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Le Danemark et la flexisécurité, une véritable solution pour l’emploi des jeunes ?

Semaine préparatoire des Etats Généraux de l’Europe : « Quel pacte pour les Jeunes européens » ? 4/5

, par Caroline Span

Les pays nordiques sont bien souvent glorifiés par les pays du Sud de l’Europe tels que la France, l’Espagne ou encore l’Italie pour leur marché du travail équilibré où le chômage n’existe presque pas. Pourtant, à en croire l’exemple danois, la flexisecurité n’a pas été un remède à la crise, bien au contraire. Les jeunes, encore une fois, en ont été les premières victimes.

Helle Thorning-Schmidt, Première ministre danoise – Services audiovisuels de la Commission européenne http://ec.europa.eu/avservices/index.cfm?sitelang=fr

Auteurs

  • Ancienne membre du Bureau National des JE-France en charge de la stratégie politique

Mots-clés

Alors que le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans se maintenait en dessous de la barre symbolique des 10% en 2008 celui-ci a explosé pour atteindre les 15% en 2011 contre 6.1% pour le reste de la population. L’évolution est similaire pour le chômage des 25-34 ans.

Cette hausse si rapide, si forte a pu surprendre de nombreux économistes dans la mesure où les jeunes danois acquièrent leur autonomie très tôt. Le système d’aides étatiques, très conséquent, les encourage à décohabiter de chez leurs parents une fois atteint la majorité et à se financer par eux-mêmes. Ils sont donc amenés à exercer dès l’âge de 18 ans, une activité professionnelle en plus de leurs études.

Il était donc naturel et légitime de penser que la combinaison emploi/étude aurait pu les protéger du chômage. Pourtant, il n’en a rien été.

Comment l’expliquer ?

La première des raisons est due au ralentissement économique. Celui-ci s’est traduit par un gel des recrutements et de nombreux licenciements. Les jeunes, moins expérimentés et moins couteux ont donc été considérés comme une variable d’ajustement par les entreprises.

Autre point, la corrélation entre le niveau de formation et le niveau d’étude. Les jeunes peu ou pas qualifiés ont davantage de risque d’être touchés par le chômage que les jeunes diplômés, même si ceux-ci n’ont pas pour autant été épargnés. La baisse d’activité dans les secteurs de la construction et de l’industrie a été un véritable coup dur pour les jeunes peu formés.

La transition entre la formation et les études s’est donc considérablement durcie en l’espace de quelques années pour les Danois. Alors que la formation en alternance avait fait ces preuves, les places d’apprentissage ont fortement diminué. Par exemple, le recrutement d’apprentis a baissé de 24% durant les huit premiers mois de 2009 comparé à 2008. Cela vaut également pour les offres de stages de moins en moins fréquentes.

Un autre exemple de cette difficile transition est l’augmentation du temps partiel. Sensible depuis plusieurs années, le recours à ce type de contrat précaire a explosé dernièrement.

Enfin, une des raisons de la hausse du chômage des jeunes est l’insertion laborieuse des jeunes d’origine étrangère. Bien que leur niveau de qualification ait augmenté lors de la dernière décennie, ils sont majoritairement exclus du marché du travail. Ils n’étudient pas dans les mêmes filières, choisissent peu l’apprentissage du fait de la difficulté qu’ils éprouvent à trouver un maitre d’apprentissage. Résultat, le taux de chômage de ces jeunes est doublement supérieur à celui des autochtones.

Les autorités ont multiplié les initiatives pour lutter face à l’injustice de cette situation sur le marché de l’emploi et faire en sorte que la jeunesse danoise occupe la place qu’elle mérite.

Un grand plan spécial jeunesse a été adopté en 2009 prévoyant 5000 nouvelles places d’apprentissage et des actions ciblées selon le public visé. Par exemple, les jeunes de 15-17 ans doivent élaborer un plan d’éducation en concertation avec tous les acteurs concernés (parents, école ...). Les jeunes sans qualification devront passer un test de lecture et d’écriture lors de leur inscription au chômage. Le système d’indemnisation chômage a aussi évolué afin d’encourager les jeunes à intégrer un programme éducatif.

Ce bref panorama de la situation danoise aurait permis de démontrer que le Danemark, bien que moins touché par la crise que d’autres, a vu son modèle être soumis à rude épreuve et que comme partout ailleurs, les jeunes sont les premiers et les plus durement touchés.

Il semblerait que les modèles tant vantés il y a quelques années dans l’UE ne soient pas aussi efficaces. L’Europe doit se réinventer et trouver de nouvelles solutions pour faciliter l’accessibilité à l’emploi des jeunes sous peine de persister dans la crise.

Voir en ligne : Les Etats Généraux de l’Europe

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Vos commentaires

  • Le 15 septembre à 15:08, par pp En réponse à : Le Danemark et la flexisécurité, une véritable solution pour l’emploi des jeunes ?

    Ce n’est pas un problème de modèle nordique !!!! Le modèle nordique est excellentissime ! Il fait le maximum pour adapter ses méthodes face à la voracité du capitalisme ! Tant que personne n’aura compris qu’il faut mettre fin à se système barbare et rétrograde de l’économie moderne, le monde entier court à sa perte !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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