
La signature du Traité d’adhésion à l’Union européenne de la Bulgarie et de la Roumanie a eu lieu le 25 avril 2005. Le Parlement européen avait approuvé l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne le 13 avril 2005 par 522 voix contre 70 pour la Bulgarie et par 497 contre 93 pour celle de la Roumanie.
La Roumanie et la Bulgarie faisaient partie du processus d’adhésion lancé en 1995 qui a aboutit à l’aentrée de dix nouveaux États membres entrés dans l’Union le 1er mai 2004. Les deux pays ne répondaient cependant pas aux critères requis pour l’adhésion et ont pris du retard. Les diplomates considèrent cependant que la candidature des deux pays doit être traitée de manière indifférenciée. Ainsi, les dispositions constitutionnelles françaises prévoyant un référendum pour toute nouvelle adhésion à l’Union ne s’appliqueront pas à ces pays. Leur adhésion était longtemps envisagée pour le 1er janvier 2007. Il a été prévu cependant que le Conseil puisse décider sur proposition de la Commission de repousser cette entrée pour l’un ou l’autre des deux candidats. La Commission européenne doit communiquer son avis le 1er octobre 2006.
Un processus trop discret
Alors que les adhésions de 2004 ont été réalisée sans que l’Union européenne ne s’y soit préparée institutionnellement, le traité de Nice rendant la prise de toute décision extrêmement difficile, et sans que l’opinion ne soit correctement informée sur les nouveaux entrants, on ne constate pas d’efforts particuliers pour mieux associer les citoyens à l’accueil de nouveaux États-membres.
Alors qu’une partie significative de l’opinion regarde avec suspicion le processus d’élargissement après le bouleversement de 2004, on pouvait s’attendre à ce que des efforts considérables soient déployés pour que ces adhésions supplémentaires se déroulent dans de meilleures conditions. Le passage à une Union à 25 plus hétérogènes, avec des pays membres aux niveaux de vie très différents de l’Europe des Quinze, a contribué à renforcer la méfiance de nos concitoyens envers la construction européenne. Cette situation a sans doute joué un rôle non négligeable dans les résultats négatifs des référendums en France et aux Pays-Bas, d’autant plus que certains dirigeants politiques agitaient le chiffon rouge de la Turquie ou du plombier polonais.
Alors que l’Union européenne était censée unir des peuples et non pas coaliser des États ces élargissements sont menés de manière purement bureaucratique sur la base de critères esssentiellement comptables.
On ignore superbement la dimension politique et citoyenne du projet européen. La dimension politique d’abord : les candidats souhaitent ils partager un projet d’intégration européenne commun avec les Etats-membres plus ancien ? Ce projet partagé ne devrait-il pas être un prérequis ? D’autre part l’Union européenne est-elle prête à les accueillir ? Enfin, il s’agit de faire partager une citoyenneté commune à des millions d’Européens. Il est parfaitement envisageables pour les Français de partager la citoyenneté européenne avec des Allemands ou des Italiens. Cela devient beaucoup plus difficiles quand il s’agit de pays moins bien connus, d’autant plus qu’il sont été séparés de nous par le rideau de fer dressé par les régimes communistes.
C’est pourquoi on s’imaginait naïvement de la part du gouvernement que cette ratification fasse l’objet d’un débat public ouvert et contradictoire. Que le chef de l’Etat ou le chef du gouvernement prenne la parole et vienne expliquer aux Français pourquoi lui et nous devrions devenir les concitoyens des Roumains et des Bulgares, en quoi c’est dans notre intérêt, en quoi c’est dans l’intérêt de l’Europe. Ces arguments auraient alors été soumis à l’examen critique des médias, des chroniqueurs, des politiques et des citoyens. On aurait pu lire des dossiers sur le sujet dans la presse, voir des reportages au journal télévisé pour éclairer un peu les Français et les inciter à en savoir plus.
Malheureusement nous sommes à nouveau privés de débat et d’information et l’on peut se demander si, à l’image du référendum sur le traité constitutionnel, consulter directement les premiers concernés n’aurait pas donné un résultat fondamentalement différent de celui du vote des députés.




