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Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

, par Jonathan Leveugle

Alors qu’il était très décrié sur son absence de vision pour l’Europe, François Hollande a détaillé sa feuille de route à six grands journaux européens. Que peuvent en penser les fédéralistes ? Décryptage.

François Hollande au Conseil européen de fin juin 2012 - source : FlickR du Conseil européen

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Tout d’abord, François Hollande insiste sur tout au long de son interview sur la solidarité au sein de la zone euro et sur le fait que la politique monétaire et la politique budgétaire doivent se conjuguer. Il ne peut être admis, dans un même espace monétaire que des pays se financent à 1 % à dix ans et d’autres à 7 % !.

En tant que fédéraliste, nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle volonté qui témoigne d’une envie de ne pas créer des distorsions fortes entre les économies de la zone euro et en finir avec la crise grecque ou espagnole. Mais quels sont les moyens pour y arriver ?

Une Europe intergouvernemantale

François Hollande parle d’Europe à plusieurs vitesses pour que la zone euro puisse prendre une dimension politique. Je suis favorable à ce que l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des finances, soit renforcé et que le président de l’Eurogroupe ait un mandat clair et suffisamment long.

Traduction : Le renforcement de l’Eurogroupe n’est qu’un pas de plus vers une Europe intergouvernementale. Sous couvert d’une « Europe politique », cette proposition ne fait que renforcer le poids des ministres des économies de la zone euro et n’est en aucun cas une démocratisation de cette instance.

Autre pas vers l’Europe des Etats, la proposition une réunion mensuelle des chefs d’Etat et de gouvernement de cette zone exclut un peu plus la Commission européenne du jeu européen.

Et sur la question d’un Parlement de la zone euro, François Hollande élude en disant que disant que le Parlement européen est parfaitement capable de définir en son sein des procédures démocratiques.

Quid alors de l’Union européenne à 27 ? Le président de la République nous répond que c’est un espace politique de solidarité, un grand marché, une volonté de convergence économique, sociale, culturelle.

En clair, l’UE se voit cantonnée à un large espace de coopération étatique où chacun ferait comme bon lui semble. Il n’y a plus d’ambition et d’objectifs communs pour avancer tous ensemble. Ce n’est plus une Union mais un marché économique.

Il n’y a donc pas de projet d’une union politique et démocratique en préparation car tout changement institutionnel ne semble pas d’actualité : C’est le contenu qui doit l’emporter sur le cadre.

Pour le Président, l’union politique, c’est après, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale. On repousse encore les avancées fédéralistes sous prétexte que l’Europe doit avancer sur d’autres plans que le terrain de la démocratie citoyenne. Mais l’un n’empêche pas l’autre et il est illusoire de faire croire que l’engouement européen retrouvera toute sa vigueur parce que nous aurons une Union bancaire et budgétaire.

François Hollande souligne néanmoins, la nécessité de politiser les élections européennes de 2014 et espère que des partis européens présenteront leurs propositions aussi bien en termes de contenu, de cadre institutionnel que de personnalités, pour les porter notamment à la présidence de la Commission européenne.

C’est une proposition que soutiennent les Jeunes Européens depuis de nombreuses années et qui est en train de voir le jour. En décembre 2011, le Parti Socialiste européen a acté la décision de présenter un candidat unique aux élections de 2014. Ce projet n’a donc rien de nouveau mais en tant que fédéraliste nous ne pouvons que saluer cette innovation.

La France est l’Europe

La relation franco-allemande : En parallèle de cette proposition, le président de la République française affirme que la relation franco-allemande ne doit pas être exclusive car l’Europe ne se décide pas à deux. L’amitié franco-allemande doit agréger, associer, assembler.

Cependant, malgré cette affirmation on ne peut plus vrai, le couple franco-allemand semble avoir du mal à s’ouvrir. Le Triangle de Weimar qui réunit la Pologne en plus des deux pays précédemment cité a du mal à émerger. L’Europe de l’Ouest a du mal à accepter l’Europe centrale et orientale comme son égale.

