
Pour cette semaine du « Taurillon » spécialement consacrée à la Roumanie et à la Bulgarie, nos deux auteurs ont donc choisi de relater leur expérience dans ces deux pays en un seul article, que voici.
Notre tout premier contact avec les deux futurs membres de l’Union européenne marque une vraie différence. Il s’agit du passage des frontières. Nous nous souviendrons longtemps, après les avoir traversé sept fois, combien de temps et d’argent elles nous ont fait perdre ! Le premier épisode restera d’ailleurs burlesque.
Au poste frontière macédonien, le temps passe et un jeune garde frontière me dresse un réquisitoire sans merci contre la Bulgarie. Il ne comprend toujours pas comment ce pays va pouvoir rentrer dans l’Union européenne en 2007. « This country is a mess ! » répète-il.

- Le Danube, frontière roumano-bulgare
Il me raconte que les chauffeurs de camion bulgares traversent la frontière pour venir dormir à l’abri en Macédoine et, pour me prouver la menace du risque de vol de voiture, il me donne l’exemple d’un membre de la police de l’Union européenne qui a traversé la frontière au petit matin pour revenir sans sa voiture le soir même. A l’écouter, même si nous avions un char à la place de notre camionnette, visiter ce pays resterait une aventure à haut risque.
Il faut dire que nous sommes habitués, depuis le début du voyage, à ce que tout ce qui se trouve plus à l’Est soit considéré comme moins « civilisé » et plus dangereux. Mais nous n’y accordons plus guère de crédit, encore moins après notre passage au Kosovo, où même les ambassadeurs nous avaient déconseillé de nous rendre. Pourtant, depuis quelques pays déjà, on nous dépeint la Roumanie et surtout la Bulgarie de manière si négative que je ne peux m’empêcher d’être soucieux. Et si, cette fois, c’était vrai ?
Une traversée de frontière… burlesque
Nous traversons enfin le poste de douane pour atteindre celui de Bulgarie qui se trouve à une centaine de mètres et où le drapeau européen flotte déjà à côté du drapeau national. Au troisième guichet, cinq euros et trente minutes plus tard, on nous demande un coupon d’invitation que nous n’avons pas. Le douanier, qui ne parle pas un mot d’anglais (et donc évidemment pas de français), contrairement à ses collègues macédoniens, nous fait comprendre que nous aurions du avoir un certain coupon d’invitation au poste macédonien et qu’il faut y retourner pour l’obtenir. Difficile de garder son calme !
Je retourne donc, à pied, de l’autre côté de la frontière. J’explique le problème à la douanière macédonienne qui ne comprend pas de quel coupon il s’agit. Le jeune douanier, lui, rigole ! « Ne doivent-ils pas rentrer dans l’Union Européenne ? Alors pourquoi vous font-ils tant de problèmes ? Vous verrez, même dans 50 ans ils ne seront pas prêts », s’exclame-t-il toujours en rigolant. Surprise, la douanière m’accompagne, à pied, jusqu’au poste bulgare !
Apparemment ce n’est pas la première fois qu’elle vient puisqu’elle semble connaître tous les douaniers. Elle s’adresse de manière bien peu diplomatique à celui qui m’avait reconduis pour se faire, à son tour, expliquer la nécessité du coupon d’invitation. Impossible de s’arranger ! En retournant du côté macédonien, elle s’exclame : « encore des nouvelles règles, ça change toutes les cinq minutes ! Ah, ces Bulgares ! ». Une fois obtenu le coupon magique le douanier nous laisse enfin passer. Il s’exclame « Makédonia, Makédonia » comme pour désigner les coupables, en nous montrant du doigt l’autre côté de la frontière. Je vous l’avais dit, burlesque !

