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Christmas, Boże Narodzenie, Weihnachten, Ziemassvētki... Noël en Europe

, par Stéphanie-Fabienne Lacombe, traduit par Hervé Moritz

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Un menu d’une douzaine de plats, des vaches parlantes, arbres de Noël en plastique ou bingos nocturnes. Les traditions de Noël en Europe sont toutes plus diverses les unes que les autres. Tous les pays s’accordent pourtant sur un point : il y a tant à manger ! Les Jeunes Européens témoignent et vous narrent ces nombreuses coutumes au-delà du Père Noël et de l’aspect commercial de la fête.

En décembre, la capitale européenne et alsacienne se pare de ses décorations et de ses chalets pour accueillir des centaines de milliers de visiteurs du monde entier pour son marché de Noël séculaire. - François Schnell (CC/Flickr).

Auteurs

  • Stéphanie-F. Lacombe étudie la géographie et à Berlin. A l’occasion de stages à la « Handelsblatt » et à « ParisBerlin » elle a découvert sa passion pour le journalisme. Baignant dans un méli-mélo de langues à la maison, elle est depuis avril 2015 coordinatrice des traductions pour le magazine treffpunkteuropa.de.

Mots-clés

Madara de Riga en Lettonie fête Noël aux Pays-Bas

En Lettonie, la fête est marquée par son origine païenne tournant autour du solstice d’hiver. C’est pourquoi beaucoup de Lettons vont bien évidemment à l’église, roulent après un billot à la maison et le brûle ensuite pour se débarrasser de tous les soucis de l’année passée et éloigner les mauvais esprits. L’on danse en plus avec des masques sur la tête. Pour le repas, neuf plats sont obligatoires, les traditionnels pois avec de la sauce au lard, tout comme de petits gâteaux, farcis avec de la viande, pains d’épices et choucroute. Il y a des cadeaux soit le 24 au soir soit le 25. Pour chaque cadeau on doit réciter un poème ou effectuer une danse. Du coup, les enfants apprennent par cœur pour Noël beaucoup de poèmes ! Ce mélange de traditions témoigne, que solstice d’hiver et fête de Noël célèbrent la même chose : le retour de la lumière. Aux Pays-Bas, Sinterklaas vient d’Espagne à bord d’un navire avec « Zwarte Pieten ». Lui qui laisse des carottes dans ses chaussures pour son cheval, il apporte les cadeaux. Depuis peu il y a des débats pour savoir si le Piet le Noir n’est pas une représentation raciste. Ainsi il a été omis dans quelque régions et remplacé par des Minions.

Alexandra de Chabarovsk en Russie raconte

Selon le calendrier russe orthodoxe, Noël est le 7 janvier. Mais ce n’est pas célébré par tous les Russes, de nombreuses traditions ont été perdus sous l’ère soviétique. Le 6 janvier l’arbre de Noël est dressé. L’office, qui se fait debout et qui dure entre trois et quatre heures, va jusque tard dans la nuit, pour que le jour suivant le Père Givre effectue la distribution de cadeaux. Par contre, la Saint-Sylvestre est une fête très importante, nous célébrons jusque tard dans la nuit avec beaucoup de mets et la plupart des familles s’échangent d’ores et déjà des cadeaux. Il y a du poulet avec de la purée de pomme de terre, des fruits, beaucoup d’alcool, des olives et une salade de poisson avec de la betterave rouge, des pommes de terre, des oignons et des carottes, appelée « Hareng sous le manteau de fourrure ». Cependant, il n’y a pas autant de feux d’artifice qu’en Allemagne.

Aphrodite d’Athènes en Grèce écrit

Le 24, les enfants chantent des chansons de Noël et récoltent de l’argent auprès de leurs voisins pour leurs vacances. Ils reproduisent cela à la Saint-Silvestre et le 5 janvier, la veille de l’Epiphanie. Le 25 décembre, toute la famille se réunit pour le dîner. Il y a des cadeaux mais seulement le 31 décembre. Dans la nuit, Sankt Vasilis les dépose sous l’arbre de Noël. Entre la Saint-Nicolas, le 6 décembre, et l’Epiphanie, le 6 janvier, de typiques gâteaux sont cuisinés : « Melomakarona » et « Kourabiedes » composés de semoule, de cannelle, de clous de girofle et de miel par exemple sont de petits gâteaux au beurre enrobés d’eau de rose ou de sucre en poudre. Pour la nouvelle année, un « Vasilopita », un gâteau, qui est décoré avec une croix et les chiffres de l’année à venir, est servi et partagé à parts égales entre les convives. Une pièce est dissimulée à l’intérieur et celui qui la trouve sera chanceux pour toute la nouvelle année.

