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Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

, par Ferghane Azihari

Le PPE et Jean-Claude Juncker ont-ils vraiment remporté les élections européennes ? Rien n’est moins sûr étant donné que la démocratie européenne n’est pour l’instant qu’une vue de l’esprit. En vérité, ces élections n’avaient d’européennes que de nom. On a plutôt assisté à une mosaïque d’élections nationales. Il convient en l’espèce d’analyser le cas de la France qui malgré son statut de pays fondateur a vu les citoyens européens résidant sur son territoire envoyer 24 députés europhobes à Strasbourg. Pas besoin d’aller jusqu’à Bruxelles pour trouver le véritable carburant du FN. Il est à Paris puisque c’est l’État français qui véhicule, en France et en Europe, le nationalisme qui gangrène notre vie politique.

Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple – Crédits photos : Wikipédia

Auteurs

Le manque de pédagogie n’est pas un problème en soi

Comme d’habitude, on a cherché à rationaliser le rejet de l’Europe. Certains évoquent le manque de pédagogie. Les médias et les politiciens auraient échoué à avoir un débat européen serein. L’Europe serait illisible, trop compliquée. Les citoyens ne seraient pas en accord avec les politiques européennes actuelles qui ne se résumeraient qu’à l’austérité. Ces causes ne sont pas les bonnes.

Qui après tout se satisfait de la politique du gouvernement français ? Qui connait les rouages de notre « République » et son mille-feuilles administratif ? Pourtant personne ne remet en cause l’existence de l’État français. Pourquoi ? Parce qu’il existe un sentiment d’appartenance entretenu par un nationalisme véhiculé par l’État, ce qui lui permet de s’assurer que les individus lui soient exclusivement fidèles, même s’ils n’approuvent pas toujours ce qu’il fait. Le problème de l’Europe est l’absence de sentiment d’appartenance, ce qui fait que l’Union n’est pas dotée de légitimité propre, sa construction étant freinée par l’attachement exclusif suscité par l’État-nation, une institution par nature possessive. Dire que la nation est le seul cadre de démocratie est en effet incompatible avec la construction d’une démocratie européenne. Le problème tient à ce que les États européens (France en tête) et corrélativement l’Union européenne entretiennent le discours nationaliste. Or c’est uniquement lorsqu’ils cesseront de le véhiculer que les individus le seront moins.

Réformer tous les aspects institutionnels qui entretiennent le nationalisme et la figure de l’État-nation

Le problème de la France et de l’Europe réside dans des nationalismes qui s’assument pleinement. Il faut s’empresser d’énoncer que l’on ne combat pas le nationalisme par le discours rationnel. Ce n’est que par une autre démarche irrationnelle que l’on pourra le faire : l’habitude. Il faut s’attaquer à tous les aspects institutionnels qui entretiennent la routine stato-nationaliste, en France et en Europe :

  • Nous refusons d’octroyer le droit de vote des étrangers en clamant que l’identité nationale demeure le seul lien fédérateur politique. Comment dès lors s’étonner de la difficulté de construire une démocratie transnationale ?
  • Nous vivons dans une collectivité hyper-centralisée dans laquelle toutes les décisions se prennent à l’échelle nationale, à Paris. Comment dès lors s’étonner que les individus aient du mal à envisager un autre cadre de liberté ?
  • En Europe, l’inter-gouvernementalisme entretient l’idée que l’Union est une affaire étrangère. Comment en effet se sentir citoyen d’un espace accaparé par une poignée de diplomates qui délibèrent comme au temps du Congrès de Vienne ?

Il est temps de réformer tout cela en s’attaquant aux racines de l’État-nation jacobin et cela quitte à défier les nationalismes avec le même avant-gardisme que celui d’après-guerre. On sait en effet que les institutions ont un rôle primordial dans l’entretien des cultures, des mentalités et des perceptions.

La construction européenne a toujours défié les nationalismes et doit rester avant-gardiste

Lorsque Robert Schuman propose son plan pour une Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), les choses ne vont pas de soi. L’Europe sort en effet de la guerre la plus meurtrière de toute l’Histoire de l’humanité. Les nationalismes sont bien évidemment toujours présents des deux côtés du Rhin et gangrènent encore tout le continent. Les Français et les Allemands se considèrent toujours comme des ennemis héréditaires. Ce n’est pas la réconciliation qui a permis la construction européenne mais bien l’audace et l’avant-gardisme de celle-ci qui a permis la réconciliation. La mise en place des premières communautés européennes se fait sous les regards sceptiques des opinions publiques nationales. Mais si la démarche est par la suite progressivement intériorisée, c’est parce qu’elle est juste. Encore aujourd’hui, aucun peuple n’envisage de rompre avec l’idée européenne comme personne n’envisageait qu’elle puisse être concrétisée 60 ans plus tôt. L’enjeu pour l’Europe et la France consiste à conduire des réformes institutionnelles audacieuses et avant-gardistes qui défient les nationalismes afin d’être ultérieurement intériorisées. La fraternité et la liberté qui fondent l’idée de démocratie européenne sont justes. Pour peu que l’on réforme le cadre institutionnel qui freine son intériorisation, il n’y a aucune raison pour que les individus ne se l’approprient pas ultérieurement.

