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Traité réformateur

Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

En réclamant le retour des symboles !

, par Fabien Cazenave

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Alors que le Traité de Lisbonne était signé par les chefs d’Etat et de Gouvernements des pays de l’Union européenne, les Jeunes Européens Fédéralistes se sont mobilisés dans toute l’Europe pour dire leur volonté de ne pas laisser l’Europe se construire sans les peuples, seulement à l’abri des conférences intergouvernementales.

Auteurs

La société civile se mobilise pour les symboles européens partout en Europe

Les Jeunes Européens Fédéralistes avaient décidé de mener une action partout en Europe pour réagir au fait que les symboles avaient été écartés du « nouveau » traité de Lisbonne pour montrer qu’il ne s’agissait pas d’une constitution... et surtout pour faire plaisir aux gouvernements les plus nationalistes.

Certes les symboles de l’Union ne disparaissent pas, mais c’est justement parce qu’on y touche que les citoyens de plus d’une cinquantaine de villes en Europe ont participé à cette action militante. Cette action dépassait d’ailleurs le problème de savoir si le texte est bon ou pas. Elle manifestait avant tout le besoin de vivre ensemble dans cette Europe aujourd’hui à 27 qui a besoin de nouvelles règles pour mieux fonctionner.

La Présidence tournante de 6 mois est certes finie (avec un Président pour deuxans et demi), les citoyens ont certes une europétition, la Charte des droits fondamentaux prend certes force contraignante (même si elle n’est que dans un protocole), les institutions vont certes mieux fonctionner que sous l’empire du Traité de Nice,... Mais l’important est aujourd’hui de montrer que nous voulons continuer cette formidable aventure qu’est la construction européenne.

Les eurodéputés sensibles à l’appel de la JEF

La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne a été proclamée pour la seconde fois, mercredi 12 décembre, à Strasbourg, par les trois institutions de l’Union européenne : le premier ministre portugais, José Socrates (en tant que Président de l’Union), pour le Conseil, le président de la Commission, José Manuel Barroso, et celui du Parlement, Hans-Gert Pöttering. Mais des eurodéputés d’extrême gauche et d’extrême droite ont fait le choix de perturber la cérémonie officielle, sous le prétexte de demander un référendum alors qu’ils veulent surtout refuser toute avancée vers l’Europe politique.

Le fait qu’ils s’attaquent à la Charte, symbole aujourd’hui de notre volonté en tant qu’Européens d’avancer sur des valeurs communes, n’est pas anodin. Ce choix a beaucoup choqué dans l’hémicycle européen. Les eurodéputés favorables à la construction communautaire y ont décelé l’attaque faite à l’Europe.

C’est pourquoi plus d’une vingtaine d’eurodéputés, dont M. Lipietz, M. Cavada, Mme Griesbeck, M. Leinen) ont participé à l’action organisée par les Jeunes Européens - France à Strasbourg ! La spontanéité de l’action a empêché qu’il y ait plus de participants dans les rangs parlementaires, mais ils ont voulu ainsi marquer leur attachement aux symboles qui nous rassemblent en tant qu’Européens.

La volonté de continuer à faire participer les citoyens à l’aventure européenne

Heureusement, il n’y a pas que la société civile et les représentants du peuple européen qui se sont mobilisés. Seize pays ont adopté une déclaration dans laquelle ils affirment que ces symboles continueront d’illustrer pour eux « l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci ». Car c’est bien avec les citoyens que doit se jouer l’avenir de l’Europe.

La tendance actuelle est de poser la question de savoir si ce Traité doit être ratifié par référendum. On revoit en France les clivages entre pro-oui et pro-non se redessiner sur cette question :
- les ex-défenseurs du Oui ne veulent pas en rester au Traité de Nice, même avec un traité au rabais quitte à ce qu’il soit signé par voie parlementaire.
- les ex-défenseurs du Non ne veulent pas d’un texte passant loin des citoyens qu’ils estiment acquis par avance à leur cause.