- Sur les bords de la mer noire
Mais ce n’est pas encore finit. Un dernier guichet nous informe qu’il faut payer une vignette routière de 17 euros pour une semaine. Je tiens à préciser que, proportionnellement parlant, c’est un peu comme si un français devait payer près de 100 euros pour emprunter n’importe quelle route de France pendant une semaine… allez comprendre comment font les Bulgares car eux aussi doivent payer cette vignette !
Il nous faudra également deux heures pour passer la frontière entre la Bulgarie et la Roumanie, payer 13 euros pour passer le pont entre les deux pays, 17 euros de désinfection, et enfin près de 30 euros pour la vignette routière valable un mois. Nous perdons un temps fou car personne ne parle anglais et une voiture juste en face de nous sera victime d’une fouille totale alors qu’une fois notre tour arrivé, pour la première fois depuis le début du voyage, personne ne jette un œil dans notre camionnette… Nous ne cherchons même plus à comprendre !
Que se passe-t-il donc derrière ces frontières ?
Ces complications encore inconnues jusqu’alors poussent notre curiosité à l’extrême. Que se cache-t-il derrière ces frontières ? Tous les préjugés et autres terribles choses qu’on nous a raconté sur ces deux pays sont-il vrais, cette fois-ci ?
Notre premier trajet en Bulgarie (nous nous dirigeons vers Bucarest) nous donne l’impression que ce pays est moins développé que tous ceux que nous avons traversé précédemment. Nous verrons également, pour la première fois depuis notre départ de France, des prostituées au bord de la route, souvent en pleine campagne, loin des villes.

- Paysage de campagne
Mais, le choc viendra surtout une fois traversé la frontière roumaine. Nous avions déjà croisé, dans d’autres pays, des charrettes tirées par des chevaux et des paysans vendant leurs fruits et légumes au bord de la route. Mais cette fois, il ne s’agit plus de cas isolés. Cela devient la normalité !
De même pour les voitures. Alors que dans les autres pays, les « Trabants » locales sont de plus en plus rare, ici l’ancienne Dacia (copie conforme de l’ancienne Renault 12…) représente près d’une voiture sur deux. Avouons le, c’est impressionnant ! Mais davantage, surprenant !
Ces deux pays ne doivent-il pas rentrer dans l’Union européenne l’année prochaine ? Après notre expérience aux frontières et notre trajet jusqu’à Bucarest, inutile de préciser que nos premières impressions nous laissent perplexes.
Bucarest
La première étape de notre séjour est donc Bucarest où nous passerons une semaine très agréable, logés chez Adriana, membre des JEF-Roumanie et ex-médiatrice des JE-France. Mais nous ne découvrirons ici, comme ailleurs, rien d’extraordinaire.
A vrai dire, la vie dans les villes est la même partout et nous commençons à nous lasser de toujours retrouver la même chose, quelque soit le pays. De même des personnes que nous rencontrons. Nous passons de bon moments, partageons des discussions intéressantes, mais l’impression de déjà vu domine.

- Bucarest : l’Aténéum
Seule différence, la pauvreté est plus visible que jamais tout comme la publicité, ici presque uniquement dédiée aux cigarettes. Quand aux inégalités, elles sont toujours les mêmes, simplement davantage amplifiées. Anne-Marie, jeune docteur à l’hôpital, nous raconte qu’elle gagne 150 euros par mois. Lorsqu’on sait que le loyer mensuel de son appartement est de 200 euros, on comprend pourquoi son père, qui lui donne de l’argent pour vivre, lui avait dit, à l’époque, qu’elle n’était qu’une idéaliste et qu’elle ferait mieux de faire… du commerce !
En tout cas il est évident que les très nombreuses voitures de luxe, Porsche ’’Cayenne’’, Mercedes ’’Classe S’’ et 4x4 ’’Hummer’’ croisées dans les rues de la capitale n’appartiennent pas à des médecins, sauf si ces derniers travaillent dans un hôpital privé !
On ne s’étonnera pas que Anne-Marie projette de travailler dans un autre pays, en Europe de l’ouest. Mais pas en France, car elle a entendu qu’on y parle pas anglais et qu’il est difficile de s’y intégrer !
Transylvanie
Nous quitterons Bucarest sans regret, ville sans charme, écrasée sous le trafic automobile et les publicités géantes, pour la Transylvanie. Passage rapide par les villes de Brasov, Sibiu, Sighisoara et Cluj. La rupture est étonnante !