Identité nationale et Europe : A la fameuse question de savoir pourquoi est ce qu’il est européen, François Hollande répond : s’il se produit une fracture entre l’Europe et la patrie, alors le risque est de perdre à la fois la cohésion nationale et l’idéal européen.

C’est donc bien une association des deux sentiments, nationaux et européens que promeut le président de la République. Le sentiment d’appartenance à un pays et à l’Europe n’est effectivement pas antinomique comme le soutiennent faussement les souverainistes. On peut se sentir appartenir à deux communautés politiques, comme ce fut longtemps le cas avant l’apparition des nations en Europe. Les citoyens appartenaient alors à leurs régions, parlaient leur dialecte mais pouvaient aussi se sentir Français.

Y avait on cru un instant ? La vision de l’Europe de François Hollande n’a rien de fédéraliste. Elle s’appuie sur les organes existant et veut renforcer les institutions intergouvernementales. La méthode reste donc la même pour répondre à la crise économique de la zone euro et à la montée du nationalisme. Pourtant, pour répondre à ces enjeux et à ce désamour, l’Europe mérite un sursaut pour renouer avec l’espérance.

Voir en ligne : voir l’interview complète de François Hollande

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Vos commentaires

  • Le 17 octobre 2012 à 18:00, par Julien-223 En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Je ne suis pas d’accord avec cette critique.

    Ce que je retiens de l’interview, c’est qu’il reviendra aux partis européens en 2014 d’organiser le débat sur l’Union politique, et c’est de la prochaine élection européenne que résultera un éventuel déballage institutionnel. Hollande est on ne peut plus clair à ce sujet :

    "Donc l’union politique, ce n’est pas pour maintenant ?

    > L’union politique, c’est après, c’est l’étape qui suivra l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale. Elle viendra donner un cadre démocratique à ce que nous aurons réussi de l’intégration solidaire.

    A quelle échéance la voyez-vous, cette union politique ?

    > Après les élections européennes de 2014. L’enjeu de cette consultation, ce sera l’avenir de l’Union. C’est la condition pour mobiliser les peuples et augmenter les taux de participation autour d’un vrai débat. J’espère que des partis européens présenteront leurs propositions aussi bien en termes de contenu, de cadre institutionnel que de personnalités, pour les porter notamment à la présidence de la Commission européenne."

    Je suis à 100% pour cette approche et je pense que tous les fédéralistes devraient la soutenir.

    Contrairement à ce que sous-entend l’article, Hollande ne repousse pas l’union politique aux calendes grecques, et ne demande pas juste aux partis européens de désigner leurs candidats à la présidence de la Commission.

    Non, il fait bien plus que cela : il lie union politique et partis politiques, union politique et élections. Il est le premier à faire ce lien. Il affirme clairement que l’Union politique découlera des élections, pas d’un fait du prince. C’est aux partis européens de présenter « leurs propositions aussi bien en termes de contenu, de cadre institutionnel que de personnalités », et les électeurs, les citoyens trancheront.

    En tant que fédéralistes, nous devrions cesser d’appeler les chefs d’Etats à faire l’Europe que nous voulons, car l’Europe que nous voulons sera basée sur le Parlement, pas sur les Chefs d’Etats.

    Il n’y aura pas de fédéralisme octroyé, tout comme il n’y a pas de démocratie octroyée. C’est à la société civile de faire l’Europe fédérale, c’est au Parlement de porter une vision fédéraliste.

    A cet égard, il faudra être très vigilant sur le mandat démocratique de la convention européenne que Merkel appelle de ses voeux. Si cette convention fait l’objet d’une publicité large et d’une véritable prise de conscience citoyenne, si ses travaux sont débattus comme il se doit durant les européennes, pourquoi pas. Mais si nous devons finir encore une fois avec une traditionnelle convention pleine de bonnes volontés, mais dont les travaux seront totalement ignorés du citoyen lambda, parce que complètement pensée à Bruxelles, alors nous irons tout droit vers une nouvelle débandade.

