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L’Union européenne doit-elle avoir peur de Donald Trump ?

, par Sergio Camachetty

Les résultats de l’élection du 8 novembre ont contredit tous les sondages. C’est officiel et à la stupéfaction du monde politique, Donald Trump, le candidat républicain, a remporté la présidentielle. Mais la vague rouge ne s’arrête pas à l’investiture de la maison blanche le 20 janvier prochain. En effet, la majorité parlementaire, aussi bien à la chambre des représentants qu’au Sénat, lui facilitera la mise en exécution de son programme.

CC Flickr / Gage Skidmore

Auteurs

  • Titulaire d’un master 2 « Compétences des collectivités territoriales et Union eurpoéenne » à l’Université de Nancy. Membre des Jeunes Européens - Strasbourg.

Outre le personnage aux frasques marquantes, Donald Trump a su mobiliser les américains autour d’un programme aux propositions parfois radicales. De nombreux chefs d’Etat qui s’étaient clairement exprimés en faveur de la candidate démocrate, Hilary Clinton, craignent désormais pour le futur des relations internationales. Mais entre promesses de campagne et logorrhée électorale, quelle est la véritable substance de son programme et quelles seraient les conséquences positives ou négatives pour les européens ? Focus sur 3 grandes thématiques :

La Politique étrangère

Pour Donald Trump, une contribution plus forte au budget de l’OTAN permettrait aux Etats parties de s’assurer du soutien des Etat Unis notamment dans le combat contre l’Etat islamique. Rappelons que les Etats-Unis financent en grande partie l’OTAN. Dans de telles conditions, un retrait des Etats-Unis de ce traité serait catastrophique, supprimant ainsi le filet de sécurité mis en place depuis 1949. Il convient de mentionner que cette position est motivée par le fait que les Etats européens ne respectent pas les règles du traité qui précisent que chaque Etat doit consacrer 2% de son PIB à la défense.

En outre, Donald Trump estime que l’OTAN est une organisation obsolète, dépassée et trop coûteuse pour les Etats-Unis. De plus, sa position concernant la Russie n’est pas encore très claire. La ministre de la défense allemande, Ursula von der Leyena, a d’ailleurs invité le président à clarifier sa position, déclarant par la même que l’OTAN n’est ni une entreprise ni même un business.

Les craintes soulevées par les annonces de Donald Trump peuvent toutefois permettre à l’Union européenne de s’engager en faveur d’une réelle politique de défense. En effet, le désengagement des Etats-Unis impliquerait que l’Union européenne se renforce sur le plan de la défense et nous pourrions donc voir la naissance d’une coopération militaire opérationnelle avec, peut-être, une réelle armée européenne à la clé. C’est peut-être l’occasion pour l’Union européenne de se montrer ambitieuse sur ce terrain, surtout après les récents attentats qui ont frappés la France ou la Belgique.

Le Protectionnisme et les accords commerciaux

A maintes reprises, Donald Trump a émis la volonté de redonner sa grandeur aux Etat-Unis. Pour y parvenir, il souhaite stimuler l’économie locale et protéger le marché américain des produits étrangers. Dès lors, on peut envisager un détricotage des négociations autour du TTIP : Donald Trump a rappelé qu’il était contre ce traité dans sa version actuelle et, au-delà de cet accord avec l’Union européenne, c’est l’ensemble des accords internationaux concernant le commerce qu’il veut renégocier. La Commissaire européenne pour le commerce, Cecilia Malmström, a rappelé que les négociations sur le TAFTA reprendront et qu’il n’était pas mort. Pourtant, il sera difficile pour ce traité de se frayer un chemin dans le système antimondialiste souhaité par Donald Trump. Il y voit en effet une menace sérieuse pour les emplois américains.

Le TAFTA a pour objectif de créer la plus grande zone de libre d’échange. Ce traité a été très décrié par les européens et c’est notamment une des raisons qui a poussé les britanniques à voter en faveur du Brexit. Dans ces conditions, le rejet du TAFTA serait un échec pour nos dirigeants mais une victoire pour le peuple européen qui a, à de nombreuses reprises, exprimé son mécontentement, en témoigne la difficile signature du CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union et le Canada.

Le climat et l’environnement

En affirmant que le changement climatique est « une invention des chinois pour rendre l’industrie américaine non compétitive », Donald Trump affirme sans conteste son scepticisme vis à vis de cette problématique. En outre, il souhaite donner aux Etats-Unis une indépendance énergétique qui passerait notamment par l’exploitation massive du charbon, du pétrole ou encore du gaz de schiste. Autrement dit, il encourage l’exploitation des énergies fossiles et non pas des énergies renouvelables. De plus, Donald Trump pourrait sortir de l’accord conclut à Paris dans le cadre de la COP 21, qui s’est tenu en novembre 2015. S’il sort de cet accord, Donald Trump mettrait en péril toutes les négociations diplomatiques entreprises dans le cadre de la COP 21. Jean Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, a d’ailleurs fait part de son inquiétude face à la position du futur président américain. Toutefois, une sortie des accords de la COP n’est, fondamentalement, pas un drame. Rappelons qu’il s’agit d’un traité de droit international ne mentionnant pas d’objectifs chiffrés et qui ne prévoit aucune sanction en cas de non-respect de ses dispositions. Dans ces conditions, difficile de voir comment vont évoluer les négociations qui se tiennent actuellement à Marrakech et de l’évolution de la politique concernant le changement climatique.

Aujourd’hui, les chefs d’Etats ont affirmé leur volonté de travailler en partenariat avec les Etats Unis, acteur indispensable du monde contemporain. Mais bien que les positions de l’actuel président américain soient inquiétantes, il n’en reste pas moins que Donald Trump infléchira peut-être ses positions. Après à peine quelques jours, il est déjà revenu sur sa volonté d’abrogation du système de santé mis en place lors de la mandature de Barrack Obama. Reste à espérer que ses positions évolueront aussi en matière de politiques étrangère, commerciale ou encore environnementale.

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