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La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

, par Kevin Jezequel

La Catalogne est agitée maintenant depuis plus d’un an par le débat sur l’indépendance. C’est le moment qu’a choisi le Commissaire européen espagnol, Joaquín Almunia, pour jeter de l’huile sur le feu. En réponse, la président catalan Artur Mas présentait lundi 30 septembre 2013 le projet catalan à Bruxelles.

Artur Mas en campagne le 18 novembre 2012 à Barcelone – Photo DR CiU/Jordi Play

Auteurs

  • Gestionnaire de lycée, membre de l’Union des Fédéralistes Européens (UEF), membre des Jeunes européens et du Mouvement européen - Rennes

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En 2012, le président catalan Artur Mas convoquait des élections parlementaires anticipées, dans le but de dégager une majorité absolue apte à décider d’un référendum sur l’indépendance. Mission accomplie : au soir du 25 novembre, la coalition des partis défendant une vision nationale de la Catalogne, principalement Convergence et Union (CiU) et la gauche républicaine de Catalogne (ERC), détenait une large majorité au parlement catalan.

La tenue prochaine d’un référendum sur l’indépendance ne va pourtant pas de soi. Les tensions croissantes entre les gouvernements catalan et espagnol et l’opposition stricte de ce dernier à toute consultation des citoyens rendent improbable la réalisation d’un accord pour sa mise en place, à l’image de celui conclu dans une situation analogue entre les gouvernements écossais et britannique. La coalition au pouvoir en Catalogne est cependant résolue à réaliser la consultation en 2014, avec ou sans l’accord de l’Espagne. Selon un sondage paru en septembre, 52% des Catalans sont favorables à l’indépendance.

Les Catalans ayant largement affirmé leur soutien au projet européen, la position des institutions européenne était d’autant plus attendue. Celle de la Commission a, notamment, pris la forme d’une déclaration du commissaire espagnol. Joaquín Almunia a ainsi affirmé clairement que en cas de déclaration d’indépendance, la Catalogne serait immédiatement exclue de l’Union européenne. En réponse, Oriol Junqueras, leader de l’ERC (gauche républicaine) évoquait la possibilité d’offrir la double nationalité à tous les Catalans en cas d’indépendance et suggérait que le divorce ne s’opposerait pas à une"meilleure relation avec l’Espagne, grâce à ces liens culturels, linguistiques, économiques et sportifs". Artur Mas était lui en visite ce lundi à Bruxelles, pour la troisième fois de l’année.

La déclaration de Joaquin Almunia pose question. Il est très regrettable qu’un Commissaire européen chargé de la politique de la concurrence intervienne totalement hors de son champ de compétence. Il confond de manière flagrante les intérêts de son Etat et ceux des institutions communautaires. Au-delà, on peut s’interroger sur le rôle de la Commission. Les institutions européennes ont-elles vocation à interférer dans les choix démocratiques de leurs composantes concernant leur auto organisation ?

Il importe également de se poser la question du point de vue des citoyens et pas seulement des Etats. En clair, si l’Europe décide d’exclure les Catalans, cela reviendrait à expulser 10 millions de ses citoyens en raisons de choix exprimés démocratiquement et de manière pacifique. Ce serait d’autant plus regrettable que « 70% des Catalans ne veulent pas quitter l’Union européenne », comme le souligne Vincent Laborderie, chercheur en relation internationale à l’université catholique de Louvain (Belgique). Le choix de la Commission revient à construire une Europe de l’exclusion, quand notre choix devrait être celui d’une union inclusive.

Le 11 septembre 2013, dans le cadre de la « via catalana », 1,6 millions de catalans se sont donné la main sur plus de 400 km pour soutenir l’indépendance . Il serait regrettable que les institutions européennes s’opposent à une démarche qui, à l’image de sa grande sœur la « voie balte » du 23 août 1989, pourrait ouvrir la voie vers une Europe plus démocratique.

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Vos commentaires

  • Le 9 octobre 2013 à 08:20, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    Merci pour cet article qui revient sur la situation en Catalogne. Même si nos dirigeants politiques nationaux prétendent ne pas le voir l’ampleur de la revendication nationaliste en Catalogne ne peut plus être ignoré. Elle est désormais sortie du débat politique institutionnel pour devenir un phénomène de masse, populaire, que s’est approprié un très grand nombre de citoyens.