    Pour conclure, je dirais que c’est au Parlement et à la Commission de porter une vision fédéraliste, comme le PE l’a fait en 1984 avec le projet Spinelli. Que fait le Parlement depuis pour une Europe fédérale ? Rien ou en tout cas rien de comparable. Trop occupés à taper sur les leaders nationaux, nous oublions trop souvent qui sont les véritables responsables du manque d’initiative politique : le Parlement et la Commission.

  • Le 17 octobre 2012 à 18:14, par Clémentine En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Je ne suis pas sûre de bien comprendre : vous militez pour un éclatement de l’Europe en « régions » et la disparition de la France ?

  • Le 17 octobre 2012 à 18:24, par Fabien Cazenave En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Dommage que tu prennes une ligne partisane pro-Hollande : il dit clairement qu’il veut une eurozone intergouvernementale où ce seraient les gouvernements qui prendraient les décisions. Pour autant, sur les points cités et sur le fait que ce sont à la Commission et au Parlement de se bouger, suis d’accord.

  • Le 17 octobre 2012 à 18:25, par Fabien Cazenave En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Pas du tout, la France est un échelon, tout comme la région ou la ville. Pourquoi la « supprimer » ?

  • Le 17 octobre 2012 à 19:27, par Julien-223 En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Elle n’est partisane que de ton point de vue. J’aurais soutenu Sarkozy, Merkel ou Duff de la même manière s’ils portaient cette approche, laquelle n’est pas une improvisation de Hollande, mais bien une approche réfléchie au sein des instances du PSE et fortement promue par Aubry.

    Il est vrai qu’il serait beaucoup plus difficile pour Bayrou de miser sur les partis européens pour aboutir à une union politique ; le jour où les démocrates et le centre français intégreront un véritable parti européen, ils assumeront peut-être plus volontiers cette démarche ?

  • Le 17 octobre 2012 à 19:52, par Fabien Cazenave En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Je constate que tu prends un point de son interview pour dire qu’il est formidable... C’est un point très important et qu’il nous faut soutenir sans réserve, mais tu mets de côté les points centraux de son intervention :
    - pas d’Europe politique avant deux ans alors que nous en avons besoin pour sortir de la crise.
    - l’Europe politique de dans deux ans concerne une Europe intergouvernementale dans la zone euro.

    C’est tout sauf ce qu’on veut de ce point de vue-là.

  • Le 17 octobre 2012 à 21:28, par Julien-223 En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Mon intervention se concentrait sur un point de l’interview, mais ce n’était qu’une intervention...

    Pour moi, « Fédération européenne maintenant » ne veut pas dire là, ce soir. 2014 ne me paraît pas être une perspective lointaine.

    Par ailleurs, qu’Hollande se concentre sur la gouvernance de la zone euro du point de vue du fonctionnement du Conseil est assez logique : son gouvernement y siège. Il ne siège pas au Parlement ni à la Commission.

    Hollande invite au contraire le Parlement à s’organiser tout seul pour traiter des affaires de la zone euro ? Eh bien je dois dire que je trouve cela juste et respectueux de l’autonomie du Parlement. Comme démocrates, nous devrions être pour.

    Je doute qu’un Parlement de la zone euro qui serait créé aujourd’hui à l’initiative des Etats membres aurait une quelconque chance d’être plus fédéraliste dans ses structures que le Parlement européen actuel ; je crains au contraire que ce projet vise à revenir à un parlement constitué de députés nationaux.

    Mais rappelons-nous juste une chose : c’est le Parlement européen, celui que nous avons élu en 2009, qui est responsable de sa non-réforme démocratique, pas Hollande. Ce sont les eurodéputés, pas les Etats, qui étaient prêts à voter contre le projet de circonscription transnationale (projet ajourné) et qui refusent actuellement l’idée d’une assemblée de la zone euro : http://euobserver.com/news/117773 . Hollande respecte leur choix et leur autonomie.