Ce que nous devons attendre de nos hommes politiques, c’est qu’ils cessent d’être lâches en prétextant que les opinions ne seraient pas prêtes à accepter certaines réformes, fussent-elles justes. Avec un tel raisonnement, l’immobilisme serait le maître-mot de la politique.

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Vos commentaires

  • Le 28 mai 2014 à 22:07, par Weber-Seban Quentin En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Sur le principe je suis d’accord, mais je ne pense pas que ce soit la priorité. Ou plutôt, je ne pense pas qu’on soit dans la même situation qu’au début de la construction européenne, où les gens faisaient assez confiance aux hommes politiques et à la politique pour accepter certaines décisions au fur et à mesure. Il faut des réformes institutionnelles, mais pas (encore) des réformes dirigées activement contre l’État-Nation. L’essentiel est au niveau européen le renforcement de la démocratie, de la subsidiarité et la clarification du fonctionnement des institutions.

  • Le 28 mai 2014 à 22:12, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Démocratiser les institutions européennes va dans le sens de la déconstruction de l’État-nation. Car en construisant une démocratie européenne, on va contre l’idée que la nation est le cadre exclusif de l’exercice de la démocratie.

    Or comment intérioriser cette avancée à l’échelle européenne si on ne peut l’appliquer à l’échelle nationale et locale ? Au plus près de la vie de nos concitoyens ?

  • Le 28 mai 2014 à 23:01, par Weber-Seban Quentin En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je pense aussi qu’indirectement, ces réformes obéissent à une logique de dépassement de l’État-Nation, mais c’est une sorte de cerise sur le gâteau, même si elles n’avaient aucune influence sur l’État-Nation, je les soutiendrai. Et de toute façon, ce n’est pas comme ça qu’il faut les présenter

  • Le 29 mai 2014 à 12:05, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Là aussi il n’est pas certain que dépasser l’État-nation ait un quelconque effet en Europe si nous ne sommes pas capable de le dépasser au plus près de la vie de nos concitoyens. C’est une schizophrénie qui jouera en faveur de l’institution la plus possessive.

    La culture politique transnationale est quelque chose de très compliqué à inculquer visiblement. Si on le fait dans le demi-mesure, je crains que les nationalismes nous rattraperont toujours.

  • Le 29 mai 2014 à 16:35, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    La force du FN, ce n’est pas le soit-disant nationalisme des français, c’est la peur de devoir vivre le même martyr que le peuple grec. La France est tétanisée à cette idée. Aujourd’hui, l’UE est devenue synonyme d’austérité et de précarité. Mener un combat contre le FN sur la base de postures morales ne changera rien, il faut des changements de politiques importants. Il va falloir que les dirigeants européens prennent en compte les volontés, les besoins et les revendications populaires, au lieu de sans cesse les mépriser.

    L’idée européenne est belle, la construction telle qu’on la connaît ne m’inspire que du mépris et du rejet.

  • Le 29 mai 2014 à 19:44, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    La politique est partisane, on ne mettra jamais d’accord tout le monde sur les politiques à mettre en oeuvre.

    S’il fallait suivre ce raisonnement, alors toutes les régions qui désapprouvent la politique de Monsieur Hollande devraient demander à faire sécession. Or on constate que ce n’est pas le cas.

    Pourquoi appliquer à l’UE un régime que l’on refuse d’appliquer à l’échelle nationale ? Si ce n’est pas le stato-nationalisme, qu’est-ce donc ?

  • Le 29 mai 2014 à 23:59, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je te parle de réalités très concrètes (l’austérité, la précarité, la peur du peuple français), et tu me réponds avec des concepts très abstraits et très subjectifs. Au lieu d’inventer des concepts bien loin des préoccupations populaires, réponds moi franchement : faut-il construire l’UE à n’importe quel prix, quitte à bafouer la démocratie et les souverainetés populaires et à martyriser les peuples ?

  • Le 30 mai 2014 à 01:05, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Confondre l’idée de démocratie européenne avec « l’austérité » montre que l’on n’a toujours pas compris que l’une relève de considérations transpartisanes et que l’autre relève de considérations partisanes. On peut être pour la première et contre la seconde. Et c’est justement cette incapacité à ne pas confondre "rejet des politiques européennes et "rejet de l’idée européenne" qui caractérise le stato-nationalisme.

    Quant à la question « faut-il construire une démocratie européenne quitte à bafouer les démocraties » ? Elle est étrange.

    Tout d’abord parce qu’une démocratie européenne vise à octroyer un nouvel espace de liberté plus consistant. Et que dans un second temps, l’éventuelle institution d’une démocratie européenne reste encore malheureusement subordonnée à la volonté des démocraties étatiques.

