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Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

, par Patricia Ruelleux

Le Parlement européen est aujourd’hui divisé entre Strasbourg, Luxembourg et Bruxelles où travaille la Commission. Faut il un siège unique du Parlement européen ? Ce siège doit-il être à Strasbourg ? A la suite d’une conférence organisée sur le sujet, les Jeunes Européens - Strasbourg confrontent les arguments.

Auteurs

La question est un vieux serpent de mer. Elle revient, en effet, à échéances régulières depuis le début des années 80. En tant que strasbourgeois, on pourrait d’ailleurs objecter qu’il n’y a pas de débat : le siège du Parlement européen est bien à Strasbourg, comme le mentionne le Traité d’Amsterdam et il n’y a aucune raison de revenir là-dessus. Mais les attaques encore récentes et particulièrement violentes à l’égard de Strasbourg indiquent que la polémique prend de l’ampleur.

Les activités du Parlement européen, actuellement réparties entre Strasbourg (pour les sessions plénières) Bruxelles (pour les groupes de travail) et Luxembourg (pour le Secrétariat) doivent-elles être réunies en un seul lieu ? Si oui, lequel : Strasbourg ou Bruxelles ?

L’association Les Jeunes Européens Strasbourg, naturellement concernée par le sujet, a souhaité examiner les arguments en présence, sans parti pris et indépendamment des intérêts économiques locaux, au regard de la seule grille de lecture recevable : l’intérêt des citoyens européens. Seule une analyse, à froid, de ces arguments, permet en effet une prise de position sur le sujet.

Le Parlement à Bruxelles : deux arguments qui pèsent

L’argument de l’acquis

Bruxelles a, de fait, acquis un poids important par rapport à Strasbourg et Luxembourg, qui s’explique notamment par la place prise par la Commission dans le processus décisionnel. Bruxelles accueille trois institutions européennes : la Commission, le Conseil et une partie du Parlement (commissions et sessions extraordinaires) ainsi que le Comité Economique et Social et le Comité des Régions. Cette situation a des incidences sur les moyens humains et matériels présents dans la capitale belge : Bruxelles compte plus de 40.000 agents européens et 3.000 bureaux, représentant 50% de la surface totale des bâtiments du Parlement européen (contre 30% à Strasbourg, 20% à Luxembourg).

Cette capacité d’accueil déjà existante plaide pour le transfert d’autres organes ou institutions à Bruxelles, notamment celui des sessions plénières du Parlement européen.

L’argument du fédéralisme

Au regard du modèle fédéral allemand ou américain, un fédéralisme européen appelle une capitale qui regroupe l’ensemble des pouvoirs politiques et administratifs de l’Union européenne. Dans ce type de modèle, il est d’usage de localiser les centres de décision dans un petit Etat afin d’éviter les rapports de force entre les grands Etats fédérés. Aux Etats-Unis, Washington a été créée à cette fin pour remplacer Philadelphie, capitale de la Pennsylvanie.

Le regroupement de tous les centres de décision à Bruxelles s’inscrirait dans cette tradition fédérale.

Deux observations, principalement, peuvent être opposées à ces arguments.

L’argument du fédéralisme, en effet, n’implique pas nécessairement la centralisation des institutions, lequel peut être perçu comme lointain et bureaucratique. Dès l’origine, la construction européenne a présenté l’originalité de n’être ni une organisation internationale ni un Etat. Trouver une voie qui concilie fédéralisme et polycentrisme s’inscrirait dans cet état d’esprit.

Il existe d’ailleurs des Etats fédéraux qui ont choisi de répartir les pouvoirs entre plusieurs capitales. L’Afrique du Sud a créé trois capitales : Pretoria est la capitale administrative, Le Cap la capitale parlementaire et Bloemfontein la capitale judiciaire.

De même, si un fédéralisme centralisateur aurait pour effet de rapatrier l’ensemble des activités du Parlement européen à Bruxelles, cette démarche impliquerait de façon tout aussi logique de rapatrier les autres institutions européennes, à savoir la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE) et la Cour des Comptes Européenne, toutes deux aujourd’hui à Luxembourg.

Le Parlement à Strasbourg : deux arguments pour un fédéralisme européen original

L’argument de la mémoire

Depuis plus de 50 ans, l’Europe s’est construite sur la base d’une réconciliation historique entre la France et l’Allemagne qui a constitué un des moteurs de la construction européenne. En effet, chaque nouvelle étape d’approfondissement puise sa source dans une vision partagée entre les deux pays :

- le tandem De Gaulle / Adenauer est à l’origine du Traité de l’Elysée de 1963 qui lance le couple franco-allemand.
- le tandem Giscard d’Estaing / Schmidt pose les jalons de la monnaie unique en créant le Système Monétaire Européen (SME)
- le tandem Mitterrand / Kohl fait aboutir le Traité de Maastricht, donnant ainsi naissance à l’Union européenne.

A la frontière entre l’Allemagne et la France, Strasbourg est la ville symbole de la réconciliation. Par son positionnement géographique, elle rappelle à tout instant et à tous l’origine du projet européen.

L’argument d’une Europe polycentrée

Cet argument repose sur l’idée que des institutions plus proches des citoyens renforcent le sentiment démocratique et le sentiment d’appartenance à une entité politique. Au delà de l’intérêt politique et économique qui pousse à l’implantation du siège des institutions, des organes et des agences, il est utile de s’interroger sur les moyens susceptibles de créer une réelle identité européenne qui manque actuellement au projet européen.

Une identité commune repose sur des lieux d’identification proches des citoyens. La présence sur le territoire d’un Etat membre d’une institution européenne est de nature à créer ce lien entre les citoyens et l’Union européenne. Les 20.000 visiteurs lors de la journée des portes ouvertes du Parlement européen à Strasbourg illustrent ce souhait de découverte des institutions.

De même, le débat autour de la localisation des agences communautaires plaide pour le polycentrisme. Ces organismes de droit public européen, créés en vue de remplir une tâche de nature technique, scientifique ou de gestion spécifique, sont aujourd’hui implantés au regard d’un objectif de décentralisation, comme en témoigne l’implantation de l’agence Frontex à Varsovie.

Même si le nombre d’agents employés dans ces structures demeure modeste par rapport à ceux qui se trouvent à Bruxelles et Luxembourg, les Etats membres déploient tous une activité diplomatique intense pour accueillir ces agences sur leur territoire.

L’argument de la nécessité de se référer à l’origine du projet européen apparaît dépassée pour certains dans l’Europe d’aujourd’hui. Avec 27 Etats-membres, l’Union européenne devrait se tourner vers l’avenir au lieu de ressasser les conflits à l’origine de sa naissance.

L’argument de la lisibilité peut aussi être opposé à la défense du polycentrisme comme vecteur d’identité. L’identité, en effet, se construit à travers des symboles qui doivent être lisibles. L’existence d’une seule capitale communautaire semble aller dans ce sens.

Un Parlement unique, solution écolo et économe ?

Un argument financier et un argument écologique sont aussi régulièrement avancés pour demander le regroupement sur un seul site du Parlement européen. Ces arguments sont généralement présentés à charge contre Strasbourg.

Le fait de ne pas avoir de lieu unique de travail et de session coûterait chaque année 200 M €, soit 13% du budget de l’Union européenne. Ce chiffre, présenté sur le site pro-Bruxelles One seat (littérallement « un seul siège ») et cité dans plusieurs articles est néanmoins sujet à caution. S’il a vocation à refléter l’ensemble des surcoûts liés à l’existence des trois lieux d’accueil du Parlement, il ne permet pas de mesurer le coût réel de chaque structure. A l’heure actuelle, il est donc difficile de fonder le choix de rassembler les sites sur un seul lieu, sans savoir si Bruxelles ou Strasbourg est le plus coûteux.