Ivana de la Slavonie en Croatie fait le récit

Chaque région en Croatie a ses propres coutumes et les spécialités sont aussi différentes entre les régions. La veillée de Noël, on ne mange pas de viande à midi, chez nous il y a principalement du poisson ou du calmar avec de la salade de pommes de terre et des légumes. Il est en plus préparé un festin pour les jours de Noël. L’un des repas traditionnels est le Sarma (des roulés aux herbes avec de la viande hachée et de la sauce tomate), la soupe et les grillades, des gâteaux, du pain au noix ou au pavot. Pendant que les mères préparent le repas, le sapin de Noël est décoré par les pères et les enfants. Le soir, on va ensuite à l’église, dont l’office commence aux alentours de 23h30, pour célébrer le 25 décembre. Après la messe, les cadeaux sont ouverts le matin du premier jour de Noël. Ce jour, on se réunit selon la règle chez les parents pour le déjeuner.

Eva décrit les célébrations à Ptuj en Slovénie

Le système politique yougoslave rejetait les fêtes religieuses, soutenait au lieu de cela les célébrations de la nouvelle année et réinventait brusquement « Dedek Mraz », le Père Givre, comme un substitut au Père Noël. A présent, on attend dans certaines familles le Père Givre, dans d’autres Santa Claus, et plus rarement les deux, ce que les enfants apprécient surement, car ils reçoivent alors le double de cadeaux. Pour Noël, apparaît aussi naturellement Saint-Nicolas, « Miklavž“, qui dans la nuit du 6 décembre glisse sucreries, fruits et pains d’épices dans les chaussons. Qui n’a été sage, reçoit le bâton. Miklavž ne voyage pas seul, mais est accompagné de petits diables, qui font cliqueter leurs chaînes et font peur aux enfants, jusqu’à ce que ceux-ci récitent une prière et reçoivent leur cadeau.

Francesco témoigne depuis la péninsule de Sorrente en Italie

En Italie, les fêtes de Noël varient d’une région à l’autre. Les solennités dans la région de Naples distinguent même trois défis pour les estomacs : le dîner du 24, le déjeuner du 25 et du 2- décembre. Ces temps forts culinaires sont accompagnés par des rituels, des jeux et d’autres traditions. L’arbre de Noël est déjà installé le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception et est la plupart du temps en plastique. Le 24 décembre à midi commencent les préparatifs pour le repas du soir, qui doit au final rassasier la famille entière et se veut en conséquence grandiose. A Naples, on prépare traditionnellement le « Baccala’ fritto », le cabillaud frit, ou l’anguille. Puis vient un tas de desserts, comme les « Struffoli », des boules de pâte grosses comme des pois enrobées d’un mélange de miel, de rhum, de zestes de mandarine et de romarin, ou encore les « Mustacciuli », « Roccoco » et « Susamielli », et tous les petits gâteaux traditionnels. Le plus généralement des noix font office d’accompagnement. A minuit, l’enfant Jésus est alors déposé dans la crèche et tous vont assister à la messe à l’église. Puis, au milieu de la nuit, Santa Claus apporte tous les cadeaux et l’on fête ensemble jusqu’aux premières heures du matin. A Naples, il y a toute la nuit une sorte de bingo, « Tombola napoletana », tout comme des jeux de cartes. Le 25 décembre, en revanche, le scénario est assez simple : on se lève tard et on mange de la viande à midi. Le repas dure jusqu’à 16h. Ensuite, chacun mange d’autres noix et joue aux jeux traditionnels, de telle sorte que toute la journée l’on reste ensemble. Le 26, décline lentement l’atmosphère de Noël, si bien que la famille en profite encore une fois pour passer du temps ensemble. D’habitude on mange les restes des repas précédents. Pour moi, des fêtes de Noël napolitaines se composent pour tous de pâtisseries, de mets, de tombola et de gaieté.