Mais qu’en est-il vraiment ? Depuis deux ans, les nonistes n’ont rien proposé et se sont déchirés pendant la campagne présidentielle. D’ailleurs leur appel au peuple cache avant tout leur envie de faire chuter l’Europe. On le voit surtout dans le fait qu’aucun leader des extrêmes de gauche et de droite ne demandent un référendum dans une dimension européenne de celui-ci. Ils restent surtout dans un cadre national et ne veulent pas que cela soit le peuple européen qui décide. On y voit bien leur manque d’intérêt pour l’Europe...

Le Traité de Lisbonne se veut être par les diplomaties européennes comme l’occasion de fermer le sujet institutionnel pour un moment. Elles ont tort. Mais c’est désormais aux citoyens européens et à leurs représentants (tels les eurodéputés) de montrer leur envie d’Europe. Les élections européennes de 2009 semblent désormais leur vrai objectif...

Voir en ligne : Pour voir toutes les photos, le site de la JEF

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P.-S.

Illustration :
- les Jeunes Européens à Lorraine ont carrément redécoré une de leur voiture !
- au Royaume-Uni on se bouge aussi, ici à Edimbourg.
- sur la Grande Roue à Lyon, les Jeunes Européens diffusent les couleurs de l’Europe le plus haut possible.
- devant la porte de Brandebourg à Berlin, les Jeffers ont affiché clairement la couleur...
- à Paris dans la brume enveloppant la Tour Eiffel.

Vos commentaires

  • Le 14 décembre 2007 à 08:32, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Bravo aux eurodéputés courageaux qui ont pris positions en faveur de nos symboles hier et à tous les militants qui ont pris part à cette brillante action.

    Bravo aussi aux seize pays membres et ont signés une déclaration réaffirmant leur atatchement à nos symboles. Honte au gouvernemetn français qui ne s’est pas associé à cette initiative.

    Quand aux fascistes qui ont montré leur mépris pour nos droits fondamentaux proclamés hier par l’immense majorité de nos élus, en créant des incidents dans une assemblée parlementaire, ils ne méritent que notre plus profond mépris. Espérons que ces minables seront sévérement sanctionnés.

  • Le 14 décembre 2007 à 09:12, par ? En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Mais c’est ma voiture lol... Vive l’Europe

    Julien des JE-Lorraine

  • Le 14 décembre 2007 à 13:58, par ? En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    A gauche, pas seulement les nonistes réclament un référendum. Vincent Peillon en réclame un également, alors qu’il a déclaré qu’il voterait oui à ce traité. Des parlementaires ayant fait la campagne du oui en 2005 ont également signé l’appel du Comité national pour un référendum.

    Nous souhaitons un référendum sur le traité de Lisbonne car ce texte a valeur constitutionnelle bien que le nom de Constitution en ait été retiré. En effet, ce taité organise les 3 pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) ; il est porteur des valeurs de l’Union (art.2 du TUE) et encadrera 80% des droits nationaux des Etats-membres par les directives et réglements qui seront adoptés dans le cadre du traité de Lisbonne.

    Aussi, compte tenu de l’importance de ce texte pour la vie des citoyens européens, des citoyens de chacun des Etats membre de l’Union, ce texte doit avoir sa pleine et entière légitimité acquise par référendum.

    Il est en effet fort attristant de constater que les symboles de l’Union, son hymne, et même le terme de constitution ait été retiré du texte. C’est un grave recul dans la construction européenne. Un autre recul est de limiter le débat sur la construction de notre Union à la CIG et aux parlementaires.

    Pour participer à la construction d’une europe démocratique, exigeons un référendum en signant l’appel aux parlementaires.

    Lola

  • Le 14 décembre 2007 à 18:42, par dhalber DD En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Se mobiliser pour l’Europe ? Quelle fameuse idée ? Comment se peut il que personne n’y ait déjà songé ?

    L’Europe ? on en entend parler tous les jours, sur les blogs, dans la presse, à la radio, à la TV...L’Europe « existe » mais, à la différence de Dieu, on l’entend qui s’exprime, qui règlemente, qui « directive », qui sermonne les états et les menace parfois de sanctions. L’Europe a une présence dans nos vies. Même lointaine et parfois incompréhensible, elle vit pour 500 millions de personnes, qui ne savent pas toujours, loin de là, comment elle fonctionne.