Le site One seat estime par ailleurs que les déplacements à Strasbourg des députés et de leurs collaborateurs, ainsi que le chauffage du bâtiment de Strasbourg hors session représentent une émission supplémentaire de 20.000 tonnes de CO2 par an.

De la même façon que l’argument financier, l’impact carbone du siège du Parlement à Strasbourg fait débat. En effet, l’étude ayant abouti au chiffre de 20.000 tonnes par an n’évalue que l’impact carbone des bâtiments du Parlement à Strasbourg et non celui des bâtiments du Parlement à Bruxelles. Elle n’étudie pas non plus les économies d’énergie liées à la fermeture des bâtiments bruxellois.

L’opportunité de rassembler l’ensemble des services du Parlement européen, soit à Bruxelles soit à Strasbourg, mérite donc qu’une étude contradictoire des coûts soit réalisée en amont, de façon précise et indépendante. En tout état de cause, le rassemblement en un seul lieu de toutes les activités du Parlement apparaît incontournable dans un contexte de rigueur budgétaire.

Voir en ligne : Le blog des JE - Strasbourg

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P.-S.

Illustration : photos du Parlement européen

Source : oneseat.eu

Vos commentaires

  • Le 8 mars 2009 à 13:24, par Thomas Pellerin-carlin En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    La volonté que le Parlement reste à Strasbourg apparaît pour de nombreux européens comme un signe supplémentaire de l’arrogance française. Les européens ne désirent pas que l’Europe soit une France aussi grande que la France se rêve. Accepter que le Parlement Européen puisse enfin siéger de façon permanente à Bruxelles serait une preuve que la France sait se montrer sensible à l’intérêt général européen.

    Dès lors, que faire des bâtiments restés à Strasbourg ? Bronislaw Geremek, grand européen ayant trop tôt rejoint l’Éternel, proposait d’instaurer à Strasbourg une Université de l’Europe. Cette université serait le creuset de l’identité européenne et pourrait concurrencer les grandes universités américaines. Les efforts de l’Europe en matière de construction d’une économie de la connaissance deviendraient concrets et visibles. Elle donnerait enfin corps à la mobilité européenne des enseignants-chercheurs.

    Comme le disait Geremeck, la création d’une Université de l’Europe « relève d’une décision politique. Cette décision politique ne pourra prendre sens et s’accompagner de l’adhésion populaire que si elle permet la réalisation d’un projet plus ambitieux : faire de Strasbourg la capitale intellectuelle de l’Europe. »

    http://www.taurillon.org/Pour-une-Universite-de-l-Europe-a?var_recherche=strasbourg http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=bb04846c7e708ae9ff7f56e8b8d7dc1c06bf3313d21d8593

  • Le 8 mars 2009 à 18:45, par Valéry En réponse à : contre

    Pour mémoire ; la pétition http://oneseat.eu/ en faveur d’un siège unique du Parlement, est toujours en ligne.

  • Le 8 mars 2009 à 21:06, par Emmanuel En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    Je trouve un peu facile de proposer un transfert du siège du Parlement de Strasbourg à Bruxelles pour la seule raison que cela redorerait le blason de la France. Finalement, cela revient à une attitude pleine de préjugés et qui réduit les citoyens à une identité : tout argument pro-Strasbourg, quel qu’il soit, serait disqualifié du seul fait que celui qui le formule est Français ?

    En réponse à cette seule bêtise (car, enfin, ce commentaire ne prend absolument pas en compte les différents arguments présentés par Patricia), je citerai l’engagement très pro-Strasbourg de plein de députés qui n’ont rien de français ni de locaux : le député bavarois Bernd Posselt, le député luxembourgeois Jean Spautz, la députée slovaque Anna Zabroska, la députée britannique Nicholson of Whitebourne... Peut-on les qualifier sans plus d’argumentation de faire preuve d’arrogance française ? Faut-il interdire aux Français de s’exprimer sur le sujet en raison de leur nationalité ?

    Quand on parle d’intérêt européen, on parle de concentrer l’activité du Parlement européen dans une seule ville. La seule question à se poser est : veut-on une capitale fédérale à Bruxelles (et dans ce cas-là, il faut le dire, mais ne pas cacher le projet sous l’argument anti-arrogance-française) ou veut-on un fédéralisme polycentrique original symbolisé par le principe « trois pouvoirs-trois capitales » ?

    L’arrogance française, c’est défendre le statu quo avec les trois lieux de travail. Mais ne faisons pas d’hyprocrise : l’arrogance belge et luxembourgeoise ont toujours bloqué, autant que la France, toute évolution de ce statu quo pour garder le maximum de fonctionnaires chez eux. Alors ne tombons pas dans un stupide autodénigrement, consistant à croire que nous sommes les méchants tandis que les autres représenteraient l’intérêt européen.

    La plupart des députés qui veulent tout concentrer à Bruxelles sont motivés par bien autre chose que l’intérêt européen (sans quoi ils se préoccuperaient d’abord des dépenses somptuaires du Parlement européen qu’ils peuvent supprimer sans modification des traités...).

    Quant à la proposition de feu Bronislav Geremek, elle ne repose sur rien. Il n’y a aucune analyse chiffrée de la proposition, aucun examen détaillé de comment créer une nouvelle université européenne en doublant la taille de l’Université de Strasbourg qui est déjà la plus grande de France. Aucune étude du coût carbone de cette université (parce qu’il faudra bien la nourrir en énergie, et puis permettre aux étudiants et nombreux enseignants invités, indispensables dans une université de qualité, d’y aller et d’en revenir) n’a évidemment été effectuée par ses promoteurs.

    Et en tout état de cause, les premiers concernés (le monde universitaire strasbourgeois) voit cette idée d’un assez mauvais oeil. Il me semble que si c’était bon pour Strasbourg, les universitaires locaux seraient les premiers à soutenir l’idée.

    Et évidemment, on omet de dire que si les étudiants sont déjà attirés à Strasbourg, c’est précisément parce que la ville accueille des institutions européennes ; je doute qu’on arrive à en doubler le nombre, en supprimant l’institution qui lui donne le plus de visibilité (avec la Cour européenne des droits de l’Homme).

  • Le 8 mars 2009 à 22:35, par Yohan B. En réponse à : Pour un PE unique à Bruxelles

    Si j’adhère totalement à l’idée d’un fédéralisme polycentré, il me semble rationnellement inconcevable que le Parlement, pouvoir législatif étroitement lié dans son travail à l’exécutif, ait son siège unique à Strasbourg. La Commission siégeant à Bruxelles, ne sauraient être hors de la capitale européenne que des institutions (CJCE, BCE) ou agences (Frontex etc.) indépendantes du législatif et de l’exécutif dans leur travail quotidien. Comme souligné dans l’article, si le travail en commissions s’effectue à Bruxelles, ce n’est pas anodin. Une université européenne pourrait être cette institution indépendante, mais je suis tout de même très sceptique sur l’opportunité et la réussite d’un tel projet. Renforçons plutôt les efforts sur le Collège d’Europe, sur les performances et l’orientation européenne des universités nationales, sur la mobilité des étudiants (par ex. une année Erasmus unique et facultative ne me semble pas suffisante) et sur l’apprentissage des langues (dont l’esperanto...). Pas besoin, donc, d’une université européenne essayant en vain de copier les universités américaines ! Quant aux locaux actuels du PE à Strasbourg, une idée peut-être bête, n’étant pas un expert en déménagement : ils pourraient être offerts au Conseil de l’Europe pour le faire sortir de sa forteresse sombre et vieillote et lui donner un nouveau visage plus moderne. Le transfert serait en partie financé par la vente de son ancien siège (locaux pour une nouvelle agence UE, appartements ou bureaux privés, centre de congrès, que sais-je encore). Les sommes restantes pouvant servir de fonds supplémentaires à ses activités propres. Ainsi, Strasbourg se réaffirmerait comme la capitale européenne des droits de l’homme, avec la CEDH qui y siège déjà. Quoi qu’il en soit, une décision doit être prise rapidement. Le contexte actuel de crise économique me semble le moment idéal pour montrer aux citoyens européens que l’UE sait faire des économies intelligemment.

