- LA BIELORUSSIE OU LE BELARUS, EN BREF :

- Entre Pologne et Russie…

- Le Bélarus, Pays d’Europe orientale
Son nom :
La « Biélorussie », « Biéla Rous’ »
ou « Biélarous » (en un seul mot), voire « Bélarus » (formulation ’’germanisante’’ aujourd’hui utilisée pour désigner le pays à l’étranger) est - ainsi nommée, par vote parlementaire, depuis le mois de septembre 1991 - l’ancienne « Russie blanche », anciennement « Ruthénie blanche » (voire « Biéloruthénie ») de nos vieux atlas français.
Pourquoi cette Russie-là est-elle ’’blanche’’ ?
On la désigne ainsi (i. e : Russie ’’blanche’’) pour des raisons multiples et variées, diverses et tout à la fois complémentaires :
(1) Une explication ’’géo-climatique’’ : caractérisant ses paysages morainiques, nés de l’érosion glaciaire et de sa couverture hivernale souvent enneigée.
(2) Une explication ’’ethno-culturelle’’ : pour rappeler le fait que cette Russie ’’occidentale’’ porte ainsi le terme par lequel les peuples russes ’’désignent’’ et ’’colorient’’ le point cardinal représentant l’Occident : le blanc (par opposition à ’’Russie rouge’’ ou ’’Moscovie’’, au nord ; et par opposition à la ’’Russie noire’’ ou ’’Kiévie’’, au sud, etc).
(3) Une explication ’’historique’’ : selon laquelle la Russie blanche aurait été désignée ainsi au Moyen-âge car ’’blanche’’ - autrement dit ’’libre’’ - puisque intégrée au Grand-Duché de Lituanie et puisque n’ayant pas été territorialement occupée, ni obligée de payer le tribut, ni aux Chevaliers teutoniques, ni aux Khans tartaro-mongoles ’’genghiskhanides’’ du grand Khanat de la Horde d’Or (du XIIIe au XVIe siècle).
Superficie :
Environ 210 000 km².
Drapeau :
Depuis la déclaration d’indépendance de juillet 1991 jusqu’en 1995, la Biélorussie avait un drapeau tricolore formé de trois bandes horizontales « blanc-rouge-blanc » qui est resté aujourd’hui le drapeau des forces démocratiques d’opposition.

- Le drapeau des années 1991-1994
En juillet 1995, après référendum, ce premier drapeau a été remplacé par le drapeau actuel : un drapeau tricolore formé de deux bandes horizontales rouge et verte et d’une bande verticale blanche (côté ’’hampe’’) où sont représentés des motifs de couleur rouge appartenant à la tradition populaire biélorusse.

