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Un parti qui présenterait des candidats sur tout le continent européen, du moins dans tous les Etats membres de l’UE, affirmant ainsi l’existence d’un véritable espace démocratique européen.
En Bulgarie, en Suède, au Portugal, en Allemagne, en France et ailleurs dans l’UE (et demain en Turquie et en Ukraine, après leur prochaine adhésion), le Parti européen (PE) serait présent aux élections avec ses représentants locaux, animés par une même volonté de progresser sur la voie de l’union politique, par un même idéal qui pourrait s’appeler « les Etats-Unis d’Europe ».
Les partis européens existent déjà, au Parlement européen : Parti populaire européen, Parti socialiste européen, Parti démocrate européen. Mais il semble que ces partis ne sont souvent que l’addition des différentes sensibilités nationales au sein d’un même courant idéologique, plutôt qu’un véritable Parti européen.
Puisque l’UE se définit par ses valeurs démocratiques, il serait peut-être bon de songer à la création de plusieurs partis véritablement européens, reprenant les courants majeurs de nos démocraties. Mais face à la vague populiste qui contamine une partie de la droite continentale, on peut aussi imaginer rassembler toutes les forces pro européennes au sein d’un grand parti fédéraliste.
A priori, ce rassemblement serait plutôt de centre gauche (tout en restant ouvert à d’autres sensibilités). Pourquoi ? Parce que l’union politique de l’Europe ne se conçoit pas sans une avancée sur le terrain de l’Europe sociale, et que celle ci ne pourrait pas se faire sans coordination avec les syndicats, notamment la Confédération européenne des syndicats. Parce que ce parti européen serait obligé de se positionner sur les grandes questions qui agitent le monde, notamment le changement climatique, la crise énergétique, les inquiétudes écologiques, la régulation de la mondialisation, l’invention d’un nouveau modèle de développement.
Des défis qui nécessitent l’intervention des pouvoirs publics dans l’économie afin de favoriser la mise en place de nouvelles règles démocratiques, sociales et écologiques ainsi qu’une nécessaire redistribution des richesses, tant au niveau national que mondial. Le Parti européen s’attacherait à faire vivre le débat sur les grandes questions qui conditionnent la création des Etats-Unis d’Europe : la défense et la politique étrangère commune, une fiscalité, un budget et une politique économique coordonnés à l’échelle européenne, des normes sociales communes, une plus grande démocratisation des institutions de l’UE…
Loin des débats abstraits réservés aux « élites », les militants du PE devraient expliquer sur le terrain, dans chacun des Etats, à chacune des élections ou lors des grands débats nationaux, les valeurs démocratiques et sociales du projet européen et la perspective d’avenir qu’offre une plus grande intégration politique : une meilleure défense de nos valeurs et de notre (nos) culture (s), une garantie de « maintenir son rang » dans le monde face à la montée en puissance des « pays émergents », un modèle de développement écologiquement et socialement soutenable.
Tout en reconnaissant les identités nationales des Etats qui composent l’Union, le Parti européen mettrait en avant à la fois la diversité et l’unité de l’identité européenne, et prônerait un renforcement des pouvoirs locaux (décentralisation, grandes régions) en contrepartie du transfert de souveraineté rendu nécessaire par le renforcement des institutions européennes et des politiques communes.
Porté par des Européens motivés soucieux de construire notre avenir commun, le Parti européen pourrait voir le jour prochainement, en réaction à la vague populiste-nationaliste qui touche plusieurs pays de l’Union. Sa création correspondra à un rêve ancien mais plus que jamais d’actualité, celui de la mise en place d’une véritable union politique entre les vieux Etats européens.
Vos commentaires
1. 17 mai 2011 09:13, par Marie THUREAU
Excellente idée ! Mais, puisque ce parti sera(it) fédéraliste, pourquoi ne pas appeler un chat un chat et le baptiser le PFE ?