  • Le 9 mars 2009 à 09:10, par Emmanuel En réponse à : contre

    mot par mot, on peut analyser les limites de l’honnêteté intellectuelle de la démarche :
    - ce n’est pas une pétition pour un « siège unique » (ce qui sous-entend que le Parlement a plusieurs sièges, ce qui est faux : il n’en a qu’un, et c’est Strasbourg, même si ça énerve), mais une pétition « pour un lieu de travail unique ».
    - ce n’est pas une pétition pour « un » siège unique, mais une pétition pour « un siège unique à BRUXELLES » ; ce qui change tout, parce qu’il y a plein de gens qui, intellectuellement, veulent un seul lieu de travail pour le PE, mais se fichent éperdument de sa localisation, et qui donc vont signer la pétition, dont ses promoteurs vont ensuite se prévaloir contre Strasbourg...

  • Le 9 mars 2009 à 09:35, par Emmanuel En réponse à : Pour un PE unique à Bruxelles

    C’est bien la première fois que je vois un argument pro-Bruxelles aussi intelligent, qui ne s’appuie pas sur des chiffres dont personne ne sait d’où ils sortent, mais qui sont utilisés en boucle de manière ultra-démagogique.

    J’y opposerais juste deux arguments :

    - s’il est tellement évident que le législatif et l’exécutif doivent être au même endroit, pourquoi l’Afrique du Sud fonctionne-t-elle différemment ? Pour ma part, je suis convaincu qu’au 21ème siècle, l’éloignement géographique n’est plus un problème ; d’ailleurs, il y a plein de députés qui disent clairement que leur seul souci, c’est l’éclatement des lieux de travail du Parlement et dans une moindre mesure l’accessibilité aérienne de Strasbourg (encore que, il y avait récemment dans le Monde un article où un député chypriote expliquait qu’il ne lui fallait « que » 7 heures pour aller à Strasbourg, contre 9 pour Bruxelles). D’autres expliquent qu’ils ne parviennent à voir les commissaires européens que pendant les sessions de Strasbourg, jamais à Bruxelles. Alors, la proximité, hein...

    Je pense en fait que l’argument de la proximité repose sur l’idée que le Parlement puisse mieux « influencer » l’exécutif. Cela sous-tend un remplacement intellectuel de la notion de « pouvoir » par celle d’« influence » et, en fait, repose sur l’idée que le Parlement ne sera jamais un vrai Parlement, et que les pouvoirs qu’il ne peut avoir par les textes, il devra les conquérir par les luttes d’influence. Finalement, c’est là le vrai abandon des ambitions du PE, réduit comme le sont aujourd’hui nos Parlements nationaux, à un rôle de chambre d’enregistrement, tout juste bon à « influencer » l’exécutif.

    Pour ma part, je pense qu’avec de bon moyens de (télé)communications (TGV Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg, visio-conférences) et avec de vrais pouvoirs de Parlement conférés au PE (pouvoir d’initiative législative, vraie élection du Président de la Commission, etc.), la question de sa localisation ne se posera absolument plus.

    - Pour ce qui concerne le Conseil de l’Europe ; effectivement, les bâtiments du PE sont adaptés, mais le Conseil n’est pas à l’étroit au point d’avoir besoin de s’étendre autant. Et puis soyons honnêtes : aujourd’hui, il faudrait que le Conseil de l’Europe prenne beaucoup plus d’importance et acquière beaucoup plus de pouvoir pour que cette « compensation » puisse être perçue comme légitime. Un bon signe serait que l’UE ferme son agence des droits fondamentaux à Vienne et la transfère à Strasbourg ou la fusionne avec le Conseil de l’Europe. Mais c’est le seul organisme de l’Union européenne en Autriche et - polycentrisme quand tu nous tient - tous les Etats veulent avoir un bout d’Europe sur leur territoire.

  • Le 9 mars 2009 à 13:00, par Maël Donoso En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    Et évidemment, on omet de dire que si les étudiants sont déjà attirés à Strasbourg, c’est précisément parce que la ville accueille des institutions européennes ; je doute qu’on arrive à en doubler le nombre, en supprimant l’institution qui lui donne le plus de visibilité (avec la Cour européenne des droits de l’Homme).

    D’accord sur ce point. La fondation d’une grande université européenne est une idée séduisante, mais si on souhaite bâtir un pôle de compétences lié aux affaires européennes, il semble logique de le créer dans une ville accueillant des institutions de l’Union. Ce n’est donc pas en retirant le Parlement de Strasbourg qu’on améliorera la vocation de cette ville à attirer des étudiants européens. Ou alors on aura une université isolée, autarcique, qui pourra bien sûr être gonflée artificiellement par l’attribution de crédits communautaires, mais qui sera éloignée des centres décisionnels de l’Europe, et n’affichera pas de véritable dynamisme.

    Si le besoin se fait sentir de développer une ou plusieurs universités consacrées à la gouvernance européenne, il semblerait logique de les placer dans la ou les future(s) capitale(s) de l’Europe fédérale. Ensuite on a le choix entre un modèle monocentrique (une capitale fédérale unique) ou polycentrique (avec plusieurs grands pôles de pouvoir, et donc potentiellement plusieurs universités de ce type).

  • Le 9 mars 2009 à 13:08, par Ced En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    Pour info, il y a aussi une pétition pour un siège unique du PE à Strasbourg : http://www.one-city.eu/fr/ C’est un pléonasme, mais c’est toujours bon de rappeler qu’il y a encore des défenseurs de la capitale historique... Pour le reste, il est clair qu’il faut avoir un seul PE. 3 villes pour une institution, c’est un non sens total. On pourra commencer par vider le PE luxembourgeois...

  • Le 9 mars 2009 à 14:03, par lecombatant En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    Et du coup, Patricia, t’es pour Strasbourg ou pour Bruxelles ? C’est pas un peu rapide de dire qu’il faut un seul lieu, sans dire lequel ?

  • Le 9 mars 2009 à 15:37, par yoplait En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    La seule question à se poser est : veut-on une capitale fédérale à Bruxelles (et dans ce cas-là, il faut le dire, mais ne pas cacher le projet sous l’argument anti-arrogance-française) ou veut-on un fédéralisme polycentrique original symbolisé par le principe « trois pouvoirs-trois capitales » ?

    L’arrogance française consiste, dans ce cas, à essayer de faire avaler le rassemblement du PE à Strasbourg comme un projet propre à implémenter un fédéralisme polycentrique. La Commission à Bruxelles, la Cour de justice à Luxembourg et le Parlement à Strasbourg (sans compter la BCE en Allemagne), voilà un drôle de polycentrisme : tout en Vieille Europe ! Disposé sur un axe de seulement 350 km de long !

