
Relever le défi, par l’humour
Alors, l’Office du tourisme de Pologne avait relevé le défi et fait preuve d’humour, produisant les deux affiches que nous publions ici.
Deux affiches mettant en scène avec talent deux des fameux protagonistes malheureux de la campagne référendaire : le plombier polonais et son double féminin, l’infirmière polonaise (voir ci-contre, et ci-dessous).
Le message était clair : non seulement les Polonais n’étaient pas d’épouvantables envahisseurs ’’prédateurs’’ venus sauvagement ’’braconner’’ sur les terres de nos Etats-providences généreux mais - par dessus le marché, si l’on puis dire - la Pologne était un beau pays méritant le détour.
De même que ses forts ’’sympathiques’’ ressortissant(e)s, d’ailleurs…
Depuis lors, de l’eau a coulé sous les ponts et - ce mercredi dernier, 15 novembre - la fameuse directive ’’services’’ [1] a donc - après déjà trois ans de controverses - été adoptée par le Parlement européen, expurgée du fameux principe de ’’pays d’origine’’ tant contesté (et avec un champ d’application réduit).
Quid de la directive ’’services’’ ?
Ainsi il s’avère, par exemple, que les services d’intérêt général qui n’ont pas de caractère économique (comme les services sociaux ou l’éducation publique, par exemple…) ne seraient en rien concernés par cette nouvelle et définitive mouture de la dite ’’directive’’, laquelle va donc ainsi beaucoup moins ’’loin’’ que n’allait le projet initial.
Néanmoins, alors que s’éloigne à peine le spectre du ’’dumping social’’ et bien que la ’’déferlante migratoire’’ tant annoncée n’ait finalement pas eu lieu sur le marché du travail français, il faut cependant souligner qu’ils sont finalement, semble-t-il (officiellement), aujourd’hui près de 800 000 polonais [2] à avoir fait le choix de l’expatriation (i. e : en Allemagne, au Royaume-Uni, au Bénélux, en Scandinavie…), pour chercher un emploi et travailler dans un autre pays de l’Union [3].
Bien sûr, tout cela se fera désormais dans le respect des législations des pays d’accueil. Et une telle précision devrait, si les inspections du travail remplissent correctement leur tâche, éloigner la crainte diffuse du dumping social tant redouté.
Mais on peut néanmoins s’interroger sur les effets de semblables législations sur le paysage démographique et social de certains Etats ou de certaines régions de l’Union [4].
D’où la nécessité de construire un véritable espace politique démocratique commun aux peuples d’Europe. Un espace politique européen aujourd’hui en gestation et dont le Parlement européen est l’actuel ’’laboratoire’’.
Pour qu’au moins les décisions prises à leur égard, quelles qu’elles soient, soient effectivement le fruit de décisions et d’une volonté clairement exprimée de l’opinion. Et ce, à la suite d’un débat démocratique, et en toute connaissance de cause.
En attendant (et en tout état de cause…) on peut imaginer, grâce à de telles affiches, que les ’’flux démographiques’’ à venir n’iront peut-être pas nécessairement dans le sens initialement prévu par certains…
.









