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Marielle de Sarnez : « j’appelle à ce qu’il y ait un autre président que M. Barroso »

Interview de la vice-présidente du Mouvement Démocrate

Le Taurillon a interviewé Marielle de Sarnez à l’occasion de sa réception par Sauvons l’Europe. Elle répond aux attques du PS et d’Harlem Désir qui accusent le Mouvement Démocrate de rouler en réalité pour la droite au niveau européen. Elle déclare également que Guy Verhofstadt ferait un bon président de la Commission européenne…

mardi 14 avril 2009 par  Fabien Cazenave | 9 commentaires |

Le Taurillon : Harlem Désir a dit que vous étiez à droite au Parlement européen…

Marielle de Sarnez : C’est dommage parce que j’aime bien Harlem Désir qui est un bon parlementaire… mais la politique française a ceci de terrible que dès que nos amis et collègues socialistes sortent du Parlement européen et se retrouvent à Paris, ils ne savent plus où ils habitent et tiennent des discours qui sont absolument incohérents. J’ai quitté le PPE (ndlr : la droite au Parlement européen) et je sais d’où je viens. J’appartiens aujourd’hui à un groupe du centre.

Il a surtout dit que nous soutenions M. Barroso, ce qui est absolument faux. Je n’ai pas envie de polémiquer avec Harlem Désir. Je n’ai pas voté pour M. Barroso il y a cinq ans et j’appelle franchement à ce qu’il y ait un autre président. On ferait mieux de s’occuper des problèmes de fond pour les cinq années qui viennent. Ce ne sont même pas des polémiques, c’est n’importe quoi : la partie la plus médiocre de la politique, donc il ne faut pas faire ça.


Marielle de Sarnez : « Barroso n’a pas un bon bilan »
envoyé par LeTaurillon

Harlem Désir et ses amis socialistes ferait mieux de se regarder et qu’on réfléchisse ensemble quelle alternative proposer à Barroso. Il faut avancer, construire. J’ai envie d’un autre président. Barroso n’a pas un bon bilan, n’est pas un bon président de la Commission. Il a une politique non seulement à droite mais en plus, il est dépendant des chefs d’Etats et de Gouvernements. Grosso modo, il est là parce qu’il les arrange. Un président de la Commission est là pour avoir du poids, de l’autorité, de la force et du pouvoir d’initiative.

J’ai l’intime conviction que si pendant la crise, cela avait été, par exemple, Jacques Delors qui était président de la Commission, on aurait eu des vraies propositions comme celles qu’on a formulées avec François Bayrou d’un grand emprunt européen ou de grands travaux européens. Bref d’une réponse cohérente de l’Europe. Quand on voit tout ce qu’on a à faire demain : construire cette union économique, mettre en place un plan de convergence sociale (l’Europe doit aussi être synonyme de solidarité, avec la question des services publics), préparer mieux l’avenir avec de nouvelles politiques communes, repenser notre aide au développement avec l’Afrique…

Nous avons à repenser un modèle de développement européen sans qu’il ait pour seul objectif le développement économique… mais en remettant l’homme au cœur de ses objectifs. Un modèle social, solidaire et durable.

Le Taurillon : Un front anti-Barroso est-il possible politiquement ?

Marielle de Sarnez : Moi je l’espère de toutes mes forces. Et puis plus qu’un front anti-Barroso, il faut qu’on ait un front pour une alternative à Barroso et pour un certains nombres de politiques publiques européennes dans les cinq années qui viennent avec des priorités un peu nouvelles, les peuples européens attendent cela.

Guy Verhofstadt ferait un bon président de Commission…

Est-ce que les conditions politiques sont là ? On a un problème avec une partie des socialistes européens qui soutiennent Barroso (les socialistes portugais, espagnols et britanniques). Vincent Peillon l’a dit : si on se met d’accord sur un candidat qui soit en gros au centre / centre-gauche (peu importe)… il y a des hommes comme Guy Verhofstadt, même si je ne sais pas s’il serait intéressé, qui ferait un bon président de Commission. C’est un Européen authentique, il a l’énergie. Il ferait bouger les choses. Si on est capable de s’accorder sur un nom ou un autre, je serais extrêmement heureuse. C’est ça qu’il faut faire maintenant.

