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Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

, par Robin Alves

En décembre prochain, la France accueillera la 21e Conférence des Parties (COP) de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC). Instituée en 1992 à Rio de Janeiro, cette réunion annuelle des Nations-Unies sur le changement climatique vise à rassembler les 195 Etats-Membres de la CCNUCC. Cette semaine, à Genève, les négociateurs du climat de 190 Etats se retrouvent pour étudier les pistes d’un accord mondial et pour trouver « le sens du compromis et de l’urgence ». Un accord dont les modalités peinent à faire consensus.

La COP20 à Lima en décembre dernier devait poser les premiers jalons des négociations de l’accord qui sera pris à Paris en 2015. Les résultats de cette rencontre ont pourtant été décevant, n’illustrant pas encore de consensus clair des orientations des Etats dans la lutte contre le réchauffement climatique. - Ministerio de Relaciones Exteriores / Cancillería del Perú

Auteurs

L’inquiétante trajectoire vers un réchauffement de 3°C à 5°C pointée par le dernier rapport du GIEC pousse la communauté internationale à s’engager davantage dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour ce faire, la France et l’Europe auront pour objectif de faciliter la recherche d’un consensus. L’adoption à l’unanimité d’un accord juridiquement contraignant est nécessaire pour atteindre l’objectif de limiter la hausse de la température terrestre moyenne de 2°C.

Des négociations qui révèlent les disparités énergétiques entre Etats

Laurent Fabius évoque que l’accord ne va « pas se faire en un jour. Il va y avoir des itérations successives, mais nous espérons que grâce au travail des uns et des autres, au mois d’octobre (…) nous aurons un bon texte qui nous permettra d’aborder la COP21 de Paris dans un excellent climat pour obtenir un succès ». Cette semaine à Genève sera le seul antre des négociations climatiques. Le texte obtenu servira comme base de réflexion pour les négociations de décembre prochain. Paris sera l’aboutissement du programme des Nations-Unies et de négociations qui durent depuis plus de 20 ans.

Si un calendrier est prévu jusqu’en décembre 2015, aucune avancée notable n’est encore observée. Depuis le protocole de Kyoto en 1997, le monde est perçu de manière duale entre les pays riches et les pays en développement. Ce protocole a classé les pays selon plusieurs annexes. La Chine, l’Inde ou encore le Brésil considérés comme des pays en voie de développement sont dans l’annexe 2 et ne sont donc pas soumis aux obligations de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Le protocole de Kyoto fut alors critiqué pour son approche occidentalisée.

Aujourd’hui, la Chine est devenue un acteur majeur sur la scène internationale. L’accord bilatéral intervenu le 12 novembre dernier entre le géant chinois et les États-Unis est accord historique dans l’engagement mutuel sur un plan de réduction chiffré de leurs émission. Mais les objectifs sont loin d’être ambitieux. Les États-Unis promettent seulement une réduction de 26 à 28% d’ici 2025 par rapport à leur niveau de 2005. Barack Obama est confronté à de nombreuses difficultés, dont la pression des lobbies. Un fort mouvement climato-sceptique est soutenu par le parti républicain. Ces acteurs jouent sur le doute et entraînent avec eux, les citoyens américains.

D’autre part, en terme énergétique, les États divergent. Certains pays possèdent un mix énergétique permettant une transition vers une énergie propre et durable. En France, la politique énergétique est basée sur le nucléaire. Au Brésil, l’hydro-électricité a la faveur des politiques publiques. Ces pays prônent une législation plus coercitive vis-à-vis des productions énergétiques polluantes, dont celles des États-Unis, des pays de l’OPEP, de la Chine, de l’Inde ou encore de la Russie. L’échec de la COP15 à Copenhague en 2009 est dû à ces divergences.

Vers une autorité mondiale de régulation des émissions ?

