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Traité de Lisbonne : lettre ouverte aux partisans d'un référendum national sur le traité européen

Comment ? Pas de référendum en France sur le traité européen ?
mardi 8 janvier 2008 par  Jean-Michel Fayard | Voter pour cet article :
(3.95 - 6 votes)

La mobilisation contre ce « déni de démocratie » prend — doucement — de l’ampleur sur Internet. Jean-Luc Mélenchon lance son comité national pour le réferendum ; parallèllement le Front national dévoile son comité du non français tandis qu’ Etienne Chouard et le Mouvement pour la France (Christophe Baudoin) sonnent ensemble la mobilisation sur Facebook. Une professeure titulaire d’une chaire de droit public parle de haute trahison et en vient à regretter l’abolition de la peine de mort pendant que le site 29mai.eu propose par représailles d’engorger la Cour Européenne des Droits de l’Homme sous une avalanche de plaintes juridiquement farfelues. On vitupère contre les journalistes qui étouffent l’affaire - et à fortiori, on publie des articles impitoyables contre ceux qui lancent le débat tel Jean Quatremer de Libération sur son blog. Face à cet écho nostalgique de la virulence de débats référendaires lointains, est-il bien prudent de défendre explicitement le non-recours à un référendum national séparé ? C’est ce que je ferais pourtant, et voici pourquoi…

Le fond prime sur la procédure…

Tout d’abord, il n’y a aucune raison de se laisser intimider par ceux qui veulent focaliser le débat uniquement sur le choix de la procédure, y compris avec l’intention clairement affichée de détourner le vote des députés de son objet initial ("cher député, votez s’il vous plaît contre la ratification du traité de Lisbonne mais en fait ça ne voudra pas dire que vous êtes contre mais que vous vouliez un référendum"). Cette question de la procédure a son importance — on y reviendra — mais le choix du texte qui régira le fonctionnement des institutions communes à tous les européens en a bien plus !

Mais, me diriez-vous, comment se prononcer sur le fond puisque le traité est « illisible » ? Repris par des adversaires et des partisans du nouveau traité, cet argument est à vrai dire assez malhonnête. De quoi s’agit-il ? Contrairement au TCE, le traité de Lisbonne se présente non pas comme une création ex-nihilo, c’est à dire sous une forme consolidée, mais comme une suite d’amendements au droit existant. Ce n’est en rien une terrible innovation (la très grande majorité des lois françaises se présentent de la sorte) ni un très grand obstacle : cela veut simplement dire qu’il faut lire le traité de Lisbonne sous sa forme consolidée que l’assemblée nationale met justement à votre disposition.

Encore plus simple ? À votre service ! Je vous renvoie à ce PDF très complet d’europolitique.info, la meilleure synthèse que j’ai trouvé jusqu’ici et qui résume, thème par thème les changements, qu’apporterait le traité de Lisbonne.

Cette présentation comme une liasse d’amendements au droit existant a un immense mérite si on fait un petit flash back. En 2005 se sont tenus, partout en France et sur la toile, des centaines de dialogues de sourd de ce type :

  • Noniste : je vote contre article XXX qui est dans la partie III
  • Réponse : mais c’est l’article YYY du traité de Maastricht
  • Nonniste : et alors ? je suis contre, je vote non.
  • Réponse : mais il est déjà en vigueur et le restera si le NON l’emporte !
  • Noniste : ah mais non pas du tout, là maintenant il est constitutionnalisé, c’est très grave

Au passage, on peut s’amuser à faire un parallèle assez amusant entre ces arguments d’alors et ceux élevés aujourd’hui par les opposants au traité de Lisbonne tel Etienne Chouard dans Libération  :

« Ils ont retiré le mot Constitution et la partie III. Mais en réalité, elle est encore en oeuvre. C’est le royaume de l’hypocrisie. »

Plutôt contradictoire avec l’argumentation d’alors ;-) Passons.

Tout ça pour dire qu’à un moment donné, il faut prendre position sur le fond. La grande majorité des arguments du NON de 2005 portait sur la partie non modifiée. Maintenant le vote va porter seulement sur la partie modifiée. Comme ça au moins, les choses sont claires : qui vote NON aux modifications vote pour le maintien des traités de Maastricht Nice en l’état. C’était déjà le cas en 2005, si on raisonnait une seconde, maintenant c’est clair et net.

J’attends des Nonistes d’aujourd’hui qu’ils défendent leur position d’aujourd’hui, ce sera plus intéressant et peut être même convaincant.

Le référendum n’est pas la démocratie

Le référendum n’est pas la démocratie, il est seulement une modalité possible de la démocratie, et suivant les cas, il est bien loin d’en être forcément la meilleure !

1) Le non-recours au référendum n’est en rien scandaleux en soi. «  La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Dans quel horrible texte béni-ouiouisto-européiste figure ce déni de démocratie qui laisse un choix entre deux solutions mises sur un plan d’égalité ? La constitution de la Ve république, à contre-courant des fantasmes actuels de démocratie directe généralisée… Et effectivement les traités européens ont été ratifiés tantôt suivant une méthode (Acte unique, traité d’Amsterdam, traité de Nice) tantôt suivant l’autre (traité de Maastricht, TCE). Doit-on considérer comme un déni de démocratie le fait que les députés aient modifié avec le traité d’Amsterdam un texte (Maastricht) qui avait été approuvé par les français par référendum en 1992 ?

2) D’accord sur le point 1) mais dans ce cas précis vous auriez préféré un recours au référendum ? C’est un point de vue qui se défend, mais ce n’est pas ni à nous ni à vous d’en décider. La constitution française prise comme la référence à suivre en 2005 stipule que c’est Nicolas Sarkozy et lui seul qui en décide ; or celui-ci avait clairement annoncé la couleur pendant la campagne, si faute il y a, elle repose sur les 53% qui l’ont élu tout en sachant qu’il refuserait de convoquer un référendum.

3) Être pour le référendum est légitime. Mais les propagandistes pro-référendum qui posent l’équation "anti-référendum == anti-démocrate" sont tout à fait outranciers. Plus grave, cela est tout à fait contre-productif puisque leur but est logiquement d’aller convaincre des parlementaires, peu susceptibles d’être convaincus par une argumentation simpliste. Il leur faudrait au contraire connaître les arguments des anti-référendums. Écoutez en particulier ce que disait le député européen Jean-Louis Bourlanges sur la question — en colère contre les mensonges des uns ET des autres au point de claquer la porte du Parlement européen — :

« S’agissant du référendum : moi j’étais très hostile à ce qu’on nomme le TCE — qui avait exactemenet la même valeur juridique que ses prédécesseurs — une constitution. Je disais comme Jacques Delors « il vaut mieux un bon traité qu’une mauvaise constitution ». Et à partir du moment où l’on a nommé cela « constitution », on a dit : "il faut un référendum". Mais ce qui rend très difficile le référendum, c’est que la question ne peut pas être posée dans sa clarté ! Les deux choses qui ont et qui vont animer la campagne — mais je comprends tout à fait ce sont deux passions démocratiques comme dit Tocqueville mais légitimes — c’est : est-ce que je suis pour ou contre le gouvernement ? Et est-ce que je suis pour ou contre la construction européenne ? Bon. Mais c’est pas la question qui serait posée ! La question du traité, c’est de savoir si l’on ratifie le traité de Lisbonne. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si l’on posait la question honnêtement — mais c’est bien évidemment impossible de la poser en ces termes — la question devrait être : "Est-ce que vous préférez le traité de Nice [cochez] ou est-ce que vous préférez le traité de Lisbonne [cochez]". Parce que si le traité de Lisbonne n’est pas ratifié, c’est le traité de Nice. Donc c’est une question extraordinairement circonscrite ! Et le référendum en revanche est une consultation qui est illimitée dans ses implications politiques »

