qui sont les autres ? De savoir qui fait (casse) les prix, donc les oriente et par là, la production ? Vous connaissez, les Carrefour, les Leclerc, les Intermarché, le Aldi etc… et toute la masse à milliards d’euros qui y sont accrochés...

    Je crois qu’il faudra que vous pensiez un peu mieux le mot « optimisation » pour être plus constructif, Monsieur Chambolle.

    Certes tout n’est pas parfait dans ce monde de la garantie des approvisionnements de nos assiettes, notamment dans la gestion des surplus.

    Je vous suggère d’introduire dans la conduite de cet ensemble l’objectif d’une qualité optimale, c’est-à-dire celle qui est proche de l’équilibre tout simplement naturel, celle qui fait que dans certains domaine de la vie biologique nous ne savons pas tenir compte du temps à sa juste valeur ; Vous verrez qu’à partir de ce filtre raisonnablement reconnu on peut construire durablement, intéressant chacun à son propre devenir.

    Merci donc, de ne pas « enfumer » l’esprit de lecteur moins avertis, sous prétexte d’utilisation de 40% d’un budget global Européen, qui lui-même ne représente pas 1% du PIB .

    La santé physique et intellectuelle des consommateurs et entrepreneurs européens que nous sommes sera en meilleure voie, si nous faisons comprendre à tous, qu’un Groupe de pays ne peut pas fonctionner s’il ne dispose pas d’un budget suffisant au niveau qu’il faut.

    Ceci est affaire de volonté de confiance et d’espérance.

  • Le 20 juin 2013 à 14:53, par Chloé En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    En plus des critiques de M. Giroud, je trouve que cet article est beaucoup trop simpliste et ne construit aucune forme de raisonnement. L’agriculture en Europe est extrêmement diverse, des gros exploitants agricoles qui font des céréales dans les plaines à grand renfort de mécanisation et d’intrants (produits chimiques) au petits éleveurs en agriculture extensive dans les montagnes, il y a des situations et des besoins très différent.

    Par ailleurs, aucune mention n’est faite du processus de la PAC qui est en cours depuis de nombreuses années et devrait aboutir en 2013. Or les aides accordées aux agriculteurs sont devenues beaucoup plus compliquées et demandent beaucoup plus de garantie qu’il y a 40 ans. Et il faudrait peut-être expliquer ces changements et leurs effets sur l’ensemble du secteur (en tenant compte des diversités) avant de pouvoir formuler une critique constructive.

  • Le 20 juin 2013 à 15:29, par Xavier Chambolle En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    @Bernard Giroud En-dessous du champ de saisie d’un commentaire il y a des raccourcis SPIP. Utilisez-les pour me citer, par exemple. Ca faciliterait grandement la lecture de votre commentaire. Au pire il y a « » sur votre clavier.


    Sur le fond. Vous dites cela : Merci donc, de ne pas « enfumer » l’esprit de lecteur moins avertis, sous prétexte d’utilisation de 40% d’un budget global Européen, qui lui-même ne représente pas 1% du PIB .

    Ce 1% du PIB de la PAC, pensez-y, cher lecteur moins averti, ne représente pas rien pour le secteur agricole. Quel pourcentage de la population active représente ce secteur ?

    C’est mon premier point : les chiffres, même faibles sous un certain point de vue, sont loin d’être anecdotiques. Voyez le graphique qui illustre cet article : les "aides" représentent plus de 30% des recettes agricoles en Union Européenne.

    Mon deuxième point : qu’est-ce que la PAC ? C’est l’introduction de mon article, mais je vous invite à diversifier vos sources. La PAC ce n’est pas seulement une série de subventions. C’est également :
    - des quotas
    - le contrôle des prix
    - des barrières douanières.

    Cela ne fait pas partie de votre 1% du PIB, puisque ce ne sont pas des dépenses. Mais cela compte tout de même dans le fonctionnement du secteur agricole en Union européenne. Cela façonne l’offre.

    De fait, quand bien même l’UE couperait toutes les subventions, de telle sorte que la PAC pèserait 0% du PIB, 0% du budget de l’UE, ses autres leviers continueraient à fausser le marché et à empêcher le secteur agricole européen d’optimiser sa production comme le fait la Nouvelle-Zélande !