Mais plus que ces différences, si la COP21 prend autant d’importance, c’est surtout par l’absence d’une autorité mondiale. Les pays jouent sur la théorie économique du passager clandestin. Chacun a intérêt à laisser les autres diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre plutôt que de le faire eux-mêmes. Aucun niveau supranational n’existe, ni aucune institution capable de centraliser les quotas d’émissions. A Paris, on envisage des engagements volontaires sans sanction en cas de dépassement. Une telle vision n’est pas tenable. L’adaptation au niveau international va se transformer en enjeux financier. Les pays développés pourront-ils réellement accepter de financer les pays les moins riches ? Dimanche dernier, en porte-parole des pays en développement, l’Afrique du Sud a appelé à la bonne volonté de tous. La Commission européenne est persuadée que « Si ces réponses financières n’émergent pas, il n’y aura pas d’accord à Paris. »

Il faut toutefois rappeler que cet accord est indispensable. Non seulement la crédibilité des tous les États est en jeu, mais surtout la préservation du climat et de la planète ne peut plus attendre.

Un accord indispensable pour la préservation de la planète

La COP21 sera le rendez-vous de la crédibilité ou ne sera pas. L’essentiel à Paris sera de formuler des engagements contraignants. Les États seront-ils contraints dans leur objectif ? Avec quel instrument juridique ? Cet accord est la dernière chance pour les acteurs politiques de maintenir l’objectif climatique de limitation à 2°c degrés de hausse des températures d’ici 2100.

Faudra-t-il attendre que les catastrophes naturelles se multiplient pour que le monde surmonte son appétence pour les énergies carbonées ? Faudra-t-il attendre une augmentation de 4°C pour comprendre que des réductions d’émissions de gaz à effet de serre sont nécessaires ?

Selon le GIEC, la température peut s’élever jusqu’à 4,8°C d’ici 2100. Il reste une seule solution, diminuer ses émissions de l’ordre de 40 à 70% pour 2050 et jusqu’à 0% pour 2100. Face à de telles ambitions, il est impératif de repenser le modèle social. Réfléchir à un nouveau modèle de consommation, de vie au quotidien. Le réchauffement climatique affectera de manière différente les pays, les personnes ayant le moins contribué à ce dérèglement en subiront les plus lourdes conséquences.

Le rapport Stern évoque le coût économique des dommages par une perte annuelle permanente du PIB de l’ordre de 5 à 20%. L’accord de Copenhague (COP15) de 2009 était un échec. Cela doit cesser. La COP20 à Lima en décembre 2014 n’a pas eu le rôle important qu’elle devait avoir. La conférence de Genève doit permettre de poser un cadre. Pour Maesela Keakana, négociateur au sein du groupe Afrique : « Nous sommes à un moment critique ». Plus on attendra, plus la lutte contre le changement climatique sera difficile. Les Etats ont les cartes en main. C’est la planète qui est en jeu.

Voir en ligne : Photo : CC

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Vos commentaires

  • Le 11 février 2015 à 16:45, par jipebe29 En réponse à : Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

    Avant de penser à réduire drastiquement nos émissions de CO2, il faudrait se poser deux questions :

    1) Comment est-il possible de déduire une relation de causalité CO2-température sur la base de la seule courte période de covariation CO2-TMAG (température moyenne annuelle globale), de 1978 à 1997 ?

    2) Pourquoi n’y a-t-il plus de réchauffement global depuis 1997, alors que, sur cette période, nous avons émis plus de 40% de toutes nos émissions depuis le début de l’ère industrielle ?

  • Le 11 février 2015 à 16:45, par jipebe29 En réponse à : Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

    La supposée relation de causalité CO2–>température, préconfigurée dans les statuts du GIEC, et jamais scientifiquement prouvée, serait-elle une chimère « idéologique » ? La sagesse voudrait que l’on ne fasse rien jusqu’en 2020, car alors, en cas de non-RC ou de refroidissement, les thèses du GIEC seraient bonnes à être mises à la poubelle et les pays auraient économisé des dizaines de milliers de milliards d’euros qui n’auraient eu aucune utilité, sauf à provoquer une récession généralisée… mais, compte tenu de l’hystérie climatique collective, je crains que les politiques de sauvetage de la planète, pour traiter un problème qui n’existe pas, ne soient engagées au niveau planétaire…pour le plus grand malheur des citoyens...qui en paieront le prix douloureux…

  • Le 11 février 2015 à 16:52, par jipebe29 En réponse à : Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

    Urgence ? Compte tenu du fait qu’il n’y a plus de réchauffement global depuis 18 ans, quelle est l’urgence ?