Attention cependant à ne pas l’étiqueter de façon traditionnelle ! Je ne vois pas pourquoi il serait de centre gauche, ou de centre droit, ou d’ailleurs… Il faut transcender nos boutiques politiciennes nationales, sortir de nos querelles partisanes d’épiciers et ouvrir un espace à tous les Européens, de droite, du centre, de gauche qui ont, ensemble, la volonté de construire une Europe fédérale ! C’est ça la vraie révolution, surtout si les citoyens européens peuvent directement y adhérer, ce qui n’est pas le cas pour les groupes politiques actuels du Parlement Européen !
2. 17 mai 2011 10:43, par Tim
Europe Écologie - Les Verts est un parti dans cet esprit. Les Verts|ALE au Parlement Européen sont les seuls à vraiment se battre pour l’intérêt européen.
3. 17 mai 2011 12:35, par KPM
Oui, bon, il existe déjà depuis plus de cinq ans. Il s’appelle newropeans.
4. 17 mai 2011 13:47, par Aymeric L
On est d’accord, l’objectif est d’aboutir à un système de partis européens, c’est-à-dire à cette fameuse sphère publique européenne.
Mais pourquoi chercher à réinventer le fil à couper le beurre ?
D’une part, l’article écarte d’un revers de la main les grandes fédérations européennes de partis nationaux (PSE, PPE, ELDR, PVE…) sous prétexte que ces fédérations ne sont que « l’addition des différentes sensibilités nationales au sein d’un même courant idéologique ». Or le PS et l’UMP ne sont-ils pas, eux-aussi, des confédérations de courants divergents ? Entre « strauss-kahniens » (sic) et l’aile gauche, quel compromis possible ?
Les Democrates, le SPD et la CDU au niveau du Bund allemand, ne sont-ils pas eux aussi des fédérations de partis organisés au niveau des States ou des Länder ? Le PSOE lui-même n’est-il pas avant tout une fédération de partis régionaux ?
La question clé est la suivante : qu’est-ce qu’un parti politique ? Pourquoi peut-on qualifier de parti politique le PSOE, le SPD ou les Democrates, mais pas les grandes fédérations européennes ? Comment changer cela ?
L’article appelle donc à créer plusieurs partis européens à partir de rien. Tous ces partis seraient de centre-gauche, auraient globalement la même approche politique, et agiraient globalement comme des agences de comm’ pour l’UE.
Eh bien j’ai une bonne nouvelle pour l’auteur : ces partis existent déjà. Je recense pas mois de trois partis véritablement européens :
Newropeans : http://www.newropeans.eu/
Europe United : http://www.europeunited.eu/
Europe Démocratie Espéranto : http://e-d-e.org/
Qu’ils soient tous de centre-gauche, j’en doute fortement. Qu’ils aient du succès ou même un potentiel élevé de succès électoral aussi. A eux trois, ils ont eu quelques milliers de voix en 2009, pas plus.
Pourquoi vouloir créer de tels partis s’ils existent déjà et n’ont pas de succès ?
Enfin, à part être "Européen", quel serait le fondement idéologique de ces nouveaux partis ? Car être un "Parti européen" me semble un peu court.
5. 17 mai 2011 14:27, par euro phil
C’est effectivement un besoin pressant ! Il semble que Newropeans essaye d’avancer sur ce terrain là également, que pensez vous de leur démarche ?
http://www.newropeans.eu/spip.php?r…
6. 17 mai 2011 16:34, par Krokodilo
Et quelle sera la langue de ce parti, celle dans laquelle se feront les débats sur les sujets européens, celle de son fonctionnement interne ?