    Optimisation : Démarche consistant à rendre optimal le fonctionnement d’un système.

    Optimiser : Donner à quelque chose, à une machine, à une entreprise, etc., le rendement optimal en créant les conditions les plus favorables ou en en tirant le meilleur parti possible.

    Définitions tirées de Larousse.

    Au Québec l’acériculture subit une politique équivalente à la PAC. Les prix y sont fixés (les producteurs sont obligés de vendre à un seul intermédiaire qui fixe arbitrairement les prix) et les producteurs ont des quotas à respecter. Les acériculteurs ne peuvent pas se permettre de mettre en jachère des lignes, sinon ils voient à force leur quota réduit. Ils ont parfaitement conscience que cette histoire de quota les incitent à épuiser leurs érables.

    Toujours au Canada, la filière laitière est également régie par une politique gouvernementale de type PAC. Le lait y est cher et les produits laitiers sous-développés (fromages industriels insipides, production de qualité plus que timide et excessivement chère, idem pour la crème). Le lait y est cher et, pour maintenir les prix hauts, la filière jette du lait en quantité astronomiques.

    Que ce soit au Canada, en Europe ou jadis en Nouvelle-Zélande, les politiques agricoles avec subventions, quotas et contrôle des prix freinent le développement des filières agricoles qui deviennent non seulement inefficaces, mais inefficientes, malgré l’apparent développement des exploitations.

    La Nouvelle-Zélande est un exemple très concret.

    De savoir qui fait (casse) les prix, donc les oriente et par là, la production ? Vous connaissez, les Carrefour, les Leclerc, les Intermarché, le Aldi etc… et toute la masse à milliards d’euros qui y sont accrochés… En quoi cela pose-t-il problème qu’ils cassent les prix ? Il y a, par exemple, des maraîchers qui n’étaient pas satisfaits par ce système. Qu’ont-ils fait ? Ils ont fait des AMAP, par exemple.

    Nouvelle Zélande : 4 Millions d’habitants pour 268 680 km2 (la moitié de la France) 1980 : 22 millions de moutons (ovins) exportés en Europe, via la plate-forme Grande-Bretagne Croissance à – (moins) 1,3% en 2009 Âpres que la Cee y ait mis bon ordre, aujourd’hui, :8 millions d’ovins, baisse de 11% encore l’année dernière. La Nouvelle-Zélande est un petit pays.... et alors ? :D C’est d’autant plus admirable qu’un si petit pays possède un secteur agricole fabuleux alors qu’il a signé de très nombreux accords de libre-échange... Pensez-y un seul instant ! Les agriculteurs de ce pays minuscule arrivent à se battre sur le marché international face à des ensembles gigantesques (USA, Europe, Chine) dont les agriculteurs sont massivement subventionnés et dont les marchés sont pourtant protégés !

    Quant au fait que l’exportation d’ovins passent de 22 à 8 millions 1) montre bien que l’Europe a besoin d’ériger des frontières douanières pour se protéger d’une agriculture plus performante que la sienne et 2) ne pose pas problème au secteur agricole néo-zélandais qui a développé d’autres marchés et d’autres segments. Par exemple en exportant directement la laine... ;)

    On croirait un chantre de cœur d ‘église sortant pour avancer la procession ! Je trouve remarquable, vraiment, que vous vous moquiez des paysans néo-zélandais. Est-ce parce qu’ils vivent dans un pays qui n’a aucun équivalent de la PAC et que cela fonctionne bien mieux qu’en Europe, aussi bien pour le producteur que pour le consommateur ?

    Car, voyez-vous, votre beau discours à la fin, sur la qualité optimale, sur le construire durablement... c’est une réalité en Nouvelle-Zélande, où c’est le marché (les autres) qui "organise" le secteur agricole. En Europe, c’est un objectif que tente, vainement, d’atteindre la PAC.

    Ainsi je comprends que je pourrai vous présenter les meilleurs arguments du monde, et même vous citer abondamment les gens qui ont vécu dans les deux systèmes, cela ne ferait aucune importance.

