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Helmut Schmidt, figure du couple franco-allemand

, par Rémi Lauwerier

L’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt est mort le 10 novembre dernier à l’âge de 96 ans. Retour sur la carrière d’un européen convaincu et artisan de la consolidation du couple franco-allemand.

Helmut Schmidt est mort en novembre 2015, provoquant une série d'hommages à travers l'Europe et le monde. - Bundesarchiv

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Le natif de Hambourg commence sa carrière politique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Très vite sa réputation dépasse Hambourg et Helmut Schmidt se fait connaître comme un homme d’action, toujours pragmatique, d’où le surnom de « der Macher », littéralement « ce¬lui qui agit ». L’élu du SPD (parti social démocrate) gravit progres¬sivement les échelons politiques. Alors qu’il est président du groupe parlementaire au Bundestag il est surnommé « Schmidt la grande gueule » (Schimdt Schnauze), tant ses adversaires politiques font les frais de son talent d’orateur.

Helmut Schmidt est élu chancelier en 1974, c’est à ce poste que son engagement européen va se révéler. Avec Valéry Giscard d’Estaing, le chancelier allemand incarne un nouveau couple franco-allemand uni par une réelle amitié. L’action conjointe des deux chefs d’État met le projet de monnaie commune sur les rails, grâce à la création du Système Monétaire Européen (SME), approuvé par le conseil européen de Copenhague d’avril 1978. Cette base ouvre la voie à la mise en place de l’European Currency Unit (ECU), ancêtre de l’euro. Ce sont eux aussi qui ont décidé en 1979 l’élection au suffrage universel du parlement européen. Résolument atlantiste, Helmut Schmidt a oeuvré pour le rapprochement de l’Europe avec l’OTAN, notamment pendant la crise des euromissiles. Face à l’installation de missiles SS20 par les soviétiques, il est le premier à demander l’installation de missiles de l’OTAN sur le sol européen pour contrebalancer la menace soviétique.

Contraint de quitter son poste de chancelier en 1982, Helmut Schmidt ne va pas pour autant se retirer de la vie politique. De¬venu chroniqueur au journal Die Zeit, ses compatriotes vont profiter de ses analyses sur l’actualité. Il n’a jamais cessé de promouvoir la construction européenne et cela sans ménager ses critiques. Pendant la crise des dettes souveraines Schmidt défend l’action de la BCE et fustige l’égoïsme des États membres, incapables de coordonner leurs politiques nationales. Pour lui, « la solution en Europe c’est plus d’intégration ». Ce¬pendant, pragmatique, il concède que cela ne peut se faire sans réelle volonté politique. Prudent également sur l’Europe de la défense il appelait l’Union européenne à la modestie sur la scène internationale. L’Europe a perdu un grand homme politique qui portait un regard sans concession sur la construction européenne et préférait les réalisations concrètes aux dé¬bats idéologiques.

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P.-S.

Cet article est issu du Taurillon dans l’Arène de novembre, édition locale bordelaise du Taurillon.

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