4) Le référendum n’est de toute façon pas la panacée. Il a d’ailleurs tellement mauvaise presse que plusieurs pays n’y recourent jamais : l’expérience bonapartiste en France, la conception gaullienne du référendum où l’on ne répond pas tant à la question posée qu’à celui qui la pose, les souvenirs des manipulations par les régimes autoritaires, font qu’il n’est spontanément le bienvenue ni en Allemagne, ni en Italie, ni en Angleterre. L’illusion d’une forme par excellence de démocratie est vite mise à mal : en réalité, le peuple ne dispose ni du choix de la question, ni du moment de sa réponse, ni de l’opportunité d’y répondre d’une manière fine, ni d’une garantie que sa réponse sera prise en compte de la manière qu’il escomptait.

La marque de ces défauts intrinsèques au référendum est la somme des frustrations qu’il engendre. Qui a ressenti une intense frustration dans l’après-« 29 mai 2005 » ? Les 45% de ouistes bien entendu — tant que cela reste une minorité, rien de plus normal en démocratie. Mais aussi ceux qui ont voté pour une autre Europe… et n’ont obtenu que le maintien de l’Europe prééexistante avec tous ses défauts. Mais aussi ceux qui ont voté contre l’intégration européenne… et qui l’on vu continuer telle quelle. Mais aussi ceux qui ont voté contre Chirac… et en ont repris pour deux ans. Mais aussi ceux qui ont voté contre l’économie de marché et le principe de concurrence… et qui, en fait de socialisme, ont obtenu Nicolas Sarkozy comme président. Ainsi de suite et au total, une écrasante et inquiétante majorité de la population française pour qui le référendum n’a pas débouché sur ce qu’il espérait !

Si référendum il y a, ce ne peut être que un référendum pan-européen

5) Arrivés à ce point de l’exposition de la bêtise du référendum - et non pas de ceux qui y ont participé et ont fait pour le mieux - il manque encore paradoxalement le problème majeur du référendum de 2005, d’une simplicité aveuglante : le référendum était national, le traité européen !

Si finalement ce traité européen doit être ratifié par référendum — et cela va surprendre mais j’y suis favorable ! — , cela doit être un référendum dans toute l’Europe à l’exclusion de tout référendum national séparé.

Les règles de fonctionnement des institutions européenne ne concernent pas que l’Héxagone, pas que l’Espagne, pas que le Luxembourg. La question concerne tous les citoyens européens et tous les États européens et doit donc être posée dans toute l’Europe le même jour !

6) Un référendum européen, pourquoi faire ? La ratification classique des traités par les parlements dans toute l’Europe a sa cohérence. On est dans le cadre classique d’un traité international. Elle manque tout de même singulièrement d’audace, d’informations pour le citoyen, de débats contradictioire. Cette solution reflèterait bien mieux la dualité de l’Union européenne, « union des États » (qui négocieraient les traités) « et des citoyens européens » (qui les approuveraient ou les rejeteraient). Elle crérait pour les chefs d’état et de gouvernement une obligation d’explication à l’égard de leurs citoyens, les dissuadant de se contenter d’arrangements au rabais. Est-elle parfaite ? Non sans doute mais de toute manière, tout est préférable au système kafkaïen de ratification du TCE où certains européens votent et d’autre non et où le vote NON d’un seul pays (sur 27 !) bloque tout le monde (alors que beaucoup se joue sur des problématiques nationales). Les empêchant même de s’exprimer sur la question ! Plus précisément ils peuvent toujours le faire, comme l’a fait le Luxembourg par référendum - mais cause toujours tu m’intéresses, l’affaire est déjà pliée.

7) Alors un référendum pan-européen : comment faire ? Il pourra être organisé le même jour ou la même semaine si c’est trop difficile, il pourra être consultatif ou décisionnel… on pourra discuter de tous les détails

Mais il en est un qui est essentiel : il faut dire ce qu’il adviendra si par exemple 62% des citoyens européens et 24 États sur 27 l’acceptent mais que, dans 3 États sur 27, une majorité s’exprime contre le nouveau traité. Il y aura des pressions fortes pour conserver la règle de l’unanimité, le droit accordé à chaque pays (la France bien sûr, ce qui est super — mais aussi Malte, le Luxembourg, la Lituanie…) de bloquer une réforme, même si elle réclamée par une large majorité d’un demi-milliard d’européens. Quelles en seraient les conséquences ? Ce serait la quasi-certitude de l’échec de toute réforme un tant soit peu ambitieuse ; cela reviendrait à figer l’Union européenne dans ses défauts actuels, à laisser pourrir la situation jusqu’à…

On comprend l’empressement des nationalistes à rallier les naïfs à une telle perspective ! Et à l’inverse ce n’est pas un hasard si certains des plus virulents partisans des référendums nationaux s’opposent à cette idée au Parlement européen, staliniens, fachos et cathos se lèvent contre le référendum européen comme le rapporte Alain LIPIETZ. Démontrant que ce n’est pas tant la souveraineté populaire que la souveraineté nationale-étatique qui les préoccupe !

8 ) L’alternative est de procéder en deux mouvements. Acte I : référendum pan-européen : « êtes-vous pour ou contre la ratification du traité européen ci-joint ». Si une majorité d’états est contre, on renégocie sans le problème actuel où les états nonnistes qui prétendent renégocier sont ultra-minoritaires (3 NON, 24 OUI dans mon exemple). Si une majorité d’Européens est contre : idem. Sinon, le traité rentre en vigueur dans les pays s’étant exprimés pour le OUI, et un deuxième tour a lieu dans les 3 pays s’étant exprimés pour le NON. La question est cependant différente cette fois : « sachant que l’Union européenne dispose désormais d’un nouveau traité, préférez-vous rester au sein de l’UE ou en sortir ? ».

Impossible ? Pourtant il y a des précédents : en mai 1949, le Landtag de la Bavière rejeta la loi fondamentale qui sert de constitution à l’actuelle République Fédérale d’Allemagne et que les 10 autres Länder avaient ratifié. Mais au lieu de bloquer tout le processus ou de devenir un état indépendant, il en accepta la validité sur le territoire bavarois.

Cet article a déjà été publié le 19 décembre 2007.

Voir en ligne : Pourquoi il ne faut en aucun cas faire de référendum sur le traité de Lisbonne


Illustration : photographie prise par Valéry-Xavier Lentz.

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122 commentaires

  • Excellent papier, je n’aurais pas fait mieux ! ;-)

    Sinon, l’outrance des « nonistes » commence à être vraiment fatigante ! Et sur le blog de Jean Quatremer que vous mettez en lien, c’est un véritable festival de bêtises que les « nonistes » nous offrent…

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    • Merci.

