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Philippe Roumuguier : « Les jeunes ne peuvent pas comprendre l'Europe d'un coup de baguette magique »

Alors que nous sommes dans les dernières semaines des cours au collège, le Taurillon se penche sur les initiatives qui tentent de faire rentrer l’Europe à l’école. Dans ce cadre, notre magazine donne la parole à Philippe Roumiguier, proviseur du collège Sadi Carnot dans le Gers à Auch. M. Roumiguier et ses élèves ont organisé le 9 mai une grande action consacrée à la journée de l’Europe qui sera présentée dans cette interview.
jeudi 26 juin 2008 par  Fabrice Jacobsen | 3 commentaires | Voter pour cet article 
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Le Taurillon : Qu’est-ce que vous avez fait pour le 9 mai ?

Philippe Roumuguier :Chaque classe a désigné un délégué chargé de décorer une salle de classe aux couleurs d’un des pays européens avec les professeurs, ou le personnel atos, ou l’administration. Ils ont également écrit dans les ambassades, offices de tourisme pour récolter documents, posters, des photos, des drapeaux etc… Au total on a eu 27 pays de l’Union européenne présentés dans 27 salles de classes décorés. Tout le monde a participé : les 5èmes avec monsieur Bouthelot, professeur d’arts plastiques, ont peint une fresque sur l’Europe, tandis que les 6èmes, ont appris en musique avec monsieur Labelle l’Hymne à la Joie, hymne de l’UE. Les élèves du collège avec un surveillant, Mr. Spatelo, ont imaginé 17 drapeaux européens, qui ont été exposés dans le hall du collège. Le 9 mai, la journée de l’Europe, a eu lieu l’inauguration, avec Mr. le Préfet, Mr. l’inspecteur d’Académie, et même la députée européenne Mme Castex. C’était une journée formidable.

Le Taurillon : A votre avis, pourquoi est-il nécessaire d’initier les enfants à l’Europe dès le plus bas âge ? Que faut-il faire, à votre avis, pour les intéresser ?

Philippe Roumuguier : Il ne faut pas oublier que nous sommes la première génération à ne pas partir en guerre contre un pays voisin. On ne peut commercer et échanger qu en temps de paix. C’est pour ça qu’il est nécessaire apprendre aux enfants que l’autre peut être une source du progrès humaniste, s’ouvrir sur sa culture, son mode de vie, personnel, collectif, doit amener chacun à être meilleur pour lui même et son voisin. L’Europe c’est aussi un espace de tolérance, équité, solidarité. Faire des actions, manipuler l’Europe sous toutes ses formes, explorer toutes les possibilités qu’elle offre à l’Europe semble indispensable pour faire avancer la dynamique du citoyen européen.

Le Taurillon : Est-ce que, à votre avis, les jeunes comprennent aujourd’hui l’importance de la construction européenne ?

Philippe Roumuguier : Les jeunes ne peuvent comprendre les tenants et les aboutissants de l’Europe d’un coup de baguette magique. Il s agit d’éduquer à l’Europe, comme on éduque à bien se tenir à table. Cela devrait faire parti de l éducation de tout instant. Se sentir européen c’est aussi, avoir cette identité tout le temps, sous les yeux, et dans le coeur, noir sur blanc en référence aux lois, mais aussi dans l’idée de la citoyenneté participative, etc. Et ce n’est pas gagné pour l’instant.

Le Taurillon :Etes-vous soutenu lors de vos actions par les autorités locales ? Comment l’Europe est présente dans le Gers au quotidien ?

Philippe Roumuguier : Il y a une bonne cellule européenne sur Auch qui nous a beaucoup aidé. Corinne Thymeur, d’IMAJ nous soutient aussi activement pour nos actions. Mais sinon, il n’a que très peu de relations européennes localement. Il y a vraiment beaucoup de travail à faire pour toucher tout ce petit monde.

Pour savoir plus : Site du collège Sadi Carnot

Illustrations :

1. Logo du collège Sadi Carnot

2. Photo du collège Sadi Carnot pendant la journée de l’Europe

CC by-nd


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3 commentaires

  • « … Philippe Roumuguier : Les jeunes ne peuvent comprendre les tenants et les aboutissants de l’Europe d’un coup de baguette magique. Il s agit d’éduquer à l’Europe, comme on éduque à bien se tenir à table. »

    En attendant, à défaut de baguette magique, il y a des coups de baguette magique sur les doigts qui se sont perdus en Irlande. On voit le résultat, quand on n’éduque pas les gens à coup de baguette magique dès l’école, ils répondent NON à 53% alors qu’ils fallait répondre OUI à 100% Savent même pas lire, les irlandais, ils confondent le NON pour un OUI à 53% !. Pas étonnant qu’ils disent ne pas comprendre le Traité de Lisbonne, avec ça !

    Ah ! Ca fait quand même plaisir de penser que par chez nous, il y a des petits gersois qui, tous les soirs, pour s’endormir, se font lire plusieurs chapitres de ce merveilleux conte de fées compréhensible par tous qu’est le Traité de Lisbonne. Snifff, j’en ai les larmes aux yeux. C’est beau comme une article paternaliste.

    Allez les enfants, répétez après moi : OUI OUI OUI OUI OUI OUI OUI….

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