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Le Mouvement Européen planche sur la crise des réfugiés et la COP21

, par La Rédaction du Taurillon

Aujourd’hui, le mouvement européen ouvre son université d’automne à Rouen. Au programme, rencontres et débats avec de nombreuses personnalités de la scène locale, nationale et européenne. L’occasion de mesurer l’urgence de la crise des réfugiés et les perspectives d’un accord et l’influence de l’Union européenne moins d’un mois avant l’ouverture de la COP21.

Harlem Désir a pris la parole devant les membres du Mouvement Européen - France.

Auteurs

Cette année, les membres du Mouvement Européen – France, ainsi que leurs invités de marque, se penchent sur le dossier des réfugiés et de la COP21. L’actualité européenne chargée à pousser le mouvement a se posé des questions urgentes qui s’invitent dans l’actualité. Experts, politiques, témoins ont été invités à débattre de la politique migratoire européenne et de la gestion de la crise des réfugiés, de la politique environnementale de l’Union européenne et des perspectives pour la COP21. Il s’agit de définir les « frontières », les échelons adéquats, pour répondre à ces problématiques.

A venir dans les colonnes du Taurillon, rencontres et interviews des personnalités invitées.

L’Europe et les réfugiés

Dans une tribune en amont de l’événement, le président du Mouvement Européen - France et eurodéputé (ALDE), Jean-Marie Cavada prend position sur la question des réfugiés.

Les interminables cohortes de réfugiés qui arrivent en Europe pour échapper aux guerres, aux massacres, aux répressions que leur font subir leur régime, nous tendent un miroir qu’il faut regarder de façon dépassionnée. Bien sûr, la chose est trop grave pour l’enrober de naïveté. Mais la question de base est de savoir si nous sommes encore, nous Européens, suffisamment fidèles aux valeurs que la 2e guerre mondiale nous avait apprises : la solidarité entre les peuples est un ciment de la paix et de la prospérité qui sont notre apanage depuis 70 ans.

La presse nous le dit : dans ces longues colonnes de réfugiés qui essaient de sauver leur vie, celle des leurs, et de trouver un avenir au moins provisoire en Europe, il s’agit d’abord d’hommes, de femmes, d’enfants. Toutes les dix minutes il naît sur ces routes un enfant qui n’a ni terre, ni nationalité, ni maison. Et c’est parce que cette souffrance nous rappelle les millions d’Européens que nos guerres ont jetés sur les routes, qu’il faut tendre la main. Il est humain de s’interroger sur les conséquences, il ne l’est pas de fantasmer avec les loups politiques qui prédisent l’apocalypse parce qu’un million de réfugiés s’ajoutera aux 500 millions d’Européens continentaux, ou parce qu’en France quelques petites dizaines de milliers de réfugiés essaient de trouver place chez nous. Avez-vous vu comme certains repeuplent déjà des villages morts dans l’hexagone ? Avez-vous vu l’éventail des savoir-faire et compétences qui arrivent de la Méditerranée et dont nous avons besoin ? Il faut faire un barrage résolu à l’idée nauséabonde, sordide, calculatrice, répandue par un état major extrémiste selon laquelle au fond tout ce qui vient d’ailleurs brisera l’unité nationale.

Reste maintenant à prendre résolument les choses en main. D’abord actuellement. Les réfugiés arrivent aux portes de l‘Europe par des voies bien identifiées et c’est à ces portes, ou dans les pays voisins s’ils sont d’accord, qu’il faut installer des camps de réfugiés, ces fameux hotspots où les organisations européennes, internationales et les ONG spécialisées se livrent à un travail de contrôle des réfugiés, essayant de refouler ceux qui n’en sont pas réellement. Ensuite il faudra remettre sur pied des gens venus de milliers de kilomètres. Cette crise ne s’arrêtera pas facilement, il faut donc lancer une politique, et des moyens. D’abord aller de toute urgence vers la création d’une conférence internationale de la paix au Moyen-Orient en réunissant autour de la table tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre Daesh afin de nouer un pacte de libération contre les terroristes dans ces régions. Il faudrait aussi militairement mieux partager le travail ou les contributions. Enfin, sur le terrain diplomatique toujours, il faut réunir une sous-conférence des parties prenantes pour établir dans ces pays un pouvoir plus stable, quitte à les y aider matériellement. Nous aurons à choisir entre Daesh et Bachar el-Assad disent les uns. Nous ne pouvons n’avoir qu’un ennemi à la fois disent les autres. Cette question doit être tranchée par les puissances intéressées à la résolution de ces conflits. La terre des réfugiés syriens n’est pas la France, mais la Syrie : comme les Irakiens, comme les Afghans un jour, ou les Erythréens. La plupart aperçoit leur avenir chez eux dès l’instant que les persécutions cesseront.

Les anti-européens mettent sur le dos de Bruxelles tous les péchés du monde. Si « Bruxelles » n’est pas parfait, si la critique est nécessaire à l’amélioration de son travail, il faut cesser de mentir. C’est bien la Commission européenne qui avait dès le mois de mai proposé une répartition des réfugiés que beaucoup d’Etats ont critiqué au printemps, pour finir par faire en automne ce que Juncker avait dit. Mais il faut aller beaucoup plus loin maintenant. Schengen ne peut plus demeurer une option quand on rentre dans l’Union. Schengen doit être une obligation pour tous les pays membres, d’en faire partie. L’Union européenne doit affirmer sa souveraineté en matière de sécurité, ce qui lui donnera la capacité de se montrer humaniste avec les réfugiés sans effrayer l’opinion et sans nourrir les extrémistes qui pullulent en Europe. Et la souveraineté de l’Union exige maintenant que l’on réfléchisse à la mise en place d’un système où les pays membres dans les territoires périphériques garderont leur frontière de manière infranchissable. Par ailleurs, ce Continent étant entouré sur trois façades de mers et d’océans, il faut faire de Frontex l’élément opérationnel de contrôle maritime et de sauvetage humanitaire en mer. Ce qui requiert hommes, bateaux, système aéronaval. Si l’on veut éviter que des pays membres rebâtissent tout seuls leurs frontières, l’effort est à ce prix.

Pour bien comprendre tout ça, il faudra venir écouter vendredi 6 novembre à 14h30 à la Faculté de droit de Rouen, deux hommes. L’un est le Professeur Habib Kazdaghli, qui fut l’un des hommes très actifs du printemps arabe dans son pays, l’autre c’est Monsieur Ahmed Reda Sawan. Il était professeur de français à Alep en Syrie. Son pays est devenu un enfer pour eux, il a pu commencer sa longue marche et j’attache un prix essentiel à ce qu’il ouvre notre université d’automne. Pour une raison extrêmement simple, la politique au niveau où je la place, c’est l’impérieuse nécessité de construire des systèmes qui protègent les humains, et leur donnent un avenir.

Jean-Marie Cavada

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