    Malheureusement car la démocratie européenne doit être à terme pourvue de sa propre légitimité, une légitimité indépendante des démocraties étatiques au même titre que ces dernières ont une légitimité indépendante des démocraties locales.

  • Le 30 mai 2014 à 12:07, par Jean-Michel En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je suis un nouvel adhérent et lecteur. J’apprécie ce très haut et excellent niveau théorique, de formation, pour développer ces articles qui font réagir. Cependant, à lire M. THomas et la réponse de « M. Ferghane » nous touchons le point sur lequel les nationalistes auront toujours une longueur d’avance sur les défenseurs du projet européen, si nous continuons à aborder l’Europe de cette manière. Il faut rendre plus accessible et « vulgariser » l’ensemble de ces thématiques pour que les peuples se l’approprient. La force du Front national est de récolter de vraies thématiques et d’y accoler une réponse qui « parlent » aux Français, ou les soulagent temporairement (en apparence). Nous défenseur de l’Europe, leur répondons de la même façon que le dialogue entre M. THOMAS et M. FERGHANE soit une question pratique pour une réponse conceptuelle (qui pourtant est utile et intéressante). Selon moi c’est l’erreur de nos hommes et femmes politiques qui s’en rendent compte toujours, après la défaite ! Nous avons besoin d’une jonction entre l’émetteur : « la pensée », « l’érudition », « la connaissance » et le Récepteur : le peuple qui souffre et pense ne plus rien y comprendre et donc rejette « les élites ». Car l’idée finale d’une Europe fédérale est belle et grande et malheureusement la nature ayant horreur du vide les gens se tournent vers ceux qui leurs proposent un contre projet plus audible et compréhensible. Malheureusement, à 2 semaines des festivités du débarquement, l’histoire est là pour le démontrer. Vous ne pouvez pas faire philosopher quelqu’un qui n’a pas encore la maitrise de l’alphabet même si c’est son souhait à moyen terme ! Certes biens des sujets demanderont des réflexions poussées et approfondies avec des « supers » techniciens mais ne pensez vous pas que l’heure est de réfléchir, à comment mobiliser pour remplir les salles de citoyens qui adhère à notre Vision ?

  • Le 30 mai 2014 à 13:22, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    « mais ne pensez vous pas que l’heure est de réfléchir, à comment mobiliser pour remplir les salles de citoyens qui adhèrent à notre Vision ? »

    Vous avez tout à fait raison. Il faut mobiliser ceux qui adhèrent à notre vision et l’une des stratégies des fédéralistes sera sans doute d’essayer de faire grossir leurs rangs . Mais cet article s’interroge sur quelque chose à mon sens plus important : comment faire pour convaincre ceux qui ne partagent pas notre vision ? Parce que l’enjeux pour les fédéralistes est à mon sens d’essayer de s’ouvrir aux sceptiques. Or ce n’est pas avec cet environnement institutionnel qu’on va le faire.

  • Le 30 mai 2014 à 14:06, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Jean Michel, je ne suis pas du Front National. Etant moi-même militant et électeur de gauche, je n’apprécie que très moyennement cette amalgame douteux.

    Ferghane, ce que je te dis moi, c’est que s’il n’est pas possible de changer le cap des politiques européennes, je suis favorable à ce que l’on sorte de ce carcan. Parce que je veux bien défendre l’idée européenne, mais pas au prix du saccage de notre pacte républicain. Ensuite, pour ce qui est de ton passage larmoyant sur la démocratie européenne, je voudrais juste te demander : la démocratie européenne, c’est mépriser les votes des peuples français et irlandais en 2005 et les coups d’Etats bancaires en Italie et en Grèce ?

  • Le 30 mai 2014 à 14:44, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    2005, cette fabuleuse année pendant laquelle on a enclenché un processus de ratification de type intergouvernemental, ce qui a dynamité le projet alors qu’une majorité de citoyens européens avaient dit oui...

    Je suis d’accord, ce n’est pas très respectueux du principe de démocratie européenne.

    Et apparemment vous avez toujours du mal à comprendre que l’on peut soutenir l’idée européenne sans nécessairement approuver les actions de l’UE, qui d’ailleurs aujourd’hui relèvent de la volonté des gouvernements nationaux, et non d’une véritable démocratie européenne.

  • Le 30 mai 2014 à 15:51, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    En 2005, c’est le peuple français qui a rejeté le TCE. On peut en penser ce que l’on veut, mais la volonté populaire est souveraine : le résultat du référendum aurait donc du être respecté.

    Ce que je t’explique moi, c’est que je suis plutôt favorable à l’idée européenne, mais si un jour, j’ai à choisir entre l’idéal européen, et le pacte républicain, réel lui, je sais d’avance quel sera mon choix.