    Idem, a-t-on entendu une seule fois Barroso exprimer ses souhaits en termes d’organisation interne de la Commission ? Souhaite-t-il avoir un ministre européen des Finances dans son équipe ? Veut-il réduire le nombre de commissaires ? Rien de tout cela.

    Hollande ne veut rien faire ? Parfait, cela laisse libre champ aux institutions européennes et c’est sur elles que notre attention doit désormais se porter !

  • Le 18 octobre 2012 à 10:12, par Jonathan Leveugle En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    @julien-223 Je ne te suis pas. Bien sur que les partis européens devront proposer un programme et leur vision de l’Europe politique, personne ne le conteste. Tout comme nous devrions le faire. Il ne s’agit pas de savoir qui doit proposer quoi, mais de connaître la vision du Président de la République française, personnage de poids dans l’Europe intergouvernementale, sur l’Europe politique. Et là qu’avons nous :

    *un recentrage autour de la zone euro qui se fera par un renforcement de l’Eurogroupe (ie : les ministres) et des réunions de chefs d’Etat. Donc très clairement un renforcement des décisions étatiques.

    *Le reste de l’UE étant :« un espace politique de solidarité, un grand marché, une volonté de convergence économique, sociale, culturelle ». Et pour cet espace que propose t il ? Des coopérations renforcées pour que chacun avance à sa vitesse. Bref un espace de coopération où chacun fait ce qu’il veut.

    Le débat sur l’Europe politique arrivera selon lui à partir de 2014 au niveau des partis européens. Mais soyons honnêtes, qui dirige aujourd’hui l’Europe si ce n’est les chefs d’Etat ? Les partis pourront proposer ce qu’ils veulent, même des réformes fédérales (cf le groupe Spinelli) si les chefs d’Etat ne prennent pas part à ce débat, que va t il en rester ? RIEN.

    Entendons nous bien, il ne s’agit pas de vouloir que François Hollande décide d’imposer un état fédéral européen, mais qu’il dise qu’elle est sa position personnelle par rapport à l’Europe politique et l’établissement d’un calendrier à court terme pour faire naître le débat.

    Pour conclure : je vous renvoie à la chronique de Bernard Guetta de ce matin : http://www.franceinter.fr/emission-geopolitique-l-europe-et-le-mutisme-de-la-france

  • Le 18 octobre 2012 à 20:02, par Julien-223 En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    D’une certaine manière, je suis d’accord avec toi : Si on ne croit pas, même un peu, que les partis européens peuvent devenir un jour l’acteur de base du processus décisionnel européen, alors effectivement, il faut alors s’en remettre au Président de la République. C’est alors au Président de la République d’orienter et de proposer la vision englobante pour l’avenir de l’Europe.

    Mais ce n’est pas mon approche. Je me refuse de croire que les partis européens ne sont qu’un acteur parmi d’autres ou qui ne pèserait pas plus que la JEF (hmm hmm). Je me refuse de croire que les élections européennes sont condamnées à ne demeurer qu’un concours de beauté. Croire cela, c’est justifier l’abstention, d’une certaine manière.

    Ta vision est celle d’un Europe dont le constituant, en définitive, c’est le Chef d’Etat, et peut-être par son intermédiaire le Peuple. Ce n’est pas comme ça que je conçois les choses.

    Je ne veux pas dire que les partis européens ou le Parlement doivent se déclarer constituant en 2014. Non. Simplement que s’ils avaient de l’ambition, ce dont ils manquent cruellement aujourd’hui, ils pourraient se faire entendre, peser, orienter l’Europe.

    Tu es d’accord qu’un parti européen qui gagnerait les européennes de 2014 pourrait imposer son candidat à la présidence de la Commission ? Pourtant, formellement, le Conseil européen garde encore un droit de véto sur cette désignation, non ? Alors pourquoi ne pourrait-on pas élargir cette approche au processus constituant européen : pourquoi les révisions de traités ne pourraient-elles pas émaner elles aussi de l’élection européenne ? En tirer leurs orientations, leur légitimité ?

    J’apprécie qu’Hollande s’en remette aux partis européens.