- Sibiu (place du marché)
Une fois passés les Carpates, arrivés à Brasov, nous avons l’impression d’être en Allemagne ou en « région germanique » et cela jusqu’à la ville de Cluj. Tout au long de la route, nous croisons de gros villages à l’aspect germanique dont le nom est indiqué en trois langues : allemand, hongrois et roumain.
A noter que ces quatre villes visitées sont toutes très jolies, en particulier Sibiu et Sighisoara (anciennement Schässburg). Sibiu, la ville d’origine de Cioran, sera l’une des deux capitales européennes de la culture en 2007 et elle était en total chantier lors de notre passage.
Vaslui
Enfin, notre dernière destination est la ville de Vaslui, près de la frontière Moldave, où nous attendent deux interventions dans une école. Ici comme ailleurs, rien d’inattendu. Les jeunes sont les mêmes, l’idée européenne est inexistante et l’idée nationale très bien ancrée. A un point tel qu’un jeune professeur, pourtant tout sauf nationaliste, aura une réflexion pour le moins étonnante lorsque nous lancerons l’un de nos débats favoris.
La question est la suivante : si une jeune roumaine est élevée par un couple allemand, dès sa naissance, sans jamais savoir qu’elle fût adoptée, va-t-elle se sentir roumaine ou allemande ? Après la difficulté habituelle d’arriver à la réponse qu’elle se sentira allemande, le jeune professeur nous répond qu’il reste un problème : il y aura « incompatibilité avec l’esprit allemand » !
A nos demandes de précisions, il nous explique que les différences entre l’Allemagne et la Roumanie sont très importantes et que cette roumaine, lorsqu’elle grandira, n’arrivera pas à assimiler l’esprit allemand… même si elle a grandis et été élevé en Allemagne ! Nous comprenons que pour ce monsieur, être roumain est quelque chose de « génétique » puisqu’il persiste à penser que cette jeune roumaine d’origine ne pourra pas être allemande.

- Paysage de campagne
D’ailleurs, comme dans les autres pays, mais ici encore davantage, expliquer ce que c’est que d’ « être roumain » est emprunt d’un romantisme surprenant. « Être roumain c’est dans le cœur », « il faut savoir qu’il y a un esprit roumain », « si l’on est pas roumain d’origine on ne peut pas comprendre ce que c’est d’être roumain », etc. Décidément, l’idée nationale a encore de beau jour devant elle !
Omniprésence de la vie paysanne
Mais ce qui nous intéresse particulièrement, depuis que nous sommes en Roumanie, c’est l’omniprésence de la vie paysanne. D’ailleurs, juste avant d’arriver à Vaslui, nous avons été dérouté par les proportions que prend cette dernière. On ne voit que ça, comme jamais, comme on ne l’imagine que dans les clichés les plus extrêmes.
Des paysans dans les champs qui travaillent à la main, des poules et des dindons sur le bord des routes, une vache ou un cheval attaché devant chaque maison, des petits vieux assis sur des bancs de bois, des mamies bien rondes, foulard sur la tête et mains sur les hanches.
Des bottes de foins un peu partout, des maisons en bois et en torchis avec un puit devant chacune d’entre elles, les ventes de fruits, de légumes, ou encore de balais ’’faits maison’’ au bord des routes, les églises orthodoxes souvent flambant neuves. Et les charrettes qui finissent par devenir plus nombreuses que les voitures…