- Le tricolore biélorusse
NB : Il s’agit là presque exactement - anciennes armoiries soviétiques exceptées - du même drapeau que celui que la Biélorussie arborait déjà quand elle était une République socialiste soviétique (entre 1922 et 1991).
Hymne national :
La Biélorussie a aujourd’hui conservée l’hymne de l’ancienne République socialiste soviétique de Biélorussie (texte de Mikhaïl Klimkovitch, sur une musique de N. Sakalouïski) :
’’Nous, Biélorussiens, avons cherché, avec la Russie fraternelle, le chemin vers le bonheur’’.
Un texte ’’civique’’ qui est ’’truffé’’ de références élogieuses à l’égard de l’ancienne URSS communiste, ainsi que d’allusions volontairement appuyées à la fraternité ’’naturelle’’ devant nécessairement exister entre la Biélorussie et la grande Russie.
Fête nationale :
Tous les 3 juillet (dâte de la proclamation de l’indépendance de la Biélorussie, en 1991).
Capitale :
La capitale de la Biélorussie est la ville de Minsk, une ville (historiquement mentionnée pour la première fois en 1067) qui compte aujourd’hui environ 1,7 millions d’habitants.
Principales grandes villes :
Baranovitchi, Bobruïsk, Brest-Litovsk, Gomel, Grodno, Moguilev, Mozyr, Pinsk, Vitebsk.
Population :
Environ 10 millions d’habitants.
Dont environ 80% de biélorusses, environ 10 à 15 % de russes (soit environ 1,5 millions de personnes) et un peu moins de 10% de minorités diverses (soit environ 1 million de personnes) : essentiellement polonaises (environ 500 000 personnes), ukrainiennes (300 000 personnes) et juives (140 000 personnes) voire tatares.
Nb : On appelle les habitants de la Biélorussie : Biélorusses, Biélorussiens ou Blancs-Russiens (voire, anciennement, puisque formes plus archaïques : Biéloruthènes, sinon Blancs-Ruthènes).
A ne pas confondre avec les « Russes blancs » (opposants, exilés et réfugiés politiques antisoviétiques après la Révolution bolchevique d’octobre 1917).
Langues parlées :
Le Biélorussien (langue officielle depuis 1989) et le Russe (rétablie comme langue officielle par référendum, en mai 1995, avec plus de 80% de votes favorables à cette demande).
Nb : Ces deux langues slaves orientales s’écrivent le plus souvent avec l’alphabet cyrillique (sauf, pour ce qui est du biélorussien qui, comme l’ukrainien, accepte aussi - pour sa graphie usuelle - les lettres ’’I’’ et ’’Y’’ de l’alphabet latin utilisé par les polonais).
Religions principales :
En Biélorussie, la principale religion représentée est le Christianisme.
Les confessions religieuses en Biélorussie sont statistiquement réparties ainsi : Orthodoxie (environ 60 à 66%), Catholicisme (10 à 33 %) (selon le fait que le compte séparément, ou pas, les Uniates, chrétiens catholiques de rite gréco-oriental) avec des minorités protestantes (surtout baptistes et évangélistes), musulmanes et israélites.
Adhésion à l’UE :
Vu la situation politique régnant actuellement au Bélarus, l’éventuelle future adhésion de la Biélorussie à l’UE n’est pas même à l’ordre du jour : aucune candidature officielle d’adhésion n’ayant été déposée, à ce jour, à l’adresse des autorités de l’Union.
Formalités de séjour :
Pour aller en Biélorussie, il faut avoir un passeport valable au moins trois mois auprès la date prévue pour le retour annoncé et, pour tout ressortissant d’un pays de l’UE, avoir un visa. De plus, pour aller en Biélorussie, il faut se munir d’un justificatif d’assurance-maladie.
Régime politique :
D’après la Constitution biélorusse de mars 1994, révisée en novembre 1996, la République de Biélorussie est une République présidentielle où les pouvoirs du Chef de l’Etat (Président de la République, élu pour sept ans) ont été -depuis les modifications constitutionnelles de novembre 1996- considérablement renforcés (droit de dissolution du Parlement, droit de renvoyer le chef du gouvernement, etc…).
Actuel chef de l’Etat :
Aleksandre Grigorievitch Loukachenko, au pouvoir depuis juillet 1994, réélu en septembre 2001, à nouveau candidat à sa propre succession en mars 2006 (un référendum lui ayant donné, en 2004, la possibilité d’être réélu président sans limitation de durée).
Actuel chef du gouvernement :
Sergueï Sidorski