    L’Europe n’a guère de divisions, tout juste un corps d’armée intégré, mais elle a des juges et elle s’impose aux gouvernants des états qui prennent en commun les décisions essentielles... avant d’oublier parfois, cyniquement, qu’ils les ont prises. L’Europe n’a pas d’écoles. L’Europe n’a pas de fonctionnaires territoriaux, seulement à Bruxelles, ce qui est une des causes fondamentales de son manque de visibilité sur le plan local. L’Europe a un portefeuille commun qui contient sa monnaie commune. Mais elle n’a pas de langue commune. Encore moins de ministre des finances commun. mais qui s’en plaindra ?

    L’Europe a un parlement à Strasbourg. Mais ses « eurodéputés », curieusement élus dans un cadre national selon un découpage territorial discutable, ont tendance à agir dans ce cadre et à « oublier » qu’ils représentent les intérêts collectifs d’un citoyen « européen » qui n’existe pas encore dans les faits...car il n’y a pas d’espace public européen. L’opinion est fragmentée en 27 cercles de plus ou moins grande taille, qui ne parlent pas du même sujet quand ils parlent d’Europe...

    Les partis politiques rêvent presque tous de s’organiser sur un plan européen, à priori plus pertinent. Mais ils retombent régulièrement dans l’orbite/ornière du « national » car les élections locales ou nationales - si fréquentes en France et si déterminantes ( notamment la « présidentielle ») - nuisent à la consolidation politique d’une problématique vraiment européenne. Le résultat est que les clivages nationaux sonnent faux et que la « problématique européenne », avec ses oppositions si particulières ( dialectique fédéralisme/intégrationisme/souverainisme), traverse presque tous les grands partis nationaux. Malaise de Brest à Brest-Litovsk et de Cadix à Kiruna....Partout le national détermine l’européen.

    L’Europe est un toit commun que l’on a plaqué sur des structures anciennes préexistantes, vétustes et disparates, qui abritaient jusque là les anciens propriétaires indépendants, devenus subitement à la suite d’un nouveau contrat copropriétaires de l’immeuble. Mais on s’est abstenu de vérifier préalablement que l’adaptation envisagée au cours du contrat était techniquement possible. On a construit le toit neuf dans une usine puis on l’a posé sur les anciennes structures à l’aide d’une grue. Comme les élément préexistants étaient dépareillés avec des hauteurs diverses et des matériaux de qualité inégale, il y a un énorme travail d’ajustage, de bouchage et calfatage, qui n’a pas été fait aussitôt par l’artisan poseur car les copropriétaires ne s’entendaient pas sur le devis correspondant. Aussi, on s’est contenté de colmater à vue et provisoirement les fuites d’air et entrées d’eau de pluie à l’issue de pénibles transactions entre les copropriétaires et en prévision de travaux futurs, de plus grande ampleur, toujours différés. Mais ces travaux provisoires ne satisfont en fait jamais personne. Les uns trouvent que malgré tout, ça « avance », qu’il ne faut pas rêver, qu’il faut rester concret, positiver. Les copropriétaires hostiles et grincheux répètent périodiquement qu’il faut tout abattre pour reconstruire l’immeuble selon des plans plus rationnels. Certains vont même jusqu’à soutenir qu’il faut purement et simplement enlever le toit commun pour que, comme avant quand tout le monde était propriétaire de son petit logement, chacun se refasse son bout de toit à sa façon et selon ses moyens. Mais évidemment, ça ferait un hameau dépareillé de petites masures ridicules. On aurait moins d’espace et ce serait moins bien. Finalement, cahin, caha, on reste ensemble sous ce toit mal ajusté, en remplaçant de temps en temps, au terme de débats animés, les ardoises fatiguées. Car les prises d’air finissent pas accélérer le vieillissement du toit mal ajusté.