- Paysage de campagne
Mais surtout, le plus attirant, c’est la beauté et le pittoresque de ce spectacle. Les vêtements de ces gens feraient le plaisir de tous les éditeurs de carte postale, quant aux maisons, elles sont tout simplement superbes, peintes de bleu, vert, pourpre, etc. Nous demandons donc aux élèves, après notre intervention, si l’un d’entre eux peut nous emmener pour quelques jours avec lui, au village.
Expérience paysanne
C’est Oana qui nous emmènera chez elle, à Codăeşti. Une expérience inoubliable, l’une des plus marquantes du voyage, car elle nous apporte enfin de la nouveauté. En seulement deux jours, nous irons d’abord aux champs avec Marius, 31 ans, et son petit cousin, casquette vissée sur la tête. Nous montons enfin sur l’une de ces charrettes que nous croisons sans cesse sur les routes.
Une fois arrivés, il sort une charrue qu’il attache derrière le cheval. « Vous devez trouver ça archaïque » nous dit-il en souriant. « N’empêche que c’est tout à fait écologique et que ça me permet de garder la forme » poursuit-il, toujours avec un large sourire. Nous passerons deux heures, tour à tour, soit à guider le cheval ou la charrue, ce qui n’est pas si facile. Je pose quelques questions à Marius qui m’explique qu’il n’a que quelques hectares de terre. Il garde la totalité de sa récolte et travaille également dans un magasin pour gagner de quoi vivre.
Pour ce qui est de notre travail dans les champs, en effet, nous faisons du sport ! Ajoutons que le cadre est sublime, avec un paysage vallonné de champs aux mille couleurs, un soleil éblouissant dans un ciel sans nuage, l’odeur de la terre et surtout, surtout, un silence que nous savourons comme jamais. Silence, odeur, nature, paysage, ces choses qui devraient être naturelles nous paraissent exotiques, comme les réminiscences d’un paradis perdu… de quoi faire réfléchir !
Nous irons encore nous initier à la faux pour ramener de l’herbe aux bêtes et nous nous arrêterons chez les beaux-parents de Marius pour leur rendre la charrue. C’est une ferme de bric et de broc avec des enclos en bois pour les cochons, les poules, le petit veau et tous les autres animaux. On a l’impression de faire un bon de plusieurs siècles en arrière ! La belle-mère, une grand-mère aux pieds nus, veut poser devant sa maison pour une photo. J’accompli son vœux avec grand plaisir !

- Paysage de campagne
Une fois rentrés chez Oana, sa mère nous a, une fois de plus, préparé un véritable festin. Ce que nous mangeons ici n’est pas forcément extraordinaire (soupe, oeufs pochés, beaucoup de polenta, du poulet, de la salade, etc) mais c’est la qualité des aliments et leur goût qui nous marque profondément. Je serais bien incapable de vous dire la dernière fois que j’avais mangé d’aussi bonnes tomates. Et des œufs, des œufs… tout simplement délicieux !
Ambiance villageoise
Le lendemain nous allons au marché. Ambiance de fête garantie avec un petit groupe qui joue une musique entraînante au saxophone et au synthétiseur. On trouve de tout, des animaux aux légumes en passant par les chaussures et les habits et, bien entendu, les incontournables outils nécessaires au travail des champs.
Nous ne restons pas longtemps et nous rendons ensuite à l’église du village pour assister à la messe orthodoxe. Même notre jeune hôte met un voile sur la tête pour se rendre à l’église, ce qui ne manque pas de me faire sourire en pensant aux controverses que provoque ce bout de tissu en Europe de l’ouest et particulièrement en France. La foule se presse, surtout les mamies, toujours aussi bien portantes et qui donnent l’impression de se concurrencer pour savoir laquelle sera la plus pieuse.

- Nesebar (Eglise du Christ Pantocrator)
Le cérémonial est clairement différent d’une messe catholique mais c’est surtout la fin de la messe qui est surprenante. Le prêtre apostrophe les hommes de l’assemblée qui doivent récolter de l’argent dans le village pour acheter de nouveaux tapis pour l’église. Un des hommes rétorque que certaines personnes ne veulent pas payer. Le prêtre s’enflamme et expédie ses fidèles en les sommant de réaliser la quête. Intéressant ! Tout le monde quitte l’église sans oublier de baiser l’ensemble des icônes.
La fin du dépaysement
Voilà pour le véritable dépaysement, celui qui nous manque tellement pendant ce voyage. A ce titre la Bulgarie ne dérogera pas à la règle. Les mêmes paysages, les mêmes routes, les même voitures, la même vie urbaine et le même tourisme de masse sur les côtes, avec ces plages prises d’assaut par les chaînes d’hôtel, et les villes historiques, comme Nesebar, transformées en Disneyland.
Ce conformisme nous ennui et, depuis un moment déjà, il m’arrive souvent de ne plus me souvenir du pays dans lequel nous sommes tant tout se ressemble. Quoi de vraiment dépaysant, en effet, à Varna, Burgas ou encore Sofia, où nous avons séjourné ? Pas grand chose !
Préjugés

