Enseigner l’Europe oblige à l’interdisciplinarité, mais aussi à l’expérience et à la rencontre. Il s’agit de l’espace dans lequel les plus jeunes naissent, grandissent, s’épanouissent, et qu’il nous appartient donc de leur permettre de saisir, de s’approprier et de construire.

Dès lors que l’on parle d’un objet en construction et qui fait débat, et non uniquement d’une connaissance à apporter aux élèves, cela conduit à des choix didactiques et pédagogiques particuliers : il faut savoir allier connaissance pure et réflexion personnelle des élèves. L’enseignement de l’Europe et la mise en place d’un regard citoyen permet aux enseignants de construire un programme cohérent de manière interdisciplinaire, de créer des synergies avec les autres acteurs de l’éducation, formelle, non-formelle, associative ou familiale des jeunes, et de mettre en place des projets innovants.

Les professeurs sont les mieux à même d’enseigner l’Europe factuelle, son histoire, sa géographie, sa diversité et de faire en sorte de sensibiliser les jeunes à cet espace géopolitique dans lequel ils évoluent quelle que soit leur situation économique ou sociale. L’apprentissage formel et scolaire des dates, personnages, frontières ou langues de l’Europe et de l’Union européenne est un socle nécessaire pour permettre de mettre en place le débat citoyen autour de la construction européenne.

Afin de toucher tous les jeunes, il est nécessaire d’intervenir auprès de tous les niveaux et au travers de tous les types d’enseignement et d’éducation. Aborder l’Europe concrète aussi hors de la classe, dans les formations professionnalisantes ou dans les institutions para- et périscolaires, c’est parler d’Europe à tous et dans tous les contextes d’apprentissages au sein desquels chacun peut s’épanouir et se saisir des objets d’apprentissages.

L’Europe politique et ses débats doivent pouvoir être abordée de manière non-formelle, en faisant intervenir des tiers, afin de développer une citoyenneté active. Ces tiers peuvent être des associations européennes capables d’animer dialogues, débats ou activités liées aux enjeux européens, ou bien des animateurs sportifs ou musicaux capables d’associer valeurs, difficultés et symboles européens avec leur discipline. Ces tiers peuvent jouer un rôle d’expert et apportent une dimension non-formelle dans le cadre formel de l’école, permettant l’interaction entre apprentissages formels préalable et mise en action et en débat.

Le montage de projets transeuropéens peut aussi constituer une source d’appropriation des apprentissages liés à l’Europe plus concrète pour les jeunes, et conduire à des apprentissages forts en termes de compétences pour les élèves (organisation de projet) mais aussi d’expériences enrichissantes et de « décentrement culturel ».