    Dès lors, le constat que l’état du droit, formulé par Joaquín Almunia, impliquerait la perte du statut de membre de l’Union européenne pour la Catalogne ne suffit plus. Le constat est indéniable, il est reconnu notamment par la juriste Dolors Feliu dans son livre Manual per la independència. Mais il faut désormais aller plus loin et réfléchir dans l’hypothèse de l’indépendance à une solution négociée pour ne pas réintroduire des frontières là où personne ne les souhaite de part et d’autre. J’avais abordé le sujet dans mon article Catalogne, Écosse : pour que l’Union européenne intègre les nouveaux États.

    Toutefois évoquer cette hypothèse c’est déjà lui donner corps. Il n’est pas surprenant que ses adversaires n’évoquent pas les solutions qu’il faudrait trouver si elle se produisaient. C’est même de bonne guerre. Sauf dérapage grave de la part des autorités de l’Espagne castellanophone le plus probable est pourtant que si les Catalans confirment majoritairement le souhait d’indépendance, au sein de l’Union, de leur pays, des négociations de bonne foi permettront de faire coïncider la mise en oeuvre de l’indépendance et de l’adhésion à l’Union.

  • Le 9 octobre 2013 à 08:23, par ? En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    La question du titre est étrangement posée, vu que ce n’est pas ce qu’elle fait. Joaquin Almunia ne fait que rappeler l’état du droit, comme Barroso l’avait fait pour l’Ecosse avant elle. Contrairement à ce qui est indiqué, en cas de déclaration d’indépendance, la Catalogne ne serait pas « immédiatement exclue de l’Union européenne », pour la raison très simple que les nationalistes catalans comme écossais refusent d’entendre que la Catalogne n’est pas un Etat membre de l’Union européenne. C’est juste une partie de l’Espagne. En s’auto-excluant de l’Espagne, la Catalogne sortirait ipso-facto de l’UE, car elle ne fait partie de l’UE que parce qu’elle est une région d’Espagne.

    L’article continue : « Il est très regrettable qu’un Commissaire européen chargé de la politique de la concurrence intervienne totalement hors de son champ de compétence. » Euh, non, c’est tout à fait normal au contraire. La Commission est collégiale et le Vice-Président Almunia représente l’Institution dans son ensemble. Comme gardien des traités, il est dans son rôle quant il rappelle ce que dit le droit, même si ça ne plaît pas aux indépendantistes.

    Personne ne nie le droit à l’autodétermination des peuples. Il faut juste qu’ils sachent que si ils créent un nouvel Etat qui n’est pas membre de l’UE (et je ne vois pas la Catalogne mentionnée parmi les Hautes parties contractantes du Traité sur l’Union européenne), il leur faudra passer par toutes les étapes de la procédure d’adhésion, comme n’importe quel autre Etat.

  • Le 9 octobre 2013 à 10:36, par Fabien Cazenave En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    @ ? : ce n’est pas à Almunia de rappeler le droit alors qu’il n’est pas chargé de cette question au sein de la Commission. Il y a conflit d’intérêt : il est pro-unité de l’Espagne (ce qui est son droit) et est le commissaire « espagnol » de l’exécutif européen. Il porte donc un message sujet à caution, non pas sur le fond mais dans la forme. Un peu comme si on demandait à Barnier de commenter la réforme des retraites en France. Il s’y refuse d’ailleurs régulièrement, alors pourquoi pas Almunia ?

  • Le 9 octobre 2013 à 12:07, par Martí d’Anglesola En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    L’article dit : « En clair, si l’Europe décide d’exclure les Catalans, cela reviendrait à expulser 10 millions de ses citoyens en raisons de choix exprimés démocratiquement et de manière pacifique. ».

    Faux. Si l’Europe avertit clairement les Catalans que leur indépendance entraînerait la sortie de l’UE et ceux-ci votent quand-même pour l’indépendance, alors juridiquement (et même moralement) ce ne sera pas l’Europe qui aura expulsé les Catalans, mais les Catalans qui s’en seront auto-exclus en toute connaissance de cause.

    J’écris ça en tant que Catalan pro-indépendance mais conscient des réalités juridiques et politiques. Oui à l’indépendance, non à la désinformation.

