
Il y a des moments où les hommes politiques peuvent être bons sur l’Europe. Cela a été le cas de Jean-Pierre Jouyet lors de cette rencontre des bloggueurs organisée à l’occasion du meeting de préparation de la Présidence.
En effet, sur une question posée par notre ami du Croche Pied sur les conséquences d’un Non en Irlande le Secrétaire d’Etat est clair : il n’y a pas de « Plan B » !
Sur le référendum en Irlande
Extraits de la réponse de Jean-Pierre Jouyet :
"L’argument de ceux qui votent non est de dire que quand vous ne savez pas vous votez non. Cela démontre qu’il y a un grand besoin d’information et de pédagogie à mener. Si par malheur, un non en Irlande devait avoir lieu, le processus s’arrêterait il n’y a pas de plan B.
On reviendrait au traité de Nice et on n’aurait pas les avancées voulues au niveau de la présidence du Conseil européen, en matière de représentation extérieure avec un ministre représentant des affaires européennes, un renforcement de la démocratisation en Europe avec plus de pouvoirs pour le Parlement européen et plus de pouvoirs pour les parlements nationaux, sans parler de la possibilité de mener plus de politiques communes en élargissant la règle à la majorité.
Par conséquent ce serait un recul pour l’Europe car il n’y a pas de plan B. Ce serait un arrêt et pour l’Irlande et pour la construction européenne."
C’est clair et précis. C’est à se demander pourquoi le personnel politique n’a pas tenu ce discours au moment de la ratification en France, même si celle-ci s’est faite par voie parlementaire ?
Sur l’Union pour la Méditerranée
Extraits de la réponse de Jean-Pierre Jouyet :
"L’Union pour la Méditerranée n’a pas vocation à être uen intégration dans l’Union européenne. Il s’agit d’améliorer le partenariat entre l’Europe et la Méditerranée. Il faut une égalité de responsabilité entre les pays de la rive sud et ceux du Nord.
Tous ces pays doivent être associés autour de projets concrets et pas seulement des aides financières générales : dépollution de la Méditerranée, création d’une communauté scientifique, le développement des PME et l’échange de jeunes et d’enseignants dans une sorte d’Erasmus euroméditerranéen. L’objectif du 13 juillet est de se mettre d’accord sur des règles de gouvernance et de lancer concrètement deux ou trois projets. Si le sud de la Méditerranée est instable, l’Europe en souffrira".
On voit ici que le projet se limitera à une sorte de « Conseil de la Baltique » du Sud avec des conférences intergouvernementales qui s’occuperont de projets très précis. Plus qu’une Union, nous avons surtout là surtout une « organisation à accords » qui se limite par avance.
Quant à l’idée d’un Erasmus euroméditerranéen, cette idée avait déjà été évoquée dans nos colonnes avec l’article « Rêvons d’un Erasmus euro-africain ».
La France et l’Europe de l’Est
La question est posée par Philippe Perchoc de Nouvelle-Europe.eu :
Extraits de la réponse de Jean-Pierre Jouyet :
"La perception de la France en Europe de l’Est s’est améliorée depuis un an. Je suis allé dans tous les États membres de l’Union européenne. Tous les pays de l’Europe centrale et les pays baltes sont désormais parfaitement intégrés à l’UE. Ils voient bien la plus-value qu’apporte la France, notamment dans le domaine énergétique et celui de la politique agricole.
Nous sommes prêts à libéraliser un certain nombre de secteurs pour permettre aux salariés de ces pays de profiter pleinement des avantages de l’Europe en terme d’emploi. Le syndrome du plombier polonais, ce n’est pas l’un des moindres mérites de cette année."
Je ne comprends pas personnellement pourquoi nous limitons la liberté de circulation des pays de l’Est. Il n’y a pas eu de phénomène de dépopulation dans ses pays. S’il y a une présence massive au Royaume-Uni et en Irlande, c’est parce que ces pays n’ont pas établis de limitation. Au final, la situation est déséquilibrée au lieu d’être répartie sur toute l’Europe…
Sébastien : M. Jouyet est quelqun très proche des gens"
Rencontre avec Éric L’Helgoualc’h
Éric est responsable à Touteleurope.fr de la Veille de l’opinion européenne. Il nous répondra prochainement à une interview dans nos colonnes. Petite anecdote : au cours de la vidéo, est arrivé Jean Quatremer, le fameux journaliste de Libération et auteur du blog Coulisses de Bruxelles, et une discussion s’est engagée sur sa participation à un atelier des États Généraux de l’Europe qui auront lieu le 21 juin… juste après le Conseil européen.