    Vous pensez que la PAC est indispensable au bon fonctionnement du secteur agricole en Europe, que c’est une politique nécessaire pour assurer un bon niveau de vie des paysans, pour que la filière agricole ne détruise pas l’environnement... c’est votre droit... Tout comme c’est votre droit d’ignorer l’expérience néo-zélandaise ou bien de prendre des prétextes fallacieux (taille du pays) pour ne pas l’envisager en Europe.

    Mais les faits sont là.

  • Le 20 juin 2013 à 17:43, par Xavier Chambolle En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    @Chloé Un article n’y suffirait pas, c’est un livre qu’il faudrait écrire !

    Le constat est effectivement simple :
    - on nous assène à longueur de journée que l’agriculture ne peut vivre en Europe (et dans les pays développés en général) sans subventions, quotas et contrôles des prix,
    - la Nouvelle-Zélande a supprimé tout cela et tout le monde se porte mieux (le producteur, le consommateur et le contribuable).

    Tu peux complexifier tant que tu veux le sujet, parler d’une énorme diversité agricole, énumérer les multiples garanties, ça n’y changerait rien. ;) Les agriculteurs perdent leur temps à donner des garanties pour servir un marché complètement déformé par ces multiples interventions.

    Foutons la paix aux agriculteurs ! Arrêtons de leurs imposer des systèmes complexes.

    Voilà, c’est peut-être simple, mais c’est la réalité.

    As-tu simplement pris le temps de lire le message des paysans néo-zélandais ? :) http://www.nzembassy.com/fr/france/liens-entre-la-nouvelle-zélande-et-la-france/affaires-et-commerce/vivre-après-la-suppression-

  • Le 20 juin 2013 à 17:54, par Xavier Chambolle En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    J’aimerai tout de même souligner ce que tu dis Chloé : « Or les aides accordées aux agriculteurs sont devenues beaucoup plus compliquées et demandent beaucoup plus de garantie qu’il y a 40 ans. »

    Je trouve ça extraordinaire que tu te targues que les procédures soient devenues plus compliquées...

    Et malgré tout ce que tu dis, le maïs est encore subventionné massivement à l’hectare et donc cultivé dans des endroits absolument pas adaptés. Bravo la PAC !

    Quant à la critique par rapport à mon article, "simpliste et sans raisonnement", je la trouve totalement hors-sujet.

    Alors que tout le monde croit que l’agriculture ne peut survivre sans une politique (délirante) de l’offre, je démontre qu’une telle politique n’est absolument pas nécessaire et que son absence est largement préférable, sous tout point de vue (sauf sous celui du fonctionnaire bien entendu).

    Quels arguments m’opposent-on ?
    - c’est pas possible en Europe parce que l’Europe c’est plus gros que la Nouvelle-Zélande
    - c’est pas possible en Europe parce que l’agriculture en Europe est plus complexe qu’en Nouvelle-Zélande
    - la PAC est plus complexe que je le dis............. et...... bah ça change RIEN à ma conclusion : la PAC n’est pas nécessaire et ne remplit pas ses objectifs.

    Mais, bien sûr, nous sommes en France, pays de l’exception culturelle où l’économie ne fonctionne pas comme ailleurs...... Alors on soutient la PAC.

  • Le 20 juin 2013 à 21:38, par AppretissageVie En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    @ Xavier Chambolle : une autre raison a poussé les Etats à créer la PAC dès 1962 : la sécurité alimentaire. En effet, au sortir de la guerre, ils ont dû se rationner. Pourquoi y a-t-il eu la Révolution française ? Parce que le prix du pain a augmenté de façon drastique les années précédentes. Les famines pouvaient rythmer la vie européenne.

    Aujourd’hui, si vous parlez de supprimer la PAC, c’est parce qu’il n’y a plus de famines, parce que nous (Européens) contrôlons notre production alimentaire. Or, j’ignore si vous le savez, mais pouvoir manger à sa fin n’a pas de prix. Nous payons 0.4% de notre PIB pour la paix alimentaire, n’est-ce pas merveilleux ?

