
Cette réunion informelle sur la santé a présenté devant Jaroslav Pietras, directeur général du Conseil de l’Union européenne (UE), Androulla Vassiliou, Commissaire européenne chargée de la Santé, ainsi que les pays membres les objectifs français en matière de santé durant ces 6 mois de présidence. Ce plan se décompose en 5 volets qui restent pour certains dans le sillon des présidences précédentes.
Ainsi, Roselyne Bachelot souhaitait que soit abordées la lutte et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer, maladie préoccupante compte tenu du vieillissement croissant de la population. Elle souhaite également que soit considéré le renforcement de la sécurité sanitaire, on en a parlé. Le troisième point abordé lors de cette réunion informelle était l’amélioration de la qualité des soins au niveau européen qui fera également l’objet de la conférence « L’Europe de la santé au service des patients », les 13 et 14 octobre à Paris.
Dans la continuité de la présidence slovène, la problématique des médicaments, de la pharmacovigilance et de l’information de patients seront revisités pour une plus grande transparence pour les patients. Enfin les ministres européens ont discutés des préoccupations de la France à propos des problème de santé publique, en valorisant les initiatives des pays membres concernant l’interdiction de fumer dans les lieux publics, ou des mesures de réduction de l’obésité, et l’amélioration du parcours de santé des jeunes qui sont la tranche d’âge la plus préoccupante concernant la couverture sociale.
31 ministres, et pourquoi pas 27 ?
Les épidémies n’ont pas de frontières, Il était donc important que plusieurs nations soient consultées.
On a pu noter la présence de la Norvège, de la Croatie, de la Macédoine ainsi que celle du Ministre de la santé Turc. Manifestement les épidémies n’ont pas de frontières, et ne respectent surement pas les limites de l’union européenne. L’un des principaux buts de cette rencontre était de renforcer les coopérations internationales dans la lutte contre les pandémies notamment de grippe aviaire ou du SRAS afin d’organiser un véritable système d’alerte sanitaire.
Il était donc important que plusieurs nations soient consultées, justifiant ainsi la présence de Michael Leavitt, Secrétaire d’État à la santé étasunien venu faire part de sa volonté de coopération, et de l’expérience qu’a su tirer son pays des ravages de l’ouragan Katrina.
Il était important pour la France dans sa stratégie européenne d’établir une coopération bien menée, et bien coordonnée afin de lutter contre des fléaux ravageurs qui nécessitent que les différents services, des différents pays œuvrent en synergie. Même si il est difficile de n’y voir qu’une stratégie sanitaire et non diplomatique.
Il aurait été hautement inapproprié de la part de notre Ministre de la santé d’établir une convention réfléchissant à un programme de préparation aux risques pandémiques sans inviter les pays les plus frontaliers.
Quelle différence avec le programme de santé de la Commission européenne ?
La Commission européenne ne peut pas se permettre d’imposer ou d’interférer avec les systèmes de santé des pays membres, elle entreprend simplement des actions qui vont compléter le travail des États membres.
Un forum se réunit à Bruxelles pour veiller à une stratégie européenne en matière de santé
C’est le cas du programme public de santé 2008-2013, qui prolonge celui de 2003-2008, et qui se propose de financer l’amélioration la sécurité sanitaire des citoyens, la promotion et la diffusion d’informations sur la santé. Ces différents programmes sont proposés par des instituts de recherche, des universités, des ONG ou des administrations publiques.
Toutefois la Commission européenne a mis en en place un système de forum sur la politique de santé qui regroupe 49 ONG, représentants de professionnels de santé de l’industrie médicale ou prestataires de service de santé. Ce forum se réunit à Bruxelles pour veiller à une stratégie européenne en matière de santé.
La question de la précarité de la présidence tournante, a-t-on un plan B ?
Les initiatives des différents pays membres pour créer une synergie voire une politique commune en matière de santé sont donc vitales pour une avancée littéralement “européenne.” La présidence tournante du Conseil de l’Union apporte la possibilité d’alterner entre les différentes priorités de chacun des pays, tous les 6 mois, les pays peuvent définir et déterminer comme ils l’entendent ce qui leurs semblent important.
Mais malheureusement, ces priorités n’ont qu’une valeur à très court terme surtout si elles ne sont pas reprises par les présidences qui suivent. En 6 mois des mesures ne peuvent être qu’initiées, et aucun chef d’état ne souhaiterait être jugé au bout de 6 mois d’action. C’est bien la preuve que cette présidence tournante n’est qu’une illusion de pouvoir, et permet plus à chacun des pays membre d’exprimer une vision politique que d’avoir une action efficace.
Il est probable qu’à ce niveau un parlement européen avec un rôle plus important pourrait régler ce ballotement. Les députés étant élus par le peuple, et siégeant pendant plus longtemps, ils auraient donc une position plus stable.
Il est probable qu’à ce niveau un Parlement européen avec un rôle plus important pourrait régler ce ballotement. Les députés étant élus par le peuple, et siégeant pendant plus longtemps, ils auraient donc une position plus stable. Mais là encore, un autre débat se pose, l’absence de tribune conséquente dont souffre la campagne électorale des députés européens induit une faiblesse du parlement. Ce dernier se présente pourtant comme le plus légitime et le plus représentatif des populations.