      Juste un point : les « nonnistes » ça n’existe pas. C’est justement l’objet de mon article. Le référendum de 2005 était une idée à la con qui a créé un clivage bidon. Il y en a qui ont voté OUI pour 100 raisons différentes, il y en a qui ont voté NON pour 100 raisons différentes. Et beaucoup ont été frustrés de part et d’autres. Alors abandonnons le vocable « nonniste » qui soude entre eux quelquechose qui va de « pro-européen exigeant » à « souverainiste totalement assumé » en passant par beaucoup de choses.

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      •  votre raisonnement est fallatieux 21 décembre 2007 09:49, par Philodeme

        Tout simplement je suis un citoyen relativement âgé et ma vie sociale chargée m’a fait travailler et approcher les hommes politiques et ministres. Il y en a que j’apprécie au niveau de leur valeur humaine. Mais je suis au regret de dire qu’ils ne sont pas plus compétent qu’un échantillon pris au hasard le matin au Café du commerce. Nous les avons élus donc ils sont comme nous ni plus ni moins compétents. Comme eux tous les citoyens peuvent et donc doivent voter dans le cadre d’un référendum comme en 2005.

        Je poursuiis votre raisonnement élitiste et méprisant pour les citoyens : Comme médecin je vais vous dire que les non médecins n’ont aucune compétence pour …tout les lois sur la santé et chaque spécialiste etc …de dire la même chose donc n’élisons pas de députés

        pourquoi faire des élections laissons les spécialistes décider … les autres ferment leur … et paient leurs impôts

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      • Bonjour,

        Je ne comprend pas pourquoi les Jeunes Européens France n’appellent pas clairement à un référendum. Autant dans un pays où le dispositif institutionnel laisse la part belle à un parlement réellement représentatif, autant en France la représentation nationale laisse à désirer.

        Je suis membre du PS, ancien responsable local des Jeunes Européens Tours et ayant voté OUI et milité pour le OUI lors du réferendum sur le TCE.

        Je considère que, dans l’état de délabrement dans lequel est plongé notre pays, dans l’état de dévalorisation de la parole publique, de la légitimité de nos dirigeants et représentants, de la perte de vitesse du projet européen, rouvrir un grand débat national démocratique ne serait pas de trop. Je pense que le fait de faire voter assez discrètement une version plus ou moins épurée d’un texte rejeté par le peuple ne fait qu’ajouter des kilomètres dans une distance déjà très grande entre l’Union Européenne et ses citoyens.

        On peut s’arranger avec les procédures et ne pas être franchement regardant sur la méthode ou la forme quand on peut imposer ce pour quoi on se bat… mais après il ne faut pas s’étonner du désamour, du divorce que déplorent les JE entre les Français et l’idée européenne.

        Je crois à la pérénité que lorque les projets politiques rencontrent les dynamiques sociales. On sent bien que les gens sont paumés, voient leurs usines partir, leur quotidien être bouleversé. Ce ne sont pas des arguments, sous prétexte qu’ils me rappellent des accents « gauchisants » que je vais rejeter d’un revers de la main. Ils ne sont pas à sous-estimer, bien au contraire.

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        • Peut-être t’a-t-il échappé que l’association mène depuis plusieurs années une campagne pour un référendum européen sur la constitution. Sans doute la campagne a-t-elle perdu de l’intensité depuis qu’il est clair que les gouvernements ont abandonnés par facilité la démarche constitutionnelle, toutefois l’engagement de l’association pour le référendum européen est toujours d’actualité.

          Je ne suis plus aux Jeunes Européens moi même, frappé par la limite d’âge, mais je constate que leur site le mentionne dans la résolution adopté dernièrement : http://www.jeunes-europeens.org/spip.php ?article1297

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        • Traité de Lisbonne : lettre ouverte aux partisans d’un référendum national sur le traité européen 22 décembre 2007 09:40, par Fabien Cazenave, membre du bureau national des JE-France

          Salut Ludo,

          Content d’avoir de tes nouvelles. Non, nous ne militons pas aux Jeunes Européens - France pour un référendum national… mais bien pour un référendum européen.

          Et puis toi qui es politique, tu comprendras sûrement ce que cache la demande d’un référendum national par les nationalistes de gauche et de droite : encore une fois rejetée l’Europe.

          Moi, je prends le pari qu’ils ne veulent pas d’un référendum européen parce que ça les embêtent de devoir décider avec d’autres qui risquent de ne pas être d’accord avec eux…

          Ce qui me choque le plus dans le coup du non français (on a perdu la campagne, on l’a perdue à l’époque, point barre), ce n’est pas le résultat du vote, mais que les gouvernements aient décidé qu’on arrêtait les ratifications alors que 18 pays avaient déjà ratifié dont 2 par référendums…

          C’est ça la démocratie ? Les Français ont voté non, alors on demande pas leur avis aux Polonais… C’est pour ça que nous sommes pour un référendum… EUROPEEN !

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          • Effectivement, j’avais mal lu la position des JE sur le référendum européen. Je ne suis plus trop les activités de l’association, étant pris par le temps

            Mon propos était surtout de dire que l’Union européenne ne répondait toujours pas clairement aux différents enjeux pointés lors du référendum sur le TCE.

            Je suis d’autant plus pessimiste quand je vois l’état de délabrement de la politique en France et en Europe.

            Fabien, même si je suis encore encarté dans un parti, le fait d’être « politique » ne signifie pas pour autant sacrifier les principes et les inspirations philosophiques sur le seul autel du rapport de force et de la tactique. Le court terme dans lequel sont prises les sociétés européennes interdit pour quelques temps encore la relance d’une dynamique.

            Cette inquiétude se croise avec la déliquescence des grandes familles politiques qui structuraient l’offre européen tout comme avec un basculement des réferences nationales vers une référence européenne (ladroite française a su habilement renvoyer dans les cordes le PS français qui critiquait kadhafi en exploitant le comportement contradictoire de prodi ou zapatero)

            Mais ce pessimisme sur le lendemain cache peut-être un optimisme sur le surlendemain. Car qui dit déliquescence ou déstructuration de l’offre, qui dit poussée populiste ou fièvre nationaliste, dit phase transitoire, dit recomposition d’ampleur vers un nouvel équilibre social. Or pour la première fois de notre histoire, cette recomposition concerne l’ensemble des pays européens et saurait être un socle pour envisager un peu plus tard de continuer ensemble.

            bon courage camarades fédéralistes

            ludo

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  • Bravo pour cette excellente synthèse !

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  • Excellent article. Il reprend d’ailleurs en partie l’argumentation que j’ai développée par ailleurs au sujet de la démocratie qui n’est en rien assimilable à un vote. Le vote n’est qu’un outil, utilisé aussi bien par les démocraties libérales que par les régimes autoritaires voire totalitaires (Empire napoléonien, Union soviétique, Libye de Kadhafi…).

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  • Il faut lire le pdf que vous mentionnez. Je conseille en particulier l’article « La place de la concurrence dans le nouveau traité », qui démontre bien le subterfuge sarkozyste.

    La question centrale est la : la « concurrence libre et non faussée » est-elle l’alpha et l’omega d’une Europe des citoyens ? À mon avis, la question a été tranchée en 2005 par les néerlandais et les français. L’Europe des marchands ne fait pas recette.

    Les Néerlandais et les Français ont le droit de changer leur vote de 2005. Mais eux seuls peuvent le faire. Pas leurs représentants qui étaient presque tous en 2005 pour le TCE.