- le Rouble biélorusse
Monnaie :
La monnaie biélorusse est le Rouble biélorusse (1 BYR = 100 kopeks), monnaie strictement indexée sur le Rouble russe.
Compte tenu des conditions politiques actuelles, l’entrée du rouble biélorusse dans la zone euro n’est pas encore, aujourd’hui, à l’ordre du jour (1 BYR = 0,0004 euro) (1000 BYR = 0,40 euro) (1 euro = 2500 roubles biélorusse).
Economie :
La Biélorussie connaît aujourd’hui une situation économique difficile dans la mesure où ses structures économiques, agricoles comme industrielles (héritées de l’époque soviétique collectiviste) ont été comme ’’artificiellement gelées’’ par le pouvoir politique actuellement en place à Minsk.
Ainsi, l’Etat biélorusse -propriétaire de 80% des entreprises du pays- veille à maintenir un semblant de protection sociale par le paiement des salaires et des pensions. Et cela garantit donc là une certaine stabilité sociale qui permet effectivement au pouvoir de rester malgré tout populaire auprès d’une partie de la population.
Mais cela n’aide pas l’économie biélorusse -qui, de ce fait, reste autarcique- ni à se développer, ni à se réformer en profondeur, ni à devenir compétitive sur le marché mondial.
Une économie mondialisée dans laquelle la Biélorussie reste un petit pays pauvre singulièrement isolé (PNB de la Biélorussie : 2930 euro par an et par habitants), ne survivant économiquement que grâce à l’aide ’’bienveillante’’ de sa grande voisine : la Russie.
Une Russie un peu envahissante qui soutient l’économie biélorusse (au taux de croissance plus qu’honorable d’environ 05%) et le régime ’’loukachenkiste’’ à bout de bras par des fourniture de gaz à prix préférentiels bradés, par l’octroi de crédits à taux imbattables, en faisant tourner les vétustes entreprises biélorusses à plein rendement et en absorbant la moitié des exportations blanc-russiennes (matériels agricoles, essence, production céréalière, etc…).
(Nb : A titre de comparaison, le PNB de la France est de 23 360 euro par an et par habitants).
Un peu d’Histoire :
Historiquement, la Biélorussie est cette partie occidentale des pays russes qui est longtemps restée dans l’orbite du Grand-Duché de Lituanie (dont elle était le centre géographique, du XIIIe au XVIe siècle) puis du Royaume de Pologne (dont elle formait une partie des ’’confins orientaux’’, du XVIe au XVIIIe siècle), avant de tomber dans l’orbite de l’Empire de Russie (ancienne Moscovie) à partie de la fin du XVIIIe siècle (puisqu’annexée entre 1772 et 1795).
République proclamée en mars 1918, République socialiste soviétique (en janvier 1919), intégrée à l’URSS (en décembre 1922), République se déclarant souveraine en juillet 1990, la Biélorussie a finalement proclamée son indépendance en juillet 1991.
Depuis lors, la Biélorussie fait partie des Etats membres ’’fondateurs’’ de la « Communauté des Etats indépendants » (CEI) (fondée en décembre 1991), fait partie -en union monétaire avec la Russie- de la zone ’’rouble’’ (depuis 1994) et a signé (en avril 1996) des accords d’association étroite avec la Russie : éventuel préalable d’une possible ’’fusion’’ avec celle-ci dans le cadre d’une « Union russo-biélorusse » (option politique régulièrement envisagée depuis lors, mais jamais vraiment réalisée…).
Pareillement, rappellons que la Bérézina (affluent du Dniepr, de sinistre mémoire pour les armées napoléoniennes…) est un fleuve biélorusse, au moins entre Smolensk et Minsk.
De même que la ville de Brest-Litovsk (i. e : le célèbre ’’gué des Lituaniens’’) : site de la signature de la fameuse paix séparée soviético-allemande de mars 1918…
Ainsi que les charniers de Katyn et Koropaty (théâtres de crîmes de guerre commis contre les élites polonaises et contre les populations locales blanc-russiennes par les armées nazies, pour l’un, puis soviétiques, pour l’autre, en 1940-1941) se trouvent également en Biélorussie, pays également très durement frappé par la seconde guerre mondiale (avec près de deux millions de morts).
Enfin, rappellons aussi que la Biélorussie a été très durement frappée par la catastrophe nucléaire soviétique de Tchernobyl survenue en avril 1986 (dans le nord de l’Ukraine voisine) : une catastrophe écologique qui a alors contaminé près d’un quart de son territoire (où vivent près de deux millions de ses habitants : soit un biélorusses sur cinq, dont 500 000 enfants).
Personnages célèbres :
Parmi les biélorusses célèbres, on citera - entre autres- l’Humaniste Frantsisk Skarina (traducteur de la Bible en langue blanc-russienne, au XVIe siècle) et l’érudit biélorusse et ’’éveilleur’’ Janka Kupala (XIXe siècle),
Le fameux patriote rebelle Kastous Kalinovski (chef de l’insurrection indépendantiste et anti-tsariste de 1863) et les révolutionnaires communistes Féliks E. Dzerjinski (bolchevik polonais venu de la Lituanie de Kaunas) et Lev B. Kamenev (qui militera pendant quelques années, à Minsk, pour le parti bolchevik).
Le maréchal soviétique Gueorgui K. Joukov et l’ingénieur ’’avioneur’’ Pavel Sukhoï, tous deux d’origine blanc-russienne.
Ainsi que de nombreux artistes comme Chaïm Soutine, Michel Kikoïne et le célèbre peintre et graveur français, mais né biélorusse, Moshe Z. Shagalov dit Marc Chagall (né à Vitebsk, en 1887).
Et de très nombreux sportifs de haut niveau, comme Aleksandre Hleb, actuelle star du football biélorusse et fameux buteur du Vfb Stuttgart.
Pour en savoir plus (Informations pratiques et agenda culturel ) :
www.belintourist.by