    Bien sûr, le budget de la copropriété est au plus juste, chacun des copropriétaires voulant conserver son contrôle sur les dépenses communes et privilégiant largement ses propres dépenses personnelles ( son mobilier, sa voiture...).

    On vivote ainsi pendant quelques années, dans l’insouciance du lendemain et dans une ambiance parfois tendue.

    Jusqu’au jour funeste ou l’on s’aperçoit qu’une grande ombre s’est levée. On sort... pour constater qu’un énorme immeuble voisin, inexistant jusque là, cache maintenant le soleil. Affolement, agitation dans la copropriété. Le réveil est douloureux. On ne peut plus vivre ainsi dans l’ombre permanente de cet immeuble. Il faut d’urgence faire quelque chose...On dénonce bien l’opération de construction et l’irresponsabilité, le sans gêne du propriétaire du terrain et du constructeur de l’ouvrage. Mais le permis de construire est régulier et l’écriteau qui l’annonçait a bien été apposé conformément à la loi. Nos copropriétaires sont dépités. La valeur de leur bien commun est en chute libre. A fortiori la valeur de leur quote-part personnelle dans la copropriété...Leur action en justice ne tarde pas à s’effondrer et leur avocat leur explique qu’ils auraient eu intérêt à transiger dans cette affaire mal partie pour leurs intérêts.

    Absorbés par leurs querelles intestines, cloitrés dans leurs appartements délabrés, ils n’avaient rien vu venir...

    Il en est ainsi de certains européens. Pendant que le monde change et profondément, tandis que des menaces diverses et graves s’accumulent à l’horizon tels des tsunamis qui vont déferler, dévastateurs, ils se chamaillent comme des « gosses » sur des questions de « ratification » de traité négociés difficilement à 27, donnant avec arrogance à l’univers ébahi des leçons de rigueur juridique et constitutionnelle et interprétant la délicate notion de démocratie à l’aune de pratiques nationales erronées. Questions et posture incongrues dans ce contexte de lutte pour la survie. Mais justement, la vie, impitoyable comme l’Histoire, se chargera bientôt de les rappeler à l’ordre.

  • Le 14 décembre 2007 à 19:10, par Fabien Cazenave En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Sympa Dahler DD, mais j’avoue ne pas voir où vous voulez en venir... Vous pensez qu’il faut plus d’Europe ou qu’il y en a trop ?

  • Le 14 décembre 2007 à 19:24, par Fabien Cazenave En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Trop mdr quand j’ai vu ta voiture... T’as fait comment ?

    En tous les cas, mega big up à toi et aux membres de ton groupe de Nancy !

  • Le 15 décembre 2007 à 00:02, par KPM En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Cette action est extrêmement pertinente au regard du Traité. En effet, si nous nous positionnons par rapport au texte, nous nous trouvons devant un dilemme cornélien :
    - Si l’on rejette ce Traité (ou que l’on exige un référendumnational, ce qui revient au même), on enterre pour longtemps la construction européenne.
    - Si on soutient ce Traité, alors on accrédite le principe qui a présidé à sa rédaction et à sa ratification, on cautionne une Europe des huis clos, des arrangements entre amis, bref une Europe faite dans le dos du peuple ; cette situation ne peut que conduire à un rejet de plus en plus grand de l’Europe par les citoyens.

    Pour sortir de ce dilemme, il n’y a pas 36 solutions. Il n’y en a qu’une : laisser ce Traité être adopté sans nous, mais exiger de façon très claire et très forte la nécessité de mettre en oeuvre concrètement l’Europe des citoyens.

    Pour cela, il faut tout simplement mettre en oeuvre urgemment ce que nous réclamons :
    - de la démocratie (avec une vraie séparation des pouvoirs, un vrai gouvernement responsable, un vrai pouvoir de contrôle du Parlement, etc.)
    - des symboles (le drapeau et l’hymne bien sûr, qui sont des acquis à renforcer, mais surtout de nouveaux symboles concrets : une délégation olympique unique pour toute l’Union, des vrais partis politiques européens, une constitution claire de 20 pages, etc.)
    - du social (parce que tant que l’Europe ne se mêle pas positivement de la vie quotidienne des gens, ils n’ont aucune raison de s’en soucier - Erasmus ne touche qu’une élite)
    - de l’éducation (parce que ce que le référendum de 2005 a révélé, c’est surtout une méconnaissance grave de l’Europe)

    C’est cela dont l’Europe a besoin, et c’est cela qui devrait nous occuper beaucoup plus que les combats d’arrière-garde sur le Traité de Lisbonne.

