
Le Taurillon a notamment interpellé les Verts sur la campagne Who is your candidate : à savoir que pensent-ils de l’idée de présenter un candidat au poste de président de la Commission européenne.
Plutôt favorable à l’idée, les Verts voudraient même réaliser une « coalition gouvernementale » sur une ligne « anti-Barroso » et ainsi imposer un débat sur une ligne droite-gauche mais cette fois-ci au niveau européen.
L’interview vidéo
Retranscription de l’interview
Le Taurillon : Ne faut-il pas un espace public européen pour avoir une vraie élection européenne ?
Philippe Lamberts : Oui bien sûr. Nous plaidons et même nous agissons pour la construction d’un espace politique européen. Non pas pour se substituer aux espaces publics nationaux, régionaux et locaux, je crois qu’il y a de la place pour tous, mais il serait insensé quand vous êtes confrontés à des enjeux comme la crise financière aujourd’hui de nier la nécessité absolue d’avoir un espace politique européen.
Le Taurillon : Faut-il que les partis européens présentent un candidat au poste de président de la Commission européenne ?
Daniel Cohn-Bendit : Je crois que, pour nous, cela serait un peu présomptueux un candidat à la Présidence car il faut avoir une majorité au Parlement et une majorité au Conseil. On peut rêver mais ce sera difficile pour les Verts d’avoir cette majorité.
Il est vrai que c’est un débat au sein des Verts européens. Moi je défends l’idée qu’il faut personnaliser cette campagne au niveau européen. Il ne faut pas seulement avoir un programme commun (ce qui est évident) ou des actions communes car on sait que dans une campagne que c’est porté et symbolisé par des personnes. Donc il faut trouver un moyen de personnaliser la campagne au niveau européen.
Monica Frassoni : C’est une discussion qui s’est ouverte dans mon pays, en Italie. Cela va dans le sens de ce besoin de personnalisation et surtout de la traduction en politiques qui s’opposent les unes aux autres au travers de cette question de la présidence de la Commission.
En fait, nous voudrions bien rompre avec l’idée de la confirmation inévitable et inéluctable de M. Barroso à la présidence de la Commission. Pour cela, il nous faut trouver des convergences avec les autres.
Le Taurillon : Les Verts vont-ils proposer des listes transnationales ?
Philippe Lamberts : Ce que nous envisageons c’est de regarder ce que nous pourrons faire avec les candidats dont nous disposons non pas pays par pays mais de manière transnationale. Donc vous verrez dans cette campagne des exemples de candidats dans un pays A qui viennent du pays B. Et pas seulement des candidats issus de l’immigration. Nous aurons vraisemblablement une tête de liste qui sera prêtée par un pays à un autre.
- Le président de la Commission européenne ne doit plus être nommé dans le huis clos du Conseil européen.
- Au contraire, le Président de la Commission européenne doit être désigné par le Parlement européen, c’est-à-dire les représentants des citoyens, comme le suggèrent les articles 9A et 9D du Traité de Lisbonne.
- En conséquence, les partis politiques représentés au Parlement européen doivent, suffisamment tôt avant les élections européennes de 2009, répondre à la question : Quel sera votre candidat à la présidence de la Commission ?





