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L’hégémonie américaine, véritable fléau européen

, par Arthur Bricet

L’Union européenne est souvent accusée d’être atlantiste, c’est-à-dire de vouloir entretenir une coopération politique, économique et militaire avec les États-Unis. Or, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette coopération n’est pas si intègre : les États-Unis imposent de façon implicite leur politique et leur culture. Il s’agit ici d’une réelle hégémonie à l’encontre de l’Europe, qui subit et qui adhère à ce mode de fonctionnement peu éthique.

Auteur : marsmet543

Auteurs

  • Jeune Ambassadeur de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse

Alors que le journal allemand « Der Spiegel » vient de révéler que les services de renseignements américains auraient espionnés dans le cadre du programme de surveillance Prism plusieurs bureaux de l’Union européenne implantés à Washington et dans les locaux de l’ONU, il paraît tout à fait légitime de remettre en cause cette coopération entre l’Union européenne et les États-Unis, qui ne cessent de lui répéter qu’elle est son premier allié dans le monde. Un discours qui maintenant est difficile à croire lorsqu’on connaît les pratiques d’espionnage utilisées : micros installés dans les bâtiments, écoutes téléphoniques, surveillance des échanges de mails...

Ce scandale doit être une opportunité pour remettre en cause la relation entre l’Union européenne et les États-Unis. Le but n’est pas de créer un conflit avec les États-Unis, qui restent un partenaire essentiel pour l’Europe, mais il est nécessaire de redonner un sens à cette relation. En effet, la notion de réciprocité n’existe plus dans la relation actuelle. Logiquement, la coopération veut que tous ceux qui coopèrent soient gagnants. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, puisque l’Union européenne accepte et suit aveuglement les États-Unis, qui naturellement l’invitent à adhérer au système de libre-échange transatlantique, à rejoindre ses organisations comme l’OTAN et à la suivre lors de ses conflits armés comme en Irak. L’Union européenne doit s’affirmer et doit garder une certaine indépendance.

Cette remise en cause de la coopération euro-américaine est l’occasion pour l’Union européenne de se poser des questions sur elle même. Il faut dire qu’elle n’est pas parfaite et que beaucoup d’améliorations sont souhaitables. L’Europe atlantiste que nous connaissons n’a pas réellement de cap, ni même de volonté et encore moins d’ambition. La question fondamentale est : quelle Europe pour demain ?

L’Union européenne qui -à cause de la crise de la dette de 2009- ne cesse de se diviser de jour en jour, entre une Europe riche et une Europe pauvre doit se reconsolider. Pour cela, l’Europe doit unir ses forces et doit continuer ce magnifique projet d’union que Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi et l’ensemble des pères fondateurs ont construit avec tant de volonté.

Certains Européens plaident pour une Europe plus intégrée, autrement dit fédérale. Cette idée, qui peut paraître utopique, serait pourtant réalisable. Mais plusieurs freins la bloquent. Tout d’abord, les politiques européens n’affichent aucune envie et aucune détermination pour construire cette phase finale de l’Union européenne. Pendant ce temps, c’est l’hégémonie culturelle américaine qui grignote l’Europe. En effet, l’Europe fédérale, ce n’est pas uniquement une coopération économique approfondie, mais bien une fusion des pays et donc des peuples, ce qui implique la nécessité d’une culture commune et une meilleure connaissance de l’autre. Alors que font les politiques européens ? Doit-on écouter chaque soir pendant 10 minutes au journal télévisé le résumé de la journée de Barack Obama alors que l’on entend quasiment jamais parler du travail des eurodéputés ? Doit-on diffuser autant de séries et films américains à la télévision ? Doit-on vanter l’American dream et donc le système ultralibéral alors que l’Europe dispose d’un modèle social unique au monde qui se veut être un compromis entre libéralisme et justice sociale ? Doit-on tout angliciser alors que l’Union européenne compte 23 langues qui font la richesse de son patrimoine culturel ?... Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour avancer, l’Union européenne doit impérativement se détacher de l’American way of life et promouvoir sa propre culture.

Ainsi, l’Europe ne pourra évoluer sans une certaine indépendance vis-à-vis des États-Unis, avec qui elle doit continuer à entretenir une relation cordiale et amicale, mais dans le cadre d’une coopération plus juste et plus réciproque. L’hégémonie américaine -dans tous les domaines (relationnel, économique, culturel...)- est bien un fléau duquel les politiques européens doivent s’éloigner en faisant preuve de courage et d’audace pour créer le réel sentiment d’appartenance à l’Union européenne aujourd’hui inexistant, sans lequel l’Europe fédérale ne verra jamais le jour.

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Vos commentaires

  • Le 9 juillet 2013 à 14:26, par Eurotos En réponse à : L’hégémonie américaine, véritable fléau européen

    Comment éviter de se faire envahir par la langue et la culture étasuniennes ? Comment créer une identité et une culture européenne ? Comment échanger et travailler entre européens lorsque l’on se réunit ou travaille en petits groupes comptant de nombreuses langues ? L’UE compte aujourd’hui 24 langues officielles et n’a pas de langue commune. Pourquoi ne pas introduire aux cotés des langues officielles, l’espéranto comme langue commune européenne et langue de travail des institutions pour les échanges et documents qu’il n’est pas possible de publier dans toutes les langues officielles ? Pour se renseigner et essayer : esperanto.net

  • Le 10 juillet 2013 à 09:52, par Bernard Giroud En réponse à : L’hégémonie américaine, véritable fléau européen

    Excellent article ( idée simple mais bien « tenue »),sur lequel je reviendrai en espérant ne pas être trop long !

  • Le 24 octobre 2013 à 08:04, par marsoin En réponse à : L’hégémonie américaine, véritable fléau européen

    sauf que ce sont les etat unis qui ont mi en place l’ue au lendemain de la deuxieme guerre mondial pour faire un glacis geopolitique face a l’ex urss

  • Le 24 octobre 2013 à 17:12, par tnemessiacne En réponse à : L’hégémonie américaine, véritable fléau européen

    @marsoin

    Ils ont soutenu, pas « mis en place » cf. Plan Marshall

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