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    • Il faut lire le pdf que vous mentionnez : Merci !

      en particulier l’article « La place de la concurrence dans le nouveau traité » ah non, il faut tout lire pour voir la perspective.

      subterfuge sarkozyste : je ne suis pas particulièrement un zélateur de la communication de Nicolas Sarkozy. Par exemple je ne cesse de m’étonner que certains en France parlent encore de « traité simplifié » ou de « mini-traité » (ce que ne fait bien entendu aucun texte officiel ni aucun autre média européen) endossant son interprétation comme quoi il en est le principal artisan ! Donc voyez directement avec lui !

      La question centrale est la : la « concurrence libre et non faussée » est-elle l’alpha et l’omega d’une Europe des citoyens ? À mon avis, la question a été tranchée en 2005 par les néerlandais et les français. L’Europe des marchands ne fait pas recette.

      Ah oui, j’avais oublié qu’en France monsieur Jourdin fait de la prose depuis deux siècles mais qu’il serait horrifié si on le lui disait.

      Comment, la France est en économie de marché ? Je ne suis pas persuadé que la question ait été tranchée en 2005, voyez-vous. Rappelez-moi quel anticapitaliste forcené les français ont élu en 2007 ? Et est-ce que les autres principaux candidats remettaient en cause le marché ? Et qu’en était-il lors de toutes les élections précédentes ? Plus simple, regardez autour de vous. Quoi qu’ils en disent, la principale préoccupation de beaucoup est simplement de pouvoir s’insérer de manière correcte dans le secteur marchand.

      Personnellement, je vois plutôt d’un bon oeil que la puissance publique puisse intervenir quand le marché est faussé, par exemple en légiférant pour éviter le dumping social et environnemental, ou pour condamner comme ce fut le cas récemment l’abus de monopole de la société de Microsoft ou encore les ententes entre oligopoles du téléphone portable. Peut-être travaillez-vous dans l’une de ses sociétés et avez-vous ressenti durement ces décisions de la commission européenne, mais vous devez comprendre que les électeurs sont aussi des consommateurs qui en ont marre de se faire tondre de la sorte.

      Vous faites un habile effet de manche en propulsant un objectif parmi d’autres comme la question centrale et même l’alpha et l’omega ( !) de ce nouveau traité mais la vérité est que le droit de la concurrence est déjà en place depuis bien longtemps, parfois depuis le traité de Rome où figurait déjà le « principe d’une économie de marché où la concurrence est ouverte ». Comme je vous l’ai expliqué, la question de la ratification revient à se prenoncer plutôt pour le nouveau traité ou plutôt pour l’ancien. Si cette formulation vous plaît plus, et que c’est celà le plus important pour vous, vous pouvez donc voter NON.

      Les Néerlandais et les Français ont le droit de changer leur vote de 2005. Mais eux seuls peuvent le faire. Pas leurs représentants qui étaient presque tous en 2005 pour le TCE.

      La première phrase était l’objet de mon article, comme apparemment vous n’avez pas d’élements nouveaux.. Pour la seconde, je ne suis pas d’accord non plus, peu importent les représentants de 2005, ils ont été réélus depuis et ont donc toute la légitimité nécessaire pour ratifier le nouveau traité - même si je préfèrerais un référendum européen.

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      • Vous faites un habile effet de manche en propulsant un objectif parmi d’autres comme la question centrale et même l’alpha et l’omega ( !) de ce nouveau traité mais la vérité est que le droit de la concurrence est déjà en place depuis bien longtemps, parfois depuis le traité de Rome où figurait déjà le « principe d’une économie de marché où la concurrence est ouverte »

        Si vous n’aimez pas « alpha et omega », je vous propose « leitmotiv ». Voir cette autre pdf qui compile les articles du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne où il est question de la concurrence.

        Comment peut-on mentionner plus de trente fois la « concurrence » dans un Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne ? Est-ce ainsi que les Européens veulent vivre ?

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  • Belle synthèse du problème. Rien à ajouter ou à retrancher…C’est convaincant ( à relativiser dès lors que je suis un lecteur…convaincu d’avance). Mais ça fait quand même plaisir de trouver sur un blog une argumentation claire, compréhensible…et bien écrite. Les enjeux de l’affaire paraissent d’un seul coup devenir plus évidents ; le principal ( l’avenir commun) se sépare enfin de l’accessoire ( la méthode) qui polluait le dossier et on sent son « intelligence » prendre des aîles grâce à l’auteur. Grâce lui soit rendue ( flagorneur bien sûr).

    Un véritable souffle d’air frais balaie enfin une atmosphère passablement embrumée par les partisans du « non ». Et notamment ce brave, aussi insipide et borné qu’inlassable, E. Chouard, qui recommence déjà à jouer sa partition burlesque.

    Je lui tire aussi mon chapeau…car c’est qu’il se décarcasse fort, le prof. Mais le résultat n’est pas à la hauteur de l’investissement…à mon petit point de vue bien sûr.

    On va donc encore bien se marrer pendant quelque temps…jusqu’au vote de ratification prochain par nos « représentants » du peuple. Au fait, savez vous dans quel sens votre député et votre sénateur locaux voteront ?

    C’est peut-être là la vraie question…c’est vers eux qu’il faudrait se tourner pour être efficace. Au lieu de « pétitionner » pour rien. C’est le même Chouard qui le préconise. Et sur ce point il a parfaitement raison.

    Vous ne le savez pas ? Dommage, car le rideau va bientôt retomber. Mais l’Europe « nouvelle » va commencer.

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  • De toute façons, ca sera un pied de nez aux Libre-Penseurs et aux Ultra-républicains. Marre de se faire manipuler par ces manipulateurs de la gauche radicale.

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  • Bravo à Jean-Michel dont un des commentaires en faveur du référendum européen sur Agoravox a été repris dans le Contre-Journal de Libération aujourd’hui. Bien de lire autre chose que la Pouriette dans cette rubrique.

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  • 8 - Bravo pour la synthèse

    21 décembre 2007 09:47, par arturh

    Mais pourquoi parvenez-vous, à partir d’un bon constat, à cette conclusion ?

    En effet vous constatez que le débat politique en UE est arrivé à ce point de maturité politique où les échéances politiques qui concernent les institutions de l’UE ne peuvent plus être discutées et approuvés par des procédures de vote strictement nationales. Le calendrier des votes doit donc, vous avez raison, devenir européen, s’agissant des affaires européennes.

    Il y a une raison simple à cela : c’est Le Traité de Maastricht, qui a fait de nous, depuis 1993, les nouveaux citoyens de la nouvelle UE. Alors qu’avant nous n’étions que les citoyens des Etats membres de nos Etats européens respectifs. Et l’échec du TCE tient à ce que les institutions européennes actuelles n’ont pas su reconnaître ce changement fondamental de perspective qui est, en réalité, une véritable révolution copernicienne.

    Alors dans ce cas, pourquoi vous en tenir à une appel à un simple référendum au niveau européen ? Je ne rejette pas l’idée en soi, mais je suis de ceux qui considère, comme vous le commentez abondamment, que le référendum est plus souvent une arme antidémocratique que démocratique. Et il ne permet jamais de répondre à une question complexe.