    C’est pour cette raison que la JEF-Europe a organisé aujourd’hui une journée de mobilisation en faveur des symboles.

    C’est également pour cette raison que les Jeunes Européens - France vont très régulièrement bénévolement dans les collèges et lycées de tous niveaux pour parler d’Europe aux élèves, ou encore ont lancé une pétition pour un service civil européen, véritable Erasmus de la solidarité.

    Sortons désormais du débat politico-juridique stérile (qui se résume bien souvent à un concours de mauvaise foi) pour entrer dans la sphère des valeurs et des symboles. C’est en touchant les gens aux tripes qu’on défendra l’Europe.

    Des idées simples et fortes : un gouvernement européen issu des urnes, une défense européenne, une solidarité de fait.

  • Le 15 décembre 2007 à 10:35, par trevoux En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    le mepris qui est le votre ressemble a celui de nos gouvernants qui construise une europe sans les peuples oui au referendum et ne traité pas de fasciste celui qui demande la democratie

  • Le 15 décembre 2007 à 11:12, par Fabien Cazenave En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Je vous signale que nous sommes pour plus de démocratie dans l’Union européenne... Après penser que Jean-Marie Le Pen a des idées fascisantes... est peut-être simplement un pléonasme vous avez raison.

    Au fait, vous pensez quoi du référendum pan-européen ? plutôt qu’un référendum national ?

  • Le 15 décembre 2007 à 12:55, par Ronan En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Si seulement vous aviez vraiment lu l’article qui précède (ainsi que de nombreux autres articles également publiés sur ce site...), vous auriez découvert avec stupéfaction :

    (1) que l’association dont ce webzine est l’émanation n’est pas franchement sur la même longueur d’ondes que les gouvernants signataires de ce Traité de Lisbonne.

    (3) puisque la dite association condamne le manque d’ambition ’’européenne’’ de ce Traité...

    (3) puisque la dite association condamne également la manière dont ce Traité a été rédigé et adopté par nos gouvernants (i. e : en catimini, effectivement dans le dos des peuples...) et sans mandat explicite vraiment clair pour ce faire.

    (Nb : franchement, on a si peu parlé d’Europe lors de la dernière campagne présidentielle française qu’il est vraiment très très abusif - voire franchement malhonnête - de dire que l’actuel président de la République a été élu sur sa seule - et d’ailleurs complètement inaudible, hormis des ’’habitués’’ et autres ’’spécialistes’’ de la question - proposition de ’’Traité simplifié’’...).

    (4) Et vous auriez également découvert que la dite association demande à ce que la construction européenne devienne un véritable enjeu démocratique, dans le cadre d’un débat public, ouvert et transparent.

    (5) Quant à la démocratie et au recours au référendum : fort bien. A condition, toutefois, que l’éventuel futur débat démocratique référendaire ne se transforme pas - comme la dernière fois (et comme on en a l’habitude en France) - en un grand débat hystéro-démagogique où, à nouveau, pleuvent les contrevérités et les mensonges comme, autrefois, la mitraille à Gravelotte.

    Bref, si vous voulez vraiment l’Europe unie (à vous lire, c’est pas sûr...), si vous n’êtes pas ouvertement nationaliste (à vous lire, c’est pas sûr...), si vous ne vous satisfaisez décidément pas d’une Europe bloquée par les véto nationalistes émis par des opinions publiques manipulées et trompées (à vous lire, c’est pas sûr...) et si vous voulez vraiment la démocratie chez nous comme à l’échelle de l’Europe (à vous lire, c’est pas sûr non plus...) : alors demandez donc une constituante (!!!) et un référendum... paneuropéen !!!

