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La commission nouvelle est arrivée

, par Aurélien Brouillet

Jean Claude Juncker vient de présenter sa version définitive de la Commission européenne. Elle doit maintenant être validée par le Parlement européen dans le respect de la démocratie. On ne peut cependant qu’être sceptique face à une composition qui fait la part belle à l’intergouvernementalisme au détriment de l’efficacité de ce qui devrait être un gouvernement européen.

Auteurs

28 commissaires pour 28 secteurs d’activité ?

Suite aux garanties données aux Irlandais lors de la dernière réforme des traités, la Commission est bloquée dans une structure plus qu’insuffisante. Chaque commissaire est proposé par le gouvernement de son État membre. Cette structure force le président de la Commission à créer autant de portefeuille que de commissaires. Cela empêche toute organisation efficace du pouvoir. Le portefeuille consacré à la pêche n’est ainsi plus rattaché à celui sur l’agriculture. De plus le processus de nomination par les chefs d’État et de gouvernements conduit à des calculs et des manœuvres politiques une fois encore nocive pour l’action de la Commission. On peut ainsi penser au commissaire anglais, Jonathan Hill, ouvertement eurosceptique ou encore à Tibor Navracsics, proche du très décrié Viktor Orbàn, nommé à l’Éducation et à la Culture. Seule une remise à plat du processus de nomination des commissaires permettra une véritable démocratie européenne dans lesquelles, des commissaires choisis par le président de la commission seront responsables devant le Parlement Européen.

Quelle vision politique pour la commission Juncker ?

Si le choix de la présidence de la commission provient directement du choix des citoyens lors des élections européennes, on ne peut pas en dire autant du choix des autres commissaires. Face aux choix des États-membres sur « leur » commissaire, le président de la Commission arrivera-t-il à élaborer une vision partagée et de long-terme pour l’Union ? Le panel idéologique des commissaires (du Parti Socialiste au groupe des Conserveurs et Réformistes) est large. M. Junker risque ainsi de perdre beaucoup de temps pour trouver un consensus au sein de son équipe, laissant toute la marge au Conseil pour décider des politiques. Et la Commission doit absolument assumer son rôle de leader dans la construction européenne ; son rôle de gouvernement capable de tisser un consensus entre le Conseil et le Parlement afin de ré-équilibrer les pouvoirs et la représentation des citoyens.

Quelle réaction du Parlement Européen ?

Le Parlement européen doit maintenant voter, ou non, la confiance de cette équipe de commissaires. Certaines oppositions se font déjà entendre. Que cela soit face au nombre jugé décevant de femmes (9 pour 28 commissaires) ou encore pour des personnalités critiquées. Il sera dans tous les cas intéressant que le Parlement profite de ce vote pour rappeler et affirmer son pouvoir de contrôle sur la Commission et sa politique que nous espérons plus ambitieuse que celle des commissions Barroso.

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