  • Le 30 mai 2014 à 16:37, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Vous me parlez d’un référendum européen à travers le prisme de la démocratie française.

    Je vous parle du référendum européen à travers le prisme de la démocratie.... européenne : une majorité a voté oui. OUI : 12.8M (fr) + 10.8M (esp) + 2.9M (nl) +0.1M (lux) = 26.6M - NON : 15.4M (Fr) +2.4M (Esp) + 4.7M (nl) + 0.08 (lux) = 22.6M

    C’est comme si vous me disiez qu’il fallait annuler l’élection présidentielle de 2012 sous prétexte que l’Alsace a voté majoritairement à droite.

    Ensuite pourquoi devoir choisir entre idée européenne et « pacte républicain » ? Cette vision exclusive de ce « pacte » est la preuve ses clauses sont bien évidemment viciées par le nationalisme. Pourtant le contrat social ne se fonde que sur la liberté, une notion universelle.

    En ce qui me concerne, je suis démocrate. Et tant que la démocratie ne s’exerce que dans un cadre universel, je suis nécessairement contre ce pacte vicié par le nationalisme. À chacun sa vision du monde.

  • Le 30 mai 2014 à 17:37, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Sauf que la différence entre l’Union Européenne et la République française, c’est que la seconde est unie et indivisible, alors que la première n’est qu’un marché ou les Etats nationaux qui la composent se livrent une guerre économique sans merci.

    Pourquoi choisir entre pacte républicain et construction européenne ? Si la seconde entre en contradiction directe avec le premier, par exemple, comme c’est le cas aujourd’hui. Le pacte républicain français, ce n’est pas un contrat social abstrait, uniquement fondé sur la liberté, c’est une organisation politique et sociale fondée sur le triptyque républicain, sur la démocratie, sur la laïcité, sur l’Etat social et stratège et sur le service public et enfin sur l’unité politique de la nation. L’UE, enfermée dans son orthodoxie néolibérale, met tout en oeuvre pour remettre en cause l’Etat social et stratège et le service public, en exigeant privatisations d’entreprises nationalisées et libéralisation de secteurs entiers de notre économie. Pour nous montrer les bienfaits de l’Union Européenne, les fédéralistes nous parlent souvent des programmes Erasmus. Mais étrangement, on ne les entend rarement parler du processus de Bologne, qui se concrétise en France par les lois LRU et Fioraso, qui ont considérablement fragilisé notre enseignement supérieur et notre recherche et dégradé les conditions de vie et d’études des étudiants.

    Quant à l’accusation de nationalisme, elle est grossière et masque une absence d’argumentation. Comme je l’ai dit plus haut, je suis militant et électeur de gauche, issu d’une famille qui a connu la résistance et la déportation, alors il y a certaines choses que je n’accepterais pas que l’on dise à mon égard. Le débat sur l’Europe ne se résume pas aux gentils fédéralistes contre les méchants nationalistes. C’est un débat bien plus complexe, qui prend en compte des données politiques, géopolitiques, économiques et sociales.

  • Le 30 mai 2014 à 18:13, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Là où on est d’accord, c’est que le débat sur l’Europe ne se résume pas à fédéralistes vs nationalistes puisque les fédéralistes n’ont pas la même vision de l’Europe. Il y a des fédéralistes de gauche et de droite pour ne prendre que ce clivage traditionnel.

    Cela ne sert donc à rien d’argumenter en pointant du doigt les « méchantes politiques de l’UE ». Cela relève de considérations partisanes. D’ailleurs je ne vois pas où est-ce que cet article fait l’apologie des politiques européennes.

    L’Europe est aujourd’hui ce que les États en ont fait. L’Europe ne décide pas ce qu’elle est. Donc si vous voulez blâmer quelqu’un, blâmez les États, France en tête pour avoir construit une Europe insatisfaisante.

    Votre concept de « guerre économique sans merci » est ridicule et dangereux. Ridicule car aucun État en Europe n’a intérêt à voir un autre couler grâce aux interdépendances qui nous unissent. Et c’est optique là que l’on a créé l’euro, pour mettre fin aux guerres monétaires entre les États.

    Dangereux car il ne fait que rationaliser les tensions nationalistes là où l’Europe a besoin d’unité.

    Et ne vous déplaise, l’Union européenne est aussi une démocratie en construction. Et à certains égards, l’UE est bien plus démocratique que la monarchie élective jacobine qui caractérise la Vème république française.

  • Le 31 mai 2014 à 01:26, par Alexandre Marin En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    « Sauf que la différence entre l’Union Européenne et la République française, c’est que la seconde est unie et indivisible, alors que la première n’est qu’un marché ou les Etats nationaux qui la composent se livrent une guerre économique sans merci. ».

    C’est justement contre cela que se battent les fédéralistes : le fait que l’U.E soit une coalition d’Etats. Pour nous, elle doit être une union de citoyens.