  • Le 15 décembre 2007 à 13:00, par Ronan En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Bien, le diagnostic : beaucoup d’entre nous le partagent sur ce site (et dans l’association dont il est l’émanation...).

    So what ?! : vous voulez - vous aussi ?! - écrire pour le « Taurillon » ?! ; - ))

  • Le 15 décembre 2007 à 13:54, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Chère madame,

    Tout d’abord quand on parle ici de « noniste » on se réfère au clivage né du débat référendaire de 2005 sur le traité de Rome de 2004. Vous avez tout à fait raison de souligner que le nouveau traité de Lisbonne ne suscite pas les mêmes réserves de la part de nombreux élus socialistes qui ont fait connaître leur approbation de ce texte.

    En effet contrairement à ce que vous prétendez c’est précisément le fait que le nouveau traité n’a pas de dimension constitutionnel qui réduit à néant les arguments selon lesquels un tel traité justifierait la tenue d’un référendum. C’est parce que le traité de Rome de 2004 était appelé constitution qu’il a pu paraître judicieux à Jacques Chirac de convoquer un référendum ; ce n’est plus aujourd’hui le cas.

    En réalité aujorud’hui comme par le passé il ne s’agit en rien d’une cosntituion étatique mais d’un simple traité de droit international. Votre affirmation est donc erronnée dans le meilleur des cas. Pour notre part je dois vous dire que nous le regrettons très vivement.

    De toute évidence une organisation a besoin de vois son fonctionnement détaillé dans un texte de droit sans quoi elle n’aurait pas d’existence autre qu’un diner de temps en temps entre chefs de gouvernements. Peut être est-ce au fond ce que vous souhaitez ?

    Par ailleurs ce chiffre de 80% que vous citez ne repose sur rien. Le nouveau traité de Lisbonne ne prévoit aucune augmentation de compétence significative pour l’Union européenne. Il se contente de réformes hélas trop modestes sur le mode de fonctionnement des institutions.

    En réalité ce chiffre est un euromythe né d’une citation tronquée de Jacques Delors qui en concernait que les domaines du droit concernés par la mise en place de l’acte unique européen c’est à dire une partie réduite et spécialisée de notre droit. Comme le soulignait l’eurodéputé Jean-Louis Boulanges dans un entretien accordé au Monde, le droit national reste la règle dans des domaines très largement majoritaires, et son élaboration reste purement du domaine des gouvernements nationaux. Nous le regrettons et le condamnons car dans un grand nombre de cas il serait plus utile d’agir en commun que de maintenir des lois locales contradictoires qui constituent des obstacles pour les citoyens européens et leurs entreprises.

    En parcourant ce site vous constaterez que nous soutenons un référendum européen pour le jour où l’Europe sera véritablement doté d’une constitution ce qui n’est hélas plus le cas aujourd’hui.

    Nous regrettons comme vous le retrait des symboles et de toute ambition politique du nouveau traité.

    Enfin il nous semble aussi indispensable de mettre fin à la scandaleuse méthode des CIG et que les prochaines modificaitons soient confiés à une Convention, ce qui est justement prévu par le nouveau traité. Il s’agit de l’une de ses avancées qui justifient que malgrès sa médiocrité, due à la conjonction des votes négatifs sur l’ancien traité et de l’action de gouvernements eurosceptiques, il nous faut l’adopter au plus vite pour pouvoir continuer à avancer.

    Bien cordialement.

    P.S. : les liens externes présents dans votre commentaire ont été retirés car notre charte de modération n’autorise pas cetype de liens.

  • Le 15 décembre 2007 à 21:35, par dhalber DD En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    D’accord, tout à fait d’accord avec KPM et sa logique, à priori incontournable.

    Mais il y a un point d’interrogation. Qu’en pensent les autres peuples européens ? C’est fondamental. On ne peut confisquer le débat, qui doit refléter l’état d’esprit de 27 membres, ne l’oublions jamais. Toujours ce filtre national qui perturbe tellement la vision « commune » de l’Europe.