    Je ne suis pas par principe opposé à l’argument du fédéralisme polycentré et à la proximité des citoyens qu’il est censé réaliser, mais force est de constater qu’il n’y a qu’un seul moyen de le réaliser : déménager le Parlement en Europe de l’Est et la Cour de justice en Europe scandinave.

    Pourquoi déménager le Parlement et pas la Commission ? Car la Commission est l’institution la plus difficilement déménageable en raison du coût financier et social du déplacement de 20 000 fonctionnaires (plus, le cas échéant, leurs familles). Ce qui nous mène d’ailleurs au vrai problème du déménagement du parlement hors de Bruxelles : la proximité avec la force de travail de la Commission, nécessaire au bon fonctionnement des commissions parlementaires.

  • Le 9 mars 2009 à 15:46, par Ronan En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    Quelle tristesse de voir que le seul moyen de créer un peu de "buzz" sur les problématiques européennes ce soit - à l’heure actuelle, en tout cas - de relancer la fameuse "guéguerre euro-fratricide" entre Strasbourg et Bruxelles.

    Visiblement tout le monde le veut, ce fichu « Europarlement ». Quant à lui donner davantage encore de pouvoirs (voire, celui d’organiser démocratiquement l’Europe...), c’est à l’évidence un autre problème... Un Problème dont la plupart se contrefichent (futurs candidats à l’Eurodéputation compris, à ce qu’il semble...).

    A croire que tout ce beau monde marche sur la tête : ils veulent être députés ?! Pour quoi faire ?! Ils veulent avoir l’Europarlement ici plutôt que là, mais - fondamentalement - pour quoi faire ?!

    Récemment (avant de quitter sa charge...) l’Eurodéputé Jean-Louis Bourlanges avait oser déclarer que le Parlement européen était un porte-avions condamné à faire des ronds dans l’eau (une rollsce-royce condamnée à faire du ramassage scolaire...). Et un bijoux de technologie condamné à éternellement tourner en rond, sans plus d’inutilité politique, au-dessus de l’océan abyssal de nos insondables névroses...

  • Le 9 mars 2009 à 15:59, par Ronan En réponse à : Pour un PE unique à Bruxelles

    Si l’actuelle Afrique du sud (l’Union sud-africaine) s’est contruit autour de trois capitales, ce n’est pas par souci de bonne gouvernance ou pour étancher quelque volonté de garantir un certain équilibre contitutionnel des pouvoirs.

    C’est surtout parce que, lors de sa fondation (vers 1910), il a surtout fallut faire en sorte de contenter symboliquement tous les nationalistes de tout poil amenés à entrer dans l’Union (afrikaners de l’Etat d’Orange, Boers du Transvaal, anglophones « impériaux » du Cap, etc...). En donnant ainsi à chacun son « nonos » à ronger.

    Le temps effaçant les mémoires, ça rend toutes les relectures possibles très faciles. Mais qu’on ne nous prenne pas pour des « enclumes » en faisant ainsi passer le vice pour de la vertu...

  • Le 10 mars 2009 à 00:10, par Emmanuel En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    oui... c’est une vision noire, que celle de Jean-Louis Bourlanges, à la Rocard, mais elle ne traduit pas une réalité. Qui donc a fait plier la Commission sur la directive services ? Pas le Conseil. Qui a fait plier le Conseil et la Commission sur la directive sur le temps de travail ? Qui a refusé Butiglione ?

    Quant le Parlement a des c..., le Parlement a du pouvoir. Ce qui me ramène au débat et me fait te rejoindre, Ronan : l’important n’est pas la localisation du Parlement, mais bien son pouvoir ! Et c’est trop facile de cacher l’enjeu du pouvoir derrière la démagogique querelle du siège (enfin, démagogique, seulement en partie, parce que c’est vrai qu’une institution éclatée entre trois villes c’est stupide).

  • Le 10 mars 2009 à 00:20, par lecombatant En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    un drpole de raisonnement par l’absurde : donc c’est tout ou tout rien, tout q Bruxelles ou tout aux 4 coins de l’Europe ? si le choix des villes peut en plus avoir un sens politique fort, pourquoi s’en priver ? suis désole mais Strasbourg avec le conseil de l’europe c’est pas seulement l’europe de louest, cesst justement la rencontre de l’est et de l’ouest/. l’idee dui polycentrisme symbolique cest de separer physiquement les pouvoirs pas de s’engager dans des dépoenses idiotes visant à transferer au 4 coins de l’europe les institutions qui sont deja imlpantees qq part : la CJCE estr a Luxembourg, le PE a Strasbourg ; il s’git juste de cmlarifier la situation en rassemblant a Strasbourg l’activite du PE qui est a Bruxlles, pas de chambouler toutes les institutions.

  • Le 10 mars 2009 à 07:07, par Martina Latina En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    De retour d’un rapide circuit d’étude méditerranéen, je ne peux me retenir plus longtemps de répondre à cet article, non que Strasbourg soit nettement plus méridional que Bruxelles, mais parce que Strasbourg est le coeur battant de l’Europe (jonction historique et toujours vibrante non seulement de l’est et de l’ouest, mais aussi du monde latin et de l’univers septentrional, grand port rhénan, hémicycle plus vaste pour le Parlement européen, position plus centrale en Europe, Conseil de l’Europe, Cour européenne des Droits de l’homme, université...) et joue, par nature autant que par vocation, son rôle de métropole en tant que carrefour de réflexion, d’échanges et de paix, bref de création constructive. Tout est dit par la différence des termes anglais dans l’intitulé des sites mentionnés dans les précédents messages : entre SEAT et CITY, le choix est bientôt fait en faveur de l’être humain qui est évidemment plus actif comme CITOYEN que comme ASSIS (la position maudite notamment par un Rimbaud toujours juvénile), et surtout en faveur de la diversité, linguistique autant que culturelle, qui tisse L’EUROPE... depuis que la petite EUROPE l’a fait grandir voilà plusieurs millénaires en quittant sa Phénicie natale, donc le rivage de l’actuel Liban, pour accoster en Crète, dans la légende antique et surtout dans les faits des cinquante dernières années !

  • Le 9 juillet 2009 à 17:08, par EUcitizen En réponse à : Bruxelles

    I say YES to a European Parliament ONLY in Brussels. The moving between Brussels and Strasbourg cost 1.994.000.000 Euro a year (Source : Wikipedia). I’m not paying tax for such a silly thing. Brussels is a better place for the parliament since it’s more in the centre of the EU than Strasbourg. And by the way, the European Council is already in Strasbourg.

  • Le 10 août 2009 à 12:24, par Manu En réponse à : Strasbourg

    « Source : Wikipedia » : surely, this a a scientifically validated source... Almost 2 billion euros ? Even the fiercest Anti-Strasbourg brag about the non-official figure of « only » 200 millions a year.

    And once again, if the moving costs too much, we could also scrap Brussels. Just look at a map of Europe : Strasbourg is clearly more at the center of Europe than Brussels. Anyway, you don’t choose a location for an institution because of its centrality. History and values (you know, that thing called « politics », which people seem to forget from time to time when they only speak about efficiency ?) also have a role to play. Otherwise, why would capitals such as Berlin, London or Washington be so outcentered ?

    « And by the way », the European Council is in Brussels. Strasbourg is home to the Council of Europe, created in 1949.

