Étudiante d’origine slovaque et luxembourgeoise, je suis actuellement en première année de master « Droits de l’homme et affaires humanitaires » à Sciences Po Paris, institution au sein de laquelle j’ai pu développer mon engagement pro-européen, dont est né un désir de sensibiliser par l’écriture. Majuscule est donc le fruit de cette volonté de créer une vitrine d’expression pour explorer les violations des droits humains, les dynamiques internationales et notamment l’effondrement démocratique que subit mon pays d’origine, la Slovaquie.
C’est un exercice audacieux que de dresser le bilan d’un texte qui fête à peine ses vingt-cinq ans. Pourtant, ce bilan s’impose, à l’heure où les droits humains s’effritent, vacillent et semblent s’éroder un peu plus chaque jour. La guerre est de retour sur le continent européen, l’essor des nouvelles technologies oblige à repenser la protection des droits humains en ligne, l’Union européenne (UE) reste divisée sur les enjeux environnementaux — comme en témoigne sa désunion lors de la COP30 à Belém — et l’agence européenne Frontex est accusée de violations des droits humains depuis février 2025, une plainte historique actuellement examinée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Il est donc tout à fait légitime de s’interroger sur les apports de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (la Charte) aux citoyens du Vieux Continent. Proclamée le 7 décembre 2000 à Nice, dotée d’une force juridique identique à celle des traités européens depuis 2009, la Charte est-elle parvenue à remplir son mandat de « texte englobant l’ensemble des droits des citoyens européens » ? Que faire du constat que, selon l’Eurobaromètre de la Commission européenne, seuls 62 % des citoyens européens déclaraient connaître l’existence de la Charte en 2024 ?
dimanche 7 décembre 2025
Le 26 septembre 2025, journée que The Guardian qualifie de « dark day », le Conseil national de la République slovaque a adopté une loi constitutionnelle restreignant les droits des personnes LGBTQ+ et établissant la primauté du droit national sur le droit communautaire. Le texte suprême slovaque intègrera désormais une définition restrictive de la famille et de la parentalité, l’interdiction de la gestation pour autrui, ainsi que la conception du sexe réduite à la distinction biologique entre homme et femme – le tout au nom de la souveraineté du pays sur les « questions culturelles et éthiques fondamentales ». L’événement a provoqué à la fois consternation et sentiment de déjà-vu : une régression démocratique manifestement calquée sur la gouvernance illibérale de Viktor Orbán en Hongrie.
mercredi 22 octobre 2025