    Il est donc impératif de recueillir, à tout moment, l’état d’esprit dominant dans toute Europe sur la question...d’en mesurer l’évolution. C’est ainsi qu’on fera naitre un espace démocratique européen, une opinion européenne.

    Mais, bien sûr, il n’est pas interdit non plus d’avoir une position en pointe, susceptible de recueillir l’adhésion des autres et de servir de courroie d’entrainement. C’est même nécessaire. A condition de vérifier que que ça suit bien derrière. Que les idées semées « font des petits ». Mais là, nous manquons semble-t-il cruellement d’informations fiables de mesure. C’est pour cette raison qu’aucune opinion « européenne » ( transversale) n’est actuellement possible...

    Il est là le talon d’achille de l’Europe.

    Autrement dit, pour avancer vers une meilleure « intégration, » il faut d’abord s’organiser transversalement. L’Europe n’avancera qu’à cette condition. Il reste donc bien du pain sur la planche...

  • Le 16 décembre 2007 à 16:18, par Ronan En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Il me semble que KPM exprime là une opinion pas seulement personnelle, mais également des propos qui reflètent bien l’état d’esprit de l’association paneuropéenne à laquelle il appartient : une organisation transnationale ’’en pointe’’ sur ce sujet et qui a ’’pignon sur rue’’ dans la plupart des pays européens (une opinion et une organisation ’’transversales’’, donc ?!).

  • Le 16 décembre 2007 à 19:29, par dhalber DD En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    Vu et pris bonne note. Merci.

  • Le 20 décembre 2007 à 23:37, par ? En réponse à : Le Traité de Lisbonne donne envie aux citoyens de se mobiliser pour l’Europe

    C’est le moment propice pour enfoncer le clou européen, en redoublant d’efforts.

    Un sondage récent fait apparaitre les français plus européens qu’on ne le croyait.

    La ministre suédoise des affaires européennes ( eh oui...) dont le pays va prendre après la France la "présidence" de l’Union, vient de publier dans le journal Le Monde un article intitulé " Cinq objectifs pour l’Europe". Ces cinq points, complémentaires, pourraient constituer un programme d’action européen.

    Que voila une série de bonnes nouvelles pour rétablir le moral collectif en berne des "pro-européens, accablés par la dérive de l’UE qui semblait inexorable depuis 2005.

    Mais l’histoire est ainsi faite que la construction des grands ensembles n’est jamais linéaire. La formation de la France, par agglomérat de peuples très divers autour d’une dynastie entreprenante ( les capétiens), a pris neuf siècles pour parvenir à sa "forme actuelle d’"hexagone"...Et pourtant, cette formation s’est faite plus souvent par la contrainte que par l’adhésion libre et volontaire des peuples soumis ou annexés ( rappelons nous la sanglante "croisade" contre les cathares du midi. Ou l’annexion de la Bretagne par suite de la défaite militaire à St aubin du Cormier et le mariage forcé de la duchesse Anne avec deux rois de France successifs). Cette France, parfois bien fragile dans son avenir mal assuré, a failli disparaitre de la scène de l’histoire au moins trois fois. Toujours les chutes et les rétablissements de justesse, qui font de cette histoire un roman à suspens...

    Alors, à fortiori quand il s’agit d’un élargissement et d’une intégration librement consentis, par traités successifs entre états, qui acceptent de transférer de fait leur souveraineté ( ou ce qui en reste) à un organisme supranational pour la partager en commun - du jamais pensé dans l’histoire - c’est encore plus délicat. Forcément.

    car il ne s’agit plus d’annexions c’est-à-dire de la simple loi du plus fort. On discute fort et longuement les conditions du fameux transfert d’une souveraineté... que l’on n’a plus, de toute façon, les moyens d’exercer, y compris sur le plan diplomatique et militaire (notre dispendieuse force de "dissuasion" nous sert elle encore contre les menaces terroristes ? Ne vaudrait il pas mieux en négocier - très cher - le transfert à l’UE, transfert dont nous bénéficierions en retour... comme les autres. Voila un moyen intelligent et d’avenir pour retrouver quelque marge budgétaire, surtout à une époque ou les relents de "guerre froide" mal enterrée commencent à remonter à la surface. Notre "bouton" nucléaire pèserait infiniment moins dans la balance dissuasive que s’il représentait 500 millions de personnes...)