    Or, quelle est la question qui se pose ? Voulez-vous du Traité de Lisbonne ? C’est mal poser la question. En effet, lors du référendum sur le TCE, il s’agissait de demander : « Voulez-vous cette Constitution ? » ? Or, ce qui n’était en réalité qu’un Traité a été rejeté à la fois comme : « Je ne veux toujours pas de Maastricht », « Je ne veux pas de Constitution », « Je ne veux pas de cette Constitution ». Voix auxquelles il faut ajouter les voix qui disaient « Ce n’est pas cette Constitution que je voulais, mais en attendant mieux, je vote OUI » et finalement « Je vote pour cette Constitution ».

    On peut conclure plusieurs choses de l’échec du TCE : le Traité de Maasticht n’a pas fait naître uniquement l’UE et les citoyens européens. Il a fait naître naturellement un désir de s’exprimer politiquement et démocratiquement chez ces nouveaux citoyens européens que nous sommes devenus. Conséquence naturelle immédiate à l’aube du 21ème siècle, le Traité de Maastricht a fait naître chez ces nouveaux citoyens de l’UE le désir d’une Constitution, naturellement une Constitution Démocratique, remplaçant tous les Traités existants. Et évidemment, il a fait naître une opposition à cette nouvelle citoyenneté et une opposition à cette éventuelle Constitution.

    Or ces questionnements politiques, votre référendum européen permettra de les alimenter, mais elle ne permettra pas d’y répondre.

    Et pourtant, aujourd’hui, pour nous, les européens, en particuliers des citoyens de l’UE, trouver la réponse à ces questions fondamentales est maintenant notre véritable échéance politique.

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  • @ JM Fayard

    Bravo !

    Et comme je l’ai lu dans les commentaires : il n’y a pas une virgule à modifier dans ce texte. Ça change des inepties lues un peu partout .

    Je crois qu’il faut exprimer cette vérité plus largement afin de ne pas laisser la parole « noniste » s’enraciner.

    Pour moi le clivage « oui-non » existe : il se calque plus ou moins sur le clivage anti et pro européen au niveau des citoyens et sur le clivage démocrate -antidémocrate s’agissant des professionnels de la politique.

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  • « staliniens fachos et cathos se lèvent contre ce référendum ».Il se trouve que je suis « catho ».Imagineriez-vous une seule seconde d’écrire :« staliniens fachos et juifs, ou »staliniens fachos et musulmans« ou même,j’y pense tout à coup, »staliniens fachos et protestants,etc« .Pourquoi cette haine contre les »cathos«  ?ignorez-vous que les pères fondateurs de l’Europe, messieurs De Gasperi,Adenauer et (Robert) Schumann étaient,eux aussi, des »cathos« , de très grands »cathos« même ?Il est d’ailleurs envisagé à Rome de conférer à Robert Schumann la dignité de »Bienheureux", première étape avant l’accession à la Sainteté.Le saviez-vous ? Il est vrai que l’Europe qu’ils ont lancé sur les rails était très différente de celle d’aujourd’hui, dans la mesure où son idée maîtresse était la préservation de la paix et non pas,comme aujourd’hui, la carte blanche laissée au marché et à l’enrichissement matériel.

    Mais répondez-moi, pourquoi cette haine contre les « cathos » ?cette attitude m’intrigue plus encore qu’elle ne m’indigne.

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    • J’imagine que l’auteur désigne avant tout ceux des catholiques qui tentent d’imposer leurs valeurs aux reste de la société comme l’ancien premier ministre polonais. Je suis pour ma part radicalement anticlérical mais c’est le plus souvent dans ce cas de figure que je parle de « cathos ». L’abbréviation étant ici en effet à vocation clairement péjorative.

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      • Au fond, cher monsieur, vous trouvez que les « cathos » n’ont que ce qu’ils méritent, n’est-ce-pas ?j’imagine qu’il n’y a pas lieu de tenter de vous faire changer d’avis. Ne voyez-vous pas que se déclarer « anti-clérical », c’est une façon « politiquement correcte » de proclamer une sorte de détestation de principe à l’égard de toute une catégorie de gens.Lorqu’il s’agit de Juifs, de musulmans, de Noirs, d’homosexuels, etc.. cette haine automatique et catégorielle est dénoncée comme une forme de racisme.Comment expliquez-vous que « les cathos » soient les seuls qu’on puisse se donner le plaisir de haïr en toute impunité ?

        Mais je ne veux pas vous embarrasser plus longtemps sur ce point et retourner au sujet qui vous importe ici, l’Europe.Estimez-vous que le fait que ses trois « Pères fondateurs » Adenauer,De Gasperi et Schumann aient été de catholiques fervents et que les présidents les plus actifs de la Commission l’aient été également(le dernier ayant été Jacques Delors*),est un concours de circonstances sans signification particulière ?

        *C’est aussi le cas de Prodi, mais il est difficile d’affirmer qu’il ait fait faire des progrès visibles à la cause européenne.

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        • « Ne voyez-vous pas que se déclarer « anti-clérical », c’est une façon « politiquement correcte » de proclamer une sorte de détestation de principe à l’égard de toute une catégorie de gens. »

          Non : je n’ai rien contre les croyants mais uniquement contre la démarche qui consiste à dire que ces coyances doivent s’imposer au reste de la société et que ses représentants (les clercs) doivent avoir un statut particulier.

          Il se trouve que les « cathos » ont plus d’influence dans notre pays que les catégories de personnes — catégories de natures très différentes d’ailleurs — que vous citez. Les libre-penseurs leur prêtent donc à juste titre une vigilance plus forte. Lorsque la justice censure la très belle affiche publicitaire de Marithé et François Girbaud(celle-ci), sous la pression d’associations catholique, permettez moi s’il vous plaît d’être révolté.

          Votre tentative d’amalgamer la critique politique du cléricalisme et des attitudes d’intolérance et de xénophobie que vous citez est pitoyable. Vous ne m’embarrassez en rien car le type de pensée politique que vos propos reflétent est très transparent.

          Qu’il y ait eu des croyants parmi les pères fondateurs fort bien, que leurs valeurs les aient influencés dans leurs choix politiques, très certainement, mais jamais leur comportement n’a été une démarche visant à imposer leur foi aux autres. J’ai beaucoup d’estime pour ma part pour le catholicisme social ou les démocrates chrétiens. Toutefois permettez moi s’il vous plaît de ne pas concéder aux religieux (mon anticléricalisme ne se limite nullement aux catholiques et ne discimine pas selon la religion) un droit particulier d’imposer leursvues au reste de la société.

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          • Dire qu’il y a des croyants parmi les pères fondateurs de l’Europe est une manièred’édulcorer et presque de nier ce fait frappant que les trois pères fondateurs ont TOUS été non pas vaguement « croyants » mais catholiques ostensibles et très pratiquants(il faudrait ajouter ici le nom de Paul-Henri Spaak, le quatrième mousquetaire).Vous ne m’avez toujours pas répondu si vous considériez qu’il s’agit là d’un hasard ou si ce fait a une signification historique.

            D’autre part, un « croyant »( ne l’êtes-vous pas vous même ? ne « croyez »-vous pas dans la construction europénne ?) est logiquement amené à vouloir faire partager ce qu’il estime être la vérité.En quoi est-ce une attitude blamable ?N’est-ce pas ce que vous êtes en train de faire en animant ce blog(remarquablement bien conçu,je vous en félicite) ?lorsque l’on constate l’intensité et même la rage qui animent les uns et les autres sur l’opportunité de soumettre le traité de Lisbonne à un référendum, on est en droit de conclure que les affrontements politiques n’ont rien à envier aux anciennes guerres de religion.Vous êtes un « croyant » de l’Europe de Lisbonne,moi j’en suis un agnostique.A chacun son« anti-cléricalisme », voyez-vous. Il m’apparait néanmoins que je suis plus tolérant à l’égard de votre croyance, que vous ne l’êtes à l’égard de la mienne.

