
Les connaissances linguistiques sont importantes si on veut garantir que tous les habitants de l’UE puissent bénéficier des avantages du marché unique. Il semble que les européens sont d’accord, car les résultats des sondages montrent une visible augmentation quant au niveau de compétence en langues dans l’UE.
Aujourd’hui, l’Union européenne abrite 450 millions de citoyens de diverses origines ethniques, culturelles et linguistiques. Les modèles linguistiques des pays européens sont complexes, façonnés par l’histoire, les facteurs géographiques et la mobilité des personnes. A l’heure actuelle, l’Union européenne reconnaît vingt et une langues officielles.
Le terme « multilinguisme » fait référence à la fois à une situation où plusieurs langues sont parlées dans une certaine zone géographique et à la capacité d’une personne de maîtriser plusieurs langues.
En tant que tel, le multilinguisme est une caractéristique essentielle de l’Europe dans ces deux sens. Le multilinguisme contribue largement aux valeurs européennes essentielles que sont la démocratie, l’égalité, la transparence et la compétitivité. Pas plus d’un Européen sur dix ne nie les avantages du multilinguisme.
Une ou deux langues étrangères ?
Les sondages Eurobaromètre standard se répètent régulièrement pour suivre la situation linguistique et l’évolution de l’opinion publique dans les Etats membres. Ainsi 56% des personnes interrogées dans l’Union européenne sont capables de participer à une conversation dans une autre langue que leur langue maternelle.
Près de la moitié des citoyens de l’UE qui connaissent au moins une langue en plus de leur langue maternelle disent qu’ils utilisent les langues étrangères presque tous les jours. Par rapport aux résultats obtenus en 2001, la proportion de ceux qui connaissent au moins une langue étrangère a augmenté.
Cela ne suffit pas car, en 2002, les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne ont défini un objectif à long terme qui vise à ce que tous les citoyens de l’Union européenne parlent deux langues en plus de leur langue maternelle. Pourtant seulement 28% des européens maîtrisent deux langues en plus de leur langue maternelle.
Les compétences linguistiques semblent être légèrement meilleures dans les Etats membres plutôt petits, tandis que les citoyens de l’Europe méridionale et des deux pays où l’on parle anglais, c’est-à-dire le Royaume-Uni et l’Irlande, semblent avoir des connaissances linguistiques plus modérées.
Il faut garder à l’esprit que si on est monolingue et on parle parfaitement anglais, on a moins d’atouts dans le marché du travail qu’une personne qui parle plusieurs langues. Plusieurs enquêtes sur le besoin des connaissances langagières ont montré que l’anglais n’est pas le meilleur choix dans toutes les situations internationales et qu’on ne devrait pas forcement favoriser seulement une langue.
L’éventail des langues connues en Europe
L’anglais est perçu par les Européens comme étant de loin la langue la plus utile à connaître (68%). Le français (25%) et l’allemand (22%) suivent presque côte à côte, et l’espagnol est quatrième au classement, avec16%. En ce qui concerne les langues étrangères les plus parlées sur le continent, la carte de l’Europe semble se limiter à cinq langues : l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol et le russe.
L’anglais est apparemment la langue la plus répandue dans le monde comme première langue étrangère et elle continue à être la langue étrangère la plus parlée dans toute l’Europe. Ainsi 38% des citoyens de l’Union européenne affirment avoir des connaissances suffisantes en anglais pour tenir une conversation. Par rapport à la situation en 2001, un plus grand nombre de répondants disent qu’ils parlent l’anglais, mais aussi le français, l’allemand et l’espagnol.
Une autre évolution depuis le sondage de 2001 est que le russe a fait son apparition sur la carte des langues les plus parlées en Europe. Ainsi 14% des Européens indiquent qu’ils connaissent le français ou l’allemand en plus de leur langue maternelle. Avec l’élargissement de l’Union européenne, l’équilibre entre le français et l’allemand change lentement. Les citoyens des nouveaux Etats membres sont plus nombreux à maîtriser l’allemand.
Dans tous les nouveaux Etats membres, s’exprime une motivation croissante pour l’apprentissage des langues. Ainsi 61% des Européens déclarent qu’ils sont très satisfaits de l’éventail actuel des langues enseignées dans les écoles de leur pays, C’est le cas en particulier à Malte (98%), en Finlande (87%) et au Luxembourg (82%). Environ un tiers (30%) aimerait voir augmenter ce choix de langues.
Quelles langues pour les enfants et à quel âge ?
La majorité des Européens apprennent les langues à l’école secondaire alors que sur le site internet de l’UE on indique que cela serait vraiment idéal de commencer l’apprentissage de deux langues le plus tôt possible, déjà au commencement de la scolarité, car c’est essentiellement á ce moment-là que les attitudes envers les langues se forment. Ce qui est positif, c’est que la majorité des Européens pensent que le meilleur âge pour commencer l’étude d’une langue étrangère se situe entre six et douze ans.
Il existe des variations considérables entre les Etats membres. La proportion de ceux qui ont appris leur première langue étrangère à l’école primaire va de 82% au Luxembourg à 2% en Suède. Ainsi 4% des Européens affirment avoir amélioré leurs connaissances linguistiques à un âge très précoce, c’est-à-dire à l’école maternelle. C’est le cas notamment au Luxembourg, à Malte et en Espagne.
Ainsi 39% des citoyens européens accepteraient l’introduction de l’enseignement de la première langue étrangère aux enfants entre zéro et cinq ans. Dans treize des vingt-neuf pays sondés, les citoyens affirment que les enfants devraient apprendre l’allemand comme seconde langue étrangère. Dans huit pays, le français arrive en deuxième position.
Sur ce sujet, nous découvrons les modèles historiques et géographiques qui influencent les attitudes et les opinions. Les habitants des pays Baltes trouvent que le russe devrait être enseigné aux enfants comme seconde langue étrangère, les Maltais étant favorables à l’italien et un tiers des Finlandais soutiennent le suédois comme deuxième langue la plus utile à enseigner aux enfants.
Tout de même, il y a un point commun : La prédominance de l’anglais s’est renforcée dans presque tous les pays en ce qui concerne la langue que les enfants devraient apprendre. Ce qui fait que l’éventail des langues perçues comme étant utiles à apprendre chez les enfants semble être réduit.