  • Le 9 octobre 2013 à 12:17, par Fabien Cazenave En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    @Marti : ce n’est pas de la désinformation. On peut s’appuyer sur le cas du Groënland en 1982 qui s’est séparé de l’UE par sa propre décision alors que l’UE avait proposé d’autres modalités de partenariat. Par conséquent, l’UE peut très bien proposer en respectant les traités une voie de transition à la Catalogne qui applique déjà toutes les règles européennes puisqu’elles ont été intégrées à son droit national par l’Espagne. Par conséquent, avoir une lecture aussi restrictive de la situation juridique que vous le faîtes devient un acte politique. Il n’y a pas de faux ou de vrai en l’espèce mais une lecture différente d’un même acte politique. Donc pas de désinformation mais une prise de position par l’auteur ;-)

  • Le 9 octobre 2013 à 15:00, par Marc Sabatés En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    1714-2013 Assez d ’ etre une colonie d ’ espagne . La Catalogne est une nation qui a le plus vieux parlement d ’ europe . Nous voulons etre un etat propre comme nos amis Ecossais .

  • Le 9 octobre 2013 à 18:52, par Massmann En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    On peut toujours rêver ! Mais il faut le savoir. L’Europe ne saurait exclure la Catalogne et ses 10 millions (c’est fou ce qu’ils augmentent dernièrement !) d’habitants attendu qu’aucun pays appelé Catalogne n’a signé les traités européens. L’Espagne, si. Si elle se voit amputée d’une de ses régions, elle reste dans l’UE, la région, non. C’est facile à comprendre. Mais il y en a qui veulent le beurre et l’argent du beurre,...

  • Le 9 octobre 2013 à 19:26, par Bernard Giroud En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    « Que les citoyens votent en majorité pour des indépendantistes signale l’existence d’un problème dans les relations centre-périphérie. »

    De quel problème centre périphérie, bien concrètement, s’agit-l, dans le cas de la Catalogne ?

    En deuxième lieu en quoi l’indépendance et l’appartenance à un centre plus éloigné peut-il améliorer cette relation avec le citoyen ordinaire ?

  • Le 9 octobre 2013 à 22:29, par Padros En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    Les vieux relents fascistes Espagnols refont surface, il n’y a qu’à observer les manifestations pro-nationalistes. La question de la Catalogne (qui deviendra indépendante, peu importe le temps qu’il lui faudra)n’est pas une question politique pour l’Espagne, mais une question qui concerne les richesses qu’elle tire de sa colonie. L’Espagne n’est pas un pays respectant la démocratie, elle se refuse à signer la déclaration qui dit que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, ce qui l’obligerait à juger les anciens franquistes encore en vie pour qui elle a fait voter la prescription. Enfin peu importe, la Catalogne se libérera un jour de l’envahisseur.

  • Le 10 octobre 2013 à 11:01, par Mathieu Henceval En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    Je suis d’accord sur le fait qu’Almunia outrepasse ses compétences. Il est Commissaire européen et ne devrait pas s’exprimer la dessus. Mais est-ce que la Commission doit s’exprimer ou simplement dire au gouvernement Catalan (qui souhaite que l’UE s’exprime) de se mettre d’accord avec Madrid ? Selon moi les deux parties (Madrid et Barcelone) doivent discuter. Il y un déséquilibre qu’il faut régler mais Madrid n’est pas responsable de tout. C’est un discours que l’on entend souvent dans certaines régions espagnoles et c’est complètement absurde. Peut’on comparer le Groenland avec la Catalogne ? Je ne suis pas sur. L’indépendance de la Catalogne serait totale

  • Le 10 octobre 2013 à 17:23, par Bernard Giroud En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    @ Padros « Les richesses de sa colonie » « Les crimes imprescriptibles »

    C’est en effet une forme de réponse aux questions posées précédemment. La première remarque est un sujet de discussion qui peut s’examiner avec l’objectif de la coopération à bénéfices partagés ; Ce serait une bonne direction. Pour réussir cette première phase, il faudrait que l’on puisse ramener à des proportions maitrisables les feux qui couvent sous la cendre.

    Voici un point de vue de l’extérieur.

    Le voisinage qui nous est dévolu n’est pas, dans ces situations, de notre ressort, mais on sait que de la façon dont tu traites ton frère ou ton proche... !

    Il ne s’agit pas d’oublier le mal et ses violences, ni ceux qui s’y sont livrés, il s’agit pour des gents civilisés de ce siècle d’en tirer les enseignements et ses règles de prudence, pour qu’elles servent l’avenir commun. Il s’agit de faire en sorte, que ce soit le dynamisme de la vie, que chacun a naturellement en soi, qui l’emporte.

