
Le multilinguisme est la voie par laquelle les européens pourront correspondre.
Le multilinguisme est le fait de parler plusieurs langues vivantes, de les comprendre et d’en maîtriser les nuances. Son apprentissage est long, fastidieux, mais très utile.
En effet, les relations diplomatiques, politiques et économiques entre les Etats ne peuvent pas se faire sans un moyen de communication commun.
Imaginons un instant un vendeur d’olives grec, parlant exclusivement le grec, voulant vendre sa production à un supermarché danois dont les employés parlent uniquement le danois ! La transaction est impossible ou trop onéreuse puisqu’un traducteur sera sollicité.
Au lieu de ce genre de difficultés, l’Union Européenne, creuset d’une culture riche et variée, peut permettre, via l’Education Nationale de chaque EM, de surmonter cette fameuse barrière de la langue.
Autant le système linguistique finlandais est développé, autant les systèmes des pays latins souffrent de lacunes importantes.
Les relations entre les pays de l’UE devront se faire par deux medias : dans un premier temps, le rêve de la langue commune, dans un second temps par le multilinguisme, clé de la réussite européenne quant à la maîtrise des différences culturelles.
L’impossible langue commune
On a parlé de langue commune à tous les européens, pour cela, des experts linguistes ont créé l’esperanto. Cette langue, composée de différentes bases grammaticales, était née pour mettre les européens d’accord relativement à un grand débat : quelle langue doit-on utiliser dans nos relations ? L’anglais, l’allemand, le français ?
Ces trois langues reviennent toujours sur le devant de la scène lorsque la question est abordée. Mais pourquoi une langue devrait-elle s’imposer aux autres pays que ceux dans lesquels elle est parlée ? Le français au nom de la coutume diplomatique, l’anglais au nom de la mondialisation et l’allemand au nom du plus grand nombre.
Et pourquoi pas l’italien ? C’est une langue simple à apprendre, belle à écouter et riche historiquement, proche du latin… Et pourquoi pas l’espagnol ? Bref, la question d’une langue dominante est un long débat qui déchaînera toujours les passions, et qui peut réveiller les nationalismes somnolents. Evitons donc cette solution néfaste pour l’avenir de l’Union Européenne.
Le multilinguisme : la solution la plus logique
La langue commune étant impossible dans un premier temps pour les raisons indiquées, il faudra nous contenter de la deuxième solution, le multilinguisme. Cette solution est celle déjà utilisée dans les institutions de l’UE. Chacun parle sa langue, les traducteurs font en sorte que le récepteur du message comprenne ce qui a été dit, et chacun voit sa langue respectée par les autres.
Pour travailler dans les institutions de l’UE en tant que fonctionnaire, il faut d’ailleurs maîtriser trois langues officielles couramment. Cette obligation statutaire marque la volonté politique des dirigeants de l’UE de ne pas privilégier une langue au détriment d’une autre. Ainsi, le Polonais maîtrisant le lituanien et le hongrois peut tout à fait entrer dans les institutions de l’UE.
En fait, la langue utilisée importe peu, l’important est que de l’émetteur au récepteur, le message soit compris.Sur la question de l’efficacité de ce multilinguisme, il s’agit en fait d’une question de temps. A force de brasser des langues différentes, arrivera bien un jour où le langage communautaire sera le même. Aujourd’hui, l’UE perd du temps et de l’argent en traduisant les traités dans la vingtaine de langues officielles.
Aujourd’hui, lorsqu’un député européen s’exprime dans l’hémicycle et fait un mot d’esprit, les rires mettent du temps à se répandre dans les rangs du Parlement. Demain, cette perte de temps portera ses fruits et aboutira sûrement à la création d’une nouvelle langue. Le monde sera bien obligé de la maîtriser pour pouvoir commercer avec la plus importe économie mondiale derrière la Chine. On ne sera plus dans le cas du vendeur d’olives grec vendant au danois, mais dans le cas du vendeur de produits manufacturés chinois commerçant avec un européen.
Il faut bien reconnaître que l’apprentissage d’une langue est fastidieux, mais qu’il est sérieusement utile dans le monde globalisé d’aujourd’hui. Qui fait des études supérieures apprend l’anglais. Pourquoi l’anglais, parce que c’est la langue de l’économie mondialisée. Lorsque demain la langue de l’économie sera le chinois, cette langue sera enseignée dans les classes primaires.
Imposer un nouveau mode de communication
L’Union Européenne fait face à un défi de la plus grande importance en conservant l’usage du multilinguisme. Et il est du ressort de la JEF de soutenir cet usage. Toi qui lis le TNF à l’heure qu’il est, tu lis l’anglais. Mais moi qui écris cet article, je l’écris en français. Mon rêve serait que la traduction ne soit plus une étape nécessaire à la compréhension de mon message. C’est-à-dire que tu comprennes ma langue quand je la parle ou l’écris et que je comprenne la tienne quand tu la parles et que tu l’écris.
Ce mode de communication existe déjà. La chaîne de télévision culturelle Arte qui émet en France et en Allemagne utilise déjà ce système. Les réunions de la rédaction se font dans les deux langues. Chacun utilise sa langue maternelle et les autres employés de la chaîne doivent comprendre ce qui est dit sans traduction.
Moyennant un apprentissage scolaire de « multilinguisme européen », ce mode de communication serait une révolution dans la maîtrise des langues. L’inconvénient est que l’interlocuteur doit avoir suivi les mêmes cours. Il est donc du ressort de l’Union Européenne de mettre en place dans les établissements scolaires des 25 pays membres un système de ce type.
Peut-être qu’aujourd’hui le multilinguisme dans les institutions s’avère être un obstacle à l’efficacité et à la rapidité des prises de décisions (encore que…), mais il est nécessaire d’en passer par là. L’utilisation exclusive d’une langue au détriment des autres serait un facteur de rejet de l’Union Européenne. Déjà qu’elle n’est plus guère appréciée de nos (con)citoyens, évitons de tendre le bâton pour nous faire battre.
C’est pourquoi il faut considérer cet entêtement à utiliser toutes les langues, à perdre du temps en traduction, comme un pas en avant. Il faut remercier les dirigeants européens de ne pas avoir succomber aux chants des sirènes américano-britanniques poussant de toutes leurs voix pour l’utilisation de l’anglais.