    D’autant que la part anthropique du CO2 est d’environ 5% (analyse isotopique) et que la durée de vie du CO2 atmosphérique, quelle que soit son origine, est de 5 ans environ, et jamais de 100 ans, comme le prétend le GIEC.

    Enfin, je rappelle que l’action supposée du CO2 sur la température est une hypothèse non prouvée, mise à mal par les observations et réfutée par plus de 1000 publications dans des revues à comité de lecture.

  • Le 14 mars 2015 à 18:42, par Claude Renaud En réponse à : Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

    Ce n’est pas la Planète qui est en jeu, c’est l’Humanité toute entière à travers son climat. La Planète, elle s’en fout complètement. Elle tournera encore bien après nous. Le dérèglement climatique est déjà en marche, et croire qu’on va pouvoir limiter la température à +2° est illusoire. C’est un leurre. Il ne fallait pas laisser la teneur en CO2 dépasser les 400ppm. Maintenant, il est trop tard. Nous n’avons plus le contrôle de notre Climat. Il faudrait pour ça, diminuer notre consommation d’hydrocarbure de 50% et même de 80% pour le charbon. Mais pas d’en 20 ans, tout de suite. Ce qui est impossible !!! Et, nous avons le culot de demander à nos enfants ou petits-enfants de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 à70% en 2050. Quant au 0% proposé pour 2100, je me demande quel est le crétin qui a imaginé ça ? Là, on atteint les sommets du cynisme, alors que nous, en 2015, nous nous permettons d’en balancer 40 milliards de tonnes dans l’atmosphère. C’est pathétique et affligeant. Si François Hollande veut faire de la COP21 une réussite, ce n’est pas pour le Climat, mais pour son prestige personnel. Quand on pense, qu’à 6 mois d’intervalle, il va inaugurer le Salon aéronautique du Bourget et la Conférence sur le Climat. Sur le même site. Tout un symbole ! Il semble que les lobbyistes ont plus d’influence sur lui que Nicolas Hulot, pourtant son conseiller Climat. En conclusion, je ne crois pas à la réussite de la Conférence. Il y a trop d’hypocrisie et personne n’est prêt à sacrifier son pré carré sur l’autel du Climat. Claude

  • Le 15 mars 2015 à 12:07, par jipebe29 En réponse à : Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

    Claude, je suis bien d’accord qu’il n’y aura aucun accord au COP21, ne serait-ce que parce que les pays émergents et les pays pauvres ont besoin des combustibles fosssiles, ne serait-ce que pour satisfaire à leurs besoins primaires. La consommation des combustibles fossiles, selon l’AIE, va continuer à augmenter dans les prochaines décennies, ce que tout le monde sait.

    Maintenant, la question est : est-ce gênant, et cela va-t-il générer un emballement irréversible de la TMAG (température moyenne annuelle globale), qui est stable depuis 18 ans ? Un petit coup d’œil dans le passé nous apprend que le taux de CO2 est déjà monté à 8000 ppm (400 ppm de nos jours), et le fait que nous soyons là pour en parler prouve qu’il n’y a eu aucun RC cataclysmique et irréversible. Par ailleurs, la divergence de plus en plus forte entre les projections des modèles numériques et les observations confirme que leurs projections multidécennales ont une crédibilité nulle.

  • Le 15 mars 2015 à 12:09, par jipebe29 En réponse à : Paris 2015 : La préparation de la COP21 vers un succès historique ?

    Pour vous rassurer, sachez qu’il existe des cycles océaniques bien documentés : 1000 ans, 230 ans et 65 ans. Nous sommes actuellement au sommet d’une pseudo-sinusoïde de période 65 ans, et donc il y aura refroidissement dans les prochaines années, comme cela fut le cas dans les années 50.

    Voir : https://crioux.wordpress.com/2015/02/04/cycles-climatiques/

    Cela signifie que le RC sur les périodes 1910-1940 et 1978-1997 a été généré par la phase montante de pseudo-sinusoïdes, et le CO2 n’a rien à y voir.

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