  • Le 10 août 2009 à 13:56, par Laurent Nicolas En réponse à : Strasbourg

    Je suis de moins en moins convaincu par l’argument des symboles, des valeurs, pour justifier le maintien du Parlement à Strasbourg. Célébrer la paix réussie entre français et allemands après la guerre, point de départ de la construction européenne, oui, c’est important. Mais est-ce sur ce terrain que l’on peut créer de l’adhésion, que l’on peut redonner de la vitalité au projet européen ? Je suis convaincu du contraire. Pour ma génération, pour notre génération, ceux qui n’ont -quasiment- pas connu la guerre froide, l’Europe de la paix ne suscite pas d’engouement particulier. Je trouverai plus pertinent d’installer le Parlement dans un lieu qui soit le symbole des grands défis du vivre ensemble européen d’aujourd’hui : une ville pionnière sur les questions environnementales par exemple...Copenhague, Stockholm ? C’est sûrement une utopie, et par conséquent, la « réunification » du Parlement européen à Bruxelles fait sens en ce qu’elle entérine définitivement le statut de Bruxelles comme capitale institutionnelle de l’Union, avant peut être de devenir une capitale politique.

    Le fait qu’une partie du Parlement ne soit plus à Strasbourg ne doit être considéré ni comme un drame national ni comme une négation des origines du projet européen. Beaucoup de choses pourraient être faites pour réutiliser les bâtiments du Parlement : l’eurodéputé polonais Geremek proposait une grande université. Que Strasbourg conserve ce statut de lieu de mémoire, par la présence de certaines infrastructures de l’UE, au contraire. Mais le Parlement a-t-il réellement vocation à demeurer scindé en dépit du bon sens ?

  • Le 11 août 2009 à 15:12, par Manu En réponse à : Strasbourg

    Quelques réponses :


    "Je suis de moins en moins convaincu par l’argument des symboles, des valeurs, pour justifier le maintien du Parlement à Strasbourg. Célébrer la paix réussie entre français et allemands après la guerre, point de départ de la construction européenne, oui, c’est important. Mais est-ce sur ce terrain que l’on peut créer de l’adhésion, que l’on peut redonner de la vitalité au projet européen ?"

    D’abord, Strasbourg, c’est beaucoup plus que la réconciliation franco-allemande ; si c’est un symbole, c’est surtout celui d’une Europe qui se construit sur autre chose que sur des normes, de la réglementation, un marché unique et de la concurrence. Ce n’est pas un hasard si Strasbourg rassemble les institutions européennes qui portent des valeurs que certains oublient trop souvent (démocratie et droits de l’homme), et ce, aussi bien dans l’UE (Parlement) que sur le reste du continent (Conseil de l’Europe, Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, Cour européenne des droits de l’Homme) et même au-delà (Eurocorps).

    Ensuite, il ne s’agit pas de "justifier le maintien" (sous-entendu le statu quo). Il s’agit de savoir s’il ne serait pas plus pertinent (et plus réaliste) de rassembler à Strasbourg les activités bruxelloises et luxembourgeoises du Parlement, plutôt que de transférer le siège de cette institution à Bruxelles.


    "Pour ma génération, pour notre génération, ceux qui n’ont -quasiment- pas connu la guerre froide, l’Europe de la paix ne suscite pas d’engouement particulier."

    Ca fait mal de lire ça sous la plume de quelqu’un qui se proclame fédéraliste. Je suggère, notamment, que tu ne participes plus aux actions de la JEF soutenant le peuple biélorusse face à sa dictature, puisque l’Europe de la paix ne suscite pas d’engoument particulier.... Je suggère également d’aller dire ça à nos nouveaux compatriotes d’Europe de l’Est et aux habitants des Balkans (et je ne parle pas de la Géorgie ou de la Moldavie) qui, eux non plus, n’ont probablement aucun engouement pour l’Europe de la paix.

    Ce que tu écris là me renforce dans l’idée qu’il est fondamental que les institutions n’oublient pas d’où elles viennent et pourquoi elles sont là. On n’a pas fait l’Europe, on n’a pas créé le Parlement européen, pour lutter contre le réchauffement climatique, mais pour éviter que les gens se massacrent et s’exterminent... Les politiques communes n’en sont qu’une conséquence. Et je constate avec tristesse que ceux qui l’oublient sont également ceux qui pensent que mettre les institutions ici ou là est parfaitement neutre à cet égard.

    Comme je l’ai dit précédemment, si l’histoire, les valeurs et les symboles étaient sans importance, pourquoi diable les Allemands ont-ils tant voulu transférer à Berlin ce qui était si bien installé dans la tranquille ville de Bonn ?


    "Je trouverai plus pertinent d’installer le Parlement dans un lieu qui soit le symbole des grands défis du vivre ensemble européen d’aujourd’hui : une ville pionnière sur les questions environnementales par exemple…Copenhague, Stockholm ? C’est sûrement une utopie, et par conséquent, la « réunification » du Parlement européen à Bruxelles fait sens en ce qu’elle entérine définitivement le statut de Bruxelles comme capitale institutionnelle de l’Union, avant peut être de devenir une capitale politique."

    C’est un raisonnement par l’absurde typique, qui permet de faire l’économie de toute réflexion sur la seule question qui compte vraiment, et que tu évoques comme un fait accompli qu’il ne convient même pas de discuter : faut-il que l’UE soit dotée d’une capitale institutionnelle unique, ou bien ne peut-on pas imaginer un fédéralisme original et moderne, où l’indépendance et la puissance du Parlement, comme ceux de la cour de justice, s’exprimerait notamment par son éloignement géographique des institutions exécutives de Bruxelles (Commission et, on l’oublie trop souvent, Conseil des ministres qui, comme dans la plupart des fédérations originelles, cumule des fonctions législatives et exécutives)

    On ne décide pas de la localisation d’une insitution en fonction des priorités politiques (environnement) de l’UE, mais en fonction de l’impact de cette localisation sur la nature même de l’UE. Comme dit plus haut, on n’a pas fait l’Europe, pour lutter contre le réchauffement climatique, mais pour éviter que les gens se massacrent...

    Si on veut qu’elle reproduise les schémas nationaux traditionnels, OK, mettons tout à Bruxelles. Gageons que c’est pas ça qui rendra l’Europe plus compréhensible pour chacun, ni qui renforcera le Parlement, mais admettons. Ou alors on veut faire de l’Europe quelque chose de neuf et d’original, qui en même temps tienne compte de ses réalités nationales, et s’ancre dans une histoire et des valeurs, et alors séparer les trois pouvoirs entre les trois capitales Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg prend tout son sens.


    "Le fait qu’une partie du Parlement ne soit plus à Strasbourg ne doit être considéré ni comme un drame national ni comme une négation des origines du projet européen."

    En tout cas certainement pas comme un drame national, c’est sûr. Vu que les Français sont probablement les seuls à s’autoflageller en étant prêts à renoncer à la seule institution de l’UE sur leur territoire, alors que pas un autre Etat membre n’accepterait de voir partir de chez lui, qui la BCE (Allemagne), qui la Cour de Justice (Luxembourg), qui l’OHMI (Espagne), qui l’agence Frontex (Pologne), qui Europol (Pays-Bas). Moi, je peux accepter intellectuellement que tout soit à Bruxelles, mais dans ces conditions, c’est toutes les institutions qu’il faut y installer, pas seulement le PE. Je ne suis pas d’accord que la France se sacrifie sur l’autel de l’Europe pour devenir le "bon Européen" de service, pendant que tous les autres restent aggripés à leurs colifichets.


    "Beaucoup de choses pourraient être faites pour réutiliser les bâtiments du Parlement : l’eurodéputé polonais Geremek proposait une grande université. Que Strasbourg conserve ce statut de lieu de mémoire, par la présence de certaines infrastructures de l’UE, au contraire."