- Sofia (Cathédrale Alexandre Nevski)
Et ces fameux préjugés ? Alors que les Roumains se considèrent plus « avancés » ou développés que les Bulgares, nous avons plutôt senti le contraire. Ici, seulement quelques rares charrettes sur le bord des routes, aucun paysan dans les champs, très peu sur le bord des routes à vendre leur récolte et des voitures souvent récentes. En tout cas, les vieux modèles de voitures communistes sont bien rares. Alors qui croire ?
Et la fameuse corruption de la police que nous attendons depuis le début du voyage, où est-elle ? J’ai pourtant passé trois heures en compagnie de la police bulgare après un accident relativement sérieux avec un semi remorque. Ces messieurs ont fait preuve d’un professionnalisme irréprochable. Par contre, de retour de Turquie, juste après avoir franchi la frontière roumaine, on nous demandera, enfin, notre premier bakchich. Nous nous en tirons pour deux euros, c’est-à-dire très bien, mais quand même, il y avait de quoi être ému.
Pour deux aventuriers qui devaient traverser l’enfer dans ces deux pays, et plus généralement en Europe de l’est, le prix à payer sera bien maigre : deux misérables euros ! Par contre, la corruption s’est peut-être institutionnalisée puisque les passages de frontières seront toujours aussi coûteux avec, selon l’humeur, des taxes à l’environnement, des prix différents, etc.
L’Union européenne face au risque du conformisme

- Sliven (usine agroalimentaire)
Ce qui est incroyable derrière ce conformisme ambiant, c’est la croyance toujours tenace de nos différences nationales. L’ignorance vis-à-vis de l’autre est confondante ! Tout le monde a des visions ou des représentations des autres pays européens et de ses voisins qui datent d’un autre temps.
Or il suffit, comme nous, de se balader un peu dans tous ces pays pour voir que nous sommes avant tout partie prenante d’un même mode de vie, d’une même histoire, du même système politique et qu’au final, à part nos langues nationales, nous n’avons plus grand chose de fondamentalement différent. Ce que je constate surtout, derrière cette croyance en la différence, c’est avant tout ce désir de vivre comme à l’ouest.
Car, comme d’habitude, l’entrée dans l’Union européenne porte l’espoir de mieux vivre et de pouvoir voyager à l’étranger. Mais malheureusement rien de plus ! Cet espoir conduit à un alignement sur les standards européens et mondiaux qui conduit lui-même, subrepticement, à un conformisme imprévu.
Rendre possible l’unité, dans le respect de la diversité
Or le besoin de différence entre les hommes et les sociétés reste puissant. Il est gage d’identité. Mais la différence disparaît face au « rouleau compresseur » de la mondialisation économique, ici, comme chez nous, comme partout, avec pour argument indiscutable que c’est la seule manière de « mieux vivre ». Inutile d’être très savant pour comprendre que cette situation ne durera pas très longtemps !

- Varna (la plage…)
Alors si l’Europe veut vraiment exister, il faudrait d’abord qu’elle se démarque sincèrement, d’une manière ou d’une autre, de ce mode de vie standardisé qui s’étend à une vitesse folle sur l’ensemble de la planète. L’Union européenne doit réinventer la différence dans le vivre ensemble. Et ce qui serait une bonne nouvelle, c’est que ces idées nouvelles proviennent… de l’est !
A toujours vouloir rattraper l’ouest, cette partie de l’Europe ne se débarrassera pas de ses frustrations. Quant à l’Europe de l’ouest, elle continuera de considérer sa sœur de l’est « à la traîne ». Au contraire, si l’Europe centrale et orientale voulait réellement se démarquer, elle pourrait affirmer de la nouveauté, de la particularité et aider l’Union européenne à réinventer la différence, la solidarité et le vivre ensemble au sein d’une union commune.
La Constitution européenne a déjà fait les frais d’une trop grande soumission des politiques de l’Union à un modèle de société unique. Si nous n’y prenons pas garde (et si les Européens ne se dotent pas rapidement d’un projet concret, citoyen et humaniste pour aller de l’avant…), il se pourrait bien qu’un jour, ce soit l’Union européenne elle-même qui nous glisse entre les doigts…