    Ce n’est pas pour asphyxier les paysans africains, mais pour notre indépendance alimentaire. Tout comme l’indépendance énergétique ou défensive, elle est l’un des plus beaux buts de l’Union : assurer le futur de ses citoyens. Ne nous y trompons pas, la déclaration de confiance entre les pays, l’optimisme béat dans lesquels nous vivons pourra être brisé à tout moment si un jour la Corée du Nord décide d’envoyer des missiles nucléaires sur la Corée du Sud. Ou pensez-vous que nous pouvons remettre notre défense dans les mains des Américains sans crainte ?

    Certes, il faut réformer la PAC, mais je refuse de ne pas être indépendant dans l’alimentation. Regardez les Etats africains : si vous voulez subir les aléas du marché, vous pouvez toujours émigrer chez eux. Quand à moi je le refuse.

    Ne croyez pas non plus que le nombre ne compte pas : il est prouvé que plus le nombre d’habitants dans un pays augmente et plus le mode de vie se complexifie. Il n’y a qu’à voir Paris, Berlin, Londres...

  • Le 21 juin 2013 à 14:25, par Bernard Giroud En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    Du « bouillon notre ami Xavier, il a du « bouillon » C’est bien, c’est la richesse de la jeunesse !

    « La PAC ne remplit pas ses objectifs, et l’économie en France ne fonctionne pas comme ailleurs »

    Je suppose que vous voulez dire qu’ailleurs cela fonctionne selon le très libéral système de la loi du marché, N’est-ce pas ? La liberté ! Voire ! A ce que je sache, une activité humaine est le plus souvent induite par la couverture d’un besoin. C’est plus fondamental pour l’agriculture, mais vrai aussi, pour la mécanique, les voitures, ou parfois, le luxe ; Dans ces deux derniers cas on peut facilement doper le marché parla technique de l’ »esbroufe », le mensonge, la flatterie, l’orgueil, ou d’autres « bons » supports à exciter la « mobilité » de la commune libido.

    Mais comme vous le savez, certaines activités son plus ou moins prioritaires.

    En ce qui concerne l’agriculture et la manière dont elle à été conduite pendant de longues années, elle a eu pour objectif primordial, la sécurité alimentaire.

    Les meilleurs moyens physiques, et parfois (trop)) artificiels comme la chimie, le gavage hydraulique dispendieux, ou des techniques financières d’aides outrancières, perturbent un fonctionnement d’optimisation du produit et de l’objectif.

    Soit !

    A contrario, je pourrais dire que lors de la grande crise de la raréfaction de la production du soja,( matière azotée de base pour la production des poulets et des porcs) il y a un certain nombre d’années, les prix répondant à la loi de l’offre et de la demande, avaient bondi de 300% en un mois, avec un cout très « inconfortable » pour l’aval tout entier, donc pour le consommateur.

    Il est donc plus sage de viser un terme maitrisable en ce domaine.

    Je ne parlerai pas de ces 600 000 milliards de dollars baladeurs autour de la terre, qui n’ont comme objectif que la spéculation sans limites sur les conditions de vie de milliards de personnes comme nous sur la planète.

    Compte tenu de ces quelques réflexions et pour aller vite, donc de façon parcellaire, et bien sur, un peu caricaturale, il m’arrive de penser que la sagesse consisterait à tirer l’essence de la petite histoire suivante :

    Il était une fois, dans un grand village du centre de la France, au sortir de la dernière guerre, une veuve et ses enfants, un agriculteur plus fortuné, Monsieur le maire et Monsieur le curé. La veuve qui devait veiller à tout et à ses enfants aurait bien voulu le morceau de terre fertile qui jouxtait son pré. L’agriculteur plus fortuné avait de bons arguments pour l’obtenir. Il s’est cependant plié à la demande du maire, et de celui de la morale, monsieur le curé, alors qu’il n’y était pas du tout obligé. Il a facilement trouvé à donner bonne suite à ses fortes capacités, le fait ayant été connu du voisinage.