    Un musée, quoi... Tu sais pertinemment que pas un des "projets" évoqués par les anti-Strasbourg pour donner un os à ronger à la France n’a le début d’une amorce de crédibilité. Je l’ai déjà dit ailleurs : c’est quoi, cette université ? Chacun sait que si Strasbourg est déjà attractive pour les étudiants de toute l’Europe, c’est justement en raison de sa proximité avec les institutions européennes. Ce n’est pas en supprimant la plus visible d’entre elles qu’on renforcera l’attractivité universitaire de la ville...


    "Mais le Parlement a-t-il réellement vocation à demeurer scindé en dépit du bon sens ?

    Non, mais pourquoi donc faudrait-il que la fin de cette scission se traduise par un transfert du siège à Bruxelles plutôt qu’un rapatriment vers Strasbourg de ce qui s’est développé au fil des ans à Bruxelles et Luxembourg ?

  • Le 12 août 2009 à 08:40, par Martina Latina En réponse à : Strasbourg

    On a du mal à saisir vos expressions concernant une « réunification » du Parlement Européen ni vos allusions à sa prétendue scission ; car, selon les principes de Montesquieu toujours en vigueur dans nos sociétés dites modernes, la démocratie européenne a besoin d’une organisation multipolaire pour la répartition équitable et synergique de ses forces : l’exécutif à Bruxelles, le judiciaire à Luxembourg et le législatif à Strasbourg garantissent à l’Union Européenne l’efficacité d’un fonctionnement juste et moteur.

    On ne peut ignorer que, par rapport à celui de Bruxelles, l’hémicycle de Strasbourg se rapproche davantage de l’actuel centre de gravité de l’Union, et ce en offrant plus de place aux députés des 27 Etats membres ; il se situe de surcroît dans une ville d’histoire autant que d’innovation, parmi d’autres instances européennes et dans une active métropole ancrée non seulement dans la paix, mais dans la recherche universitaire, dans la création artistique, dans les échanges transfrontaliers, dans le dialogue culturel et dans l’innovation écologique.

    Il est donc inutile, ou plutôt contre-productif, de plaider pour un détournement du bel immeuble parlementaire placé sur les bords de l’Ill, près du Rhin et sous le patronage de Louise Weiss : tâchons plutôt d’éviter un nouvel enlèvement d’Europe, qui serait cette fois une perte de sens et de force pour l’Union Européenne. Madame Catherine Trautmann l’a indirectement rappelé cet été en faisant l’honneur à 120 professeurs du public venus de toute l’Europe géographique (de 16 pays) de les y accueillir et en terminant son exposé multilingue par les propos d’un ancien premier ministre du Japon : il souhaitait « faire une Europe asiatique » en créant par exemple au Japon des « écoles de démocratie » ; car, disait-il, les Asiatiques ont beau connaître égalité, solidarité - il leur manque toujours l’exercice de la liberté. Catherine Trautmann conclut donc en définissant la liberté comme une « construction » patiente et concertée : les maires et/ou bourgmestres de Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg ne l’ont-ils pas prouvé le 18 juin dernier en décidant à Strasbourg de créer un master trinational d’études européennes réparti sur les trois capitales de l’Union ?

  • Le 12 août 2009 à 15:28, par Laurent Nicolas En réponse à : Le référendum du bon endroit

    « Strasbourg, c’est beaucoup plus que la réconciliation franco-allemande ; si c’est un symbole, c’est surtout celui d’une Europe qui se construit sur (…) un marché unique et de la concurrence. Ce n’est pas un hasard si Strasbourg rassemble les institutions européennes qui portent des valeurs que certains oublient trop souvent (démocratie et droits de l’homme), et ce, aussi bien dans l’UE (Parlement) que sur le reste du continent (Conseil de l’Europe (…), Cour européenne des droits de l’Homme (…) »

    C’est vrai. Le Parlement siégeant à Strasbourg dans ce contexte fait sens en rapprochant le projet européen de valeurs et de façon de voir ce projet européen qui dépassent celles de la bureaucratie bruxelloise (de la Commission, donc) : ça donne de l’air. D’un autre côté, ça ne facilite pas la compréhension par le grand public (dans lequel j’inclus une bonne partie des journalistes) du découpage institutionnel entre ces deux Europes, celle de la coopération et celle de l’intégration. Mais je conviens que le problème demeure avec un siège unique, autre part.

    J’écrivais que « pour ma génération, pour notre génération, ceux qui n’ont -quasiment- pas connu la guerre froide, l’Europe de la paix ne suscite pas d’engouement particulier. ».

    J’attendais ta réaction sur ce point, je savais d’où viendrais la critique et je te réponds, donc, mais je sors du cadre du débat sur le siège du Parlement pour essayer de te faire comprendre ce que j’ai voulu dire.

    A aucun moment je n’ai porté de jugement de valeur, Emmanuel, sur le fait que l’Europe de la paix ne suscite plus l’adhésion des citoyens. Si je dois le faire maintenant, je t’assure que je le déplore tout autant que toi. J’en tire, même, exactement la même conviction qu’il est primordial aux institutions de l’Union de ne pas oublier d’où elles viennent, au projet européen de ne pas oublier d’où il vient. Et je ne me contredis pas pour autant. Le discours qui consiste à dire aujourd’hui « L’Europe a fait la paix, c’est formidable, allez voter aux européennes / votez oui à Lisbonne », ce discours ne fonctionne plus : c’est un constat, ce n’est pas un jugement. Ca ne parle plus aux citoyens, et ça parle encore moins à ma génération, ceux qui, comme je l’écrivais, n’ont quasiment pas connu la guerre froide, ont entre 15 et 25 ans. Et ça parle encore moins –on est pourtant déjà bien bas– à des jeunes de cet âge qui n’ont pas eu l’opportunité de faire des études, et qui ne connaissent ni ne s’intéressent à l’Europe, au fédéralisme, et à la réélection de Barroso. Ces gens là existent pourtant, ils sont nombreux, et leur voix dans les urnes compte, heureusement, autant que la notre.

    Je n’ai pas de solution miracle pour communiquer aux citoyens, aux jeunes. Il faudrait des mois de réflexion, entre gens compétents, pour formuler des arguments auxquels la population européenne pourrait adhérer. J’ai l’impression, comme je l’écrivais, que l’on pourrait susciter un engouement autour du projet européen en expliquant que c’est par l’Europe, l’Europe fédérale, l’Europe unie, démocratique, politique (etc.), par cette Europe là, que l’on peut résoudre les grands enjeux du vivre ensemble de demain. Et j’ai le sentiment que l’avenir de la planète, et le rôle que les Européens peuvent prendre dans cet avenir, est une cause qui dépasse et rassemble au delà de l’effet de mode Cohn-Bendit.

    Je ne pense pas que ce soit le seul enjeu de cette envergure. Au contraire, assurer la paix à nos frontières, en disposant d’une Europe de la défense et d’une politique étrangère forte, est à mon avis l’un des sujets qui peut clairement mobiliser : les gens savent, sans connaître les détails, que la Russie toute proche, ou la Chine, pourraient un jour constituer une menace. On revient au point de départ de la réflexion, sur la place de la paix dans la construction européenne : il faut un renouvellement de la manière de formuler et de valoriser ce qu’a fait l’Europe en matière de pacification du continent pendant 50 ans, et le meilleur moyen de faire ça c’est, je crois, de développer des politiques toujours plus fortes et intégrées en matière de défense et de politique étrangère, afin de les mettre au service des valeurs qui sont les nôtres : la démocratie, l’Etat de droit, le développement durable, l’économie sociale de marché (etc.). Pour faire simple, il faut parler de ce qu’on veut faire pour la paix, afin de ne pas tuer le souvenir de ce que nous avons fait en son nom. Car ce souvenir est bel est bien menacé aujourd’hui, qu’on le veuille ou non.