7. 17 mai 2011 18:23, par HERBINET
Au sein de la galaxie centriste, la nouvelle élite « indépendante » impulse un mouvement précurseur, créatif et participatif. Dépassant le clivage gauche/droite, la nouvelle génération résiste, anticipe et revendique une certaine idée de l’acception fédérale de la construction européenne, l’abandon de la méthode intergouvernementale et la consolidation du lien communautaire. Secrétaire Départemental (39) du Mouvement Démocrate, Pierre-Franck Herbinet dénonce la vague de populisme sur le territoire communautaire sans oublier le nationalisme pénétrant les mentalités. Appelons sans plus attendre à l’unicité de nos voix, à une autre gouvernance économique et à une augmentation des ressources propres de l’Union, au renforcement des pouvoirs locaux, à la sauvegarde de la diversité, à un transfert des souverainetés vers les institutions européennes, à la défense de l’identité européenne, le but ultime étant le renforcement du processus d’intégration.
Pierre-Franck Herbinet
8. 17 mai 2011 18:51, par Bengt Beier
Do you know that there is already Europe United - The European Party, with chapters in Germany, Austria, Spain and the UK (www.europeunited.eu) and the Parti Federaliste (www.lesfederalistes.eu) in France ?
9. 17 mai 2011 22:44, par Cyril Videau
Effectivement des partis pro européens existent déjà (Newropans, Parti Fédéraliste…) et c’est tant mieux. Dans un premier temps, face aux nationalistes, on pourrait souhaiter que ces mouvements se regroupent pour former un grand parti militant pour l’Europe fédérale. A plus long terme, la logique de la démocratie voudrait que plusieurs grandes forces fédéralistes cohabitent dans l’espace européen, l’une progressiste, l’autre conservatrice, l’autre écologiste etc…
Effectivement, les partis européens existent déjà au Parlement européen, PSE, PPE, Verts, ADLE… Mais je constate qu’actuellement, même au moment des élections européennes, ce sont souvent les enjeux nationaux qui l’emportent dans le débat public au détriment des enjeux européens. Si le renforcement des compétences du Parlement européen peut apporter une solution à ce problème, ce sera une très bonne chose et le PSE, PPE, Verts… pourront alors peut-être s’affirmer comme de véritables forces politiques à l’échelle de l’UE.
Les deux solutions (nouveaux partis fédéralistes ou partis existant déjà au Parlement européen) me semblent valables. Il faut être pragmatique et voir laquelle pourra être la plus efficace.
10. 18 mai 2011 13:01, par Aymeric L
Renforcer les pouvoirs du Parlement ? Dans l’absolu d’accord, mais en quoi cela changera-t-il la donne pour les partis européens ? Le Parlement européen pourrait déjà imposer ses vues à l’UE, s’il le souhaitait. S’il ne le fait pas actuellement, c’est peut-être avant tout parce… qu’il n’y a pas de partis.
Mais je repose ma question : qu’est-ce qu’un parti politique ?
11. 19 mai 2011 09:44, par Thomas
Tout à fait d’accord avec Ayméric. Il n’y a aucune raison pour qu’un parti fédéraliste (qui existe déjà) soit de centre-gauche.
La question n’est plus de savoir si on est pro-européen ou eurosceptique, quelle Europe souhaite t-on ? Immigration, commerce international, fiscalité des entreprises, régulation de la finance, droits des femmes, agriculture : autant de sujet qui sont déjà compétence de l’Union et sur lesquels l’opposition fédéraliste-eurosceptique n’a aucun sens. Sur tous ces thèmes (et bien d’autres), l’opposition est soit entre gauche et droite, soit entre mondialiste et anti/altermondialiste.
Et c’est là que les partis politiques européens qui existent déjà (Verts, Socialiste, Libéraux-démocrates, droite) sont utiles à la démocratie.
Balayer d’un revers de la main les partis politiques européens qui existent déjà, c’est oublier les seuls outils qui peuvent créer une démocratie européenne.
Aujourd’hui, un partisan d’une europe fédérale ferait mieux de prendre sa carte dans un parti politique national (Socialiste/Verts/Libéral-démocrate/conservateur) et dans le parti politique européen correspondant. Ensuite ce partisan d’une europe fédérale devra européaniser son propre parti. Militer, défendre ses convictions et proposer aux citoyens européens une visions sociale/écologique/libérale/conservatrice de l’Europe de demain.
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