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« L’intégration politique doit accompagner l’Europe sociale ! »

, par Le Bureau national des Jeunes Européens - France

Le président français, a finalement donné sa vision de l’Europe dans un entretien avec plusieurs grands journaux européens. Pour les Jeunes Européens France, si certaines propositions vont dans le bon sens, et notamment le souci constant de solidarité, force est de constater que M. Hollande néglige encore le saut fédéral et l’intégration politique, seuls à même de répondre aux crises que traverse l’Union et de regagner le cœur des citoyens.

Drapeau de l'Union européenne et drapeau fédéraliste – Auteur : David Pauwels Tous Droits réservés

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Il est d’abord important de souligner le rôle majeur que M. Hollande donne à la solidarité économique. Il n’y a effectivement pas d’Union viable sans solidarité entre ses Etats membres. Le mécanisme européen de stabilité a ici, il est vrai, un grand rôle à jouer. Mais ce n’est pas tout, il faut une prise de conscience de la part des dirigeants de notre sort commun ainsi qu’un budget conséquent propre à l’Union qui serait utilisé selon les besoins des diverses régions.

Le Président de la République a également rappelé avec raison qu’il était nécessaire que les Européens prennent conscience du caractère interdépendant de leur situation et qu’aucun pays ne doit être laissé sur le bord du chemin. L’idée de mutualisation de la dette souveraine par l’intermédiaire d’euro-bonds est excellente et permettrait de concrétiser cette solidarité pour offrir aux pays les plus en difficulté une bouffée d’oxygène. Nous ne pouvons que nous réjouir que le chef de l’Etat défende au niveau européen une mesure qui pourrait servir de levier pour atteindre une Union budgétaire plus complète encore, respectant un niveau de déficit acceptable.

De même, le Président de la République veut donner une « nouvelle dimension pour la jeunesse, l’université, la recherche, l’énergie » à l’Union. On ne peut que se réjouir de voir des thèmes essentiels être ainsi remis sur le devant de la scène. M. Hollande a bien compris que ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui feront l’Europe de demain. Cet élan positif pour la jeunesse européenne est une chance à saisir dans une situation où le budget européen, et avec lui, les programmes de mobilité, sont en pleine négociation.

M. Hollande propose aussi de façon opportune la présentation par les divers partis européens d’un candidat à la tête de la Commission européenne. Cette vieille revendication devrait voir le jour lors des prochaines élections européennes de 2014 puisque le Parti Socialiste Européen (PSE) s’est d’ores et déjà engagé à le faire. Cela permettra de politiser les instances de l’Union et de les rapprocher des citoyens, trop souvent égarés devant la complexité de l’Union européenne. Il est bon de voir que la France s’engage dans cette voie.

Le Président français est également lucide sur la plus grande menace qui pèse aujourd’hui sur le projet européen : le désamour de ses citoyens. Mais, malgré une série de mesures intéressantes, l’entretien reflète une vision de court terme trop intergouvernementale de l’Union et un manque d’ambition. C’est là que le discours présidentiel est décevant.

L’union politique nous dit M. Hollande, doit intervenir « après l’union budgétaire, l’union bancaire, l’union sociale ». Cette vision est dangereuse car elle risque justement de faire perdre à l’Union le soutien populaire en se concentrant à court terme sur des mesures techniques, trop technocratiques. Or l’Europe se doit d’être un modèle de transparence. Pour cela, tout renforcement de la coopération qu’elle soit dans le domaine économique ou social doit s’accompagner de réformes afin d’arriver à la création d’une véritable union politique. Le renforcement des compétences des institutions européennes ne seront acceptables par les citoyens que si ces institutions sont elles aussi profondément réformées. Il faut que le système de prise de décision soit clair, moins technocratique et plus proche des électeurs. Ces réformes de structure vont de pair avec le développement d’une Europe sociale et solidaire et n’en sont pas l’aboutissement.

Les oppositions au dernier traité européen nous le montrent. Les citoyens ne veulent pas d’une Union plus puissante si cette Union n’est pas plus transparente. Or, seul un gouvernement européen est à même d’être efficace, M. Hollande le reconnait : « Les marchés, c’est tous les jours, les arbitrages des entreprises, c’est dans l’instant ! L’Europe ne peut plus être en retard. ». Pour pallier à ce problème, on ne peut pas se contenter de renforcer des instances qui ont démontré leur inaptitude structurelle. L’Eurogroupe, même renforcé, ne permet pas de prises de décision efficaces et véritablement européennes. Il faut donc aussi donner une priorité dans le court terme à l’Europe politique et prévoir un agenda pour réformer en profondeur les institutions européennes.

Nous appelons donc M. Hollande à ne pas oublier que sa préoccupation légitime de construction d’une Europe sociale ne sera pas efficace si les institutions européennes ne reflètent pas le besoin de transparence des citoyens. Ces institutions doivent aussi gagner en efficacité, leur grande faiblesse depuis le début de la crise de la dette. Seul le choix d’une Europe politique et d’un fédéralisme européen assumé fera réellement entrer l’Union dans le XXIème siècle.

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Vos commentaires

  • Le 19 octobre 2012 à 21:17, par Danièle MAUDUIT Prés.M.E.Cher En réponse à : « L’intégration politique doit accompagner l’Europe sociale ! »

    Une fois de plus, bravo le Taurillon ! Je suis d’accord, notamment sur la « politisation » des élections européennes, à condition que l’on rende inconstitutionnelle la discipline de parti, comme aux USA. Cette discipline ne sert l’intérêt général que lorsqu’il coïncide avec l’intérêt du parti. En dehors de ce cas, l’intérêt du parti prime toujours l’intérêt général.Donc, la discipline de parti ne sert ni l’intérêt général, ni la liberté d’expression, ni la démocratie. Les Jeunes Européens devraient étudier de près cette question. Je pense qu’il faut aussi promouvoir l’élection du Président de l’UE au suffrage universel.(petite remarque gentille : on ne pallie pas à un problème mais on pallie un problème). Si vous publiez mon message, effacez ma « remarque gentille »

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