    Aujourd’hui, monsieur le maire et monsieur le Curé sont un souvenir

    La confiance, La morale, (sommes d’expérience réfléchies et muries), et leurs exemples judicieux, devraient permettre d’orienter plus facilement des forces nouvelles et entreprenantes vers leur jeu favori de la découverte, et vers un développement bénéfique pour le plus grand nombre.

    Le don, l’apport de la qualité doit pouvoir s’exprimer, sous peine de se retourner contre lui et contre tous, mais c’est un peu comme l’arbre, qui bien conduit et taillé, portera longtemps de beaux fruits, il faut y prendre garde.

    Concrètement, je crois qu’il faut accepter aujourd’hui de bousculer des schémas qui, n’ont pas grand-chose à voir avec la pérennité de la vie ;

    Cela passe par La redéfinition de nos objectifs et donc de leurs méthodes ; Il faut ouvrir nos fenêtres pour laisser rentrer de l’air frais ;

    Il faut se rendre compte que ce nouvel arrivant sur la planète que nous sommes ( à l’échelle de 14 milliards d’années) doit oser croire que son futur est celui d’un associé à cet acte d’amour qu’est le vivant que nous sommes, tous.

  • Le 21 juin 2013 à 15:35, par Xavier Chambolle En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    Les Néo-Zélandais paient 0% de leur PIB pour la sécurité alimentaire, n’est-ce pas encore plus merveilleux ?

    Comparer une agriculture maternée, subventionnée et contrôlée n’a pas de rapport avec l’armée. ;)

    Vous semblez croire que si nous supprimons la PAC, l’agriculture européenne s’effondrerait et 100% de nos besoins alimentaires seraient assurés par des importations.

    Or, et c’est tout l’intérêt de l’exemple néo-zélandais, les politiques de l’offre ne servent à rien et ne sont pas nécessaires pour conserver une agriculture locale/régionale/nationale/continentale, aussi bien pour la consommation locale que pour l’exportation.

    Si demain nous supprimons la PAC (subventions, quotas, contrôle des prix, barrières douanières), il y aura encore une production agricole en Europe. Et nous ne serons pas pour autant dépendant de l’extérieur.

    Si vous refusez de ne pas être indépendant sur le plan alimentaire, alors pourquoi faites-vous confiance en votre épicier et votre boucher ? Vous devriez produire vous-même votre nourriture ! Ca c’est la vraie indépendance. Or figurez-vous que votre épicier et votre boucher ont intérêt à vous vendre leurs produits. Cela fonctionne pareil à l’échelle du commerce international.

    Mais vous avez raison, en cas de guerre mondiale, cela peut changer la donne. Or comme les terres cultivables ne sont pas prêtes de déménager.......

    D’ailleurs vous mentionnez Paris, Berlin, Londres... ils ne sont pas indépendants sur le plan alimentaire !

    Je vous provoque un peu, parce que, je le répète, la PAC n’est pas nécessaire pour conserver un secteur agricole en Europe. La PAC est même un boulet, plus particulièrement un boulet environnemental (rien que sur le dossier du maïs c’est une honte).

    Quant à la plus grande complexité de l’Europe, ce argument plaide en faveur de la suppression de la PAC ! Comment pouvez-vous croire que des gens soient en mesure de gérer cette complexité ? Plus c’est complexe, plus on devrait s’en remettre au marché (les producteurs et les consommateurs).

    Je vous suggère de lire les deux éditions des Freakonomics, cela pourrait changer votre regard sur la science économique.

  • Le 22 juin 2013 à 00:36, par Xavier Chambolle En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    Mais mon cher Bernard, comment expliquez-vous donc que le secteur agricole néo-zélandais fonctionne sans équivalent de la PAC depuis presque 20 ans ? Et qu’il fonctionne mieux qu’en Europe, du point de vue du producteur comme du consommateur.

    Parce que c’est un petit pays avec une petite agriculture ? Pourtant c’est une économie particulièrement ouverte qui devrait donc se faire manger toute crue par les magnifiques secteurs agricoles subventionnés, contrôlés et bénéficiant de quotas et de barrières douanières...

    Vraiment je ne comprends pas...

