
C’est à l’occasion des « Entretiens de Valois » que le Taurillon a pu interroger Jean-Louis Bourlanges.
Cet ancien eurodéputé (il a abandonné son mandat fin 2007) et ancien président du Mouvement Européen - France n’a pas la langue dans sa poche.
D’où l’intérêt de lui donner la parole alors que se préparent les élections européennes de 2009. Jean-Louis Bourlanges ne nous rassurent pas quant aux ambitions de nos partis nationaux…
L’interview en vidéo
Retranscription de l’interview
Le Taurillon : Allons-nous avoir un vrai débat européen à l’occasion des prochaines élections européennes de 2009 ?
Jean-Louis Bourlanges : Non. Si je le pensais, je serais toujours parlementaire européen. Je suis absolument convaincu et effrayé par l’idée que les querelles nationales, les contestations internes à chaque pays dominent complètement le débat politique. Une fois de plus, nous allons avoir des élections européennes qui n’auront d’européennes que le nom car c’est à chaque fois à travers cette consultation nationale, que tout un ensemble de pensées et d’arrières-pensées nationales vont jouer.
On va avoir un jeu droite-gauche de type classique, alors même qu’on sait que à droite comme à gauche, le rapport à l’Europe n’est pas le même. Vous avez une droite pro-européenne et une droite anti-européenne ainsi qu’une gauche pro-européenne et une guache anti-européenne. Tout ça on va le maquiller de manière à revenir à la bonne vielle tradition du ping-pong droite-gauche, qui n’a pas de raison d’exister au niveau européen.
Le Taurillon : Faut-il que le Président de la Commission européenne tire sa légitimité du Parlement européen ?
Jean-Louis Bourlanges : Je crois que c’est très important que le président de la future Commission européenne appartienne à la majorité qui se sera dégagée des élections européennes. Cela d’ailleur a été le cas avec M. Barroso.
On aime ou on aime pas M. Barroso, mais c’est le PPE qui a gagné les élections et c’est donc un responsable PPE qui a été porté à la présidence de la Commission. Ceux qui avaient voulu, comme Chirac à l’époque, ignoré cette affaire en présentant quelqun (pour qui j’ai énormément d’estime), M. Verhofstadt, comme le candidat des Français et des Allemands, on leur a répondu que ce n’était pas une question de Français ou d’Allemand, mais une question d’orientation politique. Et je crois que c’est bien.
Est-ce qu’il faut aller jusqu’à l’idée qu’avant les élections on désigne une personne ? A mon avis, c’est introduire une rigidité dans le système de manière qui serait un peu excessive.
En réalité, le président de la Commission aujourd’hui résulte d’un double-accord au sein du Conseil européen des chefs d’États et de gouvernement. Cet accord est assez subtil à mettre en œuvre. Il faut à la fois que le Président soit issu de la majorité qui gagne les élections et d’autre part, car c’est la loi de l’Europe, qu’ils soit accepté en tant que tel par ceux des partis qui ont perdu. C’est ça l’accord, celui qui peut marcher en disant que le président sera issu de la grande majorité mais aussi qu’il aura l’agrément de la minorité. Donc il y a une négociation et puis ensuite l’accord du parti majoritaire européen. Personne ne peut préjuger de la façon dont les partis européens appréciera le comportement du candidat qui lui sera proposé. Il vote l’approbation du président de la Commission et à travers les auditions, il approuve le collège.
Il y a des procédures parlementaires qui existent et je pense qu’il faut les laisser ainsi. En revanche, il faut que les Européens sachent que leur vote au mois de juin prochain déterminera non pas la couleur politique de la Commission mais l’orientation politique du Président de la Commission.