    En ce siècle de mutations profondes à dimensions continentales, faire preuve d’un esprit de civilisé, avec toute la prudence , mais aussi toute l’audace débarrassée de la peur, que cela implique est un garant ; C’est non seulement le garant d’un présent meilleur, mais aussi celui d’un avenir.de bon sens, débarrassé des brumes de la colère.

    Mais encore une fois, personne n’est à la place de ceux qui deviendront plus grands en pardonnant sans oublier.

  • Le 10 octobre 2013 à 18:04, par KJ En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    Bonjour,

    Merci à tous pour vos réactions, et à Fabien et Valéry pour les éclaircissements. Il me semble que le fond du problème, soulevé plus ou moins directement par tout le monde, c’est de savoir si on veut une Europe qui soit une union d’état ou une Union de citoyen. Si on veut une union d’états, il est logique que la Catalogne quitte l’UE en même temps qu’elle quitte l’Espagne. Si en revanche on considère l’UE avant tout comme une union de citoyens, il est inimaginable de virer des millions de personnes pour crime de lèse état-nation.

  • Le 19 octobre 2013 à 23:20, par PERICO CHICANO En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    Ce qui m’interpelle dans cet article, à charge contre l’Espagne et son intégrité territoriale, c’ est de constater que la nationalité de J.Almunia est bien mise en évidence, et ses propos ainsi disqualifiés, pour la simple raison qu’il soit espagnol.

    Pourquoi ne pas évoquer les propos de la porte parole de l’UE le 16 septembre, Pia Ahrenkilde ? Déclaration on ne peut plus claire sur ce sujet « Si un des territoires des pays composants l’UE se déclare indépendant, il cesse automatiquement de faire partie de l’ union ».La Catalogne serait obligée de poser sa candidature, et de suivre la procédure comme n’importe quel autre état. La Catalogne pour être intégrée à l’UE devra obtenir l’assentiment de tous les pays européens à l’unanimité. Cette sentence n’as pas été prononcée par un espagnol, mais par la commission européenne.

    Pourquoi ne pas évoquer les propos de Mario Monti à Barcelone le 7 octobre dernier particulièrement diplomate, mais explicite à ce sujet ? »l’union Européenne n’as pas besoin d’un vingt-huitième pays »

    Pourquoi ne pas écouter les avertissements de Francesc Granell (catalan)directeur général honoraire de la commission européenne « La Catalogne serait un état avorté comme le Somaliland »(estado fallido)Au delà de l’Europe dont elle serait exclue. Une Catalogne déclarant son indépendance unilatéralement, ne serait pas reconnu par l’ONU. En effet pour se voir intégrée dans le concert des nations, aucun des membres du conseil de sécurité ne doit opposer de véto. Les Français et les Américains on déjà annoncé que le problème de la Catalogne était un affaire interne à l’Espagne. On peut espérer au mieux une abstention de ces pays. Les chinois avec leur affaire du Tibet et les Russes avec la Chetchenie ne risquent pas d’appuyer non plus ce nouvel entrant, mais plutôt l’inverse.

    Le mouvement nationaliste et indépendantiste catalan s’appuie comme tous les nationalismes sur une mythologie. Un fond de vérités exaltées, des demi vérités et de gros mensonges implicites. Comme tous les nationalismes il a un ou plusieurs ennemis désignés. Ennemis qui rassemblent le peuple dans le victimisme, la haine, la soif de revanche. Boucs émissaires destinés à détourner l’attention du peuple, qui ainsi se détourne des problèmes liés à la gouvernance. Le nationalisme franquiste s’est aussi appuyé sur un certain nombre de mythes et sur la dénonciation d’un certain nombre de boucs émissaires. (les communistes, francs-maçons, démocraties européennes sensées en vouloir à l’Espagne etc...)

