Accueil > Opinions > Nous sommes les 48%

Nous sommes les 48%

, par Anne-Helene Bakke, traduit par Jean Renaudin

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Le 24 Juin marquera l’histoire comme étant la première fois où l’intégration européenne fut inversée. L’intégration a connu des ralentissements et s’est même parfois arrêtée mais jamais elle n’avait été inversée. « Brexit is Brexit ». C’est ce que Theresa May a dit lorsqu’elle s’est prononcée sur les résultats du référendum, mais ce que tout le monde se demande vraiment, c’est plutôt « Est-il vraiment juste qu’une faible majorité de 52% ait le pouvoir d’imposer aux 48% restants un avenir politique basé sur une campagne mensongère menée par le camp pro-Brexit ? »

Auteurs

  • Etudiant à Sciences Po dans le programme euro-américain du campus de Reims. Membre depuis 1 ans des Jeunes Européens - Reims, en charge de l’événementiel.

  • Member of JEF Norway

Lorsque l’Union européenne devra rencontrer l’équipe de négociateurs de Theresa May, il faudra agir en conséquence. Oui, la défaite est amère. Oui, nous sommes en colère et nous sommes tristes – mais il en va de même pour les 16 millions de personnes au Royaume-Uni qui ont voté pour rester dans l’Union européenne ; il en va de même pour les jeunes britanniques ainsi que pour ceux qui n’ont pas pu voter. Il est d’ailleurs important de noter que dans l’Europe actuelle, nous rejetons la tyrannie de la majorité.

Pour reprendre les mots de Winston Churchill « La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. » - l’homme qui a encouragé la création des États-Unis d’Europe se retournerait sans doute dans sa tombe s’il voyait le Royaume-Uni, autrefois une terre de modernité conservatrice, quitter le projet européen. Le processus démocratique ne peut garantir que les décisions que nous prenons sont les bonnes ou que le choix de la majorité ne peut être remis en question. Peu après le référendum, la population a recherché en masse sur Google « C’est quoi l’Union européenne » et de nombreuses personnes ont regretté leur choix. Une pétition demandant un second référendum a également recueilli 4 millions de signatures.

Qui sommes-nous pour bannir le septième membre de la Communauté Européenne ? Il va de soi que le résultat du référendum doit être respecté et reconnu. Le Royaume-Uni va quitter l’Union européenne. Mais comme l’a dit Knut Frydelund, ancien Premier Ministre norvégien, « Le non de la Norvège à l’Union européenne, n’était pas un non à l’Europe » - de la même manière, il faut espérer que la Grande Bretagne restera au cœur de l’Europe.

Il est difficile de déterminer sous quelles conditions le Royaume-Uni restera lié à l’Union européenne à terme. Le modèle norvégien n’est pas une option à cause des accords de libre circulation, pas plus que le modèle suisse. Le Royaume-Uni, acteur important sur la scène internationale et européenne, court ainsi le risque d’être exclu non seulement de l’Union européenne mais également de l’Europe – contrairement à ce que la moitié de la population britannique souhaite.

Non, l’Union européenne ne peut pas proposer au Royaume-Uni un système d’Europe à la carte pendant les négociations. Les britanniques ne peuvent pas se permettre de ne pas respecter les quatre libertés garanties par l’Union Européenne et le marché ouvert tout en profitant pleinement de ce dernier, pas plus que l’Union européenne peut se permettre de complètement fermer la porte à cette île si proche des côtes françaises.

Voir en ligne : The New Federalist - Like us on Facebook !

Partagez cet article

  • Facebook icon
  • Twitter icon
  • +1 icon
  • URL courte :

P.-S.

From 5-9th September JEF Norway arranged its EU-academy, a top training programme for 8 high-qualified members. The five-day academy held in the heart of Europe, Brussels, consisted of training in speeches, article writing, project-planning and simulation. The members went through many tasks and challenges throughout the whole day. The tasks where given by different Norwegian companies based in Brussels where they work on lobbying for their policies. The academy let them also experience how policies go through at the EU institutions. The purpose of the academy was to train the members so that they are prepared for the EU-membership fight in Norway. But also learn more about how Norwegian companies preserve Norwegian interests in the EU without being a member. Out of all challenges that week, one was to write an article on Brexit and how the EU should deal with the Brexit in negotiations. Congratulations to Anne Helene for an interesting article with a lot of JEF spirit !

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom