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Un bavarois en France – On ne joue pas avec la nourriture !

, par traduit par Quentin Weber-Seban

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Ah, la France, le pays des gourmets … Voilà au moins une chose que l’on reconnaît volontiers aux Français. À qui d’autre viendrait-il donc à l’idée d’inventer des mets aussi délicats que les petits fours, les mousses au chocolat ou les macarons ?

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La renommée mondiale de la Cuisine française n’est pas usurpée. Nulle part ailleurs trouve-t-on autant de différents fromages au supermarché et une telle variété de baguettes chez le boulanger.

Il est temps, me suis-je dit en tant qu’étudiant Erasmus bavarois, de montrer aux Français ma culture locale et, plus exactement, de leur donner un aperçu de notre culture culinaire – bien entendu au nom du rapprochement entre les peuples. En effet, chaque étudiant Erasmus doit être un ambassadeur de son pays et, autant que faire se peut, laisser à ses hôtes une impression positive de sa culture.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Et quelle plus belle surprise faire à un Français que de lui préparer un authentique petit-déjeuner munichois à base de saucisse blanche ? Ajoutez à la saucisse une cuillère de moutarde douce et un bretzel, et le Français ou la Française regardent d’abord leur assiette avec un air incrédule. Au petit-déjeuner ? « Dégueulasse », commente-t-il tout de suite ! Après une première bouchée, et sans la peau s’il vous plaît, le bretzel leur avait pour la plupart tellement coupé la faim que la saucisse blanche et la moutarde à l’ancienne ne passaient plus. On les voit rarement aussi rassasiés, les Français.

Qui n’aime pas la saucisse aime peut-être le fromage, surtout quand on est français ! C’est pourquoi j’ai surpris mes amis français avec une friandise bien particulière, c’est-à-dire un grand bol d’obazda d’après une recette bien bavaroise. - O-quoi ? Plaît-il ? L’obazda est une préparation bavaroise à base de camembert, de beurre, d’oignons, de paprika, de cumin et de bière. Avec ça, je ne pouvais que toucher juste, vu que les Français adorent le camembert, qu’ils connaissent le beurre et utilisent des épices dans leur cuisine. La première question à la vue du bol de fromage fut « ça se mange ? » Oui, de préférence avec – c’est tout ce qu’il y avait – de la baguette. » Le Français n’est pas impoli et goûte donc un morceau, avec de la baguette. « - Eurk, euh, ça a vraiment un goût particulier. - Encore un peu ? - Merci beaucoup [1], mais ma ligne … »

En parlant de ligne, un Allemand se demande souvent, en France, comment les Françaises et Français font pour être si minces. Et après une année au pays des gourmets, je dois dire que je comprends de mieux en mieux. Les Français ne mangent tout simplement rien, comparés aux Allemands. La cuisine allemande est en effet plutôt connue comme consistante et se basant sur la quantité, alors que les Français mettent au contraire l’accent sur le goût et le choix des aliments. Si l’on présente à une Française une belle salade composée allemande, avec ce qu’il faut de sauce, elle vous demandera tout de suite : « tu veux m’engraisser ? ».

En France, on préfère prendre quelques feuilles de salade seules, au plus trois ou quatre, délicatement nappées de quelques gouttes de jus d’orange. Ensuite, on ne prendra pas une bonne escalope, qui déborde de l’assiette, non, on prend plutôt un petit bout d’entrecôte. C’est un morceau de viande de bœuf particulièrement raffiné, de la taille d’une boîte d’allumettes. Mouais, on n’en fait qu’une bouchée. Les Français sont également particulièrement créatifs en ce qui concerne les desserts, outre les centaines de sortes de mousses, crèmes et biscuits, un dessert est particulièrement apprécié : l’île flottante. Cette chose est en fait uniquement constituée d’air et de quelques molécules d’œufs en neige. Le tout est « inondé » de sauce à la vanille. Ce à quoi le Bavarois répond avec de la crème bavaroise, une crème double voire triple avec énormément de graisse. Qu’un Français ne pourrait pas manger ça, cela va sans dire.

Il y a pourtant une spécialité culinaire allemande que les Français ont appréciée. Il s’agit de ces petits gâteaux enrobés de chocolat, que j’avais apporté à mon repas de Noël pour accompagner le vin chaud. « Apporte donc quelques-uns de tes petits gâteaux », m’avait demandé un Français en plein été. Tut mir Leid, mais on ne trouvera pas de Lebkuchen avant fin septembre.

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Notes

[1en français dans le texte

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