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            • Votre croyance ne m’intéresse absolument pas. Ce que je combat ce ne sont pas les croyances mais le cléricalisme c’est à dire l’idée que ces croyances devraient s’imposer à la société et que ses représentant devraient avoir une voix plus importantes queles autres.

              Les Églises, au même titre que les associations, les syndicats, les organisations professionnelles doivent être consultées et associées au débat public mais ne doivent pas avoir de statut particulier.

              Quant à l’Europe il s’agit en ce qui me concerne d’un engagemetn politique et nullement d’une croyance.

              Je vais cesser ici ce débat dont je crois nous avons fait le tour. L’auteur de l’article s’est expliqué : il citaitun article qui visait les intégristes catholiques polonais qui combattent l’Europe (ainsi que soit dit en passant toutes les catégories d persnnes que vous avez cité dans l’un de vos commentaire précédent que j’ai trouvé très limite).

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              • En tous les cas, N.Degay, sachez que nous avons déjà fait plusieurs articles sur le thème de la laïcité sur le Taurillon et que dans notre rédaction nous avons des catholiques comme moi et des « bouffeurs de curés » comme mon ami Vxl…

                Ce qui prouve qu’on peut vraiment être unis dans la diversité, lol !

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                • Puisque je suis expréssément invité à « répondre à ce message », j’en profite.Qu’y-a-t’il de « limite » dans mes propos ?juxtaposer à côté de « staliniens » et « fachos » le mot « catho » est un signe extrêmement inquiétant, me semble-t-il de ce que l’Europe qui se construit aujourd’hui, réserve aux catholiques dans l’avenir .Vos réactions successives n’ont rien fait pour me rassurer.J’en conclus que vous approuvez l’emploi stigmatisant du mot « catho »,pris dans sa dimension générique.C’est ce que jevoulais vérifier.

                  Par ailleurs, vous vous défendez d’être croyant vous-même.Pourtant il me semble que vous vous donnez comme perspective la plus chargée de sens à vos yeux la réalisation progressive de l’Europe conçue comme une société démocratique supérieure. Je ne comprends pas en quoi cet engagement politique, pour reprendre votre formulation, se distinguerait d’une attitude « croyante ».Je la respecte tout à fait,en tant que telle.Je n’y suis même pas franchement hostile.Mais c’est vrai que cet engagement pour l’Europe-d’après-Maastricht ne me « parle » plus, pas plus qu’à vous la croyance en Dieu.

                  Ce que je ne parviens pas à saisir, en revanche, c’est pourquoi votre type de croyance serait seul à avoir le droit de s’exprimer publiquement et non pas le mien,à qui seraient réservés crachats et injures.Regardez l’Allemagne,l’Italie,l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Espagne,la Pologne bien sûr, etc..Aucun de ces pays ne fait du mot « catho » une injure.Bâtirez-vous votre Europe laïque contre le choix inverse de la quasi-totalité des pays membres non-laïques ?Ou envisagez-vous une campagne de « conversion », si c’est le mot qui convient, au laïcisme à la française ?

                  Répondre à ce message

                • Fabien, ça te fait quoi de voir que des « cathos » comme toi déclenchent la haine automatiquement chez des gens comme ton copain ?Moi je suis « catho » genre modéré d’accord, et surtout fils de cheminot breton.Si je vois passer Lipietz à coté de moi, j’aime autant te dire que je raserait les murs…

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                  • C’est gentil PB de t’inquiéter ! Cependant, je sais que si je viens de me faire embrouiller parce que je suis catho, Vxl (malgré ses convictions) viendra me prêter main forte… Après le coup de la religion, c’est comme la chasse et la corrida : si tu mets deux partisans opposés dans la pièce, cela provoque des étincelles… alors qu’ils rigolaient ensemble juste avant.

                    Mieux vaut trinquer et accepter que l’autre ait un point de vue différent. Même s’il est nationaliste et anti-européen !

                    (c’est noël ou quoi ? Je veux du bien à tout le monde)

                    Répondre à ce message

    • Le titre de l’article que je reprenais n’est en effet pas très heureux hors contexte, désolé si ça vous a choqué.

      C’est le contenu de l’article que je voulais mettre en lumière :

      Semaine du 14 juillet 2007, Parlement européen (…)

      Avec le rapport Leinen déjà fortement amendé par les Verts en commission, c’est une très vaste majorité du Parlement européen qui, tout en approuvant la relance du processus, condamne les petitesses de certains pays qui, au Conseil, sont parvenus à raboter les avancées du TCE (voir mon article paru cette semaine dans Politis). En gros, disons que le Parlement demande à la Conférence intergouvernementale de Porto de réintroduire presque toutes les avancées du TCE ! Il condamne l’« opt-out » obtenu par la Grande Bretagne sur la Charte des droits fondamentaux. Il souligne à quel point la qualité des débats par la méthode de la Convention l’emporte sur la diplomatie secrète du Conseil.

      Deux amendements demandaient que le futur Traité de Porto soit ratifié par référendum. L’un émanait de l’extrême droite villiériste (Indépendance et démocratie), l’autre des communistes (GUE). Bien entendu une telle demande est impossible si on compte sur des référendums nationaux : le référendum est constitutionnellement interdit par exemple en Allemagne, où l’on en conserve plutôt de mauvais souvenirs (comme en France d’ailleurs, jusque dans les années 1980). Le premier amendement, de l’extrême droite, est rejeté. Mais au moment de voter l’amendement communiste, notre collègue Hélène Flautre se lève, pour demander, par la procédure d’amendement oral, de préciser « un référendum européen ». Je rappelle que cette procédure d’amendement oral en plein vote peut être rejetée si 50 députés se lèvent.

      Immédiatement, toute l’extrême droite, et les catholiques polonais, se lèvent. Et, stupeur : une grande partie du groupe communiste se lève aussi ! Francis Wurtz, le président du groupe communiste, reste assis, tête baissée.

      Comme vous le voyez et comme le disait Valéry, les « cathos » visés étaient uniquement les députés du parti des frères Kacynsky, depuis sanctionnés par les polonais eux-mêmes.

      Ce qui est intéressant dans cette information, c’est que les communistes, villiéristes, kacynskystes, … font partie des plus grands bruyants partisans des référendums (nationaux) et se font volontiers les défenseurs virulents et quasi exclusifs (à les en croire) de la démocratie et des peuples européens qu’il faut consulter. Or quand on propose le mécanisme qui permette de le faire vraiment (référendum européen), ces députés font soudainement volte-face ; ce qui laisse à penser que cette demande de référendum est un masque bien pratique derrière laquelle se cache une réponse bien précise : NON.

