
La société civile se mobilise pour les symboles européens partout en Europe
Les Jeunes Européens Fédéralistes avaient décidé de mener une action partout en Europe pour réagir au fait que les symboles avaient été écartés du « nouveau » traité de Lisbonne pour montrer qu’il ne s’agissait pas d’une constitution… et surtout pour faire plaisir aux gouvernements les plus nationalistes.
Certes les symboles de l’Union ne disparaissent pas, mais c’est justement parce qu’on y touche que les citoyens de plus d’une cinquantaine de villes en Europe ont participé à cette action militante. Cette action dépassait d’ailleurs le problème de savoir si le texte est bon ou pas. Elle manifestait avant tout le besoin de vivre ensemble dans cette Europe aujourd’hui à 27 qui a besoin de nouvelles règles pour mieux fonctionner.
La Présidence tournante de 6 mois est certes finie (avec un Président pour deuxans et demi), les citoyens ont certes une europétition, la Charte des droits fondamentaux prend certes force contraignante (même si elle n’est que dans un protocole), les institutions vont certes mieux fonctionner que sous l’empire du Traité de Nice,… Mais l’important est aujourd’hui de montrer que nous voulons continuer cette formidable aventure qu’est la construction européenne.
Les eurodéputés sensibles à l’appel de la JEF
La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne a été proclamée pour la seconde fois, mercredi 12 décembre, à Strasbourg, par les trois institutions de l’Union européenne : le premier ministre portugais, José Socrates (en tant que Président de l’Union), pour le Conseil, le président de la Commission, José Manuel Barroso, et celui du Parlement, Hans-Gert Pöttering. Mais des eurodéputés d’extrême gauche et d’extrême droite ont fait le choix de perturber la cérémonie officielle, sous le prétexte de demander un référendum alors qu’ils veulent surtout refuser toute avancée vers l’Europe politique.
Le fait qu’ils s’attaquent à la Charte, symbole aujourd’hui de notre volonté en tant qu’Européens d’avancer sur des valeurs communes, n’est pas anodin. Ce choix a beaucoup choqué dans l’hémicycle européen. Les eurodéputés favorables à la construction communautaire y ont décelé l’attaque faite à l’Europe.
C’est pourquoi plus d’une vingtaine d’eurodéputés, dont M. Lipietz, M. Cavada, Mme Griesbeck, M. Leinen) ont participé à l’action organisée par les Jeunes Européens - France à Strasbourg ! La spontanéité de l’action a empêché qu’il y ait plus de participants dans les rangs parlementaires, mais ils ont voulu ainsi marquer leur attachement aux symboles qui nous rassemblent en tant qu’Européens.
La volonté de continuer à faire participer les citoyens à l’aventure européenne
Heureusement, il n’y a pas que la société civile et les représentants du peuple européen qui se sont mobilisés. Seize pays ont adopté une déclaration dans laquelle ils affirment que ces symboles continueront d’illustrer pour eux « l’appartenance commune des citoyens à l’Union européenne et de leur lien avec celle-ci ». Car c’est bien avec les citoyens que doit se jouer l’avenir de l’Europe.
La tendance actuelle est de poser la question de savoir si ce Traité doit être ratifié par référendum. On revoit en France les clivages entre pro-oui et pro-non se redessiner sur cette question :
- les ex-défenseurs du Oui ne veulent pas en rester au Traité de Nice, même avec un traité au rabais quitte à ce qu’il soit signé par voie parlementaire.
- les ex-défenseurs du Non ne veulent pas d’un texte passant loin des citoyens qu’ils estiment acquis par avance à leur cause.
Mais qu’en est-il vraiment ? Depuis deux ans, les nonistes n’ont rien proposé et se sont déchirés pendant la campagne présidentielle. D’ailleurs leur appel au peuple cache avant tout leur envie de faire chuter l’Europe. On le voit surtout dans le fait qu’aucun leader des extrêmes de gauche et de droite ne demandent un référendum dans une dimension européenne de celui-ci. Ils restent surtout dans un cadre national et ne veulent pas que cela soit le peuple européen qui décide. On y voit bien leur manque d’intérêt pour l’Europe…

Le Traité de Lisbonne se veut être par les diplomaties européennes comme l’occasion de fermer le sujet institutionnel pour un moment. Elles ont tort. Mais c’est désormais aux citoyens européens et à leurs représentants (tels les eurodéputés) de montrer leur envie d’Europe. Les élections européennes de 2009 semblent désormais leur vrai objectif…