Monika décrit un Noël à Varsovie en Pologne

En Pologne, la tradition est de préparer pour la veillée de Noël douze plats. Un plat pour chaque apôtre. Il y a des boulettes avec du chou et des champignons, du « Bigos » (un plat de choucroute avec différentes sortes de viande), du bortch rouge, des gâteaux de pavot et des carpes en plat principal. Une place est toujours gardée libre pour un invité inopiné. A minuit, il y a la messe, où l’on chante beaucoup. Les deux jours célébrant Noël sont ensuite partagés en famille.

Gudri, originaire de Lituanie, célèbre Noël en Islande

Nous jeûnons tout le 24, nettoyons la maison et préparons douze plats froids pour le dîner. La plupart des gens mange des betteraves rouges, des champignons et du poisson confit, à l’inverse chez nous le repas doit être le plus vegan possible. Ce qui signifie, que nous évitons le plus possible d’utiliser des produits laitiers ou des œufs. Il y a essentiellement du « Kuciukai » (du gâteau au pavot), des graines de lin salé à l’ail, des pommes de terre, du pain noir et du miel. Sous la table nous cachons de la paille pour prédire comment sera la prochaine année. Celui qui tire le plus long brin aura le plus de chance. Il y a toujours un couvert de plus au cas où une âme défunte rendrait visite. Le pain consacré est partagé, c’est cependant presque la seule coutume chrétienne de la fête. La majeure partie des traditions sont d’origines païennes. Chacun doit absolument goûter au moins une fois les douze plats et il est lassé dans l’assiette quelque chose pour les esprits errants. A la campagne, il est d’usage à minuit d’aller dans la grange et d’écouter, si les animaux dévoilent des prédictions pour l’avenir dans un langage humain. Puis il y a encore la messe à l’église et le lendemain il y a les cadeaux. Noël et la Saint-Silvestre sont très semblables, par exemple, on rembourse ses dettes et on s’excuse auprès de toutes les personnes, avec lesquelles on était en conflit. Je vis à présent en Islande, nous mêlons peu la tradition lituanienne avec l’islandaise. En Islande, un « Yule lad » (un compagnon de noël ressemblant à Sant Claus) laisse les 13 jours avant Noël à chaque fois un cadeau dans les chaussures.

Gabriel de Bacău en Roumanie

Au total, il y a trois jours où l’on fête Noël. Qui les traditions peuvent être différentes selon les régions, la Roumanie est un pays très religieux : la plupart des gens sont croyants, orthodoxes roumains ou catholiques romains. C’est pourquoi en Roumanie le plus important à Noël demeure toujours la signification religieuse de la fête dans le christianisme. Les préparatifs commencent selon la règle une semaine avant Noël, la fête dure en elle-même du 25 au 27 décembre inclus. A la campagne, on abat un cochon le 24. Chaque membre de la famille a une tâche bien particulière en ce jour, qui sont annoncés le lendemain aux aînés : les enfants chantent dans les rues, annoncent un message de joie et reçoivent des sucreries, des biscuits, des pommes et dans certaines régions de l’argent est offert. Les femmes préparent toute la journée le dîner, pendant que les hommes vont quérir l’arbre de Noël, couper du bois pour le feu et relever le vin chaud avec une pointe d’eau-de-vie. La femme la plus âgée de la famille alimente le fourneau. A l’intérieur, mitonnent différents gâteaux avec beaucoup de beurre, du pain et d’autres pâtisseries. Les autres femmes préparent le plat principal : une soupe avec de la viande et des légumes, qui est assez aigre. En plus, il y a de la « Salata de Bœuf » (un mélange de pommes de terre, de carottes, d’herbes et de viande, des légumes confits, de la moutarde et de la mayonnaise), du « Sarmale » (roulés de chou avec de la viande, des légumes et de la farce) et des grillades. L’arbre de Noël est décoré par les enfants et une étoile est placée au sommet. Puis on va à l’église et on dîne ensuite. Les cadeaux sont distribués le matin du 25 et avant le déjeuner il y a à nouveau une messe. Les enfants vont encore une fois chanter habillés en chanteurs à l’étoile, cette fois avec une étoile décorée en carton, qui annonce la naissance du Christ.

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