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Jean-Philippe Tanguy : « La logique fédérale n’est pas pertinente »

, par Benjamin Fievet

Interview de Jean-Philippe Tanguy, tête de liste Debout la République aux élections européennes dans le Nord-Ouest, pour Le Taurillon. Propos recueillis par Benjamin Fievet

Jean-Philippe Tanguy – Crédits photos : Nicolas-Dupont Aignan, Flickr

Auteurs

  • Président des Jeunes Européens – Lille Métropole. Il est aussi Délégué Départemental de l’UDI Jeunes Nord et membre individuel de l’ALDE Party et du LYMEC.

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Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour. J’ai 28 ans. Je suis originaire de Boulogne-sur-Mer. Je travaille dans l’industrie lourde. Après avoir fait l’ESSEC et Sciences Po Paris, je suis parti un au Japon ou j’ai travaillé pour Hitachi sur des projets de charbon propre. Ensuite je suis revenu en France ou j’ai travaillé pendant trois ans pour General Electric que j’ai quitté car j’étais en désaccord avec le projet de rachat d’Alstom.

Pourquoi vous engagez vous dans les élections européennes ?

Tout d’abord, Debout la République n’est pas un parti anti-européen comme on le prétend. C’est un parti qui suite à la lutte de 2005 (au sujet du référendum sur la constitution européenne, ndlr) pense qu’il faut une autre construction européenne. C’est-à-dire une Europe des projets, des coopérations. Nous considérons que la force de l’Europe ce n’est pas de faire partout pareil, c’est au contraire de valoriser les identités, les différences des nations d’Europe et que pour bien les faire travailler ensemble il vaut mieux mettre en avant des projets de coopération et de politiques communes concrets plutôt qu’une logique fédérale.

Les élections européennes sont des élections marquées, en France, par un fort taux d’abstention qu’on peut expliquer par une incompréhension, un éloignement des français de l’UE ou peut-être un désintérêt. Qu’en pensez-vous et comment dans cette campagne parlez-vous aux citoyens de l’Union Européenne ?

Nous en parlons surle terrain. Il n’y a que le terrain qui permet de montrer aux gens le rôle et l’influence de l’UE dans leur vie quotidienne, les quelques succès de l’UE – on ne dit pas du tout que l’UE ne fait que des choses mauvaises – et aussi les erreurs profondes et qu’on peut les changer et proposer une solution. Malheureusement, je ne vais pas vous mentir, il y a un désintérêt pour l’Union Européenne qui vient, de deux choses, d’une part du fait que les gens ont l‘impression que leur vote ne compte pas puisqu’il y a trop de députés européens, qu’il y a trop de pays et que l’influence d’un député français est noyée. Ensuite il y’a le vote de 2005. Les gens se sont beaucoup mobilisés pour cette campagne, il y avait eu un non massif qui n’était pas un non à l’Europe mais un non à une Europe tel qu’elle était construite et comme les partis aux pouvoirs n’ont pas respecté ce vote, les gens ont l’impression que cela ne sert à rien de voter.

Pensez-vous que l’Europe doit à terme être plus fédérale ou plus intergouvernementale ?

Nous sommes, évidemment, pour une Europe intergouvernementale. La logique fédérale n’est pas pertinente. Mais c’est un débat qui est intéressant. Moi je respecte beaucoup les partis fédéralistes dans le sens où ils disent aux français où ils veulent aller. Ce que je ne respecte pas ce sont les partis qui font campagne en disant « non, non, non, ce n’est pas ce qu’on veut » et qui ont un comportement différent une fois qu’ils sont élus. Je n’ai aucun problème avec les partis fédéralistes. Si demain on fait un référendum et que les français disent nous voulons les États-Unis d’Europe, nous reconnaîtrons cela et nous dirons « nous avons perdu et la France veut un nouveau destin ». Mais ce n’est pas ce qui se passe. Les français n’on pas voulu ce nouveau destin. Ils veulent une Europe confédérale. Contrairement aux Etats-Unis, où comme il n’y avait rien, ils ont pus construire quelque chose de neuf, l’UE est constituée de vieux pays avec des identités très forte. Donc, pour les faire travailler ensemble il ne faut pas les mêmes institutions qu’aux Etats-Unis. Il faut des institutions originales. Il y’a un manque cruelle d’imagination. L’élite européenne veut plaquer le modèle américain, mais ce n’est pas ça qu’il faut faire. On a une spécificité, on a des cultures différentes, on a des économies différentes. Il y a une volonté de travailler ensemble. Il faut mettre en place des politiques volontaires. Par exemple, les pays qui veulent travailler sur Galileo viennent travailler sur Galileo, les pays qui ne veulent pas travailler sur Galileo vont faire autre chose… Je comprends la logique fédérale qui serait de faire voter et de dire on veut de nouvelles institutions. Mais je condamne cette logique larvée qui consiste à dire on ne veut pas de fédéralisme mais en fait on met en place des institutions qui force les peuples. Et le résultat c’est que les gens commencent à haïr l’Europe. Non pas parce qu’ils détestent l’idée de construction européenne mais parce qu’on leur a pondu une UE qu’ils ne veulent pas et qui en plus est immonde car l’UE c’est l’austérité, c’est une concurrence absurde. C’est surréaliste ce qui se passe et ça n’a rien à voir avec l’idée européenne.

Donc, plutôt une Europe à la carte ou chaque pays qui veut participer à un des projets participe mais pas forcément à tout ?

Voilà ! Moi je pense qu’effectivement dans 500 ans il y aura les Etats-Unis d’Europe. Mais là c’est trop violent. L’UE se fera parce qu’on a fait 50 ans d’Erasmus, 50 ans de politique commune et qu’au fur et à mesure il y’a quelque chose qui va émerger. Mais la logique actuelle qui est de se dire que c’est par la violence (économique, financière…) et la contrainte qu’on va créer l’Europe, nous disons : « Non. Ça va être une catastrophe ».

Quel est pour vous la priorité de la prochaine mandature du Parlement européen ?

Si il y ‘en avait une, ca serait de cesser de gérer la crise économique par la violence et la contrainte. Ce n’est pas en imposant des plans d’austérité, à la Grèce, à l’Italie, à l’Espagne qu’on va sortir les pays de la crise. C’est une erreur de gestion déflationniste qui détruit de la valeur. Je pense que les français n’imaginent pas ce qui se passe dans un certain nombre de pays. Il y a un tiers du PIB de la Grèce qui a disparu. Il faut cesser cette violence immédiatement, et il faut investir. Le rôle de l’UE ça doit être d’investir. Nous sommes contre la Banque centrale européenne mais puisqu’elle est là, au moins qu’elle investisse, qu’elle lance des projets, qu’elle finance des infrastructures, dans l’éducation, l’hôpital… L’Union européenne ca ne peut pas être « on fait des économies, des économies, des économies ».

Comment voyez-vous l’Europe en 2050 ?

Malheureusement, je ne pense pas que les confédéraux vont gagner ces élections. Même si je suis sûr qu’on va avoir des élus. Donc je ne pense pas que ça soit notre projet qui sera mis en place. Mais mois j’aimerais que l’Union Européenne de 2050 soit une union où les peuples coopèrent volontairement entre eux avec des politiques communes, avec des grands projets, avec des échanges de tous les peuples européens comme Erasmus. Que les pays soit heureux de coopérer ensemble, qu’on ait cessé la stratégie de la violence qu’on ait cessé la stratégie du choc. Une Europe de coopération harmonieuse et respectueuse du vote des peuples, c’est le souhait que j’émets.

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