    La seule loi de l’UE est donc celle du consensus, du dialogue d’égal à égal. Du jamais vécu dans l’histoire. On ne peut pas avancer vite quand il faut sans cesse négocier sur tout. Et les peuples dont l’avenir est en jeu s’impatientent forcément, soit parce qu’ils trouvent que ça n’avance pas assez vite ( toujours une minorité mais agissante), soit parce qu’ils trouvent qu’on en fait trop...sans les consulter ce qui est regardé comme un crime de « lèse-majesté ». Qui peut dire où se trouve le juste milieu dans cette aventure hors du commun. Passionnante pour cette unique raison. C’est l’aventure politique des XX° et XXI) siècles. Pas une mince affaire…puisque les « autre », non européens, nous regardent en coin nous chamailler, en rêvant pour beaucoup de venir chez nous.

    L’Europe n’aurait donc pas de politique ? Et son organisation alors ? et son "élargissement alors ? Pendant des siècles, la France n’eut pas d’autre politique que de s’organiser et de s’étendre...on devrait méditer ce précédent ! S’organiser et organiser ses rapports avec ses voisins, se donner des moyens efficaces d’action, quoi de plus politique ?

    L’intrusion massive de l’état dans l’économique et le social est un phénomène assez récent, qui n’eut pas lieu partout mais a modifié profondément la perception de l’action politique, particulièrement chez nous les français.

    Notre perspective de l’action politique nous distingue des autres européens car elle est "faussée" par la tradition de l’interventionnisme séculaire de l’état dans l’économie depuis Colbert ( mercantilisme), accentuée sur le plan social par la période de l’état-providence après la guerre.

    Nous avons donc acquis l’habitude culturelle de juger toute politique à l’aune de l’action économique et sociale des responsables ( Quels qu’ils soient). Mais dans ce domaine hélas, une grande partie des choix est dictée par des responsables non politiques, hors des critères démocratiques. D’où le sentiment, tragique en démocratie, d’impuissance politique.

    Et, désunis, nous ne pesons plus rien en face des géants continentaux qui montent irrésistiblement à l’horizon...le citoyen désemparé ne sait plus vers qui se tourner, alors que pourtant la solution est évidente...mais comme les évidence, on le voit que difficilement, en regardant de près et longuement.

    Si en tant que citoyens de l’Europe nous voulons, parce que nous considérons ce pouvoir économique et financier comme essentiel à la démocratie, retrouver au moins une partie de ce qui a été perdu, nous ne pourrons le faire qu’au travers de l’Europe, qui a seule la dimension et le poids démographique nécessaires pour peser sur les décisions mondiales...et donc par ricochet, sur celles de nos états.

    Cette observation de la situation mondiale est déterminante. L’Europe doit retrouver le courage de s’affirmer. Mais elle ne le peut que collectivement. En s’affirmant comme une entité nouvelle riche de l’expérience acquise par ses multiples individualités ( les nations composantes de ce tout). L’Europe n’est pas seulement la somme ( intergouvernemental) de ses composantes. Unie, plus intégrée, elle recueillera une valeur ajoutée collective.

    Si les 50 états US se chamaillaient comme nous pour satisfaire leurs ambitions locales, l ’Amérique dominerait elle le monde depuis 1945 ?

    C’est comme au foot-ball. Dans une équipe où l’esprit collectif manque, la présence de quelques excellents joueurs ne suffit pas, le plus souvent, à faire la différence pour l’emporter.

    Tiens à propos, je lis que l’Union a décidé de renforcer les droits syndicaux. Qui a donc dit que l’Europe c’était le libéralisme débridé ? un "machin" antisocial ? Elle a du bon, au moins parfois non ? Et en le voulant vraiment, on peut améliorer…en 2009. .

    °°° Au fait, Fabien, j’espère que vous l’avez enfin, votre réponse ? Mais un peu longue, j’en conviens.

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