    À moins... à moins que oui, la liberté, vous l’avez mentionné ! Peut-être que la liberté économique, comme dans bien d’autres domaines, fonctionne mieux que les solutions collectivistes, keynésiennes et autres interventionnismes qui bradent les libertés et la propriété privée pour... pour... je ne sais plus. Ah, oui, la sécurité alimentaire. Car, c’est vrai, en Nouvelle-Zélande, ils crèvent de faim.

    Pardonnez mon impertinence, mais c’est que vous vous bornez à me répondre avec du théorique, du conceptuel, alors qu’il y a à l’autre bout du monde une expérience concrète. ;)

    J’ai longtemps cru au juste milieu, notamment en matière agricole. Les pays type Chine, URSS et d’autres ont tenté la voie la plus liberticide et ça s’est soldé à chaque fois par des pénuries et des famines. La voie la plus libérale, je n’y pensais guère... La PAC semblait utile, bonne, en fait indispensable. Et puis la Nouvelle-Zélande a changé la donne. Il suffit juste d’ouvrir les yeux. ;)

  • Le 22 juin 2013 à 22:54, par ApprentissageVie En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    @ Xavier Chambolle : si la régulation totale ou trop grande de l’Etat sur l’économie marchande est néfaste (communisme), vous semblez oublier que nous vivons dans un système capitaliste, et la crise des subprimes de 2007 montre qu’il est folie de faire confiance au privé pour générer un modèle économique viable de lui-même.

    Certes, le privé est nécessaire, mais il a besoin de règles. Si je suis votre raisonnement, l’exception culturelle française ne devrait pas exister. Or les films les plus regardés dans le monde sont américains (pendant longtemps Titanic était numéro 1 des films les plus regardés au cinéma français).

    Croyez-vous qu’avec des rentrées bien moindres, le cinéma français puisse rester longtemps productif ? C’est l’une des caractéristiques françaises dont je suis le plus fier, qui montre que nous restons un peuple fort. J’ai vu plusieurs films qui m’ont profondément ému mais qui n’avaient quasiment aucun succès. Dans la même veine, Cannes récompense les films d’auteur, il est de renommée internationale. Si nous cessions de vouloir penser que la culture ne peut être traitée comme l’achat de nourriture ou d’électroménager, qu’adviendrait-il ? En France, on est français par la culture.

    Globalement, les Etats-Unis font confiance au marché. Les revenus y sont très inégalitaires, il n’y a pas de véritable justice sociale. Le système qu’ils ont au point est nocif pour l’environnement et n’est pas viable. Comment peut-on faire au marché pour qu’il puisse intégrer cette logique ? Le but pour une entreprise n’est-elle pas d’être pérenne ?

    Autre exemple, l’affaire Cahuzac : il a littéralement grugé les impôts français, il a indigné la France. Pensez-vous que nous devons faire confiance au marché ? Ce serait tellement drôle si ce n’était pas à pleurer...

  • Le 24 juin 2013 à 14:31, par Xavier Chambolle En réponse à : Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune ?

    @ApprentissageVie Très rapidement sur le bancaire : informez-vous. Voici un article complet sur la réglementation bancaire, c’est certes long et complexe, mais ce n’est pas rédigé par un journaliste subventionné, mais par un professionnel du secteur : http://minarchiste.wordpress.com/2013/06/14/de-la-reglementation-du-systeme-bancaire-et-monetaire/ Je cite : « S’il y a une règlementation qui a eu un impact significatif sur la crise, c’est bien le Community Reinvestment Act. Cette loi a littéralement créé le marché subprime en forçant les banques à prêter à des ménages moins fortunés pour les aider à accéder à la propriété. Fannie Mae et Freddy Mac ont d’ailleurs été des instruments de choix pour orchestrer les politiques d’accès à la propriété du gouvernement et ce en échange d’une garantie implicite du gouvernement fédéral. Ainsi, ces deux governement-sponsored entities (GSE) ont acheté plus de 40% des CDO de subprime au plus haut du marché. Ainsi, la règlementation étatique visant à favoriser l’accès à la propriété a grandement contribué à l’essor de la crise financière. »

    En d’autres mots, encore une fois, l’intervention de l’État a brouillé le marché en annihilant le facteur "risque". Dans un marché libre l’État n’aurait garanti aucune perte, ni renfloué aucune banque. Est-ce ce qui s’est passé ?