    Je ne rentrerai pas sur l’analyse et le démontage des mythes sur lequel est bâti le projet nationaliste catalan. De nombreux essayistes en Catalogne même, se sont fait une joie de démonter ces mythes en toute rigueur. Pour comprendre la situation actuelle il faut remonter à 1983 date d’accession à la présidence de la « generalitat » (gouvernement autonome catalan)de Jordi Pujol Le mouvement indépendantiste catalan est aussi appelé « pujolisme » car c’est sous la présidence de ce dernier, aux commandes de sa région pendant 23 ans que ce mouvement s’est développé. La généralitat pour développer le sentiment nationaliste a donné les moyens financiers à l’éducation et à la presse (TV3, groupe de presse Godò), groupe de presse à la botte, financé par le gouvernement autonome. Mais surtout, c’est grâce à l’éducation,gérée par le gouvernement autonome, via un enseignement de l’histoire biaisée, que les idées indépendantistes on pu gagner du terrain. Le résultat, se sont deux générations de jeunes catalans éduquées dans le victimisme et la haine de l’Espagne.

    En octobre 1985 l’ancien président de la genéralitat, Josep Taradellas, au cours d’une conférence de presse devant le« grup periodistic de catalunya, » déclarait en se référant à son successeur Pujol. « Toute l’action de ce gouvernement est imprégnée d’une philosophie, nosotros somos formidables y Madrid siempre se equivoca » Nous sommes formidables et Madrid se trompe toujours. Pendant ce temps Pujol ne gouvernai pas, ou mal, et se trouvait impliqué dans une affaire d’évasion fiscale via la « banca catalana » Mais Pujol, politicien roué, se drapa dans les plis de son drapeau catalan.Politicien, maitre en démagogie, il réussit à convaincre les catalans, que s’en prendre à lui, équivalait à s’en prendre au peuple catalan.

    Trente ans plus tard la Catalogne est divisée, le pays est en faillite, les fils Pujol sont impliqués dans des affaires de corruption, tout comme Artur Mas, successeur de Pujol. Le nationalisme a endoctriné la population pour se maintenir au pouvoir

    Suivant cette étude De la commission européenne « Regional governance matter » ec.europa.eu/regional.../2012_02_governance.pdf‎ La Catalogne est la région d’Espagne la plus mal gouvernée, avec le niveau de corruption le plus élevé de la péninsule. Sur 170 régions en Europe, la Catalogne arrive à la 130eme place, loin derrière les autres régions d’Espagne, juste mieux que certaines régions des anciens pays de l’est.

    En trente années de Pujolisme,avant de perdre sa place de première région économique de l’Espagne au profit de Madrid, la Catalogne perdit d’abord sa place de capitale culturelle de l’Espagne, c’est de Madrid que la « movida »est partie.

    Cela dit il est peu probable que la Catalogne devienne « indépendante » à court ou moyen terme, tant la pression des entreprises catalanes conscientes des limites à ne pas dépasser se fait sentir. Pression morale et plus gênante peut être pour les nationalistes est celle des intellectuels notamment catalans, http://politica.elpais.com/politica/2012/11/03/actualidad/1351974095_330773.html http://actualidad.rt.com/actualidad/view/57732-almodovar-vargas-llosa-intelectuales-idependencia-cataluna

    Au premier rang des intellectuels contre le nationalisme nous retrouvons une icône de l’anti-franquisme, le dramaturge Albert Boadella, qui déjà en 1983, se mettait à dos les nationalistes, lorsque, prophète, il produisit sa célèbre pièce de théâtre qui fit scandale « UBU PESIDENT » mettant en scène Jordi Pujol, et démasquant, grâce à son art, l’escroquerie du nationalisme. Comme naguère il avait courageusement su faire avec les militaires espagnolistes.

  • Le 20 octobre 2013 à 17:11, par Fabien Cazenave En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    @PERICO CHICANO : le contenu des propos de M. Almunia n’est pas le problème mais bien le fait que le Commissaire espagnol vienne donner la parole de la Commission sur ce sujet met cette institution en porte-à-faux alors qu’elle est censée donner un avis juridique. Il est juge et partie, ce n’est pas normal, point. Que vous pensiez que le contenu est juste est votre droit, mais vous voyez bien qu’il est beaucoup plus normal que le porte-parole de la Commission ou que M. Monti ou qu’un juriste le dise.