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      • Vous m’obligeriez beaucoup en acceptant de répondre, à titre personnel et sans vous croire tenu de vous lancer dans une longue argumentation , à la question que j’ai pris la liberté de vous poser:est-ce en raison d’un concours de circonstances sans portée historique réelle,que les « pères fondateurs » de l’Europe De Gasperi, Adenauer et Schumann aient été, non pas un peu, mais très catholiques, comme l’ont été avec un peu moins d’ostentation il est vrai, des présidents de Commission comme Walter Hallstein,Franco Maria Malfatti, Raymond Barre(lui seulement vice-président),Jacques Delors et Romano Prodi ? Je ne tiens nullement à vous pièger, mais seulement à obtenir votre sentiment sur cette question.Vous pourriez vous contenter de me répondre que c’est là un pur hasard ou au contraire l’expression d’une convergence significative, désormais dépassée, ou au contraire toujours pertinente,mais qu’il faut dissimuler pour des raisons politiques.De toutes façons, dans ce domaine,il n’y a pas à plaider dans un sens ou un autre, mais s’efforcer de cerner ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.

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          • Ces gens là étaient effectivement chrétiens (catholiques romains, effectivement…), chrétiens de gauche souvent (je pense en particulier à Delors) ; mais des chrétiens tolérants et ouverts sur le monde et aux autres courants d’esprits (l’actuel très médiocre président de la Commission européenne - José-Manuel Barroso - n’a-t-il pas été militant maoïste dans sa jeunesse ?!), des gens qui vivaient leur foi à titre exclusivement personnel et pratiquaient leur culte dans le cadre de leur vie privée…

            Et non pas des intégristes enragés (ou prosélytes professionnels) décidés à imposer leur vision du monde à autrui à n’importe quel prix (à savoir : ceux qui étaient désignés, ci-dessus, par le terme évidemment dépréciatif de ’’cathos’’). Entre chrétiens sincères et pacifiques (comme les exemples effectivement cités plus haut) et ’’cathos’’ ultras, systématiquement ’’énervés’’ et autres fanatiques décidés à répondre ’’coup par coup’’ et sans discernement aucun à tout ce qu’ils croient ’’plus ou moins’’ être des provocations, il faut savoir faire la part des choses, n’est-ce pas M. Degay ?!

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      • Cher monsieur,vous ne m’avez toujours pas fourni dans votre réponse votre sentiment sur la circonstance historique que je vous ai rappelée : le fait que les « pères fondateurs » De Gasperi,Adenauer et Schumann aient été des catholiques très fervents, et que près de la moitié des présidents de la Commission l’aient été également, comme ç’a été le cas de Hallstein,Barre(seulement vice-président il est vrai)Delors et Prodi, est-il du au hasard ou traduit-il une conjonction historique significative ?

        Je note, par ailleurs que sur le droit de déclarer sa haine des « cathos » en toute impunité, vous n’avez toujours aucune objection à formuler…

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        • En ce qui me concerne, pour tout vous avouer ce que faisaient nos pères fondaterus de leurs loisirs le dimanche matin ne m’intéresse pas.

          Ce qui compte, c’est leur action politiques et leurs conséquences. Leurs motivations, l’origine de leurs convictions est intéressante intelelctuellement, notamment pour les historiens et ceux qui partagentles mêmes engagement, mais pas politiquement. Il y a cinquante ans une grande partie de la population était pratiquante, il n’ets guère étonnant qu’il se soit trouvé des personnes partageant de telles coyances dans les responsables politiques de l’époque qui se sont impliqué dans la construciton de l’Europe.

          Rappellons toutefois que les socialistes ont joués eux ausi un rôle important dans la construction européenne et que Spinelli était communiste. L’Europe n’ets pas - et de loin - et heureusmeent - un monopole démocrate chrétien.

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          • A monsieur Lentz, vous seriez bien avisé de suggérer à l’excellent informaticien qui a conçu ce site qu’il prévoie une option qui annule l’affichage automatique« répondre à ce texte ».Sinon je me sens encouragé, comme vous le voyez,lol,à reprendre la parole. Si vous n’aviez été qu’ un « simple » anti-clérical, vous auriez regretté que le mot « catho » soit fourré dans le même sac que staliniens et fachos sans autreforme de procès.Vous auriez suggèré qu’à l’avenir le mot de « cathos » soit remplacé, par exemple, par « cléricaux à la polonaise »ou « extrémistes religieux », que sais-je ?Non, vous trouvez normal que le mot« catho »reste stigmatisant en bloc et sans faire le tri..Ce qui tendrait à prouver que derrière le paravent du simple anti-cléricalisme,evec lequel vous vous protégez, c’est bien une détestation du catholicisme qui est présente chez vous .C’est votre droit, je vous l’accorde sans réserve.Mais pourquoi la nier, cette haine ?

            Quant au personnel politique des années cinquante,très dominé par l’anti-cléricalisme radical et socialiste,à l’époque des Vincent Auriol,Guy Mollet,Edgar Faure,Mendès-France,etc.. la pratique et même la dévotion envers la religion catholique des trois« pères fondateurs »paraissait aussi singulièrequ’à vous.N’oubliez pas non plus que le grand challenger français de l’idée européenne contre de Gaulle,pendant les années soixante, le regretté Jean Lecanuet était, lui aussi , très « catho »et pas qu’un peu…Plus tard le relai du plus europhile des Français a été passé à Jacques Delors, lui aussi catholique pratiquant, à une époque où la pratique était désor mais devenue très minoritaire.Alors,toujours le hasard ?

            Si cette question vous agace par son insistance, laissez répondre les autres participants de ce blog,que personnellement je trouve fort stimulant.

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  • En tant que co-créateur de 29mai.eu, j’attends encore la démonstration juridique que notre plainte est « farfelue ».

    Merci d’avance de nous répondre sur ce point.

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    • Voilà, merci bien.

      http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33690036@7-37,0.html

      Instrumentaliser la justice, vous n’êtes pas les premiers à le faire - hélas, mais avec un pseudo-raisonnement aussi bancal et surtout avec un appel au spam qui a « pour unique effet de prendre du temps qui pourrait être consacré à des affaires plus urgentes » comme le dit la CEDH elle-même, c’est une triste première.

      Qu’au moins ce dur rappel à la réalité serve à vous rendre compte qu’il n’y a aucune « obligation » de convoquer une constituante pour rédiger une constitution et que l’élaboration de feu le TCE fut éminemment plus démocratique que celle de la Ve république. Or c’est bien connu, pour convaincre les autres, il faut commencer par faire le ménage chez soi.

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      • Si pour vous, faire usage de ces droits, et notamment le droit de porter plainte, pourtant fondamental, revient à « abuser de la justice », alors oui, j’abuse de la justice.

        Ensuite, concernant le communiqué de la CEDH, plutôt que considérer le communiqué par lui-même, pourquoi ne prenez vous pas de recul ? Avez vous eut la curiosité de regarder les 50 autres derniers communiqués ? Moi je l’ai fait, et l’immense majorité de ces communiqués concernant de simples annonces de jurisprudences, bref, de communication juridique. Pour ce qui nous concerne, et que je sache, c’est la première fois qu’un greffier se permet d’annoncer le résultat d’un procés alors que la procédure vient tout juste de débuter, particulièrement en matière de droits de l’Homme. Ne faut il pas y voir une atteinte au droit au procés équitable ? Ne faut il pas y voir une atteinte au droit au recours effectif ? Comment expliquer cette différence de traitement ? L’usage d’un droit relèverait il du luxe ou d’un degré de souffrance physique ? La stratégie qui consiste à dénoncer la position prétendue privilégiée de son adversaire pour l’attaquer est assez ancienne pourtant … mais il faut croire que certains tombent toujours dans le panneau…

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        • Le fait de déposer plainte à tout va sans fondement juridique peut être répréhensible en droit français. Le fait d’esther en justice est un droit dont il ne faut pas abuser en France car c’est un acte grave. La condamnation de cet abus est prévu pour éviter qu’on bloque la justice. Maintenant, voyons votre « plainte ».