    Quant à la culture. Qu’a produit de si exceptionnel le secteur culturel français depuis la création du ministère de la culture ? Qui fait briller la culture française aujourd’hui ? Effectivement, je trouve tout à fait ringarde, contre-productive et inutiles tout ce que l’État fait pour "protéger" la culture française. En fait il l’étouffe. Hugo, Dumas et bien d’autres n’avaient pas besoin de ce genre de mécanismes pour faire des chefs d’oeuvre.

    Pourquoi devrai-je payer avec mes impôts des films qui vous font pleurer et qui me font bailler ? Pourquoi ? Payez donc votre billet plus cher pour ces films si émouvants, pour vous ils le valent. C’est ça qui est insupportable avec cette politique culturelle : on se retrouve avec des fonctionnaires fa qui prétendent avoir de meilleurs goûts que les citoyens ignares.

    Quant aux films américains, à côté des énormes productions hollywoodiennes, il existe un cinéma américain indépendant remarquable.

    Chacun ses goûts, chacun son portefeuille.

    Vous voulez soutenir le cinéma français non-rentable ? Alors faites des dons, ne videz pas mes poches, merci.

    Ce qu’on voit aujourd’hui sur le cinoche français : des productions non-rentables qui désintéressent profondément le public local et qui ne s’exportent pas. Ce qu’on ne voit pas : un cinéma français libre, indépendant, qui pourrait être remarquable et émouvant.

    « Globalement, les Etats-Unis font confiance au marché. Les revenus y sont très inégalitaires, il n’y a pas de véritable justice sociale. Le système qu’ils ont au point est nocif pour l’environnement et n’est pas viable. Comment peut-on faire au marché pour qu’il puisse intégrer cette logique ? Le but pour une entreprise n’est-elle pas d’être pérenne ? »
    - Demandons aux libéraux si les USA font confiance au marché. http://www.heritage.org/index/ranking USA 10ème... Si vous voulez prendre un exemple, prenez la Nouvelle-Zélande, encore une fois, ou l’Australie (qui a récemment mis fin à sa politique de l’offre sur le secteur laitier) ou encore la Suisse. Quant au fait que des revenus soient inégalitaires, ce n’est pas le problème à régler. Le problème à régler c’est que chacun vive décemment. Si nous gagnons tous 1€ par jour, donc que nous crevons la dalle, nous vivrons dans le pays le plus égalitaire au monde... Pourrons-nous nous en réjouir ? Si la moitié d’entre-nous gagne 100€ par jour et l’autre moitié 1milliard par jour... Nous serions le pays le plus inégalitaire au monde, pourtant, aucun d’entre nous n’aurait de problème pour se loger, se nourrir et même se divertir avec des films français émouvants. Donc des revenus inégalitaires ne sont un problème en soi que pour les personnes qui souhaitent une égalité matérielle, et je citerai Hayek : « Alors que l’égalité des droits dans un gouvernement limité est possible en même temps qu’elle est la condition de la liberté individuelle, la revendication d’une égalité matérielle des situations ne peut être satisfaite que par un système politique à pouvoirs totalitaires. »

    Vous dites : « Le système qu’ils ont au point est nocif pour l’environnement et n’est pas viable. Comment peut-on faire au marché pour qu’il puisse intégrer cette logique ? » Le principe pollueur-payeur... Mais bon, c’est libéral (notion de responsabilité individuelle) alors c’est louche..... (ironie)


    fin de la parenthèse hors-sujet

    Un marché libre non-régulé ne signifie pas "absence de règle", ni "absence de loi". Ne confondez pas anarchie et anomie.

    Mais j’ai une question pour vous, ApprentissageVie.

    Si nous ne pouvons faire confiance au marché, car il y a des hommes bien imparfaits et certains franchement malhonnêtes...... pourquoi devrions-nous faire confiance en l’État, lui-même constitué d’hommes ?

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