    D’ailleurs, si le pacte républicain obéissait à un dogme libéral, est ce que vous seriez pour que votre région sorte du carcan français ?

  • Le 31 mai 2014 à 07:07, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je suis bien conscient que les Etats et les gouvernements nationaux sont responsables de la tournure néolibérale qu’à pris la construction européenne. Je ne suis pas du genre à dire le contraire.

    Pour ce qui est de la guerre économique entre les pays européens, elle est bien réelle. L’exemple le plus frappant est celui de l’Allemagne, qui se retrouve en position dominante dans l’espace européen, grâce aux politiques économiques et sociales menées depuis une grosse décennie. Comment expliquer que notre ministre de l’économie et des finances soit allé présenter le plan d’économies de 50Mds à Berlin avant même que Manuel Valls n’en informe la nation ? Dire que l’Allemagne, compte tenu de sa puissance économique, est dans une position dominante en Europe, ce n’est pas de la germanophobie ou du nationalisme (surtout lorsque l’on sait qu’une partie de la gauche allemande dénonce elle-même cet état de fait) Si on raisonne ainsi, il n’y a plus de débat possible sur l’Europe et sur ses orientations.

    Personnellement, je souhaite que la République française porte une autre voix en Europe, qu’elle noue des ententes et des alliances avec les pays (Grèce, Espagne, Italie, Irlande, Portugal) qui ont déjà trop souffert de l’austérité pour que l’Allemagne accepte enfin des changements de politique majeurs, de gré ou de force.

  • Le 31 mai 2014 à 12:20, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Les logiques de puissances économiques et les tendances hégémoniques sont la conséquence directe du fonctionnement intergouvernemental promu par le nationalisme. Même si elles sont répréhensibles, elle ne témoignent pas de l’existence d’une « guerre économique » mais d’une lutte pour le pouvoir. Comme je vous l’ai dit, Berlin n’a aucun intérêt à voir Paris échouer. On n’est plus en 1939 ;)

    En ce qui nous concerne (fédéralistes), nous voulons institutionnaliser cette lutte pour le pouvoir conformément aux règles de la démocratie pour mettre fin aux velléités hégémoniques de certains États, velléités qui découlent d’un système profondément nationaliste (l’inter-gouvernementalisme)

    Là encore, il s’agit de fédérer l’Europe en une véritable démocratie continentale. Une union de citoyens. Ainsi nous n’aurions pas à « imposer » quoi que ce soit à l’Allemagne. Il s’agirait simplement de faire l’Europe conformément aux souhaits de la volonté générale européenne.

  • Le 31 mai 2014 à 13:52, par tnemessiacne En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    @Thomas

    « Comment expliquer que notre ministre de l’économie et des finances soit allé présenter le plan d’économies de 50Mds à Berlin avant même que Manuel Valls n’en informe la nation ? »

    Surtout que quand il a présenté ce plan d’économie devant l’assemblée nationale (le pacte de stabilité) l’assemblée a demander où était ce texte, il ne l’avait apparemment pas reçu et ils réclamaient une étude d’impact.

    Enfin il n’a pas été dit ou souligné que ce pacte de stabilité fait partie du semestre européen et la Commission européenne va bientôt donner son avis sur ce programme de réforme, à distinguer du PNR (programme national de réforme). Ces textes sont disponibles sur internet.

  • Le 2 juin 2014 à 23:22, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je n’ai pas dit que l’Allemagne cherchait à écraser ses concurrents européens, juste à dominer ceux qui sont plus faibles qu’elle. Le soucis dans votre conception du fédéralisme, c’est qu’il part du principe que le fédéralisme est un projet politiquement neutre, qui serait parfaitement consensuel parmi le personnel politique et que les malheurs dont souffrent certains peuples européens actuellement seraient pour ainsi dire, supprimer avec la création d’une fédération européenne.

  • Le 2 juin 2014 à 23:32, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Le fédéralisme admet simplement que l’Union européenne doit être démocratique et qu’elle doit puiser sa légitimité politique directement dans la volonté de ses citoyens sans nécessairement passer par les États.

    La démocratie est une idéologie trans-partisane il me semble. Le fédéralisme est donc neutre.

    Évidemment ce n’est pas une fin en soi. Et une fois l’Europe fédérale faite, personne ne dit que ce sera la fin de l’histoire. Le fédéralisme n’est qu’un vulgaire outil devant permettre aux Européens d’être libres en choisissant l’Europe qu’ils veulent.

    Aujourd’hui, s’ils ne le sont pas, c’est parce qu’ils sont gouvernés par un directoire composé de diplomates qui ne rendent de compte à personne (Conseil européen, Eurogroup, Troïka (sous mandat du Conseil européen), Conseil de l’UE etc.)

  • Le 4 juin 2014 à 06:48, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    En tout cas, l’Union des citoyens que vous appelez de vos voeux c’est du beau pipeau, lorsque l’on sait que des ses origines, la construction européenne s’est faite sans les peuples et qu’à certain moment de son histoire elle s’est même faite contre les peuples...