    Enfin, je ne juge pas l’esquisse de vision européen qu’il formule dans son interview : le conseil de la zone euro, l’UE comme espace de solidarité, des coopérations renforcées... oui, bon. Tout cela existe déjà et ça ne casse pas trois pattes à un canard. Ca n’est ni un progrès, ni une régression. Désolé de ne pas être déçu par la non-vision hollandienne... :)

  • Le 20 octobre 2012 à 22:16, par Ronan En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Il n’empêche, les propos tenus par François Hollande dans sa tribune donnée au journal « le Monde » sont pour le moins décevants (tant pis pour - c’est mon cas - ceux d’entre nous qui, alléchés par le titre, auront alors achetés le Monde daté de ce jeudi...).

    Propos décevants, puisque s’en remettant - pour bonne part, et en grande partie pour l’essentiel - à quelque hypothétique future bonne volonté des Eurodéputés et/ou de leurs fameux « partis européens » (aujourd’hui « coquilles vides » réduites à n’être en fait, lors des élections européennes, que des coalitions parlementaires plus ou moins formelles...) : structures politiques molles d’où, à titre personnel, je doute fort que puisse jamais vraiment jaillir la lumière (tout du moins, sans un enjeux clair ou sans un puissant stimulant...).

    Certains se féliciteront sans doute que le président Hollande ne piétine pas davantage les prérogatives de ces élus et partis, certes. Mais d’autres y verront sans doute plus que de la diplomatie ou de la timidité : en bottant ainsi en touche (et probablement par calcul politicien : sans doute pour protéger la cohérence de sa majorité présidentielle...), le président français en fait évite ainsi de prendre quelques risques politiques et ne se mouille pas trop... A d’autres que lui de prendre les décisions qui vraiment pèsent ! De ce fait, il se défausse - tout de même - de sa part de responsabilité(s).

    Et c’est fort dommage : car - les uns et les autres - plus il s’en mouillera en faveur d’une Europe fédérale, mieux cela sera pour tout le monde. Toute autre voix discordante (ou « mollassonne ») dans le camp « européen » apportant finalement de l’eau au moulin des... Eurosceptiques nationalistes.

    Pour le reste, des propos politiques - voeux pieux et bonnes intentions comprises - non suivis d’actions concrètes, ça ne reste jamais que du bla-bla politicien. Bref : on attend un ’’prophète’’ capable de nous montrer le chemin et de nous mener en terre promise, on attend une vision, un projet, un plan, un programme. Et on tombe sur ... « ça ». C’est dire si la chute est lourde. Décidément, n’est pas Altiero Spinelli (ni même François Mitterrand) qui veut.

    (NB, pour nuancer : pour ceux qui se plaindraient que François Hollande ne dise finalement pas grand chose, qu’ils se plongent donc dans la tribune signée par Jean-Carie Cavada et publiée dans le « Taurillon », ce vendredi ; tribune qui, elle, pour le coup, ne dit absolument rien...).

  • Le 21 octobre 2012 à 18:14, par Julien-223 En réponse à : Interview sur l’Europe de François Hollande : décryptage fédéraliste

    Bien sûr, je ne vois pas dans les actuels partis européens de véritables partis aboutis, mais des organisations en devenir.

    Ne soyons pas non plus trop exigeants par rapport aux partis européens en plaquant une grille de lecture jacobine à une organisation transnationale. Un parti, c’est un groupe de personnes porteur d’une idéologie et souhaitant exercer le pouvoir en proposant des candidats aux élections, rien de plus. Dans un contexte fédéraliste, un parti politique n’a pas vocation à atteindre l’homogénéité parfaite. En témoigne le fait que les partis européens tels qu’ils existent aujourd’hui sont certainement plus cohérents idéologiquement que leurs homologues américains (voir S. Hix à ce sujet).

    Sur la capacité des partis européens à proposer des candidats à la présidence de la Commission ou une vision institutionnelle en 2014, nous verrons, mais ne soyons pas par principe défaitistes.

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