          Pour votre plainte, j’estime de mon point de vue que vous ne faisez qu’une plainte sans aucunechance de réussite. D’ailleurs, on voit bien que dès qu’on vous le dit (et en l’occurence la Cour elle-même), vous estimez que c’est un déni de démocratie.

          Sous-entendu : dès qu’on est pas d’accord avec vous, on est des totalitaires (ou au mieux des partisans du monde néolibéral).

          La plainte est originale en ce sens que vous proposez un mode d’action qui n’est pas une simple pétition. Malheureusement, la constitution française dit qu’il y a 2 voies possibles pour la ratification d’un traité : la voie référendaire ou la voie parlementaire.

          M. Sarkozy fait ce choix… politique. On peut être en désaccord avec lui mais est-ce pour autant qu’il dépasse ses droits ? D’ailleurs, plutôt que le peuple français, j’aimerais bien que ce soit le peuple européen qui décide en tant que tel.

          Mais bizarrement, ce ne sont pas vos partisans qui le proposent. Vous proposez un référendum national (au mieux dans chaque pays, et encore dans les meilleurs cas). Désolé d’avoir une autre vision que vous de l’Europe.

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          • Hum, hum : on dit ’’ester en justice’’, rien à voir avec les esters (pour les chimistes), ni « Esther »(la tragédie de Racine), celle-ci s’inspirant de l’ ’’Histoire sainte’’ d’Esther (dans la Bible), fêtée par les juifs lors de la fête de Pourim(en mars).

            Pour les chrétiens, on est certes actuellement en est en temps liturgique de Noël (et - pour les juifs - c’est Hanoukka), mais tout de même… ; - ))

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          • "Pour votre plainte, j’estime de mon point de vue que vous ne faisez qu’une plainte sans aucunechance de réussite. D’ailleurs, on voit bien que dès qu’on vous le dit (et en l’occurence la Cour elle-même), vous estimez que c’est un déni de démocratie.

            Sous-entendu : dès qu’on est pas d’accord avec vous, on est des totalitaires (ou au mieux des partisans du monde néolibéral)."

            Etes vous juriste ? Avez vous une qualification quelconque dans ce domaine ? Avez vous seulement lu cette plainte ? Avez vous entendu parler du droit au procès équitable ? Aa droit au recours effectif ?

            Sur le fond, j’ai la faiblesse de croire que 15 millions de personnes ont effectivement raison contre les 908 guignols qui constituent notre Parlement. ça vous choque ? Pour moi c’est ce que j’appelle Demos kratein, démocratie. Nous avons un certains nombre de personnes qui déposent plaintes, et qui ont effectivement votées Oui en 2005. A votre différence, elles ont lues cette plainte, et elles ont simplement compris que l’enjeu ne se situait pas seulement au niveau de ce traité européen.

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            • Justement, je suis juriste de formation (c’est dommage non ?) et j’ai lu votre plainte qui est « farfelue » pour reprendre les propos de Jean-Michel Fayard.

              En effet, vous faîtes l’impasse sur l’article 89 de la Constitution :

              Art. 89. - L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier Ministre et aux membres du Parlement. Le projet ou la proposition de révision doit être voté par les deux assemblées en termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum. Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le bureau du Congrès est celui de l’Assemblée Nationale.

              Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire.

              La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision.

              Aïe, Sarkozy est dans la légalité, c’est peut-être une faute politique mais juridiquement, c’est bon. C’est dommage pour une plainte d’oublier une partie d’un texte sur lequel on se fonde parce que le reste ne nous arrange pas. Donc votre plainte est vouée à l’échec et je prétends que c’est ce que vous recherchez…

              Mais encore une fois, vous vous indignez au nom du fait que le peuple français s’est prononcé… vous ne parlez jamais du peuple européen ? Pourquoi ne proposez-vous pas un référendum européen plutôt ?

              Parce qu’en tant que nationaliste (c’est votre choix, je le combats), vous ne concevez pas l’Europe en dehors de votre vision française.

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              • Non, je maintiens que vous n’avez pas lu cette plainte, puisque le point principal que nous soulevons est l’incompétence du CIG, et pas le choix de ratification opéré par le Président français.

                Ensuite, pour ce qui est de vos allusions nauséabondes, apprenez que je suis binational et certainement pas nationaliste !

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                • Nous dénonçons aussi l’emploi des « CIG », vous le lirez à longueur d’articles sur ce site. Mais nous critiquons un choix politique. Et non un choix juridique. C’était le but de la reprise de votre argumentation sur le coup du choix du référendum ou de la voie parlementaire. Vous faîtes une sélection dans ce qui vous arrange. Mais le droit, c’est autre chose…

                  Comme le disais JM Fayard, vous mélangez droit et politique, d’où l’inutilité d’une « plainte » qui n’a pas de fondement juridique.

                  Dès qu’on dit qu’il est bizarre que vous préfériez que le peuple français choisisse plutôt que le peuple européen, vous trouvez que notre argumentation est nauséabonde… Dès qu’on vous dit que le Parlement a le droit de faire une ratification (et non de savoir si c’est mieux ou pas que le référendum), vous traitez les députés et sénateurs de guignols…

                  Pourquoi tant d’agressivité ? Est-ce toujours le cas dès que nous ne sommes pas d’accord avec votre réthorique ?

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                  • Il me semble évident que les choix politiques se font en fonction des règles de droits non ? D’ailleurs quand ce n’est pas le cas, la justice est censée dire le droit. Les deux sont nécessairement mêlés : quand des parlementaires saisissent le Conseil Consitutionnel : font ils de la politique ou du droit ? Quand le Conseil d’État annule un décret, fait il de la politique ou du droit ? Pourquoi nous refuser ces mêmes droits ?

                    Ensuite : A défaut d’une expression politique en dehors des partis (voir les derniers sondages en France et en UE qui indiquent qu’une très LARGE majorité de personnes veulent un référendum), nous sommes bien obligés de réagir (enfin je dis ça, certains préfèrent rester les bras croisés, et je ne vous vise pas en disant cela) !

                    Alors pour répondre à votre question, oui, mille fois oui je suis pour un référendum dans tous les pays de l’UE sur cette question comme sur tant d’autres. Les politiciens de l’UE craignent de demander leurs avis aux différents peuples, ils l’ont d’ailleurs exprimés publiquement ! C’est d’ailleurs le sens de notre action, qui vise à provoquer différentes plaintes dans les autres pays de l’UE contre les autres gouvernements n’ayant pas choisit la voie référendaire.

                    Lorsque je dis que votre argumentation est nauséabonde (relisez mon texte) c’est lorsque vous me traitez de nationaliste, alors que c’est vraiment mal me connaitre, et pour le coup, risible.

                    Enfin, oui, les parlementaires français sont des guignols ( vous auriez préféré marionnette ?), manipulés par la logique des partis, et les avantages divers attachés à la fonction. Oui, le Parlement français est une chambre d’enregistrement et en l’état (comme depuis de nombreuses années), il ne présente plus aucun intérêt démocratique.