    La démocratie n’est pas une idéologie, c’est une organisation politique. Il en est de même du fédéralisme. On peut conceptualiser à outrance les formes d’organisation politique, il n’empêche que leur pratique précède souvent leur théorisation. En procédant ainsi, tu sépares les théories politiques de leur pratique réelle, les intellectualisant excessivement. Tu privilégies l’abstrait au concret. En te lisant, j’ai la forte impression que, pour reprendre la belle formule de Marx, le fédéralisme est pour toi « un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer ».

    Sinon, j’ai une question à te poser. Si le fédéralisme est si neutre que cela, on peut donc en déduire qu’il est étranger aux réalités nationales, et donc que les cultures politiques le voient d’un même oeil. Comment expliquer alors qu’il soit difficilement compatible avec le pacte républicain français alors que le projet républicain espagnol, plutôt proche intellectuellement parlant, l’accepte et l’encourage ?

  • Le 4 juin 2014 à 13:28, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Vous confondez « peuples » et nationalismes.

    Oui la construction européenne s’est construite contre les nationalismes et tant mieux. Elle attaque de front l’idée stato-nationale fortement imprégnée de xénophobie qui entache les divisions humaines nationales de fatalité organique. En ce sens, elle constitue un véritable progrès.

    Aucun peuple n’envisage de rompre avec l’idée européenne comme aucun peuple n’envisageait qu’elle soit concrétisée plus tôt (sauf les Britanniques qui n’ont jamais vraiment voulu en faire partie mais personne ne les force à rester à ce que je sache).

    De quoi parlez-vous avec votre pacte républicain ? De l’hyper-centralisme qui a détruit les identités locales à quelques exceptions près ? Du nationalisme qui le fonde ?

    Parce que si la construction européenne se construit aussi contre cela, et bien qu’il en soit ainsi.

    Le plus petit dénominateur commun à tous les fédéralistes (organisation politique qui découle d’une idéologie au même titre que la démocratie), c’est une Europe aux antipodes de l’hyper-centralisation (subsidiarité) qui puiserait sa légitimité directement dans la volonté des individus au-delà de leurs appartenances nationales.

    Si l’universalisation de la démocratie à l’échelle du continent est incompatible avec le pacte « républicain » français (le mot « républicain » à hélas été récupéré par les stato-nationalistes...), alors cela en dit long sur l’universalisme à la française.

    La construction du parlementarisme européen est en marche, ce qui est un pas vers l’union de citoyens que nous appelons de nos voeux. La France devrait d’ailleurs s’inspirer du régime politique européen, cela grandirait sa propre démocratie.

  • Le 4 juin 2014 à 18:33, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Les communautés européennes, elles ne sont pas nées de la volonté des citoyens, mais de celles de riches hommes d’affaires, associés à des technocrates naviguant avec beaucoup d’habilité entre monde politique et monde des affaires. Citons l’exemple de P.-H. Spaak, qui fut premier ministre de la Belgique, président de l’assemblée commune européenne, secrétaire général de l’OTAN puis enfin, administrateur du groupe ITT.

    Le pacte républicain, c’est le triptyque républicain, la démocratie, l’unité et l’indivisibilité de l’Etat, l’école publique, la laïcité, l’Etat social et stratège, les services publics, la décentralisation... Liquider cela, c’est liquider toutes les constructions et les conquêtes du peuple français depuis 1789. C’est liquider le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas ou pas beaucoup. C’est détruire une organisation politique et sociale qui protège et aide les classes populaires et les classes moyennes, les jeunes, les familles. Comment s’étonner alors, que le peuple français rejette l’Europe néolibérale ? Vouloir liquider le pacte républicain, ce n’est pas neutre comme projet. Il y a des intérêts derrière...

  • Le 4 juin 2014 à 23:23, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Bon. C’est la dernière fois que j’évoque l’argument trans-partisan de l’idée européenne car apparemment vous avez vraiment du mal à le concevoir.

    De même que votre pacte nationaliste n’est pas un gage de « service public » ou je ne sais quel autre fantasme. Tout est une question de majorité politique.

    D’ailleurs, essayez de vous informer sur le « néo-libéralisme » européen, sa provenance :

    http://www.taurillon.org/regulation-financiere-quand-la-commission-europeenne-depasse-le

    Et oui ! L’Europe peut se montrer beaucoup plus progressiste que la France. Tout est une question de majorité politique.

    J’aime également rappeler le fait que ceux qui se plaignent d’un capitalisme insuffisamment régulé tout en étant nationaliste sont des imposteurs : http://www.taurillon.org/le-national-souverainisme-anticapitaliste-est-une-imposture

    La consolidation du capitalisme s’est nourrit de la consolidation du nationalisme et réciproquement.

