Chaque semaine, au Parlement européen, je rencontre des groupes de toute l’Europe, et la seule chose que les gens en connaissent semble être le cirque ambulant que le PE est forcé d’endurer tous les mois lorsqu’il se rend à Strasbourg, son autre siège, pour une durée de quatre jours. Cela discrédite complètement le Parlement aux yeux du public car c’est lui qui en est tenu pour responsable même si la faute en revient exclusivement aux chefs d’États. On pourra parler autant qu’on veut des Livres Blancs et des Stratégies de communication, mais ce sera peine perdue tant qu’une question comme celle-là restera la seule que les gens connaissent de l’UE.
Le Parlement européen est le seul parlement démocratiquement élu du monde qui n’a pas le droit de vote sur l’endroit où il tient ses sessions plénières. Pour des démocrates comme le sont les fédéralistes européens, c’est là un combat qui vaut la peine d’être engagé pour obtenir un pouvoir législatif européen efficace et responsable. La plupart des gens reconnaissent qu’il y a une perte d’efficacité (et un gaspillage financier) à ne pas installer les principales institutions dans un même lieu. Alors qu’ils relèvent la valeur symbolique de Strasbourg pour la tenue de certaines sessions du Parlement européen, la plupart reconnaissent que l’UE devrait choisir une seule ville comme siège du PE. Début mai, un sondage pan-européen montrait que 68% des personnes interrogées estimaient que le Parlement européen devait n’avoir qu’un seul siège - 76% d’entre eux optant pour Bruxelles. De nombreuses propositions existent quant à la destination à donner aux bâtiments strasbourgeois sans remettre en cause la valeur historique de Strasbourg comme symbole de l’intégration européenne. On pourrait par exemple créer un Strasbourg Institute of Technology. [1] Certains estiment que le Parlement ne devrait être basé qu’à Strasbourg. Mais le problème resterait, avec des institutions éparpillées. Le PE s’est battu pour passer de plus en plus de temps à Bruxelles, et ce n’est pas une lubie. Envoyer le Parlement à Strasbourg est plus qu’une question d’argent ; c’est entériner sa faiblesse et son importance minime.
Prenons par exemple la politique étrangère du Conseil. Formellement, il n’est pas tenu de consulter le Parlement, mais à Bruxelles, celui-ci peut exiger la présence de ses représentants et ils peuvent se déplacer parce qu’ils sont quasiment de l’autre côté de la rue. Le travail du Parlement est de contrôler la Commission et le Conseil, et il est donc très important qu’il soit au même endroit. Le cirque ambulant symbolise tout ce qu’il y a de pire dans la prise de décision au sein de l’UE, et il traduit le plus profond mépris pour les citoyens, pour leurs élus et pour toute ambition démocratique au niveau européen. C’est pourquoi cette campagne est d’une importance primordiale.
Vous aussi, vous pouvez la signer à http://www.oneseat.eu !
(Document traduit de l’anglais par Emmanuel Vallens, membre du bureau national des « Jeunes Européens - France »)
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