  • Le 31 décembre 2013 à 00:31, par ROMAIN ITALIEN En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    la catalogne se prévaloit d’une certaine prédominence territorialiste d’une maniere arrogante de l’espagne jusqu’aux frontieres franco-Italiennes sur un plan historique mais c’est la culture greco-romaine donc Grecque et italienne qui à majoritairement façonner l’histoire de ce continent ( arenes d’arles de nimes jusqu’en espagne pour remonter jusqu’à Paris notamment au niveau de l’architecture du parlement Français. Si vous voulez jouer aux regionalistes revendicateurs avec moi vous êtes mal tombés. De plus comment la catalogne peut elle se prevaloir etre indépendante si elle fait la demande d’une adhésion à l’union européenne sachant qu’elle devra respecter des regles communautaires que les Grecs au premier chef dénoncent tout comme en France au passage et dans la plupart des pays du sud car la Catalogne devra léguer ses fonctions régaliennes comme par exemple battre sa propre monnaie comme l’ont fait d’ailleurs les autres pays de l’UE. Tout ceci n’est qu’enfumage car si pour vous l’etoile blanche de votre drapeau catalan représente l’indépendance de loin l’indépendance de cuba face à l’espagne je dirai qu’etant donné le projet d’union transatlantique entre l’UE et les USA votre drapeau se rapprocherai plutôt du drapeau TEXAN

  • Le 3 mai 2014 à 11:21, par perico chicano En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    C’est en relisant cet article, 7 mois après sa publication que l’on peut en apprécier la partialité pro nationaliste, et la profonde ignorance de la véritable nature du nationalisme catalan. Depuis l’intervention de J.Almunia, qui selon son auteur aurait mis en porte à faux la commission européenne. Il y a eu au moins six déclarations, on ne peut plus claires signalant, que non seulement l’indépendance« de la Catalogne serait néfaste pour son propre peuple, mais surtout les responsables européens rappellent que la Catalogne »indépendante" serait sine-die exclue de l’union, et devrait demander son adhésion en bonne et due forme, adhésion qui devrait être approuvée à l’unanimité de ses membres. L’Espagne n’aurait probablement pas à opposer son véto, précédée par la France ou l’Italie guère enthousiasmés par un redécoupage de l’Europe sur des critères ethnolinguistiques. A l’heure où tous déplorent et prennent conscience de la transformation en casino global de la planète. A l’heure de la dictature neo-libérale, en fait capitalisme déjanté, À l’heure où dans nos démocraties la classe moyenne recule, et ou l’écart entre riches et pauvres s’approfondit. À l’heure ou cet écart entre riches et pauvres se déplace également à l’échelle des régions et des pays. En Catalogne, mes compatriotes on une autre explication pour leur région. Pour eux (et de plus en plus nombreux) les problèmes viennent à cause de ces voleurs et feinéants d’Espagnols, Une seule solution ; l’indépendance. Je suis Catalan (Valencien)et je ne sait si rire ou pleurer devant cet argumentaire, fond du nationalisme catalan, et que dire de ces idiots utiles qui trouvent progressiste cette dérive.

  • Le 5 octobre à 09:47, par monné En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    Bravo à l article de Périco Chicano ,vivant en Catalogne avec une femme Catalane je vis au quotidien la haine des Catalans envers Madrid et surtout le parti Popular les catalans sont des opportunistes et des se victimisent sans cesse . Aujourd hui l école n enseigne plus l Espagnol mais le Catalan ... pour être fonctionnaire dans une munocipalité il faut parler Catalan voir être Catalaniste je ne parle pas du corps enseignant .... Il faut que les instances internationales soient plus claire quant à leur position qui devrait être Exclusion de l Europe et quid de l utilisation de l Euro comme monnaie ... Roberto

  • Le 6 octobre à 23:36, par Alexandre Marin En réponse à : La Commission européenne peut-elle rejeter par avance l’indépendance catalane ?

    @monné

    Le problème n’est pas l’usage du Catalan dans l’enseignement, ou le fait qu’un fonctionnaire municipal soit tenu de s’exprimer en Catalan. Après tout, le Catalan est la langue officielle de la Catalogne et l’Espagne a toujours défendu l’autonomie et le multilinguisme comme principes fondamentaux de son identité. Il est donc bien normal qu’un Catalan s’adressant en Catalan aux autorités soit en droit de recevoir une réponse en Catalan et qu’à cet effet, les fonctionnaires parlent Catalan.

    Le problème, comme vous le dîtes fort justement est cet indépendantisme complètement irrationnel, jouant sur les émotions, sur un nationalisme sauce XIX° siècle, et sur la haine de l’autre, et feignant de croire que l’Espagne est toujours franquiste.En somme, le débat sur l’indépendantisme catalan est à peu près aussi réfléchi que ne l’était celui sur le Brexit.

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