    Cette argumentation, raccourcie dans mon commentaire précédent, me permet d’affirmer que justifier du maintien ou du regroupement du Parlement à Strasbourg en utilisant le discours de l’Europe de la paix, de la réconciliation (etc.), bref de cette paix passée, je pense que ce n’est pas un argument qui permette de projeter le projet européen vers l’avenir, de lui redonner un nouvel élan. Mais pour autant, un siège unique à Strasbourg ne signifie pas, je crois, la sclérose du discours sur la paix. On peut à la fois rénover ce discours, proposer de nouvelles politiques d’approfondissement en matière de défense et de politique étrangère, et tout à la fois rassembler le Parlement à Strasbourg.

    faut-il que l’UE soit dotée d’une capitale institutionnelle unique, ou bien ne peut-on pas imaginer un fédéralisme original et moderne, où l’indépendance et la puissance du Parlement, comme ceux de la cour de justice, s’exprimerait notamment par son éloignement géographique des institutions exécutives de Bruxelles

    Oui on peut imaginer ça. Ce serait en effet le reflet d’un niveau très avancé de la construction de l’Europe politique : une Europe fédérale aux institutions déconcentrées. On peut débattre pendant des heures sur le meilleur endroit pour chaque institution. On peut quand même convenir que dans une Europe à 27 ou plus, recouvrant un territoire si vaste, une répartition des principales institutions entre Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg, c’est une déconcentration toute relative. Un grec ou un estonien ne parlerait peut être pas de déconcentration, et ne verrait peut être pas une grande plus-value démocratique dans cette répartition. Après, c’est sur qu’il faut que les institutions puissent collaborer correctement, et donc ne pas être trop éloignées les unes des autre. Idéal d’une fédération déconcentrée contre pragmatisme du travail politique quotidien…

    Tu évoquais ta crainte de voir une concentration institutionnelle se reproduire au niveau européen comme, entre autre, en France. Moi je n’ai pas d’avis arrêté sur la question, je ne sais pas si c’est fondamentalement mauvais que le Parlement soit dans la même ville que le Conseil des ministres et que la Commission. Il y a des fédérations déconcentrées, et puis il y a aussi les Etats-Unis et Washington, avec des contre-pouvoirs qui sont les Etats. Enfin je ne veux pas rentrer dans ce débat sans fin qui n’intéresse que nous. Tout ça pour poser la question : est-ce qu’une déconcentration est souhaitable ? Est-ce qu’elle apporte un vrai plus pour atteindre un objectif d’autonomie des différentes sources de légitimité ? Pour le dire autrement, est-ce que le Parlement risque d’avoir moins de pouvoir parce qu’il est dans la même ville que la Commission et le Conseil des ministres ? Je crois qu’il y a des arguments dans les deux sens et qu’on nage en pleine spéculation en essayant d’y répondre. Les pro-Bruxelles pourraient nous dire que de toute manière le Parlement est déjà à Bruxelles via les commissions parlementaires, et qu’il a accru son pouvoir d’influence et de collaboration avec la Commission. Moi je ne sais pas, je ne connais pas la situation de l’intérieur, seulement au travers d’analyses et de commentaires de chercheurs, de politologues, ou de journalistes.

    Quand j’évoquais l’idée de mettre le Parlement dans une ville symbole de la lutte conte les changement climatiques, tu me rétorquais qu’ « on ne décide pas de la localisation d’une institution en fonction des priorités politiques (environnement) de l’UE, mais en fonction de l’impact de cette localisation sur la nature même de l’UE.

    Bah… d’où tu sors cette règle ? T’as lu un Manuel de la Répartition des Institutions de l’UE pour les 200 ans à venir ? Je te cherche, mais c’est pour te dire au fond : pourquoi pas ? Quand on a crée, presque ex nihilo, la capitale du Kazakhstan en 1997 à Astana, il y avaient plusieurs raisons, mais c’était notamment pour permettre de relancer l’économie en entreprenant des grands travaux (objectif de politique économique) ; c’était aussi pour provoquer un mouvement de population kazakhe dans une région très russifiée (objectif de politique intérieure et étrangère). Donc bon, comme toute comparaison, c’est bancal, et tu peux m’objecter beaucoup d’arguments. Mais ce que je veux expliquer, c’est que la décision de la localisation des institutions d’un Etat, ou disons d’une entité politique (pour que ça s’applique à l’Europe) cette décision se fonde sur les raisons que se donnent les décideurs, point. Ça peut être des objectifs de stabilisation d’un régime, de séparation des pouvoirs, ça peut être purement symbolique, ça peut être pour poursuivre des objectifs de politique publique, de politique intérieure ou étrangère. En démocratie, ces « raisons » devraient bien sur être approuvées par le peuple : des décisions aussi importantes que la localisation du Parlement devraient donner lieu à référendum.

    Et j’en viens à mon point principal, et qui sera le dernier parce que j’ai déjà été très long : mettre le siège du Parlement européen à Strasbourg, à Bruxelles, à Tallin ou à Athènes, ça devrait être soumis à référendum, le premier référendum transnational, réalisé le même jour dans tous les pays membres de l’UE.

    P.S, @ Emmanuel : on peut débattre sans avoir constamment besoin de s’insulter mutuellement : tu peux trouver une formulation ou un argument absurde, une phrase peut t’énerver parce qu’elle heurte tes plus profondes convictions, mais ça ne t’autorise pas à formuler ta réponse dans un registre aussi dédaigneux. Par ailleurs, j’ai déjà eu l’occasion de dire ici que les procès en fédéralisme ne mènent nulle part, et chercher qui sera le plus fédéraliste d’entre nous ne rime à rien. Donc la prochaine fois que je dis « des absurdités », prouve le moi en argumentant et garde ta mauvaise humeur pour toi ; et je te prie de croire que je souhaite une Europe fédérale, point final.

  • Le 13 août 2009 à 07:08, par Martina Latina En réponse à : Le référendum du bon endroit

    Peut-être ce message s’affichera-t-il à sa place chronologique ; sans pouvoir rattraper ma légère coquille au début de ma réponse précédente, je voudrais en tout cas reprendre certains aspects de votre proposition de « référendum du bon endroit » en disant « chiche », car le défi mérite d’être relevé. Je souscris en effet à vos affirmations suivantes : « L’Europe unie peut résoudre les grands enjeux du vivre-ensemble de demain. (...Pour cela, il nous faut) parler de ce qu’on veut faire pour la paix, afin de ne pas tuer le souvenir de ce qu’on a fait en son nom (...,) rénover le discours, proposer de nouvelles politiques d’approfondissement et rassembler le Parlement à Strasbourg (..., le tout dans) l’idéal d’une fédération déconcentrée », tels sont les points d’accord qui peuvent constituer autant de points de départ pour renforcer ou former la conscience européenne des citoyens de l’UE. J’ajouterais volontiers qu’avec un organisme comme la chaîne franco-allemande ARTE Strasbourg fait respirer plus largement, dans une liberté créatrice et fédératrice, l’âme dont vit l’Europe, et je citerai pour finir Jean-Marie CAVADA rappelant à la fin de son ouvrage intitulé « Une marche dans le siècle » le bien-fondé de la localisation du Parlement Européen à Strasbourg : « La paix habite quelque part, ne la délogeons pas ».