    Et puisqu’on en parle, vous pensez vraiment que la Nation française est née de l’accord de la grande majorité de la population ? Ne me faites pas rire s’il vous plaît.

    La nation française n’est qu’un vulgaire artifice construit de toute pièce par une élite intellectuelle et politique et qui l’ont imposé de force à des individus qui n’avaient absolument rien en commun via l’uniformisation.

    L’Europe quant à elle n’a pas vocation à être une « super-nation » et à uniformiser qui que ce soit. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si tous les régionalismes en France sont très europhiles, en Alsace, en Corse ou en Bretagne. C’est qu’ils savent très bien que l’Europe est dans son ADN beaucoup plus respectueuse de la diversité culturelle que ne l’est la France jacobine.

    L’Europe est née de la volonté de gouvernements élus par les citoyens de construire un nouvel espace de démocratie qui pacifierait un continent maintes fois détruit par les nationalismes, les mêmes qui veulent aujourd’hui à travers leur xénophobie rompre avec l’idée européenne.

    Cependant force est de constater que ce virus est plus difficile à inculquer et que les citoyens, s’ils sont insatisfaits (à raison) de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, n’envisagent pas de rompre avec l’idée de fraternité et de liberté qui fondent la construction progressive d’une démocratie européenne...Fraternité et Liberté qui sont incompatibles avec l’Etat-nation que vous chérissez tant.

  • Le 5 juin 2014 à 00:39, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Non le pacte républicain n’est pas en-soi gage de service public. C’est le peuple français qui a fait en sorte qu’il le devienne. C’est un processus d’un terme un peu plus long que celui des alternances politiques : le service public ne disparaît pas totalement lorsque la droite au pouvoir et la gauche ne vient pas le faire renaître de ses cendres quand elle arrive au pouvoir.

    La Commission a adopté une position sur la régulation financière un peu plus à gauche que celle du gouvernement, et ça serait supposé démontrer que l’Europe n’est pas néolibérale ? Il va me falloir d’autres faits d’armes, parce que pour le moment, la Commission, je la vois plus comme le chef d’orchestre du démantèlement du pacte républicain, avec l’accord de l’actuel gouvernement il est vrai. Je ne suis pas du genre à tout le temps accuser la Commission de tous nos maux, je sais bien quelle y est la place et le rôle des gouvernements la-bas.

    Je dois reconnaître que ton passage sur l’anticapitalisme d’une supposée Europe fédérale m’a beaucoup fait rire tant il est éloigné de la réalité. Comment oublier que toutes nos conquêtes sociales (1936, 1945, 1968, pour ne citer que les plus célèbres) se sont faites dans le cadre national ?

    « Et puisqu’on en parle, vous pensez vraiment que la Nation française est née de l’accord de la grande majorité de la population ? Ne me faites pas rire s’il vous plaît. »

    Alors ça c’est assez intéressant, parce qu’en fait la construction nationale a commencé à l’époque de la monarchie et était donc le fait d’un roi qui n’avait que faire de l’avis de ses sujets. Le royaume unissait donc des gens qui effectivement, étaient bien différents les uns des autres. La première République, en s’inscrivant dans la continuité de ce processus, l’a associé à la souveraineté du peuple, la démocratie et au progrès, rendant ces gens si différents égaux en droits. La nation devenait ainsi la force qui lutte contre la réaction monarchique et aristocratique. Comme le dira Goethe, une ère nouvelle s’est alors ouverte. En privilégiant une analyse intellectualiste, essentialiste et an-historique de la nation, tu passes à côté de l’essentiel : la lutte pour l’unité et l’indépendance nationale a été hautement progressiste et républicaine, de la bataille de Valmy à la libération de la France du joug nazi.

    Ton nationalisme que tu me sers à toutes les sauces n’a aucun sens. D’une certaine manière, tu en viens à banaliser le vrai nationalisme, réactionnaire et agressif, en rendant sa reconnaissance plus difficile. Puisque que tu rejettes en bloc et en détail l’héritage de la nation française, pourquoi t’exprimes tu dans sa langue, symbole de son unité politique et non dans une langue régionale quelconque, puisse que tu admires les régionalismes ou dans la langue la plus parlée d’Europe ?

  • Le 5 juin 2014 à 02:53, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je ne reviendrai pas sur les considérations trans-partisanes et partisanes que vous n’avez pas pu saisir. En revanche, pour revenir au sujet de l’article :

    La démocratie n’est que le corollaire de la liberté.

    La liberté est universelle.

    L’Etat-nation est un concept exclusif, xénophobe et donc aux antipodes de la notion d’universel.

    Donc l’Etat-nation bride l’universalité de la liberté, ce qui la dénature.

    Donc Etat-nation et démocratie sont mutuellement exclusifs.

    La construction européenne, contrairement à l’Etat-nation, ne fait plus de l’identité nationale un critère de division entre les êtres humains. La fraternité humaine qui la fonde n’a jamais tué, elle, contrairement au nationalisme qui fonde le pacte « républicain »

    Entre Etat-nation xénophobe et construction européenne universaliste, mon choix est fait.