Il faut arrêter les petits problèmes politiciens. Je ne veux pas imaginer que cela arrangerait certains que Barroso reste en place. Je crains qu’il y ait comme ça des arrières-pensées.

Voir en ligne : voir le site de campagne du Modem


Illustration : capture d’écran de l’interview de Marielle de Sarnez par le Taurillon sur Dailymotion.

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9 commentaires

  • MoDem, UMP, PS, Verts…finalement la question du président de la Commission c’est du pain béni pour les grands partis : ça leur permet de parler d’autre chose que de leurs programmes, désespérément abstraits, voir absents.

    A quand des propositions ? Marielle de Sarnez, comme Barnier ou d’autres, nous parlent de modèle social européen, d’écologie etc. On attend les engagements, les propositions, les mesures, les projets. On attend de voir ce qui distingue un candidat de droite, d’un candidat du centre et d’un candidat de gauche ; bref, on attend que la campagne commence et que les journalistes fassent leur travail en posant les vraies questions !

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    • Mouais, avant de dire ça, tu peux déjà aller ici :

      Les 12 engagements du Modem

      Et puis, il est fondamental que le président de la Commission soit élu par le Parlement européen… car ce n’est pas parti pour ça pour le moment. C’est une revendication démocratique essentielle et nous pouvons en tant que fédéraliste que cette question soit partagée par une partie des candidats (Barnier, Désir, Cohn-Bendit, De Sarnez pour l’Île-de-France)…

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      • C’est fondamental, c’est sur. C’est notre cheval de bataille aux JE, chez nos amis de l’UEF et bien d’autres encore. Il faut continuer de harceler les candidats sur cette question.

        Mais entre la question Barroso et la réponse à l’attaque politicienne de Harlem Désir (parce que sans vouloir rentrer dans la polémique Mme de Sarnez prend quand même le temps de répondre), on a pas grand chose sur les engagements pris : merci pour le lien Fabien, mais Marielle de Sarnez aurait pu nous en parler elle même. Cette attitude n’est pas spécifique au MoDem, qui a relativement bien avancé sur son programme par rapport aux autres. Le PS brandit le manifesto du PSE mais n’a pas pris le temps d’aller plus loin (ou alors n’est pas capable d’en parler assez fort, et pourtant au Taurillon nous tendons l’oreille), on attend toujours les listes de l’UMP, le temps que notre président valide chaque nom, et Europe Ecologie (les Verts et leurs alliés) nous propose un beau manifeste, mais rien de bien concret.

        Comment le citoyen peut-il comparer ? Une fois de plus, si les médias faisaient leur boulot et mettaient la pression sur les partis et les candidats, pour savoir concrètement quelles sont les positions sur les grands enjeux de politique européenne, ça nous aiderait beaucoup. A suivre.

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    • Peut-être ne sais-tu pas que, à l’exception de l’UMP (qui n’a ni programme ni candidats), la plupart des partis ont déjà des propositions sur la table ? Dans ce cas, je ne peux que te recommander de consulter le document préparé par le Mouvement Européen France présentant les différentes réponses des partis sur des domaines divers.

      Voir en ligne : Découvrez les propositions des partis politiques pour les élections européennes

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      • Je ne dis pas que les propositions n’existent pas : on commence à avoir quelques idées ici et là, comme le montre bien le ME depuis le début de l’année avec un site très à jour et très détaillé également sur la campagne dans toute l’Europe. Tu épingles l’UMP mais c’est pareil pour tous les grands partis. Est-ce qu’on est censé se satisfaire des Très grandes lignes du Manifesto du PS ? Est-ce qu’on peut appeler un « programme » les 12 propositions du MoDem ?

        Ce que je dis, c’est que pour chacun de ces 3 partis, on a ni un ensemble cohérent de mesures concrètes ; ni une ligne directrice majeure, une idée du projet européen, qui se démarquent de ce pâle début de campagne.

        Et ce que j’ajoutais, c’est que les médias traditionnels, presse et télé, ne font pas leur boulot d’information sur le peu de propositions existantes, et ne donnent pas suffisamment d’espace d’expression aux différents candidats et partis pour développer leurs positions sur les grands sujets européens. La semaine dernière, parler politique ça revenait à commenter les propos de Sarkozy sur Zapatero et les excuses de Royal…

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