  • Le 13 août 2009 à 10:45, par Manu En réponse à : Le référendum du bon endroit

    Laurent, tu m’as mal lu. Je n’ai jamais dit que tu disais des absurdités, mais que tu faisais « un raisonnement par l’absurde » :

    Je cite (une fois n’est pas coutume...), l’article de wikipédiaà ce propos, qui a au moins le mérite de montrer que ce n’est pas une insulte !

    « Le raisonnement par l’absurde (du latin reductio ad absurdum) ou apagogie (du grec ancien apagôgê) est une forme de raisonnement logique, philosophique, scientifique consistant soit à démontrer la vérité d’une proposition en prouvant l’absurdité de la proposition complémentaire (ou »contraire« ), soit à montrer la fausseté d’une autre proposition en en déduisant logiquement des conséquences absurdes. »

    En l’occurrence, c’est ce que tu fais en disant, grosso modo, « si on veut du vrai polycentrisme, mettons le Parlement à Tallin, la CJCE à Rome et la Commission à Dublin... », comme si on ne pouvait pas trouver un juste milieu, avec un polycentrisme efficace.

    Mais le fait que je dise que tu as recours à cette technique n’est en rien une insulte ; en tous cas, ce n’était pas comme ça que je l’entendais. Donc, toutes mes excuses si tu t’es senti agressé !

  • Le 13 août 2009 à 13:19, par Laurent Nicolas En réponse à : Le référendum du bon endroit

    Au temps pour moi, j’ai saisi la nuance ; à mon tour, désolé d’avoir mal interprété. J’essayais en effet de montrer, en forçant le trait, que des institutions déconcentrées ne le sont pas nécessairement pour tout le monde. Mais la vraie question reste en suspens : des institutions déconcentrées, ou un fédéralisme polycentrique est-il souhaitable / plus efficace / plus démocratique ? sur quels critères ?

    Etant donné la longueur de mon précédent commentaire et la complexité des questions soulevées, je vais transformer tout ça en article... si tu veux participer Manu... ;)

  • Le 14 août 2009 à 12:44, par Laurent Nicolas En réponse à : Strasbourg

    L’argumentaire de Manu exprime surtout quelque chose de très clair, une sorte d’ « angoise existentielle » alsaco-strasbourgeoise : faute d’être capitale européenne, la ville de Strasbourg (pourtant très jolie ville) a peur de (re)devenir le trou du *** du monde. Défendre la ville de Strasbourg est donc ici - aussi (et surtout ?!) l’expression d’une sorte de « patriotisme urbain » qui d’ailleurs n’est absolument pas illégitime. Manu ayant parfaitement le droit d’aimer sa bonne ville de Strasbourg (et moi aussi, d’ailleurs...).

    D’autant plus que - par ailleurs - l’argumentaire « fédéraliste » et « déconcentré » de Manu se tient. Cela dit, quelque soit la justesse des arguments qu’il avance, j’ai bien peur (puisque je me suis déjà exprimé en ce sens en des occasions précédentes...) que tout cela ne pèse pas bien lourd face à l’hostilité évidente (et l’énervement déjà perceptible) de certains de nos partenaires, dans le contexte délicat de certains « chantages financiers » à venir (dans le cadre du fonctionnement actuel de l’Union).

    Puisque - quoi qu’on en dise - un jour prochain Strasbourg, devenue objet de transaction politique, sera donc - très certainement - vulgairement échangée contre les sous de la PAC (ou l’inverse...). Et j’ai envie de dire « hélas ». Parce que - hein, me faites pas dire ce que j’ai pas dit - j’aime bien Strasbourg et l’Alsace... (PS : j’y ai fait mon service militaire, mais c’est une autre histoire, je m’égares...).

  • Le 14 août 2009 à 13:48, par Laurent Nicolas En réponse à : Strasbourg

    Ce serait la pire manière de décider, mais je partage pour une fois ton pessimisme pour penser que c’est la plus probable, dans l’état actuel de l’Europe politique où tout est échangeable, symboles contre budget, valeurs contre opting out etc. Le plus-mieux-génial démocratique serait bien sur un référendum, mais nous sommes de doux rêveurs.

    Même si notre débat sur le siège du Parlement est redondant, que nous avons déjà écrit sur ce sujet, qu’il n’est pas d’actualité et ne le sera pas d’ici la fin de l’année (en 2009 restent : Lisbonne en Irlande, élections allemandes, commission Barroso, Copenhague), je pense qu’on prend de l’avance car la question a toutes les chances de ressortir une fois l’agenda allégé...

    ...et au deuxième semestre 2010...présidence belge...

  • Le 15 août 2009 à 07:49, par Martina Latina En réponse à : Strasbourg

    Nous sommes donc quelques-uns à nous accorder sur l’idée d’un référendum concernant le siège du Parlement Européen. Malheureusement, ce ne serait pas seulement utopique, mais exigeant : car la question mérite réflexion et d’abord information. Il s’agirait en conséquence de promouvoir avec assurance, puis de mener avec méthode, avec doigté, bref dans une réelle concertation, une campagne aussi efficace que nuancée pour préciser et diffuser les principes de la démocratie européenne.

    En effet, nous savons que la séparation des pouvoirs n’est pas seulement affaire de gros sous, mais qu’elle repose avant tout sur la responsabilité individuelle, sur la cohésion communautaire et qu’elle entraîne ainsi la synergie consciente des citoyens. Les animations strasbourgeoises confirment d’ailleurs cet été que l’histoire et l’espérance européennes ont bien leur coeur à Strasbourg, que cette cité rhénane forme un vivant carrefour de routes, de perspectives et de symboles fédérateurs pour ses visiteurs les plus variés : tous les soirs, ils paraissent venir à travers les ténèbres communier dans la quête d’une Union déjà en marche sur ces rives, dans la fête du partage culturel et dans la lumière de sa lointaine fondatrice toujours à l’honneur, EUROPE l’aventurière qui nous lança dans l’aventure nautique, alphabétique et démocratique.

  • Le 15 août 2009 à 11:31, par Ronan En réponse à : Strasbourg

    « Le plus-mieux-génial démocratique serait bien sur un référendum » : plus mieux génial (car tout le monde met sur la table tous les points du dossier...) ou étalage de démagogie (si la campagne n’est pas plus fair play que les précédentes...).

    Mais - en tout cas - il faut bien se dire aujourd’hui que si on met la localisation du siège du parlement européen aux voix - arguments contre arguments, dans l’Europe actuelle, c’est vraiment pas sûr non plus que Strasbourg en sorte vivante.

    Ben ouais, dans l’Europe actuelle - celle de Nice et de Lisbonne, « confédération lâche » et avant toute chose « marché » - tout est interchangeable : symboles contre budget, notamment. C’est précisément le problème.

  • Le 8 novembre 2010 à 14:48, par Xavier En réponse à : Un Parlement unique à Strasbourg, pour ou contre ?

    Nos eurodéputés ne savent pas ce qu’est internet, ni l’email, ni la vidéoconférence...

    Attendez une génération et ils se ficheront bien d’être à Strasbourg, Bruxelles, sur le sommet du Mont-Blanc ou en Laponie !

  • Le 11 novembre 2010 à 19:28, par Michael Flohr En réponse à : Pour ou contre ?

    L’article est bien rédigé et je peux fortement approuver qu’il faudrait une analyse des vrais coûts pour chaque opportunité.

    Cepandent, si la facon des députés et de l’administration de travailler s’améliorait au niveau du gaspillage de pratiquement tout (papier, climatisation, électricité etc.) on aurait pris d’abord un pas vers la bonne direction avant de penser au changement du siège à cause des arguments écologiques.

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