  • Le 6 juin 2014 à 06:13, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Ta réponse n’est pas très intéressante, surtout lorsque je te parle de réalités concrètes. A mes affirmations, qui s’appuient sur une observation et une analyse des réalités passées et présentes, tu me réponds par des affirmations qui s’appuient sur des arguments vaguement moraux, philosophiques si ce n’est métapolitiques. Les honnêtes gens se fichent de tous ça, ce qui les intéresse c’est le réel, c’est leur vie, leur famille et leur avenir.

    Les longues dissertations intellectualistes sur la positivité de l’idée européenne, qui s’opposerait à la négativité de l’Etat national, sur la distinction entre l’idée européenne et les politiques européennes... les gens s’en foutent, surtout lorsqu’ils sont tétanisés à l’idée de devoir subir la même saignée à blanc que les peuples grecs, espagnols, italiens, portugais et irlandais.

  • Le 6 juin 2014 à 13:15, par Ferghane Azihari En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    C’est votre réponse qui montre que vous (et la plupart des individus) êtes toujours dans l’incapacité de comprendre que l’on peut dissocier le rejet des politiques européennes et le rejet de l’idée européenne.

    Si la peur que vous évoquiez était la principale, les régions demanderaient à faire sécession de l’Etat français. Elles s’en sortiraient beaucoup mieux sans lui tout en étant dans l’UE.

  • Le 6 juin 2014 à 21:47, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    C’est peut-être aussi que les gens veulent avant tout du pain et du travail, et pas de discours ronflants.

  • Le 7 juin 2014 à 14:39, par tnemessiacne En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    @ Ferghane Azihari

    « l’on peut dissocier le rejet des politiques européennes et le rejet de l’idée européenne. »

    Vous faites ici allusion à l’idée selon laquelle il vaut mieux envisager les choses selon un angle bipartisan ou pluri partisan. On est pas pour contre l’Europe mais on veut des politiques et et une commission de gauche de droite, écolo etc.

    Et avec l’idée des régions que vous ressassez, ceci va devenir la deuxième idée qui va devenir un cliché (au sens d’évidence).

    Bravo à vous (enfin c’est ironique)

  • Le 10 juin 2014 à 05:29, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Je tiens à ajouter que ton affirmations sur les régions françaises est bien péremptoire. Quand l’Alsace (territoire ou il existe pourtant une culture locale et une conscience régionale forte) a été invitée à se prononcer par référendum sur la CTA, s’inscrivant dans un projet de régionalisation de l’Europe, elle a été majoritairement patriote et républicaine et non régionaliste et fédéraliste.

  • Le 10 juin 2014 à 14:01, par Alexandre Marin En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Comme la quasi-totalité des référendums, le vote alsacien était un plébiscite pour ou contre telle personnalité politique. Le référendum de 2005 était un plébiscite pour ou contre Chirac. Le référendum en France a été conçu par De Gaulle comme un plébiscite.

    D’ailleurs, on ne sait jamais quelles idées se cachent derrière un référendum. En 2005, certains fédéralistes ont appelé à voter contre le traité constitutionnel, comme l’économiste Maurice Allais, et certains euro-sceptiques ont appelé à voter pour. Comme quoi, ce référendum ne se limitait pas à une question « pour ou contre l’Europe ? ».

  • Le 10 juin 2014 à 14:27, par Thomas En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    Le référendum que j’évoque se limitait à l’Alsace et a eu lieu l’année dernière...

    Sinon, sur le référendum de 2005, tu fais un peu ton mauvais joueur. L’objet du vote était très clair, il s’agissait d’approuver ou de rejeter le projet de constitution européenne. Le débat démocratique qui a précédé le vote fut très vif, à ma grande satisfaction d’ailleurs, puisqu’il a permis aux citoyens et citoyennes de s’approprier le débat et ses enjeux. L’opposition à ce projet s’est fait sur des bases politiques et pas personnelles : par exemple, sur le fait que la laïcité et le droit à l’IVG ne soient pas protégés par le nouveau texte, sur le fait qu’il constitutionnalisait la concurrence « libre et non faussée » et que dans le même temps il ne constitutionnalisait pas l’idée de service public pour ne citer que ses exemples.

  • Le 10 juin 2014 à 15:39, par Alexandre Marin En réponse à : Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    C’est ce que je dis, le débat ne portait pas de savoir si on était pour ou contre l’Europe. Il s’agissait de questions sur des enjeux économiques, politiques, et de société comme le fait, par exemple, que la libre concurrence était constitutionnalisée et pas l’idée de service public.

    C’est pourquoi, certains fédéralistes se sont opposés au projet et que des euro-sceptiques l’ont soutenu.

    Tout cela n’a pas empêché que le vote exprime surtout une désapprobation de la politique de Chirac.

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